jeudi , 22 août 2019
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RDC : Fatshi déclare la guerre contre les antivaleurs

Depuis son investiture comme Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi ne cesse de marteler, dans ses messages au pays comme à l’étranger, qu’il va livrer un combat sans merci aux antivaleurs qui ont conduit le pays au bord du gouffre, au terme de plusieurs décennies de gouvernance calamiteuse. Il a pris coutume d’épingler l’impunité, la corruption, la fraude, la  concussion, le trafic d’influence, les détournements des deniers publics, l’abus des biens publics, le goût du moindre effort, etc. Lors de ses visites d’information et de travail à Lubumbashi, Kasumbalesa, Goma, Beni, Kalehe, Boma et Kisangani, il s’est voulu insistant sur sa détermination à commencer par tordre le cou à ce qu’il considère comme le fléau national numéro 1, nous avons cité l’impunité. Le Président de la République part du principe que s’il veut obtenir l’élimination de toutes les antivaleurs qui gangrènent la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays, il lui faut gagner avant tout la bataille de la lutte contre le mal principal.

Car si la tolérance-zéro est appliquée à la lettre et que tout le monde se met à l’école du service public à rendre aux autres sans contrepartie autre que son salaire amplement mérité, le pays va assister, à la disparition rapide de la corruption, de la concussion, de la fraude, du trafic d’influence, de l’abus des biens publics, des détournements des deniers publics, du goût du moindre effort.

Seule la fin de l’impunité pourrait contraindre le ministre, le sénateur, le député national, le membre d’un cabinet politique, l’animateur d’une institution d’appui à la démocratie, le magistrat, le douanier, le policier, le soldat, l’agent de renseignement, le fonctionnaire, le député national ou provincial, le serviteur de Dieu… à se mettre au service de la collectivité nationale, à ne pas confondre les fonds et les biens publics avec le « ligablo » personnel ou familial, ne pas abuser de sa position politique ou sociale pour nuire, à respecter les lois et règlements de la République.

Bref, grâce à la fin de l’impunité, un nouveau Congolais et un nouveau Congo pourraient germer des terres de nos ancêtres. C’est le lieu de saluer, à ce propos, des signaux forts déjà donnés dans ce sens par le Chef de l’Etat, tels le reversement du reliquat de ses frais de mission au Trésor public au terme d’un voyage à l’étranger, ses voyages à l’intérieur du pays dans un vol régulier de la compagnie nationale et en classe économique, la suspension voire la révocation de certains ministres, mandataires publics, officiers supérieurs de l’armée et de la police coupables d’actes indélicats.

C’est dans ce cadre qu’il faut également situer la leçon publique de transparence dans l’utilisation des fonds publics qu’il est en train de distiller à toute la Nation à travers le financement, avec peu de moyens, d’importants travaux de modernisation et de réhabilitation des infrastructures de base sur l’ensemble du territoire national. La visibilité de son « Programme d’urgence de 100 jours » est indiscutable, contrairement à ce qu’on avait connu dans un passé récent tels que les « Cinq chantiers de la République » et la « Révolution de la Modernité », restés de slogans creux pendant 12 ans, ou encore dans un passé lointain avec la « Révolution-comparaison », un slogan tout aussi creux claironné sur tous les toits par les « Mobutistes » pendant 32 ans.

Cette fois au moins, les lignes sont en train de bouger aux plans politique, sécuritaire, financier, économique et social. Le vœu de tous est que le peuple trouve réellement son compte dans le changement de gouvernance au sommet de l’Etat. Et comme lampe-témoin à laquelle le souverain primaire invite le Chef de l’Etat à se référer constamment, il y a la pertinente devise de son défunt père, Etienne Tshisekedi : « le peuple d’abord ! ». Il faut espérer qu’il ne va pas changer de cap, comme il a encore réaffirmé à Kisangani sinon, il faut mettre une croix sur la renaissance du grand Congo comme puissance économique et industrielle au cœur de l’Afrique.

FATSHI RÉAFFIRME SA DÉTERMINATION À EN FINIR AVEC LES ANTIVALEURS

Après Lubumbashi et Kasumbalesa dans la province du Haut Katanga, Goma et Beni au Nord-Kivu, Kalehe dans le Sud-Kivu, Boma dans la province du Kongo Central, le Président de la République a séjourné du 23 au 24 avril 2019 dans la ville de Kisangani, capitale de la province de la Tshopo. Venu pour remercier ceux des électeurs qui l’avaient chaleureusement accueilli lors de la campagne électorale et voté effectivement, puis procéder à l’inauguration de quelques ouvrages déjà réalisés dans le cadre des 100 jours, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a eu l’occasion d’échanger, cette fois-ci en tant que Président de la République avec les « Boyomais ».

L’échange Fatshi-Bonyomais est intervenu dans la soirée de mardi à la Place de la Poste, au retour de la rivière Wanyarukula, où le Chef de l’Etat a inauguré le pont Lubuya. C’était l’occasion pour Félix Tshisekedi de réaffirmer les principes fondamentaux sur lesquels il compte asseoir l’action de son gouvernement. Il s’agit notamment de la lutte sans relâche contre les antivaleurs – en l’occurrence la corruption, l’impunité, le tribalisme – ces maux qui détruisent le pays.

Il a commencé par rappeler les promesses qu’il avait faites lors de la campagne électorale.

Concernant la démocratie, les libertés d’expression et le respect des droits de l’homme, « Je vous informe en ces instants que tous les cachots, qui étaient remplis de gens au motif qu’ils avaient participé à la marche, ont été fermés. Et jamais, je ne permettrais que le Congolais soit arrêté pour raison d’opinion ».

Quant à la lutte contre les antivaleurs qui ont détruit le pays, à savoir : la corruption, l’impunité et le tribalisme, il n’y aura plus d’excuses. Cela doit s’arrêter. Voilà pourquoi, on va renforcer les capacités de la justice afin d’aider à mettre définitivement un terme à toutes ces antivaleurs.

Pour ce qui est du bien-être social, il a promis d’améliorer les conditions d’études des étudiants et d’examiner le problème des frais académiques. Il en a discuté le lendemain avec les responsables de l’université de Kisangani. Il en a profité pour rassurer toutes les couches sociales qu’aucune ne fera l’objet d’oubli durant son mandat. Tout le monde sera pris en compte dans ce chapitre des conditions sociales. Etudiants, fonctionnaires, médecins, militaires et policiers, commerçants, mamans maraîchères …bref, on s’occupera de tout le monde.

A propos des barrières érigées partout que déplore la population, il a informé ses interlocuteurs qu’il venait d’instruire le gouverneur à ce sujet, en lui recommandant de lever toutes les barrières et laisser les commerçants travailler en toute tranquillité. Car, c’est grâce aux impôts qu’ils payeront que l’Etat aura des moyens pour résoudre les problèmes de la population.

En ce qui concerne le courant et l’eau potable, il a dit que cela constitue un grand chantier pour l’ensemble de la République.

L’expertise congolaise n’est pas en déphasage

Contrairement à l’idée que certains compatriotes, les plus sceptiques, se faisaient, l’élite congolaise vient de prouver qu’elle est capable de mieux faire. Il suffit de lui donner le nécessaire et la mettre à l’épreuve.

La réalisation, en un temps record, à savoir poser un pont capable de supporter des charges allant jusqu’à 60 tonnes en 25 jours, est une preuve que les ingénieurs congolais sont aussi capables de merveilles.

Prenant la parole pour introduire le Chef de l’Etat, le Directeur général de l’Office de Routes a donné quelques précisions en ce qui concerne les fiches techniques des ouvrages réalisés ainsi que leur importance pour relier les provinces.

Le pont Lubuya, jeté sur la rivière Wanyarukula, à 54 km de la ville de Kisangani, est construit en remplacement d’un vieux pont datant de 1955 et qui ne répondait plus à la charge. Ayant une portée de 30 m avec une capacité de 60 tonnes, le pont Lubuya va faciliter le trafic entre plusieurs provinces du pays, notamment le Nord et le Sud Kivu, le Maniema et la Tshopo.

Le deuxième pont est celui de Lubunga, qui reliera la ville de Kinshasa au Grand Kasaï à travers le Sankuru. Il a été inauguré hier mercredi par Félix Tshisekedi.

Les deux ponts ont été réalisés par les ingénieurs de l’Office des Routes avec le financement du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI).

BIENTÔT LA FIN DE LA RÉCRÉATION POUR LES GROUPES ARMÉS

En séjour à Kisangani depuis le mardi 23 avril 2019, le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, a tenu un conseil provincial de sécurité avec les autorités politiques et militaires de la Tshopo. Il a été donné d’apprendre, à l’issue de cette réunion, qu’il a communiqué aux responsables militaires locaux des instructions strictes pour mettre fin au climat d’insécurité qui touche, ces dernières semaines, la ville de Kisangani ainsi que d’autres contrées de cette province, notamment le territoire d’Ubundu, à 128 kilomètres du chef-lieu de la Tshopo, où des combattants Mai-Mai se comportent comme dans une jungle. La traque et la neutralisation des groupes armés qui sèment l’insécurité dans cette partie de la République sont les deux missions confiées aux éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo qui opèrent sur cette ligne de front, avec les moyens humains, matériels, logistiques et financiers conséquents.

Le souci du Chef de l’Etat est que la province de la Tshopo retrouve une paix durable à brève échéance, de manière à mettre un terme au phénomène des déplacés internes, évalués présentement à 6000 personnes.

Université de Kisangani : appel à la réconciliation

Comme souhaité par beaucoup de Boyomaises et Boyomais, le Président de la République a trouvé le temps, dans son agenda fort chargé, d’improviser une visite à l’Université de Kisangani, qui était le théâtre, en début d’année, d’affrontements internes ayant pour soubassement la haine intertribale entre autres autorités académiques, qui se sont organisées pour se constituer des milices chargées à la fois de leur protection et des opérations de chasse aux sorcières au niveau des camps antagonistes.

Dans son adresse à l’ensemble de cette communauté universitaire, Félix Antoine Tshisekedi a lancé un appel à la réconciliation, à la fraternité, au respect des biens publics et des autorités académiques. Suffisamment au courant du cahier de charges de l’Université de Kisangani, il a promis d’apporter, progressivement, des solutions aux problèmes divers qui s’y posent pour le bon déroulement des activités académiques.

On rappelle qu’au cours de la même journée d’hier, le Chef de l’Etat a procédé à la remise en service du pont neuf de 18 mètres, en béton armé, jeté sur la rivière Lubunga, sur la rive gauche de la ville de Kisangani. Cet ouvrage est appelé à relier la province de la Tshopo à celles de la Tshuapa, du Sankuru et du Kasaï Central.

La veille, Félix Antoine Tshisekedi était à 60 kilomètres de Kisangani, pour l’inauguration du pont métallique de Lubuya, d’une longueur de 30 mètres, qui a le mérite d’ouvrir la province de la Tshopo à ses voisines du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema.

Il nous faut signaler que les deux ouvrages qui viennent d’être remis à neuf en l’espace de 25 et 36 jours, dans le cadre du programme d’urgence des 100 jours du Chef de l’Etat, grâce à un appui financier du FPI (Fonds de Promotion de l’Industrie), datent des années ’50. Frappés par la limite d’âge, ils s’étaient effondrés dernièrement, comme des châteaux de cartes, au passage des véhicules supérieurs à leurs tonnages ( 25 et 30 tonnes). A présent, ils sont en mesure de supporters des charges équivalentes à 60 tonnes.

(avec Kimp, Dom et lePhare)

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