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Contrôle de la police française a Paris.
Contrôle de la police française a Paris.

Police française : Suicidez-vous !

Dernière mise à jour, le 24 avril 2019 à 01:21

Après plus de cinq mois de mobilisation, des milliers de « gilets jaunes » étaient de retour dans la rue samedi pour un acte 23 marqué par de nouvelles échauffourées à Paris. Réunies pour lancer un nouvel « ultimatum » à Emmanuel Macron [pion du Groupe Bilderberg, chargé pour maximiser leurs bénéfices financiers en France en multipliant les impôts et les taxes contre les pauvres pendant que les riches ont des exonérations fiscales…], plusieurs milliers de personnes ont marché au départ de Bercy, dans le sud-est de la capitale. Les premières échauffourées ont éclaté en début d’après-midi près de Bastille, avant de se concentrer sur la place de la République, point d’arrivée du cortège. La place, pratiquement bouclée, était régulièrement plongée dans un nuage de gaz lacrymogènes tandis que des manifestants jetaient bouteilles et autres projectiles en direction des forces de l’ordre. Plusieurs enseignes ont été vandalisées, a constaté une journaliste de l’AFP. Amplifiant le climat de tension, certains manifestants criaient « Suicidez-vous, suicidez-vous » aux forces de l’ordre, alors que la police est touchée par une vague de suicides sans précédent.

En milieu d’après-midi, la police avait procédé à Paris à 189 interpellations et à plus de 17.500 contrôles préventifs, selon la préfecture. A 16H00, 122 personnes avaient été placées en garde à vue dans la capitale, dont quatre mineurs, selon le parquet.

Selon le décompte des autorités à 14H, environ 9.600 « gilets jaunes » manifestaient en France, dont 6.700 à Paris, des chiffres en hausse par rapport à la semaine précédente.

« Vivre dignement »

La manifestation parisienne avait commencé dans le calme autour des revendications traditionnelles pour plus de pouvoir d’achat et de démocratie directe. Un autre cortège, parti lui de la basilique de Saint-Denis et beaucoup moins suivi, s’est déroulé sans le moindre incident, a constaté l’AFP.

« On veut vivre dignement. Moi j’ai ma retraite mais je suis là pour les générations à venir », a dit Joël Blayon, ancien marin pêcheur.

La méfiance était palpable à quelques jours des mesures que le chef de l’Etat doit dévoiler jeudi après le grand débat national et dont il avait dû différer l’annonce en raison de l’incendie de Notre-Dame.

Drapeau français à la main, Antoine, dirigeant d’une petit entreprise, estime que les annonces qui ont déjà fuité dans la presse (réindexation sur l’inflation des petites retraites, suppression de l’ENA…) « opposent les retraités aux actifs, les pauvres et les riches, les régions contre la nation ».

L’incendie de Notre-Dame était également dans les esprits, notamment les centaines de millions d’euros promis pour reconstruire la cathédrale. « C’est une bonne chose cet argent pour Notre-Dame mais quand on voit ce qu’on peut débloquer en quelques heures… », résumait Jean-François Mougey, retraité de la SNCF venu de Mulhouse.

« J’aime beaucoup Notre-Dame, je suis catholique, mais le plus grand des patrimoines ce sont la main et la tête qui travaillent », insistait Jean-Marie, un professeur à la retraite venu d’Auxerre.

« Victor Hugo vous remercie pour Notre-Dame de Paris mais n’oubliez pas les misérables », proclamait également une banderole.

« On vaut bien une cathédrale »

« On vaut bien une cathédrale », proclamait également une pancarte de « gilet jaune » à Montpellier, théâtre d’échauffourées et mobilisée comme d’autres villes pour cet acte 23.

A Bordeaux, place forte du mouvement, une petite foule s’était rassemblée place de la Bourse avant d’entamer un itinéraire canalisé par des forces de police très mobiles bloquant les accès à l’hypercentre.

A Toulouse, des milliers de personnes étaient rassemblées place Jean-Jaurès, précédées par des dizaines de motards en gilet jaune. « J’ai la trouille mais ça ne va pas m’empêcher de venir », assurait Claudine Sarradet, retraitée de l’Education nationale.

A Marseille, les « gilets jaunes » étaient un petit millier au départ de la manifestation sur le Vieux Port.

A Lille, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans le calme. « Macron ne peut pas apporter de réponses puisqu’il ne veut pas changer de politique, celle de tout pour les riches », a déclaré Stéphanie, 27 ans et mère au foyer.

Selon une source policière, 200 à 300 personnes ont bravé l’interdiction de manifester à Rouen.

Comme lors des récentes semaines, les autorités avaient interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes, dont les Champs-Élysées et les abords de Notre-Dame où certains « gilets jaunes » voulaient converger.

Plus de 60.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans tout le pays, selon le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner qui avait dit vendredi redouter le retour des « casseurs ».

ENQUÊTE OUVERTE À PARIS APRÈS DES APPELS AUX SUICIDES DE POLICIERS

Une enquête a été ouverte à la suite des slogans « suicidez-vous, suicidez-vous » lancés aux forces de l’ordre samedi dans la capitale lors de l’acte 23 des « gilets jaunes » et qui ont suscité l’indignation, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Paris. Cette enquête, révélée par RTL, a été ouverte pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique commis en réunion » et confiée à la sûreté territoriale de Paris.

A plusieurs reprises dans le cortège parisien des « gilets jaunes », des manifestants ont crié « Suicidez-vous, suicidez-vous » aux forces de l’ordre, alors que la police est touchée par une vague de suicides sans précédent depuis le début de l’année.

Ces slogans ont été vivement condamnés par la classe politique et les syndicats de policiers.

« On atteint le paroxysme de la haine. Ces propos sont intolérables et inacceptables », a déclaré dimanche à l’AFP Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance, le premier syndicat chez les gardiens de la paix.

« C’est une insulte aux policiers décédés, à leurs familles et à toute l’institution », a-t-il ajouté, appelant à identifier les responsables.

Le syndicat Unité SGP Police a, lui, dénoncé une « ignominie » et un « scandale » tandis qu’Alternative Police CFDT a appelé les autorités à mettre un terme à cette « déferlante haineuse anti-flic ».

La classe politique, de LREM au PS en passant par LR, a aussi manifesté son indignation. « Honte à ceux qui se sont livrés à une telle ignominie ! », a tweeté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Le 23e samedi de manifestation des « gilets jaunes », mobilisés depuis cinq mois en France pour plus de pouvoir d’achat et de démocratie directe, a été marqué par de nouvelles violences à Paris, avant les réponses attendues jeudi d’Emmanuel Macron à la crise.

Au total, 220 personnes ont été placées en garde à vue dans la capitale samedi en marge de cette mobilisation, parmi lesquelles six mineurs, selon un bilan du parquet de Paris.

Quelque 27.900 personnes ont défilé samedi en France, dont 9.000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur qui font apparaître un fléchissement de la mobilisation mais qui sont régulièrement contestés par les « gilets jaunes ».

(avec Afp)

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