mercredi , 16 octobre 2019
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Sri Lanka : Confusion sur le nombre de morts

Les autorités sri-lankaises ont fortement revu à la baisse jeudi le bilan des attentats de Pâques : 253 personnes ont péri dans le bain de sang et non 359 comme indiqué auparavant, des corps ayant été comptés plusieurs fois. Toutes les églises catholiques du Sri Lanka resteront fermées et aucune messe ne sera célébrée jusqu’à « l’amélioration de la situation sécuritaire » après les attentats de Pâques, a annoncé à l’AFP un haut responsable de l’Église locale. Le chef du groupe islamiste accusé dans les attentats jihadistes de Pâques au Sri Lanka, Zahran Hashim, est mort en perpétrant l’une des attaques suicides.

Dans ces attaques revendiquées par l’organisation Etat islamique (EI), des kamikazes ont frappé dimanche matin trois hôtels de luxe de la capitale Colombo et trois églises chrétiennes bondées en pleine messe de Pâques.

Le personnel médical a achevé l’ensemble des autopsies jeudi soir et a conclu que certains corps de victimes avaient été comptés plusieurs fois, a fait savoir le ministère de la Santé dans un communiqué. « De nombreuses victimes ont été terriblement mutilées (…). Certaines ont été comptées deux fois », a-t-il expliqué.

Les autorités n’ont pas dit comment ce nouveau bilan se répartissait. Auparavant, le ministère des Affaires étrangères avait fait état de 40 étrangers tués.

Sur les 485 personnes ayant été hospitalisées pour des blessures, 149 restaient à l’hôpital jeudi soir, selon le ministère.

Les attaques de dimanche demeurent en tout cas les pires que cette île d’Asie du sud aux 21 millions d’habitants ait connues depuis la fin de la guerre civile il y a dix ans.

A l’étranger, le Royaume-Uni a déconseillé les voyages sur l’île de l’océan Indien, les Pays-Bas les conseillant « seulement si nécessaire ». Israël a appelé ses ressortissants à quitter le pays en raison d’une « menace concrète élevée ».

Pendant ce temps, le Sri Lanka poursuit sa gigantesque traque de suspects. Seize nouvelles arrestations sont intervenues dans la nuit de mercredi à jeudi, portant le total des personnes interpellées à près de 75 depuis dimanche. En fin d’après-midi, la police a publié les photos et noms de trois jeunes hommes et trois jeunes femmes recherchés par les autorités.

La polémique gronde sur l’incapacité des autorités à empêcher ces attentats suicides en amont, alors qu’elles disposaient d’informations cruciales. Dans ce contexte, le plus haut responsable du ministère de la Défense a démissionné jeudi, disant « accepter la responsabilité » de cet échec, a rapporté à l’AFP une source ministérielle.

Portes closes

Les églises catholiques du Sri Lanka garderont leurs portes closes jusqu’à l’amélioration de la situation sécuritaire. « Il n’y aura aucune messe publique jusqu’à nouvel ordre »,a annoncé un responsable de l’Eglise locale. Les funérailles de victimes pourront se tenir lors de cérémonies à caractère privé.

Le gouvernement a appelé la minorité musulmane du pays à ne pas tenir ses prières du vendredi dans les mosquées en signe de solidarité. La police craint que les lieux de culte musulmans puissent être la cible de représailles.

Des centaines de réfugiés musulmans ahmadis, originaires du Pakistan, d’Afghanistan, du Yémen et d’Iran, se sont abrités dans des mosquées et un poste de police par crainte pour leur sécurité. Certains d’entre eux ont été expulsés de leurs logements car leurs propriétaires redoutaient des attaques de groupes cherchant à se venger.

Les autorités attribuent les attentats au groupe extrémiste local National Thowheeth Jama’ath (NTJ) et n’ont pas confirmé officiellement l’implication de l’EI. Les jihadistes de l’EI ont revendiqué le massacre en publiant une vidéo de huit hommes prêtant allégeance à leur « calife », Abou Bakr al-Baghdadi.

L’armée sri-lankaise a déployé des milliers de soldats supplémentaires pour épauler la police dans sa traque.

« Nous sommes armés du pouvoir de chercher, confisquer, arrêter et détenir grâce à la législation de l’état d’urgence », en place depuis lundi minuit, a affirmé un général de brigade.

De son côté, le président Maithripala Sirisena a annoncé qu’il allait remettre sur pied une structure militaire, qui existait au pic de la guerre civile entre séparatistes tamouls et la majorité cingalaise, pour coordonner les opérations sécuritaires.

Rumeurs

Des rumeurs ont agité jeudi Colombo, le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux affirmant que des véhicules chargés d’explosifs circulaient en ville. La police a inspecté plusieurs véhicules suspects mais les craintes ne se sont pas concrétisées.

Un commerçant a témoigné qu’il fermait boutique plus tôt pour permettre à ses employés paniqués de rentrer chez eux. Les autorités ont imposé des restrictions de circulation aux poids lourds dans la capitale.

À Batticaloa, ville de l’est du pays où un kamikaze s’est fait exploser dans une église évangélique, les forces de sécurité étaient omniprésentes. « Nous travaillons sans arrêt, 21 heures par jour », a confié un policier posté à un barrage.

Colombo, qui a reçu l’aide d’une équipe du FBI pour l’enquête sur le carnage, a reconnu une « défaillance » de l’État en matière de sécurité, les autorités n’ayant pas su empêcher ce bain de sang alors qu’elles disposaient d’informations très précises.

Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n’a pas été communiquée au Premier ministre et à des ministres de haut rang.

À plusieurs reprises ces derniers temps, l’Inde a averti le Sri Lanka du risque d’attentats suicides, a rapporté jeudi à l’AFP une source proche du dossier. New Delhi avait mis la main sur des contenus « menaçants », dont des vidéos, lors d’arrestations dans le sud du pays de personnes soupçonnées de liens avec l’EI.

« Les vidéos montraient un leader radical au Sri Lanka qui tenait des propos menaçants indiquant que des attaques suicides étaient possibles », a précisé la source, qui a requis l’anonymat. Selon la presse indienne, l’homme sur les images est Zahran Hashim, le chef du NTJ, dont le sort est inconnu à ce jour.

Le Sri Lanka a aussi suspendu un projet d’exemptions de visa touristique destiné à doper la fréquentation en basse saison. Les attentats pourraient dissuader de nombreux voyageurs de se rendre dans cette île prisée pour ses plages idylliques et sa nature verdoyante, qui avait connu une année record en 2018 avec 2,33 millions de touristes.

LES ÉGLISES CATHOLIQUES FERMÉES

Toutes les églises catholiques du Sri Lanka resteront fermées et aucune messe ne sera célébrée jusqu’à « l’amélioration de la situation sécuritaire » après les attentats de Pâques, a annoncé à l’AFP un haut responsable de l’Église locale. « Sur le conseil des forces de sécurité, nous gardons toutes les églises fermées », a déclaré cette source, ajoutant qu' »il n’y aura aucune messe publique jusqu’à nouvel ordre ». Des kamikazes ont notamment frappé dimanche trois églises chrétiennes en pleine messe de Pâques, provoquant un carnage.

Le pays d’Asie du Sud a depuis renforcé la sécurité autour des églises, selon des responsables du gouvernement. La minorité chrétienne représente 7% de la population du pays, à majorité bouddhiste (70%).

Colombo est engagé dans une gigantesque traque de suspects liés à ces attaques suicides, attribuées par les autorités au groupe local National Thowheeth Jama’ath (NTJ) et que l’organisation jihadiste État islamique (EI) a revendiquées.

Près de 75 personnes ont total ont été interpellées à ce stade de l’enquête sur ces attentats, qui comptent parmi les plus meurtriers dans le monde depuis le 11 septembre 2001.

L’armée a annoncé jeudi le déploiement de milliers de soldats supplémentaires pour épauler la police dans les opérations de recherches. L’état d’urgence est entré en vigueur pour donner une plus large latitude aux forces de sécurité.

LE LEADER RADICAL ZAHRAN HASHIM ÉTAIT L’UN DES KAMIKAZES

Le chef du groupe islamiste accusé dans les attentats jihadistes de Pâques au Sri Lanka, Zahran Hashim, est mort en perpétrant l’une des attaques suicides. Recherché par les autorités, l’homme était le chef du National Thowheeth Jama’ath (NTJ), mouvement jihadiste local accusé par Colombo d’avoir perpétré ces attentats qui ont visé des églises et des hôtels de luxe dimanche matin. Son sort depuis cinq jours était jusqu’ici inconnu et il faisait figure de suspect numéro un dans la chasse à l’homme des forces de l’ordre. « Ce que les services de renseignement m’ont dit c’est que Zahran a été tué dans l’attaque du Shangri-La » dimanche matin, a déclaré le président Maithripala Sirisena lors d’une rencontre avec la presse. Zahran Hashim a mené l’attaque suicide contre l’établissement hôtelier haut de gamme de la capitale avec un second kamikaze, identifié comme « Ilham », a précisé le chef de l’État.

Zahran Hashim apparaissait sur une vidéo publiée par le groupe jihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué ces attentats, où on le voyait mener sept hommes dans un serment d’allégeance au chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi. Il était âgé d’une quarantaine d’années et originaire de la région orientale de Batticaloa, où l’un des kamikazes a frappé dimanche une église évangélique en pleine messe de Pâques.

La tension reste vive au Sri Lanka où la traque de suspects continue. Les forces de sécurité ont interpellé près de 75 personnes depuis dimanche en lien avec ce bain de sang, dont le bilan humain a été revu fortement à la baisse jeudi soir.

Les autorités ont ramené le nombre officiel de morts à 253, contre 359 précédemment, expliquant que des corps terriblement mutilés de victimes avaient été comptés plusieurs fois par erreur. Sur les 485 personnes ayant été hospitalisées pour des blessures, 149 restaient à l’hôpital jeudi soir, selon le ministère de la Santé.

Nouveaux attentats « probables »

Du Royaume-Uni à Israël en passant par les Pays-Bas, plusieurs pays ont appelé leurs ressortissants à éviter de se rendre au Sri Lanka ou à quitter le pays s’ils s’y trouvent. L’Australie a jugé vendredi « probable » que de nouveaux attentats y soient commis.

La polémique gronde sur l’incapacité des décideurs sri-lankais à empêcher les attentats suicides en amont. Dans ce contexte, deux hauts responsables ont démissionné.

Le plus haut responsable du ministère de la Défense a démissionné jeudi, disant « accepter la responsabilité » de cet échec, a rapporté à l’AFP une source ministérielle. Vendredi, le président a annoncé la démission du chef de la police.

Colombo, qui a reçu l’aide d’une équipe du FBI pour l’enquête sur le carnage, a reconnu une « défaillance » de l’État en matière de sécurité, les autorités n’ayant pas su empêcher ce bain de sang alors qu’elles disposaient d’informations très précises.

Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n’a pas été communiquée au Premier ministre et à des ministres de haut rang, dans un contexte de lutte de pouvoir entre le chef de gouvernement et le président Sirisena – qui est également ministre de l’Intérieur et de la Défense.

À plusieurs reprises avant les attaques de Pâques, l’Inde a averti le Sri Lanka du risque d’attentats suicides, a rapporté jeudi à l’AFP une source proche du dossier. New Delhi avait mis la main sur des contenus « menaçants », dont des vidéos, lors d’arrestations dans le sud du pays de personnes soupçonnées de liens avec l’EI.

« Les vidéos montraient un leader radical au Sri Lanka qui tenait des propos menaçants indiquant que des attaques suicides étaient possibles », a précisé la source, qui a requis l’anonymat. Selon la presse indienne, l’homme sur les images est Zahran Hashim, le chef du NTJ.

Le Sri Lanka a suspendu un projet d’exemptions de visa touristique qui était destiné à doper la fréquentation en basse saison. Les attentats pourraient dissuader de nombreux voyageurs de se rendre dans cette île prisée pour ses plages idylliques et sa nature verdoyante, qui avait connu une année record en 2018 avec 2,33 millions de touristes.

(avec Afp)

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