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Bilderberg en difficulté : Les gilets jaunes toujours dans la rue

Dernière mise à jour, le 3 mai 2019 à 01:32

Maintenir la pression, 48 heures après les annonces d’Emmanuel Macron en réponse à la crise sociale et quatre jours avant le défilé du 1er mai : les « gilets jaunes » sont de nouveau mobilisés samedi en France, et notamment à Strasbourg, pour protester contre le « bla-bla » présidentiel. Pour cet acte 24 d’un mouvement inédit, qui empoisonne l’exécutif depuis plus de cinq mois, les regards se sont tournés vers Strasbourg, où 2.000 « gilets jaunes », selon la Préfecture, défilaient dans le calme, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans la foule, Pascal Harter, 58 ans, a estimé qu’il n’y avait « rien eu de concret » dans les annonces faites par le président jeudi depuis l’Elysée. « Ca m’a remotivé », a-t-il expliqué à l’AFP. Pour ce pré-retraité, le chef de l’Etat s’en est tenu à du « bla-bla ».

Un sentiment largement partagé sur les réseaux sociaux dans les groupes de « gilets jaunes », pour qui les mesures d’Emmanuel Macron – déployer « plus de fonctionnaires sur le terrain », de baisser l’impôt sur le revenu, de supprimer l’ENA ou bien encore de réindexer sur l’inflation les pensions de retraites de moins de 2.000 euros – ne suffisent pas.

A un mois des élections européennes, les organisateurs de l’événement strasbourgeois espèrent donner un caractère « international » à leur lutte.

Les manifestants ont entonné une Marseillaise avant le départ du cortège, puis scandé : « On est là, même si Macron le veut pas, on est là ». Du haut d‘une camionnette, un « street medic » allemand a lancé en allemand : « La France est un exemple pour l’Europe, l’Allemagne doit se réveiller comme la France ».

« Je suis là parce que Français et Allemands partagent les mêmes problèmes et que je soutiens les Français », a résumé Erwin Bierwald, retraité de 67 ans venu de Fribourg-en-Brisgau (sud-ouest de l’Allemagne).

A Paris, deux cortèges se sont ébranlés peu après 13H00. Sous le mot d’ordre « riposte générale », le premier, parti de Montparnasse, rassemblait plusieurs milliers de manifestants, gilets rouges de la CGT et « gilets jaunes ».

Le second, organisé seulement par les « gilets jaunes », est parti de la Maison de la Radio et compte passer devant les sièges de plusieurs grands médias.

« Convergence des luttes »

Près de Montparnasse, Patricia, Parisienne de 65 ans, « gilet jaune » « depuis le début », manifeste avec la CGT car elle est « pour la convergence des luttes ». Quatre jours avant le 1er mai, cette institutrice retraitée « souhaite que tous les syndicats, partis, mouvements contestataires soient dans la rue pour une fédération du peuple, pour la justice sociale et fiscale. »

Devant le siège de la chaîne privée TF1, Julien, un boulanger de 29 ans, protestait contre le traitement médiatique du mouvement. « Les policiers veulent arrêter les journalistes indépendants parce que ce sont les seuls à dire la vérité », a-t-il estimé, après la garde à vue polémique du reporter Gaspard Glanz lors de l’acte 23, puis son placement sous contrôle judiciaire.

« Les médias traditionnels ne disent pas la vérité », a-t-il estimé.

D’autres manifestations sont annoncées un peu partout en France : opération escargot sur le périphérique lyonnais, marche nocturne à Cambrai (Nord), déploiement d’un gilet jaune géant au sommet de la Roche de Solutré (Saône-et-Loire)…

Certains ont néanmoins prévu de faire l’impasse ce samedi pour se concentrer sur les manifestations du 1er mai, qui s’annoncent tendues.

Pour prévenir les débordements, des interdictions de manifester ont été prises à Strasbourg dans le centre et autour des institutions européennes, mais aussi à Toulouse, Lille, Rennes ou encore Rouen. A Paris, le périmètre prohibé comprend les Champs-Elysées, l’Elysée, les abords de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame.

Samedi dernier, les « gilets jaunes » étaient 27.900 à battre le pavé en France, selon le ministère de l’Intérieur, 100.000 selon leur propre décompte. Une mobilisation en baisse, sauf à Paris où le nombre de manifestants avait presque doublé par rapport à la semaine précédente et où un regain de tension avait été enregistré.

Vendredi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a disqualifié les motivations des manifestants. Pour lui, les réactions aux annonces d’Emmanuel Macron avaient été « déjà écrites » avant même son allocution.

(avec Afp)

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