vendredi , 19 juillet 2019
Accueil / Business / Économie / Conference de presse : Bilderberg n’a pas convaincu les français
Emmanuel Macron, Président français lors d'une conference de presse, le 25 avril 2019.
Emmanuel Macron, Président français lors d'une conference de presse, le 25 avril 2019.

Conference de presse : Bilderberg n’a pas convaincu les français

Dernière mise à jour, le 29 avril 2019 à 11:08

Résolu et offensif, Emmanuel Macron s’est défendu d’avoir fait « fausse route » mais a promis une « nouvelle méthode » pour « lever beaucoup de malentendus », multipliant les annonces fiscales, sociales et institutionnelles jeudi lors d’une grande conférence de presse à l’Élysée. Le chef de l’Etat a confirmé vouloir réduire « significativement » l’impôt sur le revenu, évoquant le chiffre de « 5 milliards » d’euros et un financement par la suppression de « certaines niches fiscales » et avec « la nécessité de travailler davantage ». Mais sur ce point, M. Macron a donné quelques arbitrages au sujet de pistes évoquées au sein de sa majorité, en estimant que travailler plus ne pouvait pas passer par la suppression d’un jour férié ou un recul de l’âge légal de départ à la retraite. Il a par contre relevé que l’on pouvait « laisser le libre choix » en ce qui concerne l’allongement de la durée de cotisation. Pour les observateurs, le pion de Bilderberg au Palais de l’Élysée, n’a pas non seulement convaincu les français. Mais il a aussi fait « un sacré bras d’honneur aux gilets jaunes ». « La colère » est « relancée » pour Jean-Luc Mélenchon, elle « a de beaux jours devant elle », dit Jordan Bardella.

Autre confirmation: la réindexation des pensions de retraites de moins de 2.000 euros sur l’inflation. Avec deux nouveautés: la fin de la « sous-indexation » de toutes les retraites en 2021, et la volonté d’une retraite minimale de 1.000 euros pour tous ceux qui ont une carrière complète.

Promesse incluse dans le discours avorté du 15 avril, le chef de l’État a dit ne plus vouloir de fermetures « ni d’hôpitaux ni d’écoles » d’ici 2022.

Il s’est par ailleurs dit prêt à « abandonner » l’objectif de 120.000 fonctionnaires qu’il avait fixé « si ce n’est pas tenable ».

Au plan éducatif, il a notamment souhaité des classes de 24 élèves maximum de la grande section de maternelle au CE1.

Lors de cet exercice inédit depuis son élection en 2017, devant quelque 320 journalistes, le chef de l’Etat a salué les « justes revendications à l’origine » du mouvement des « gilets jaunes » qui a profondément bouleversé le quinquennat depuis le 17 novembre.

Souvent critiqué pour des phrases choc, le président a dit regretter d’avoir donné « le sentiment » d’être « dur », « parfois injuste ». « Ça n’a pas aidé à la cause », a-t-il admis.

Travailler plus

Pour « répondre à la juste part d’énervement » et « lever beaucoup de malentendus », il a promis « une nouvelle méthode », une « nouvelle manière » de gouverner, avec un leitmotiv: « l’humain remis au cœur du projet ».

Mais « est-ce qu’il faudrait arrêter tout ce qui a été fait depuis deux ans ? (…) Est-ce qu’on a fait fausse route ? Je crois tout le contraire », a néanmoins soutenu le président.

Et M. Macron l’a assuré: il se « fiche de la prochaine élection » présidentielle.

Quant à Alexandre Benalla, à qui il doit le premier scandale retentissant de son quinquennat, M. Macron a assuré qu’il n’avait « jamais été protégé par l’Elysée ». Il a dit ne pas regretter de l’avoir embauché à l’Elysée. Mais « c’est sans doute pour cela que je lui en veux encore plus », a-t-il ajouté.

S’exprimant longuement sur les questions institutionnelles, le chef de l’État a confirmé vouloir instaurer une dose de 20% de proportionnelle à l’Assemblée et une suppression de 25% à 30% du nombre de parlementaires, dans le cadre d’une révision constitutionnelle qu’il souhaite voir examinée au Parlement « à l’été ».

Il a en revanche rejeté l’instauration du vote blanc et du vote obligatoire.

Macron n’a « rien compris »

M. Macron souhaite également réformer le référendum d’initiative partagée instauré en 2008 en abaissant le seuil de déclenchement à 1 million de signatures citoyennes. Quant au référendum d’initiative citoyenne (RIC), revendication récurrente des « gilets jaunes », il souhaite l’instaurer, mais seulement au niveau local.

Il a confirmé sa volonté de réformer le Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui intègrera « dès le mois de juin » 150 citoyens tirés au sort, qui plancheront en tout premier lieu sur les questions climatiques.

M. Macron a également annoncé « un nouvel acte de décentralisation » pour début 2020 et « une profonde réorganisation de l’administration » que le Premier ministre Édouard Philippe présentera au mois de mai.

Il a confirmé son intention de supprimer l’ENA et expliqué vouloir mettre fin aux « grand corps » de la fonction publique.

Alors qu’ONG, opposition mais aussi aile écologiste de la majorité se sont inquiétées ces derniers jours de la faiblesse des annonces en matière d’environnement, M. Macron a expliqué vouloir mettre en place un « Conseil de défense écologique ».

Il présidera cette instance qui réunira le Premier ministre et les ministres concernés et devra « prendre les choix stratégiques et mettre au cœur de toutes nos politiques cette urgence climatique ».

Le président a également promis d’être « intraitable » face à « l’islam politique qui veut faire sécession avec notre République ». Il a dit vouloir un débat annuel au Parlement sur la politique migratoire.

Pour initier la mise en œuvre de ces chantiers, Édouard Philippe réunira lundi en « séminaire » ministres et responsables de la majorité.

Les réactions politiques n’ont pas tardé à fuser: « Rien ou si peu » sur l’écologie, a estimé la tête de liste EELV Yannick Jadot. « Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant », a jugé Jean-Luc Mélenchon (LFI).

« Encore une fois Emmanuel Macron demande des efforts aux travailleurs, mais à aucun moment on ne demande d’efforts à ceux qui brassent des millions », a dénoncé le PS.

Pour LR, Laurent Wauquiez a vu « beaucoup d’oubliés » dans les annonces présidentielles « et d’abord les retraités », et « aucune piste sérieuse d’économie sur la dépense publique ». Jordan Bardella (RN) a vu un président « content de sa politique » et a dit craindre « que la colère des Français a de très beaux jours devant elle ».

Côté « gilets jaunes », Maxime Nicolle a jugé que M. Macron n’avait « pas écouté ce qu’on dit dans la rue depuis cinq mois ». Pour Jérôme Rodriguez, « il vendrait du sable à un Berbère mais ça ne prend pas ». Priscilla Ludosky a appelé à de nouvelles manifestations.

M. Macron a conclu la conférence en promettant de rééditer l’exercice, après deux premières années de rapports compliqués avec la presse.

MACRON PROPOSE DE TRAVAILLER PLUS POUR PAYER MOINS D’IMPÔTS

Emmanuel Macron a estimé jeudi que travailler plus ne pouvait pas passer par la suppression d’un jour férié ou un recul de l’âge légal de départ à la retraite, tout en relevant qu’on peut « laisser le libre choix » en ce qui concerne l’allongement de la durée de cotisation. Evoquant tour à tour trois solutions possibles pour permettre de « travailler plus » afin de financer des baisses d’impôts, il s’est dit « pas favorable » à la suppression d’un jour férié et « ne pas croire » qu’il faille reculer l’âge légal de la retraite. « Travailler plus, ça peut se faire d’une autre manière. C’est d’allonger la durée des cotisations et de laisser le libre choix », a-t-il remarqué lors de sa conférence de presse organisée à l’issue du grand débat national. « Ce sur quoi peut travailler le gouvernement avec le Parlement, c’est de regarder si on peut allonger la période de référence sans bouger l’âge légal pour avoir un système de décote qui incite à travailler davantage, mais sans forcer tout le monde », a-t-il expliqué. Cette « option permet de dégager des économies pour réinvestir dans des baisses d’impôts » mais aussi dans les « petites retraites de ceux qui ont travaillé tout le long de leur vie », a estimé M. Macron.

Emmanuel Macron a proposé jeudi de réduire « significativement » l’impôt sur le revenu pour répondre à « l’injustice fiscale » dénoncée lors du grand débat, mais en appelant les Français à travailler plus pour financer cette baisse, tout en justifiant sa suppression de l’ISF.

« Je ne veux pas de hausse d’impôts et je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l’impôt sur le revenu », a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse organisée à l’issue du grand débat national pour répondre à la crise des « gilets jaunes ».

Le président de la République était attendu sur la question de la baisse de l’impôt sur le revenu, jugée prioritaire par 18,8% des participants au grand débat et adoubée par plusieurs ministres, dont celui des Finances Bruno Le Maire.

« J’ai demandé au gouvernement de mettre en oeuvre cette baisse d’impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique », a expliqué M. Macron.

Le président a estimé à environ cinq milliards d’euros la baisse de l’impôt sur le revenu, qui rapporte plus de 75 milliards par an à l’Etat, soit environ 13%.

« Autour de cinq milliards, je pense que ce serait une bonne chose », a-t-il affirmé, tout en laissant au gouvernement le soin de « définir le quantum ».

Pour financer cette mesure, il a évoqué l’allongement de la durée de cotisation pour le départ en retraite, sans toucher pour autant à l’âge légal qui est actuellement de 62 ans ni supprimer un jour férié, des pistes évoquées par la presse au cours des derniers jours.

« Travailler plus, ça peut se faire d’une autre manière, (comme) allonger la durée des cotisations et de laisser le libre choix », a-t-il soutenu. Cette « option permet de dégager des économies pour réinvestir dans des baisses d’impôts », a-t-il ajouté.

Pour financer cette mesure, le président a évoqué d’autres pistes pour les financer, notamment la réduction des niches fiscales dont bénéficient les entreprises. « Pas celles des ménages ou des particuliers », a-t-il assuré.

Des organismes « inutiles »

M. Macron a notamment rappelé que les entreprises bénéficiaient déjà d’une baisse de l’impôt sur les sociétés, qui doit être ramené à 25%, soit la moyenne européenne, à la fin du quinquennat en 2022.

« Il me semble que la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale n’est pas d’augmenter les impôts de tel ou tel, mais plutôt de baisser les impôts pour un maximum de nos concitoyens, en particulier pour celles et ceux qui travaillent », a-t-il affirmé, en se référant spécifiquement aux classes moyennes.

Le président a également insisté sur le besoin de réduire la dépense publique pour que « les baisses d’impôt d’aujourd’hui ne soient pas financées par de la dette supplémentaire ».

« Il y a beaucoup d’organismes dont j’ai demandé la fermeture au gouvernement », a-t-il souligné, sans donner de précision. Le Premier ministre Edouard Philippe « est en train de piloter ce travail », a-t-il ajouté.

« On a énormément gardé d’organismes inutiles, de comités, de structures: il faut que l’on réduise tout cela massivement », a-t-il assuré.

M. Macron a toutefois défendu la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dès le début de son quinquennat, une mesure souvent critiquée lors du grand débat et lors des manifestations des gilets jaunes.

A ses yeux, il s’agit d’une « réforme pour produire, pas une réforme pour les plus fortunés ». Il a toutefois souligné que la suppression de l’ISF serait « évaluée en 2020 ». « Nous regarderons son efficacité. Si elle n’est pas efficace, nous la corrigerons », a-t-il assuré.

D’une manière générale, M. Macron a assuré avoir « déjà baissé significativement » les impôts « dans des proportions non négligeables durant ces deux premières années qui touchent nos concitoyens et les entreprises ».

Le chef de l’Etat a d’ailleurs rappelé la suppression progressive de la taxe d’habitation sur le quinquennat ou encore « la défiscalisation et désocialisation » des heures supplémentaires annoncées en décembre pour répondre à la crise des gilets jaunes.

MACRON ÉCARTE LE RIC

Emmanuel Macron veut faciliter la mise en oeuvre d’un référendum à l’initiative du peuple en proposant d’abaisser à un million le nombre de signatures nécessaires pour saisir le Parlement, a-t-il annoncé jeudi, tout en écartant le « référendum d’initiative citoyenne » (RIC) voulu par des « gilets jaunes ».

Cette mesure figurerait dans la réforme constitutionnelle que le chef de l’Etat veut voir revenir au Parlement « à l’été », a-t-il dit lors de sa conférence de presse de conclusion du grand débat national.

Tel que proposé par les « gilets jaunes », le référendum d’initiative citoyenne « me semble remettre en cause la démocratie représentative, mais je crois malgré tout que nous devons donner plus de place à la voie référendaire dans notre démocratie », a déclaré le chef de l’Etat devant les journalistes réunis à l’Elysée.

« Je ne crois pas à la République du référendum permanent », a-t-il insisté en réponse à la question d’un journaliste.

Mais Emmanuel Macron veut « aller plus loin sur le référendum d’initiative partagée ». Ce dernier nécessite actuellement le soutien de 20% des parlementaires et de 10% du corps électoral, soit près de 4,5 millions de signatures.

Le président de la République veut en « simplifi(er) les règles en permettant que l’initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu’elle puisse prospérer en projet de loi et, si elle n’était pas examinés par les Assemblées, aller au référendum », a-t-il expliqué.

Le chef de l’Etat souhaite également « renforcer le droit de pétition au niveau local », via « une forme de droit d’interpellation des élus au-delà d’un certain seuil, qui sera à définir ».

Autre proposition d’ordre institutionnel: inclure 150 citoyens tirés au sort au sein de l’actuel Conseil économique, social et environnemental (Cese) afin de créer un « Conseil de la participation citoyenne ».

Emmanuel Macron a en revanche écarté l’idée du vote obligatoire ou d’un vote blanc comptabilisé comme un vote exprimé.

Mais il a confirmé deux grandes mesures déjà prévues par le projet de réforme des institutions de l’exécutif suspendu depuis l’été 2018: « une part significative de proportionnelle » et « la réduction du nombre de parlementaires », sans donner de chiffres précis.

« LES TRANSFORMATIONS EN COURS NE DOIVENT PAS ÊTRE ARRÊTÉES »

Emmanuel Macron a affirmé jeudi, évoquant son action à l’Elysée, que « les transformations en cours et les transformations indispensables à faire dans notre pays ne doivent pas être arrêtées, parce qu’elles répondent profondément à l’aspiration de nos concitoyens ».

« Elles n’ont pas été suffisamment rapides à l’endroit de certains, pas suffisamment radicales, pas suffisamment humaines – je vais y revenir – mais je pense très profondément que les orientations prises durant ces deux premières années, à bien des égards, ont été justes », a-t-il poursuivi lors de son propos liminaire de sa conférence de presse organisée à l’issue du grand débat national.

MACRON SALUE LES JUSTES REVENDICATIONS À L’ORIGINE DU MOUVEMENT DES GILETS JAUNES

Emmanuel Macron a salué jeudi les « justes revendications » portées par les « gilets jaunes », qui ne doivent pas être « occultées par les violences de quelques-uns », dans le propos liminaire de sa conférence de presse organisée à l’issue du grand débat national.

Evoquant « un mouvement inédit », il a remarqué qu’il « s’est ensuite progressivement transformé, tiraillé entre les injonctions contradictoires », puis a été « récupéré par les violences de la société ». « Mais je ne veux pas que les dérives de quelques-uns occultent les justes revendications portées à l’origine de ce mouvement et profondément soutenues », a-t-il souligné.

LE GOUVERNEMENT S’APPRÊTE À PLANCHER SUR LES MESURES ANNONCÉES PAR MACRON

Après les annonces d’Emmanuel Macron jeudi, il revient désormais au gouvernement de mettre en musique les mesures fiscales et sociales censées répondre à la crise des « gilets jaunes », et déjà critiquées par l’opposition.

Chacun dans son rôle: un séminaire « inédit », réunissant lundi ministres et présidents des groupes de la majorité et des commissions au parlement autour du Premier ministre Edouard Philippe, doit maintenant permettre au gouvernement de plancher à la fois sur la méthode et le calendrier.

Ministres et représentants de la majorité se sont bousculés dès vendredi matin dans les médias pour assurer le service après-vente de la conférence de presse du chef de l’Etat.

Emmanuel Macron, qui a « écouté, compris, appris » pendant le grand débat national organisé en réponse aux manifestations, a défini jeudi « un cap nouveau, une nouvelle étape pour notre république », a commenté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur France Inter.

Annonce très commentée vendredi matin, la baisse d’impôt sur le revenu de 5 milliards d’euros interviendra en janvier 2020, et elle pourrait atteindre « 10% » pour les foyers fiscaux concernés, a d’ores et déjà précisé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Ceux-ci pourraient être 15 millions, a dit le ministre des Finances Bruno Le Maire, en assurant que le gouvernement ne laissera « filer » ni le déficit public ni la dette.

Dette et déficit public

Emmanuel Macron a souhaité que cette mesure soit financée par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises et des réductions de la dépense publique. Il a aussi mis en avant la nécessité de travailler davantage, en prônant de « laisser le libre choix » d’un allongement de la durée de cotisation pour la retraite.

Autre mesure forte, « des classes de 24 élèves maximum de la grande section de maternelle au CE1 », un investissement « absolument essentiel » aux yeux du chef de l’Etat. « Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, avec Gérald Darmanin, auront à faire des propositions pour voir comment atteindre cet objectif du président », a là encore indiqué Mme Ndiaye.

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé la réindexation des pensions de retraites de moins de 2.000 euros sur l’inflation, avec toutefois deux nouveautés: la fin de la « sous-indexation » de toutes les retraites en 2021, et le souhait d’une retraite minimale de 1.000 euros pour ceux qui ont une carrière complète.

Il ne veut par ailleurs plus aucune fermeture « ni d’hôpitaux ni d’écoles » d’ici 2022, et souhaite un « Conseil de défense écologique » réunissant Premier ministre et ministres concernés, et qu’il présidera.

« Bras d’honneur »

Ces annonces suffiront-elles à calmer la colère des « gilets jaunes » qui depuis la mi-novembre manifestent chaque samedi, avec toutefois une mobilisation infiniment moindre que celle du début ?

Non, ont répondu à l’unisson dès jeudi soir le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et la tête de liste du Rassemblement national pour les Européennes, Jordan Bardella : « la colère » est « relancée » pour le premier, elle « a de beaux jours devant elle », dit le second.

Emmanuel Macron a fait « un sacré bras d’honneur aux gilets jaunes », a résumé vendredi matin le porte-parole du RN Sébastien Chenu en lui reprochant d’avoir signifié qu’il maintiendrait son « cap ».

Les manifestants n' »ont pas dit qu’il fallait tout arrêter et ne plus rien faire; ils ont dit +nous ne voyons pas de changements concrets+ », a fait valoir Sibeth Ndiaye.

Des « gilets jaunes » rencontrés par l’AFP jeudi soir à Aubagne (Bouches-du-Rhône) ont critiqué « des mesurettes à la con », « du pipeau », pendant que Priscillia Ludosky, une des figures du mouvement, tweetait: « 27/04 manif 01/05 manif 04/05 manif 08/05 manif 11/05 manif 18/05 manif 25/05 manif ».

L’opposition de droite comme de gauche critique des mesures insuffisantes, en particulier pour les retraités.

Les Républicains concentrent leurs critiques sur la baisse de la dépense publique et leur patron Laurent Wauquiez a dénoncé la possibilité évoquée par le chef de l’Etat d' »abandonner » l’objectif de 120.000 fonctionnaires en moins « si ce n’est pas tenable ».

Et le compte n’y est pas non plus pour les écologistes d’EELV en matière d’environnement et de climat.

Un total de 63% de Français interrogés en ligne jeudi par Harris Interactive et l’agence Epoka pour LCI, RTL et Le Figaro ont trouvé le chef de l’Etat « pas convaincant » et 80% pensent que sa prestation ne mettra pas fin au mouvement, 65% plaçant « l’augmentation du temps de travail » au premier rang des mesures considérées comme « une mauvaise chose ».

(avec Afp)

A lire aussi

Fatshi, President de la RDC, lors d'une conférence de presse.

En prônant le pardon : Fatshi souffle le chaud et le froid au risque de consacrer l’impunité

Quand Félix Tshisekekdi implore le pardon divin pour tous ceux qui ont volé, violé, abusé …

Laisser un commentaire