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Fatshi et Pompeo, Avril 2019, aux Etats-Unis.
Fatshi et Pompeo, Avril 2019, aux Etats-Unis.

USA – RDC : Mariage de dupes

Dernière mise à jour, le 27 avril 2019 à 02:05

Un chapelet de projets et de bonne intention signé US pour rendre le pays de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi « plus pacifique, stable et prospère », comme mentionné sur la déclaration conjointe du vendredi 12 avril 2019 entre la présidence de la RDC et l’ambassade des USA à Kinshasa. C’est à se demander si les USA vont spécialement, avec l’arrivée de Fatshi à la tête de la RDC, déroger à tous leurs principes impérialistes notoires. Mariage de dupes, car la réponse à la préoccupation est sans doute négative à l’analyse des observateurs sérieux. Non, les USA ne vont pas tempérer leurs ardeurs impérialistes à l’endroit de la RDC parce que Fatshi en est devenu le président. Face aux défis leur lancés par les puissances émergentes qui les supplantent graduellement dans bien des pays africians, les USA tentent le tout, mettant les bouchées doubles, pour réconquérir la RDC, une reconquête impulsée aussi par leur volonté de contrôler les minerais stratégiques actuels comme le cobalt, le germanium, le coltan, le niobium, etc. dont dispose la RDC à foison et de s’assurer le marché congolais pour l’économie américaine.

Les USA on fait parler tout leur talent de pharisiens dans la déclaration conjointe du vendredi 12 avril 2019 entre la présidence de la RDC et leur ambassade à Kinshasa. Un chapelet de projets et de bonne intention signé US pour rendre le pays de Félix Tshisekedi « plus pacifique, stable et prospère », comme mentionné sur la déclaration, exploitant l’alibi de bons premiers signaux donnés par le 5 è président congolais depuis sa prise de fonctions le 24 janvier 2019.

C’est à se demander si les USA vont spécialement, avec l’arrivée de Fatshi à la tête de la RDC, déroger à tous leurs principes impérialistes notoires. Mariage de dupes, car la réponse à la préoccupation est sans doute négative à l’analyse des observateurs sérieux. Non, les USA ne vont pas tempérer leurs ardeurs impérialistes à l’endroit de la RDC parce que Fatshi en est devenu le président. Face aux défis leur lancés par les puissances émergentes qui les supplantent graduellement dans bien des pays africians, les USA tentent le tout, mettant les bouchées doubles, pour réconquérir la RDC, une reconquête impulsée aussi par leur volonté de contrôler les minerais stratégiques actuels comme le cobalt, le germanium, le coltan, le niobium, etc. dont dispose la RDC à foison et de s’assurer le marché congolais pour l’économie américaine.

Problématique paix, stabilité et prospérité en RDC

L’annonce de rendre la RDC plus pacifique, stable et prospère plonge dans un crève-cœur tout connaisseur en géopolitique, car le pays de Lumumba manque ces attributs au niveau voulu du fait de la sorcellerie américaine contre lui. Dans son livre, Apoli Bertrand Kameni démontre qu’il existe bien une corrélation entre les innovations industrielles et technologiques dans les Etats industrialisés, les cours des minerais stratégiques et la violence armée en Afrique. Jean-Paul Sartre expliquait la cessation de combats dans le Congo de l’après indépendance par les effets et les signes des tractations entre trusts, entre gouvernements par l’accord entre USA et Belgique pour exploiter en commun les richesses congolaises par des sociétés mixtes. Pour lui, le retour du Katanga au reste du Congo s’expliquait alors aussi par la même raison.

L’on voit donc que la paix, la stabilité et la prospérité en RDC étaient menacées par les perspectives mercantilistes des puissances impérialistes intéressées à la RDC. Depuis le génocide rwandais et l’intérêt suscité par les minerais stratégiques de l’Est de la RDC, cette partie du pays est en proie à une insécurité qui fait d’elle un guêpier et un répaire des forces négatives qui exploitent ces minerais pour les multinationales occidentales, notamment, américaines. L’on se rappelle comment la Loi Dobb Franck qui exigeait la traçabilité des minerais en provenance du Congo pour lutter contre les minerais de sang dont s’approvisionnaient les multinationales américaines avait mis mal à l’aise le patronat américain de sorte qu’à son arrivée au pouvoir, Donald Trump au principe sacrosaint de l’Amérique d’abord, a abrogé cette loi, à l’allégresse des milieux d’affaires américains. Et maintenant, il s’agit pour les USA de racoler Félix Tshisekedi à leurs causes par une opération de séduction qui ne va pas, malgré tout, édulcorer leurs fougue et prédation impérialistes. En annonçant ces bonnes choses, les USA veulent se faire accepter par une nation qu’ils croient dupe et ignorante des méthodes de domination impérialiste. Tout dépendra de la façon dont l’actuel magistrat suprême assurera aux USA leurs intérêts sinon ils vont vite faire de priver la paix et la stabilité à la RDC sous lui comme dans leurs principes et habitudes.

Les intérêts américains marchant avec le piétinément des intérêts des autres, y compris ceux de Congolais, nous ne voyons pas comment, les USA vont, cette fois-ci, rendre prospère la RDC, un pays qu’ils contrôlent depuis des lustres sans lui donner cette paix, cette stabilité et cette prospérité.

Il est intéressant de noter que pour Lendman, « Ce que Washington prétend est le contraire de la vérité » et « que Washington et ses alliés voyous mènent des guerres sans fin contre l’humanité ». Pour lui, « La paix et la stabilité vont à l’encontre de leurs intérêts. Les massacres de masse et la destruction les servent… Aucune nation dans l’histoire du monde n’a jamais menacé la survie de l’humanité comme l’Amérique». Selon une source : « …le mal est concentré à Washington. Au XIXème siècle (13 ans et demi), Washington a détruit en partie ou totalement 7 pays. Des millions de gens ont été assassinés, estropiés, déplacés et Washington n’a montré aucun remord ou quoi que ce soit s’en approchant,…La dévastation que Washington a infligée est dépeinte comme étant un grand siccès (de la démocratie). Washington a prévalu. Washington est absolument déterminé à prévaloir et le mal absolu que Washington représente mène le monde à la destruction ».

Il sied de chercher à découvrir à quel prix les USA veulent faire tout ça pour la RDC. Ont-ils conduit la Libye et d’autres pays qu’ils ont détruits à plus de paix, de stabilité et de prospérité pour qu’ils le fassent en RDC qu’ils malmènent depuis après son indépendance ?

Adieu la vérité des urnes

La politique, l’adhésion populaire à un leader politique, la vie, bref tout est dynamique dans l’existence. Le combat ou les gesticulations pour la fameuse chanson postélectorale de Martin Fayulu sur la vérité des urnes l’est aussi. Après sa visite dans le pays de Michael Jackson où il a rencontré plusieurs officiels américains et autres belges au nombre de qui le vice Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères belges, Didier Reynders, qui, après s’être entretenu avec Félix Tshisekedi, a déclaré : « Nous devons tourner la page des élections au Congo et regarder comment nous pouvons soutenir le changement… Ce que nous essayons de faire maintenant, c’est examiner comment nous pouvons contribuer à de réels changements et à des évolutions positives pour la population congolaise », le combat au-delà des frontières congolaises pour la vérité des urnes était fini. La fin de ce combat a été aussi constatée dans les murs congolais, le mardi 16 avril 2019, à l’arrivée du Président Tshisekedi à Béni ou en chœur la foule immense qui s’est formée pour l’accueil du nouveau magistrat suprême de la RDC chantait et criait : « Baba utusamehe », comme pour dire : « Père, pardonne-nous » !

Pourtant lors de la campagne, intoxiquée qu’avait été, cette même foule s’était montrée hostile au successeur de Joseph Kabila. L’on disait alors que cette partie du pays était acquise à Martin Fayulu qui, si le scrutin présidentiel s’y était organisé le 30 décembre 2018, aurait raflé tous les suffrages. L’on comprenait que faisant partie de la plateforme trompe-l’œil Lamuka, Mbusa Nyamwisi, leader local, avait abattu un travail de sape contre les challengers du candidat de Lamuka audit scrutin présidentiel. Avant le passage de Fatshi dans ce coin du pays, Martin Fayulu avait fait une croisade explicative, ou plutôt intoxicatrice, pour raviver la flamme du combat de la vérité des urnes en sa faveur. De la peine perdue, car le peuple qui avait été arrosé du chant de cigne caractéristique du syndrôme d’un mauvais perdant, a agi bien à l’opposé de ce qu’on attendait de lui. Normalement, on pourrait appréhender qu’un tel peuple réserve un mauvais acceuil au chef de l’Etat. Mais tant s’en faut, c’est le chant de la demande de miséricorde qui a été entoné, preuve indéniable que ce peuple ne s’approprie pas le combat pour la vérité des urnes de Martin Fayulu.

Une attitude d’espoir pour les Congolais du Nord-Kivu longtemps suppliciés par l’activisme des forces négatives dont plusieurs actuellement, dans l’espace Kivu tout comme dans le Katanga, se rendent spontanément aux forces loyalistes de la RDC en vue de la paix et de la stabilité dans une dynamique du changement, conséquence de l’évolution politique dans le pays. A quoi aura servi la longue bélligérance sinon qu’à désemparer le peuple de cette partie du pays ? Les Lubas du Kasai où ont sévi les miliciens de Kamwena Nsapu en savent quelque chose, ayant été contraints à l’errance loin de leurs milieux de vie habituel où ils ont enduré toutes les peines de l’existence.

L’heure a sonné pour la paix en RDC et où même si quelqu’un a des raisons de fairer la guerre, il doit se taire pour privilégier l’essentiel : la cohésion nationale afin que tous les Congolais se serrent les coudes pour réussir la grande guerre de l’émergence de la RDC. On attend que dans les autres coins du pays où les messages de haine et de haine tribale a été inoculé dans les têtes de gens, ceux-ci emboitent le pas aux peuples de Béni qui, eux, savent par l’expérience et portent dans leurs corps, les affres des antagonismes durables qui se traduisent par une belligérence pérenne.

= Déclaration conjointe de la présidence de la RDC et de l’ambassade des Etats-Unis – Les États-Unis et la RDC : Un partenariat privilégié pour la paix et la prospérité

Au cours de sa visite à Washington du 3 au 6 Avril 2019, le président Felix Tshisekedi a rencontré de hautes personnalités de l’administration Trump, dont le secrétaire d’État Michael Pompeo, le secrétaire à l’Énergie Rick Perry, le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux Alex Azar et le conseiller à la Sécurité nationale John Bolton à la Maison Blanche. Il a également tenu des réunions de haut niveau au Pentagone, au département du Trésor et avec le représentant américain au commerce.

Le secrétaire adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy, a invité le président à discuter avec de hauts responsables du département d’État autour de divers sujets, notamment la lutte contre le terrorisme, les droits de l’homme, les réfugiés, la traite de personnes, les organisations internationales, la lutte contre la corruption, le développement et la croissance économique. La RDC a annoncé qu’elle se joindrait à la coalition internationale contre l’État islamique, engagée dans la lutte contre la traite de personnes, et a convenu d’un dialogue sur les droits de l’homme qui se tiendra à Kinshasa.

Lors de la réunion avec le secrétaire Azar, le directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) Robert Redfield, et des experts sanitaires de l’USAID et de l’Institut national de la santé (NIH), les États-Unis se sont engagés à continuer de soutenir la RDC et les efforts internationaux visant à contenir et à éradiquer l’épidémie d’Ebola actuelle. Nous continuerons également de travailler avec les autorités sanitaires de la RDC pour lutter contre d’autres maladies infectieuses et améliorer les services de santé. Cela implique de travailler avec le gouvernement de la RDC et le ministère de la Santé pour mettre sur pied un centre congolais pour le contrôle et la prévention des maladies, qui servirait de centre d’excellence et de formation pour la région.

Pour soutenir les efforts du président Tshisekedi dans la lutte contre la corruption, le renforcement de l’état de droit, le respect des droits de l’homme, la lutte contre l’impunité, le renforcement de la sécurité et de la stabilité et pour attirer davantage d’investissements américains et étrangers, nous mettons sur pied un « partenariat privilégié pour la paix et la prospérité ».

Dans le cadre de ce partenariat, les États-Unis collaboreront avec la RDC pour faire avancer un programme commun fondé sur des valeurs et des intérêts communs. En vue de renforcer les liens entre nos deux pays, les États-Unis vont :

  • Sponsoriser, par le biais de notre programme d’échange IVLP (International Visitors Leadership Program), le voyage de 10 fonctionnaires du gouvernement congolais aux États-Unis.
  • Renforcer les relations avec la RDC en matière de défense à travers la visite d’un officier supérieur du commandement militaire des États-Unis en Afrique.
  • Financer la revitalisation de l’INACO (Institut national des archives du Congo) à l’aide du Fonds de l’ambassadeur pour la préservation de la culture.
  • Se concentrer sur le rétablissement de l’éligibilité de la RDC conformément à la African Growth and Opportunity Act (AGOA)
  • Encourager les investissements américains en RDC, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, des minerais et des télécommunications, y compris les grands projets d’infrastructures identifiés par le gouvernement de la RDC.
  • Ouvrir un « Coin américain » (American Shelf) à Lubumbashi à la mi-avril lors de la visite de l’Ambassadeur. Comme pour le Coin américain récemment inauguré à Goma, nous rechercherons d’autres possibilités d’approfondir les liens culturels et commerciaux des États-Unis dans toute la RDC

Les États-Unis sont déterminés à appuyer le programme de changement du président Tshisekedi visant à réaliser le potentiel considérable de la RDC. Nous sommes encouragés par les actions entreprises par le président Tshisekedi au cours de ses premiers mois au pouvoir, notamment en acceptant tout récemment d’engager des consultations au titre de l’article IV avec le Fonds monétaire international à Washington. Cet engagement en faveur de la transparence améliorera le climat des affaires en RDC et encouragera un accroissement des investissements américains et étrangers. La rencontre du président Tshisekedi avec la communauté des affaires des États-Unis à Washington, par l’intermédiaire de la Chambre de commerce américaine, a également marqué une étape importante dans la revitalisation des investissements américains en RDC. Des efforts renouvelés pour lutter contre la corruption et tenir pour responsables les auteurs des violations des droits de l’homme sont de bon augure pour l’avenir du Congo. Ceci est un moment important pour la RDC et l’Afrique centrale. Les États-Unis ont hâte d’entamer ce partenariat avec le président Tshisekedi et la RDC pour contribuer à la réalisation de notre objectif commun d’un Congo plus pacifique, stable, et prospère.

U.S. Embassy Kinshasa | 12 avril, 2019

(avec Samy BOSONGO)

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