vendredi , 19 juillet 2019
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RDC : Papa WEMBA, l’artiste qui a fait connaître la musique congolaise à l’international

C’est Papa Wemba ! Un être exceptionnel aux multiples facettes qui aura, par son aura et son charisme, marqué de son empreinte la musique congolaise. Ses chansons ont bercé des millions de personnes. « Pauline », « M.T la vérité », « Chouchouna », « Amazone »,  « Liwa ya somo », « Ngambo moko », « Maria Valencia », « Ye te oh », « Maman », « Poule de la mort » … La liste est longue des chansons de Papa Wemba qui ont rythmé les cinquante dernières années de la rumba congolaise. De l’orchestre Zaïko Langa Langa  à  Viva La Musica, en passant par Isifi,  Yoka Lokole  et  Afrisa international, Papa Wemba, avec sa voix ténor particulière (héritée de sa mère, pleureuse professionnelle), est devenu une légende de la musique congolaise. Si dans les années 80 et 90, « Bokoul » réussit l’exploit de percer en Europe, en Asie et en Amérique, où il se forge une solide réputation, c’est grâce à son talent et son professionnalisme que personne ne peut lui contester. Nul doute qu’il a largement contribué à faire connaître la musique congolaise à l’international.

Le 24 avril 2016 décédait le chanteur Papa Wemba, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, fondateur de l’orchestre Viva La Musica. Trois ans après, ses nombreux fans sont toujours inconsolables. Jamais ils avaient imaginé que leur idole partirait si tôt.

La nouvelle de la disparition de Papa Wemba, l’une des icônes de la musique congolaise, mort à Abidjan en Côte d’Ivoire, à l’âge de 66 ans, avait suscité la consternation en RDC et dans le monde entier. 

En effet, « Bokoul », comme d’aucuns aimaient l’appeler, faisait l’objet d’un véritable culte chez ses admirateurs. Il a créé une école de musique, un style, une mode, et a façonné des générations entières de musiciens africains dans sa façon de penser, de se comporter, voire de se vêtir. Trois ans après, la douleur reste profonde et sans remède.

 « Je pleure encore Papa Wemba, c’était un grand », a déclaré Jacques Nsiku, l’un de ses fans, interrogé au téléphone. Et d’ajouter : « Nous tous qui l’aimons avons le même sentiment ».

« La musique congolaise est décimée. Jusqu’aujourd’hui, je refuse de croire que vieux Bokoul n’est plus de ce monde »,  a déclaré pour sa part  Yvonne Bompili, native de Matonge, autre admiratrice de Papa Wemba rencontrée au cours d’un cocktail à Paris.

 « Papa Wemba est un immortel de la musique congolaise. Un grand chanteur. J’écris d’ailleurs une chanson pour l’honorer », a promis Dona Mobeti, fondateur du groupe Cavacha et membre de l’association « Bana Matonge 1, 2 et 3 ».  

Chanteur à la voix particulière

C’est Papa Wemba ! Un être exceptionnel aux multiples facettes qui aura, par son aura et son charisme, marqué de son empreinte la musique congolaise. Ses chansons ont bercé des millions de personnes.

« Pauline », « M.T la vérité », « Chouchouna », « Amazone », « Liwa ya somo », « Ngambo moko », « Maria Valencia », « Ye te oh », « Maman », « Poule de la mort » … La liste est longue des chansons de Papa Wemba qui ont rythmé les cinquante dernières années de la rumba congolaise.  

De l’orchestre Zaïko Langa Langa  à  Viva La Musica, en passant par Isifi,  Yoka Lokole et  Afrisa international, Papa Wemba, avec sa voix ténor particulière (héritée de sa mère, pleureuse professionnelle), est devenu une légende de la musique congolaise.

Si dans les années 80 et 90, « Bokoul » réussit l’exploit de percer en Europe, en Asie et en Amérique, où il se forge une solide réputation, c’est grâce à son talent et son professionnalisme que personne ne peut lui contester. Nul doute qu’il a largement contribué à faire connaître la musique congolaise à l’international.

Chanteur (auteur-compositeur-interprète), Papa Wemba était aussi acteur. Il est apparu dans plusieurs films et documentaires, dont « La vie est belle » de Dieudonné Ngangura Mweze et Benoît Lamy.

« Forever de génération en génération »

Né le 14 juin 1949 à Lubefu dans l’actuelle province du Sankuru (RDC), Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, un monument, un géant de la musique congolaise, qui laisse derrière lui une œuvre foisonnante, plus d’une cinquantaine d’albums réalisés entre 1970 et 2014, dont le plus récent « Forever de génération en génération », son album posthume.

Il contient douze chansons sans dédicaces ! Elles évoquent l’amour, les catastrophes naturelles… et sont chantées en lingala, swahili, bambara, français, espagnol et anglais. 

Quelques semaines après la sortie de cet album, Cornely Malongi, le manager du groupe Viva La Musica, avait donné une interview au quotidien Le Potentiel  dans laquelle il nous confiait l’accueil  réservé à la dernière œuvre de Papa Wemba par les amoureux de la bonne musique.

« Forever de génération en génération a été accueilli très favorablement par la critique et les mélomanes. Papa a travaillé sans relâche pour la réussite de cet album. Il y a consacré beaucoup de temps et d’énergie. Le résultat est là. Le retour est très positif et stimulant », s’est-il félicité.

Vœu exaucé

Papa Wemba est parti comme il l’a toujours souhaité… sur scène, devant ses fans. A l’instar de Molière. Son vœu a été exaucé.

La fête battait alors son plein à Anoumabo, un quartier populaire d’Abidjan, où a lieu tous les ans le Festival des musiques urbaines (Femua), quand le pire s’est produit.

Le « roi de la rumba congolaise », pour reprendre l’expression de la presse abidjanaise, qui était l’artiste le plus attendu de la soirée, entamait  le troisième air de son concert  quand tout à coup il s’effondre sur scène, le micro en main.

Malgré « l’intervention des secours » sur place et l’évacuation vers un centre hospitalier, il n’a pu être sauvé. Choc en RDC et dans le monde entier. Sa voix unique, l’une des plus grandes d’Afrique, ne résonnera plus !

Les artistes ne meurent jamais, dit-on. Papa Wemba restera à jamais vivant pour la postérité, par ses œuvres.

« Je ne suis pas parti, je suis juste passé de l’autre côté, tu me retrouveras dans mes chansons, je suis toujours là », peut-on lire sur la pochette de son album posthume.

Samedi 27 avril à 15h (heure de Paris), Radio Vexin Val de Seine en France lui rendra hommage dans une émission spéciale qui verra la participation de Luciana Demingongo (ancien chanteur de Viva La Musica), Dona Mobeti (fondateur du groupe Cavacha et membre de l’association «  Bana Matonge 1, 2 et 3 » et Michelino Mavatiku Visi (ancien guitariste au sein des orchestres Festival des Maquisards, Afrisa international, TP OK Jazz et fondateur de l’ensemble musical Makfé). 

(Robert Kongo)

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