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Mgr fridolin Ambongo, Archevêque de Kinshasa.
Mgr fridolin Ambongo, Archevêque de Kinshasa.

Corruptions : Il n’y a pas de modèles parmi les politiciens congolais

Dernière mise à jour, le 24 avril 2019 à 11:53

A travers son homélie coupe-gorge, Fridolin Ambongo disqualifie carrément toute la classe politique congolaise. Pour l’Archevêque de Kinshasa, tous les acteurs politiques congolais se sont discrédités en se mettant aux antipodes du modèle de l’homme politique au-dessus de la mêlée. Au fait, tout le long de l’histoire de la RDC, chaque Archevêque de Kinshasa a eu des cibles dans son viseur. Le Cardinal Laurent Pasinya, a parlé des « médiocres » qui devraient dégager au crépuscule fort du pouvoir de Joseph Kabila. Ce qui résume toute sa philosophie par rapport à l’ancien régime. Avant lui, l’autre Cardinal, Frédéric Etsou, a estimé, lors des élections de 2006, que c’était Jean-Pierre Bemba Gombo comme le vainqueur. Avant lui, le Cardinal Joseph Malula, était d’office considéré comme un adversaire irréductible du Président Mobutu. Vrai ou faux? En effet, le Cardinal Malula est le seul Zaïrois vivant au Zaïre, le seul alors, à avoir refusé d’emprunter un nom pour remplacer le prénom chrétien, comme tout le monde. Il a, dans son escarcelle, plusieurs autres hauts faits d’armes qui ont conduit à son exil forcé à Rome (71-72) sous le Pouvoir de Mobutu.

Lors de son sermon du dimanche des rameaux face aux jeunes catholiques venus nombreux assister à la célébration eucharistique au Stade Tata Raphael, Mgr fridolin Ambongo, Archevêque de Kinshasa, a fixé ses marques. Contrairement à son prédécesseur, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, il met tous les politiciens congolais dans un même sac : tous, dit-il, ne visent que leurs intérêts personnels et partisans. Il n’y a donc pas de modèles parmi eux.

Ces mots, qui tombent comme un couperet, sont adressés à toute la classe politique congolaise. Toute, sans exception. A travers son homélie coupe-gorge, Fridolin Ambongo disqualifie carrément toute la classe politique congolaise. Pour l’Archevêque de Kinshasa, tous les acteurs politiques congolais se sont discrédités en se mettant aux antipodes du modèle de l’homme politique au-dessus de la mêlée.

Au fait, tout le long de l’histoire de la RDC, chaque Archevêque de Kinshasa a eu des cibles dans son viseur. Le Cardinal Laurent Pasinya, a parlé des « médiocres » qui devraient dégager au crépuscule fort du pouvoir de Joseph Kabila. Ce qui résume toute sa philosophie par rapport à l’ancien régime. Avant lui, l’autre Cardinal, Frédéric Etsou, a estimé, lors des élections de 2006, que c’était Jean-Pierre Bemba Gombo comme le vainqueur.

Avant lui, le Cardinal Joseph Malula, était d’office considéré comme un adversaire irréductible du Président Mobutu. Vrai ou faux? En effet, le Cardinal Malula est le seul Zaïrois vivant au Zaïre, le seul alors, à avoir refusé d’emprunter un nom pour remplacer le prénom chrétien, comme tout le monde. Il a, dans son escarcelle, plusieurs autres hauts faits d’armes qui ont conduit à son exil forcé à Rome (71-72) sous le Pouvoir de Mobutu.

De l’avis des observateurs, le discours de Mgr Fridolin Ambongo se comprend au regard du rôle actif qu’il a joué lors des négociations politiques préélectorales. D’abord en tant que vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Ensuite comme Archevêque de Kinshasa.

Dépité par la versatilité de la classe politique congolaise, le successeur de Mgr Monsengwo fustige leur incapacité à se mettre ensemble et surtout à respecter les textes qu’ils ont eux mêmes, concoctés et signés : le légendaire Accord de la Saint Sylvestre.

L’autre déception de Mgr Ambongo vient du fait que l’épicospat congolais a été mis à l’épreuve après la publication des résultats du scrutin du 30 décembre 2018. Lui qui a été à la manoeuvre lors de différentes négociations, en tant que vice-président de la CENCO, s’est trouvé ridiculisé lors de la polémique sur la vérité des urnes.

Mgr Ambongo, comme les autres prélats catholiques, s’est senti bluffé en se rendant compte que le verdict des urnes ne réfletait pas les données que l’épiscopat déclarait détenir au terme de la présidentielle. Pis, ténors du pouvoir comme de l’opposition ont semblé, selon lui, nager dans la même calebasse. Tous sont, selon lui, trempés dans la marre de la corruption, des tricheries, des vols, des tuéries … et donc sont loin de constituer un modèle pour les jeunes. 

(avec Kandolo M., Yves KALIKAT et ForumDesAs)

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