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Martin FAYULU MADIDI, candidat malheureux de la présidentielle 2018 en RDC, lors d'une conference de presse, Harvard Kennedy School.
Martin FAYULU MADIDI, candidat malheureux de la présidentielle 2018 en RDC, lors d'une conference de presse, Harvard Kennedy School.

Plainte : Fatshi veut réduire Fayulu au silence

Dernière mise à jour, le 4 mai 2019 à 07:38

« Félix Tshisekedi a dépensé le budget annuel de la Présidence de la république en trois mois et demi. » « Lamuka va mobiliser la population pour réclamer la vérité des urnes. » « Nous allons dire à Félix Tshisekedi de démissionner. » « Félix Tshisekedi est un placebo. »Tels sont donc, les quatre messages essentiels, sinon le résumé du message de Martin Fayulu, adressé à ses partisans dimanche. La harangue de Martin Fayulu suscite, cependant, des réactions diverses mais convergentes, dans le camp adverse. Entendez la base du Cap pour le changement (CACH), de l’actuel Président congolais, Félix Tshisekedi qui accuse Mafa de subversion. Dans la foulée, une plainte a même été adressée hier lundi 29 avril au Procureur général près la Cour de cassation, contre le commandant en chef de Lamuka, au « front » de la « vérité des urnes » depuis la publication des résultats provisoires du scrutin, lundi 10 janvier de l’année en cours. Parmi les griefs formulés contre Martin Fayulu, les auteurs de la plainte, Jean-Claude Ngoy Lufuluabo et consorts alignent l’incitation à la haine ethnique, le massacre des baluba (ndlr : ethnie d’origine de l’actuel chef de l’Etat), le pillage. A cela s’ajoutent l’atteinte aux droits garantis, le crime de génocide et crimes contre l’humanité !

« Félix Tshisekedi a dépensé le budget annuel de la Présidence de la république en trois mois et demi. » « Lamuka va mobiliser la population pour réclamer la vérité des urnes.» « Nous allons dire à Félix Tshisekedi de démissionner. » « Félix Tshisekedi est un placebo.»Tels sont donc, les quatre messages essentiels, sinon le résumé du message de Martin Fayulu, adressé à ses partisans, lors de son meeting de retour à Kinshasa, dimanche le 28 avril, Place Ste Thérèse dans la commune de N’Djili.

Dès lors, les propos de ce candidat malheureux de la présidentielle du 30 décembre 2018, mais qui continue à revendiquer la victoire de ce scrutin, sont diversement commentés dans l’opinion à Kinshasa. Si elle est source de réconfort moral pour les militants et sympathisants des partis membres de la plateforme Lamuka, la harangue de Martin Fayulu suscite, cependant, des réactions diverses mais convergentes, dans le camp adverse. Entendez la base du Cap pour le changement (CACH), de l’actuel Président congolais, Félix Tshisekedi qui accuse Mafa de subversion.

Dans la foulée, une plainte a même été adressée hier lundi 29 avril au Procureur général près la Cour de cassation, contre le commandant en chef de Lamuka, au « front » de la « vérité des urnes » depuis la publication des résultats provisoires du scrutin, lundi 10 janvier de l’année en cours. Parmi les griefs formulés contre Martin Fayulu, les auteurs de la plainte, Jean-Claude Ngoy Lufuluabo et consorts alignent l’incitation à la haine ethnique, le massacre des baluba (ndlr : ethnie d’origine de l’actuel chef de l’Etat), le pillage. A cela s’ajoutent l’atteinte aux droits garantis, le crime de génocide et crimes contre l’humanité !

QUAND LE CACH BRANDIT L’ARTICLE 65 DE LA CONSTITUTION

« Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi », déclare la Constitution, en son article 65, alinéa 2. CACH qui rappelle cette disposition constitutionnelle dans sa déclaration publique faite hier lundi par Tryphon Kin-Kiey, apostrophe sans équivoque : « Nous sommes au Congo en démocratie et jamais un homme comme Félix –Antoine Tshisekedi Tshilombo qui s’est battu aux côtés de son père des années durant, ne prendra un acte quelconque pour restreindre le champ de la liberté de mouvement, de manifestation, d’expression ».

Cependant, la plateforme chère à Fatshi nuance. « Mais il faut faire attention : si le ¨Président de la République n’entend nullement donner ordre aux forces de sécurité pour gazer quiconque comme on l’a vu parfois dans le pays dans un passé récent, il existe des lois et des magistrats au Congo». A ce propos, Tryphon Kin-Kiey rappelle que même là aussi, le président de la République a été très clair : « s’il n’entend pas intervenir dans l’administration de la justice, c’est à la justice de faire son travail et comme magistrat suprême, il ne donnera ordre à quiconque de mettre en prison un juge qui appliquera la loi dans sa rigueur ».

En clair, conclut la plateforme, « quiconque sera pris en train d’enfreindre la loi, se verra bien sûr appliquer la loi dans toute sa rigueur. C’est l’Etat de droit ».

Vu des analystes, sortir cette déclaration du Cach de son contexte, n’est qu’un prétexte. Est-ce une coïncidence hasardeuse avec le grand oral de Martin Fayulu dimanche à la Place Sainte Thérèse ? Doit-on aussi considérer ces rappels du Cach comme un simple concours de circonstance, quand on sait qu’ils surviennent 24 heures seulement après le meeting de Martin Fayulu.

LE PROFESSIONNALISME DE LA PNC/KINSHASA SALUE PAR LES KINOIS

Nombreux auront été les Kinois qui se sont sans doute, limités à la manif de Sainte Thérèse, sans tenir compte de la clef de son succès. Les différentes caméras braquées sur ce rassemblement populaire ont montré une foule compacte partie de l’aéroport jusqu’au lieu du meeting de Martin Fayulu.

De l’avis de nombreux observateurs, la manif de Lamuka doit son succès, entre autre à la Police nationale congolaise (PNC) qui a fait preuve de comportement républicain. Aucun incident de l’aéroport international de N’Djili jusqu’à la place du meeting. La palme revient ainsi aux hommes au kaki bleu foncé qui ont respecté à lettre, la consigne de leur hiérarchie, à savoir le Général Sylvano Kasongo, commissaire principal de la Pnc, ville province de Kinshasa. Qui s’en plaindrait donc ?

Un saut dans un passé récent renseigne que toutes les fois que Lamuka organise ses meetings à Kinshasa, les éléments de la Pnc se sont toujours illustrés par le travail bien fait. Ce comportement qui, à plus d’u égard rime avec le professionnalisme, déjoue les pronostics de ceux qui attendent ce service chargé de la sécurité des personnes et de leurs biens, au front de la répression. Qui pouvait donc s’imaginer, un seul instant, que la Police se soit ainsi comportée face aux propos, aux insultes directes et autres actes de provocation verbale d’une foule anonyme et sans âme ?

De l’aéroport international de N’Djili jusqu’au lieu du meeting, le cortège a dû mettre 5 heures de procession, croyant ainsi bien faire pour pousser la Police à la faute. Peine perdue. Car, malgré un soleil ardent qui a galvanisé les toits pendant toute la matinée de dimanche, les éléments de la Pnc s’en sont donc tenus à leur mission première. A savoir, le bon encadrement du cortège de Martin Fayulu, Ils ont veillé à ce que rien de fâcheux ne survienne.

Face à une foule qui a rempli les trois quarts du terrain Sainte Thérèse, la Police est donc demeuré imperturbable. « Nous devons la fière chandelle au général Sylvano Kasongo qui, une fois de plus, a prouvé à la face du monde qu’il était à la tête d’un service réputé gardien de sécurité. Ce qui s’est passé le dimanche est aussi la preuve que la Police nationale congolaise a horreur du sang des Congolais», déclare un Congolais ayant longtemps vécu en Europe. Ce dernier ne tarit pas d’éloges au général Sylvano Kasongo et à toutes ses troupes, avant de conclure que le numéro 1 de la police de la ville de Kinshasa est exactement l’antithèse de tous ses prédécesseurs. Grevisse KABREL

DÉCLARATION PUBLIQUE DE LA COALITION CACH

Voici le commentaire de la coalition CACH, Cap pour le changement, après des manifestations qui ont eu lieu et des propos entendus ce week-end dans la Capitale:

  1. Nous sommes au Congo en démocratie et jamais un homme comme Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui s’est battu aux côtés de son père des années durant, ne prendra un acte quelconque pour restreindre le champ de la liberté de mouvement, de manifestation, d’expression ; Félix Tshisekedi a, depuis qu’il est Président de la République, dit et redit ce principe, à haute et intelligible voix.
  2. Mais il faut faire attention : si le Président de la République n’entend nullement donner ordre aux forces de sécurité pour gazer quiconque comme on l’a vu parfois dans le pays dans un passé récent, il existe des lois et des magistrats au Congo;
  3. Et là aussi, le Président de la République a été très clair : s’il n’entend pas intervenir dans l’administration de la justice, c’est à la justice de faire son travail et comme Magistrat Suprême, il ne donnera ordre à quiconque de mettre en prison un juge qui appliquera la loi dans sa rigueur.
  4. En clair, quiconque sera pris en train d’enfreindre la loi, se verra bien sûr appliquer la loi dans toute sa rigueur. C’est l’Etat de droit.
    5 L’article 65, al. 2 de notre Constitution stipule : « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi ».
  5. Mesdames et Messieurs, ceci est un simple rappel; ce n’est ni un avertissement, ni une menace. Je vous remercie.

Kinshasa, hôtel Kin Plaza Rotana,

lundi 29 avril 2019.

Pour la Coalition CACH,

Prof. Tryphon Kin-kiey Mulumba.

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