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Visite du président de la RDC [Fatshi], au memorial du genocide rwandais.
Visite du président de la RDC [Fatshi], au memorial du genocide rwandais.

CACH – FCC : Le climat continue à se détériorer

Dernière mise à jour, le 22 avril 2019 à 03:21

Après des propos parfois durs échangés par certains ténors de ces deux plateformes politiques, c’est le tour de la ligue des jeunes de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’entrer dans la danse. La jeunesse de ce parti politique au pouvoir a, à travers un communiqué, constaté avec indignation le non-respect du jeu d’alliance par le FCC. Tout en invitant le président de la République Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi à s’inscrire dans la logique de cohabitation et à nommer sans tarder le formateur du Gouvernement, la jeunesse de l’UDPS appelle à la cessation des contacts et des négociations entre le CACH et le FCC. Nombreux sont des Congolais qui se demandent ce qui reste encore de la coalition CACH-FCC, incarnée par Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

Le climat politique entre le Cap pour le changement (CACH) et le Front commun pour le Congo (FCC) continue à se détériorer. Après des propos parfois durs échangés par certains ténors de ces deux plateformes politiques, c’est le tour de la ligue des jeunes de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’entrer dans la danse.

La jeunesse de ce parti politique au pouvoir a, à travers un communiqué, constaté avec indignation le non-respect du jeu d’alliance par le FCC. Tout en invitant le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi à s’inscrire dans la logique de cohabitation et à nommer sans tarder le formateur du Gouvernement, la jeunesse de l’UDPS appelle à la cessation des contacts et des négociations entre le CACH et le FCC.

Les jeunes de ce parti cher à feu Étienne Tshisekedi estiment que la mauvaise foi du FCC par rapport à son partenariat avec le CACH, s’est notoirement confirmée après les élections des bureaux des Assemblées provinciales, des Sénateurs et des Gouverneurs et Vice-gouverneurs.

Ils invitent leur président a.i à mobiliser les organes du parti, les combattants, ainsi que les forces socio-politiques engagées aux côtés de l’UDPS en vue de se placer en ordre de bataille pour déboulonner complètement le régime passé.

Les jeunes de l’UDPS exigent par ailleurs au chef de l’Etat, garant du bon fonctionnement des institutions, de consacrer beaucoup d’efforts pour le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire congolais qui, affirment-ils, constitue l’une des voies menant au déboulonnage de la corruption et d’autres antivaleurs qui écument l’arène politique congolaise.

La ligue des jeunes de l’UDPS condamne par ailleurs avec fermeté les propos discourtois tenus dans le communiqué du FCC du 8 avril 2019 à l’endroit du Chef de l’Etat. Ils mettent en garde les signataires dudit communiqué et affirment qu’en cas de récidive ils prendront des dispositions qui s’imposent.

Pour rappel, le FCC avait, dans ce communiqué, appelé le président de la République à retirer ses propos tenus au cours d’une interview accordée à la VOA promettant de « déboulonner l’ancien régime dictatorial ». 

QU’EST-CE QUI RESTE ENCORE DE LA COALITION CACH-FCC

Au regard de la débâcle de l’UDPS, le parti présidentiel, à l’élection des sénateurs et des gouverneurs, et de l’escalade verbale qui s’en est suivie de part et d’autre, nombreux sont des Congolais qui se demandent ce qui reste encore de la coalition CACH-FCC, incarnée par Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

Le Doyen de la Société civile congolaise, Jean-Marie Ntantu-Mey, y va de son idée pour sauver l’accord entre le CACH et le FCC. Mieux les rapports personnels entre le Président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila. Ntantu-Mey suggère la mise en place d’un gouvernement transitoire constitué de commissaires spéciaux pour un mandat de 6 mois en attendant un choix judicieux d’un Premier ministre et des ministres de véritable consensus, sans précipitation, entre le chef de l’Etat et l’autorité morale du FCC.

Les médias, surtout internationaux, insistent sur le fait que « depuis des mois il n’y a toujours pas de Gouvernement… ». Jean-Marie Ntantu-Mey craint que ces commentaires des médias n’amènent le chef de l’Etat à nommer un Gouvernement à la va-vite, face à un FCC qui lui a déjà ses candidats Premier et ministres, alors que « lui aura des difficultés à faire le tri entre les candidats de l’UDPS, ceux des alliés de l’UDPS, et les derniers alliés opportunistes notamment du Rassemblement et autres partis politiques qui hier soutenaient Martin Fayulu », explique le Doyen de la société civile.

A cela il faut ajouter, explique JM Ntantu-Mey, « la colère de la « Base » de l’UDPS dont les combattants après 37 ans de lutte, voudraient jouir du pouvoir politique et qui se rendent compte qu’ils n’ont pas d’emploi. Etant donné que les dirigeants de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’Assemblées provinciale, les gouverneurs, vont faire un petit réaménagement pour ne garder en postes que leurs militants PPRD et alliésélargis au FCC. Le FCC, n’ayant pas la présidence, va tout faire pour avoir de postes succulents dans les ministères et les entreprises. Et Fatshi risque de craquer… », souligne-t-il.

D’où pour Jean-Marie Ntantu-Mey, « il faut donner le temps au président de la République de calmer toutes les ardeurs actuelles du FCC et de sa base qui sont entrés en guerre dans les médias, mais tout en gérant le pays suivant son orientation, en nommant des commissaires spéciaux en lieu et place des ministres. »

EXPLOITER POSITIVEMENT L’ACCORD ENTRE FATSHI ET L’ANCIEN RAÏS

Mais cela obéit à quel texte ? « C’est un Gouvernement sui generis, à situation exceptionnelle, solutions exceptionnelles « , réplique Ntantu-Mey.

Ce dernier appelle à l’union des modérés de toutes les chapelles politiques (FCC, LAMUKA, UDPS)  » pour sauver le pays et exploiter positivement l’accord entre Fatshi et Joseph Kabila. Cet accord a été utile ce jour-là en ce sens qu’il a évité au pays un bain de sang. « 

Ntantu-Mey invite Fatshi à se libérer de faucons de son camp, et appelle la société civile de chaque province à identifier et isoler ces politiciens de carrière qui, lorsqu’ils ne sont pas nommés ministres, ou Pdg deviennent des opposants.  » Les isoler comme on tient à l’écart un enfant de mauvaise conduite dans la communauté », rappelle-t-il.

Ntantu-Mey espère que durant ce mandat des commissaires spéciaux, on organise nécessairement les élections urbaines, municipales et locales. « C’est surtout aussi pour qu’à la base, 80% des élus soient de vrais élus, ce faisant qu’on réduise la densité des personnalités nommées. Ainsi on pourra mieux préparer les élections de 2023. Si à la base on a des bourgmestres, des chefs des secteurs, de collectivité, administrateurs de territoire plus ou moins compétents, choisis par la population, les assemblées locales et leurs dirigeants seront différents des dirigeants au sommet de l’Etat.  » Que l’on puisse un peu se rattraper. Parce que l’Assemblée nationale, le Sénat et les assemblées provinciales sont dominées par des personnes issues des élections protocolaires « , déclare Jean-Marie Ntantu-Mey. 

(avec Orly-Darel NGIAMBUKULU, Didier KEBONGO, ForumDesAs)

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