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Martin FAYULU MADIDI, candidat malheureux de la présidentielle 2018 en RDC, lors d'une conference de presse, Harvard Kennedy School.
Martin FAYULU MADIDI, candidat malheureux de la présidentielle 2018 en RDC, lors d'une conference de presse, Harvard Kennedy School.

Fayulu isolé ? : Lamuka et l’Église tournent la page « vérité des urnes »

Dernière mise à jour, le 5 mai 2019 à 10:13

Le communiqué sanctionnant les travaux de la coalition Lamuka, le samedi 27 avril à Bruxelles, met le curseur sur l’opposition républicaine. Et donc exit la « vérité des urnes ». Bien avant les six leaders de ce cartel, à Pâques, le Cardinal Monsengwo -le même- a béni FATSHI. Quatre jours après, Mgr Fridolin Ambongo, le nouveau chef de l’Eglise catholique de Kinshasa, a rencontré le chef de l’Etat. Aux yeux de nombreux observateurs, c’était la fin de l’histoire. La page « vérité des urnes » venait d’être tournée. Par ceux-là même qui ont soutenu à bras-le-corps ce combat. Au sein même de la plateforme Lamuka, un des leaders emblématiques et ses principaux lieutenants, en commençant par le plus illustre d’entre eux, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, a déjà dit et redit à haute et intelligible voix, dans toutes les langues qu’il n’a pas à s’opposer à Fatshi. Le Coordonnateur de la plateforme LAMUKA dans le Grand Katanga s’est même fait le porte-parole de Moïse Katumbi pour dire que ce dernier ne fera pas d’opposition au Président Félix Tshisekedi. « Moïse Katumbi et moi qui vous parle, jamais nous allons nous muer en ennemis d’un ami. Moïse Katumbi n’est pas l’ennemi de Félix Tshisekedi. Et Félix le sait. Celui qui vous parle ne peut se permettre de combattre Félix Tshisekedi. Et Félix lui-même le sait », avait-t-il déclaré au siège de G7 à Kinshasa.

Le porte-étendard de LAMUKA, Martin Fayulu a, au cours du meeting qu’il a tenu hier dimanche 28 avril, Place Sainte Thérèse à Ndjili, demandé au Président de la République Félix Tshisekedi de rendre public l’accord qu’il a signé avec son prédécesseur, Joseph Kabila.Alors que le communiqué tant attendu sanctionnant les travaux de ladite coalition, tombé un jour plus tôt, le samedi 27avril à Bruxelles, met le curseur sur l’opposition républicaine. Et donc exit la « vérité des urnes ».

Bien avant les six leaders de ce cartel, à Pâques, le Cardinal Monsengwo -le même- a béni FATSHI. Quatre jours après, Mgr Fridolin Ambongo, le nouveau chef de l’Eglise catholique de Kinshasa, a rencontré le chef de l’Etat. Aux yeux de nombreux observateurs, c’était la fin de l’histoire. La page « vérité des urnes » venait d’être tournée. Par ceux-là même qui ont soutenu à bras-le-corps ce combat.

Au sein même de la plateforme Lamuka, un des leaders emblématiques et ses principaux lieutenants, en commençant par le plus illustre d’entre eux, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, a déjà dit et redit à haute et intelligible voix, dans toutes les langues qu’il n’a pas à s’opposer à Fatshi. Le Coordonnateur de la plateforme LAMUKA dans le Grand Katanga s’est même fait le porte-parole de Moïse Katumbi pour dire que ce dernier ne fera pas d’opposition au Président Félix Tshisekedi. « Moïse Katumbi et moi qui vous parle, jamais nous allons nous muer en ennemis d’un ami. Moïse Katumbi n’est pas l’ennemi de Félix Tshisekedi. Et Félix le sait. Celui qui vous parle ne peut se permettre de combattre Félix Tshisekedi. Et Félix lui-même le sait », avait-t-il déclaré au siège de G7 à Kinshasa.

Pour Antoine-Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, Félix Tshisekedi est le seul président de la RDC. Et c’est grâce à lui, dit-il, que « Moïse Katumbi est libre aujourd’hui ».

« Aujourd’hui il n’y a plus de gaz lacrymogène, il n’y a plus d’arrestations arbitraires… tout ça grâce au président Tshisekedi. Il faut être fou pour s’opposer à lui », a déclaré Kyungu devant ses militants le 23 avril courant à Kinshasa.A cette occasion, le président de l’UNAFEC, a invité tous les Congolais à s’unir autour de FATSHI.

Outre Kyungu, Christophe Lutundula, Delly Sessanga, Claudel Lubaya, Bertrand Ewanga… ont embouché la même trompette, précisant que « LAMUKA » est une plateforme électorale et eux n’entendaient plus parler, en son nom.

Le patron de Ensemble pour le changement ayant clarifié sa position, la question que l’on se pose est de savoir s’il contrôle encore ses troupes. Plus fondamentalement, quand on suit le discours de Martin Fayulu, on sent qu’il y a encore un flou dans le positionnement alors que réunies dans la capitale belge du 26 au 27, les six têtes d’affiche de LAMUKA disent s’inscrire dans l’opposition républicaine. Le président de l’ECIDE est comme tiraillé entre son combat pour la « vérité des urnes » dont tout le monde vient de constater la « mort », et l’opposition républicaine qui reste la seule voie réaliste.

Au cours du meeting d’hier dimanche à Ste Thérèse, le candidat malheureux à l’élection présidentielle de décembre 2018 a raté l’occasion de répondre à une question cruciale en matière de communication. A savoir: Quoi de neuf! Martin Fayulu semble tourné vers le passé. Le meeting de Ndjili n’a livré rien de bien nouveau. Alors que l’opinion attendait – espérait? – qu’il montre le chemin. Une voie, de préférence, tournée vers l’avenir. L’homme préfère maintenir sa posture « jusqu’au boutiste », refusant de voir le monde autour de lui qui, à l’extérieur comme à l’intérieur, a déjà évacué la polémique sur la « vérité des urnes » en reconnaissant Félix-Antoine Tshisekedi comme Président de la république. 

ADAM BOMBOLE, JEAN-CLAUDE MUYAMBO, JEAN-BERTRAND EWANGA, … DÉSAPPROUVENT

Deux jours après le meeting de Martin Fayulu à la place Sainte Thérèse de Ndjili, plusieurs réactions des acteurs politiques ont été enregistrés dans la presse. Le porte-étendard de la bannière LAMUKA à la présidentielle du 30 décembre 2018, n’a pas ménagé la coalition Front commun pour le Congo (FCC)-Cap pour le changement (CACH).

En ce qui concerne les propos de Martin Fayulu qui a appelé à la démission de Félix Tshisekedi lors de son meeting dimanche 28 avril à Sainte Thérèse, Adam Bombole, proche de Moïse Katumbi, a donné de la voix en réagissant en ces termes via twitter : « …tout excès nuit. Parfois le silence est grand, lorsqu’il n’y à rien à dire ! Les calomnies et les vociférations ne changeront rien! Félix Tshisekedi est président de la République pour un premier mandat de 5 ans, renouvelable une fois… ».

Dans le sens, Jean-Bertrand Ewanga, cadre de la plateforme politique de l’alternance pour la République : « Cfr Article 75 de la Constitution. Donc, c’est permettre au prochain FCC Président du Sénat de préparer avec facilité le retour du FCC au pouvoir. Conseillons plutôt une jonction avec le Président, même exotérique pour le bien de tous ».

Jean-Claude Muyambo demande à Moïse Katumbi de se désolidariser publiquement de Fayulu. Ancien membre de Lamuka, cadre d’Ensemble pour le Changement, Jean-Claude Muyambo Kyassa, qui s’est davantage rapproché de l’actuel président de la République, a demandé à Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour le changement, de prendre ses distances avec les propos de Martin Fayulu qu’il qualifie des déclarations à caractère insurrectionnel.

François Muamba dit également « partager totalement l’indignation de Jean-Claude Muyambo ». Et de préciser : « Les heures à venir nous dirons en effet s’il s’agit ou pas de propos pathétiques d’un perdant en mal d’existence et isolé au sein de la plateforme politique de Bruxelles », a-t-il tweetté.

Entretemps, les partisans de Martin Fayulu à ce meeting du dimanche dernier, n’ont pas aopprouvé le principe de la présidence tournante au sommet de Lamuka.

Revenant sur la rencontre des six à Bruxelles Martin Fayulu a annoncé que désormais, la présidence de Lamuka sera rotative pour tous les leaders avec un mandat de trois mois. Les militants ont réagi en rejetant cette estimant que Martin Fayulu est le seul leader capable de piloter cette plateforme.

Pour eux, le « Soldat du peuple » se bat seul au front, soutenu par Adolphe Muzito, à la recherche de la « vérité des urnes », pendant que d’autres têtes d’affiche se la coulent douce à l’étranger.

Moïse Katumbi, Antipas Mbusa Nyamwisi, Martin Fayulu, Adolphe Muzito, Freddy Matungulu et Jean-Pierre Bemba, sont désormais les six autour desquels va tourner la présidence de la plateforme Lamuka. Ce, comme décidé les 26 et 27 avril 2019 dans la capitale belge, Moïse Katumbi sera le premier à ouvrir le bal pour une durée de trois mois. 

(avec Didier KEBONGO, Emma MUNTU)

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