dimanche , 16 juin 2019
Accueil / Afrique / Gouvernement civil : Pression sur les militaires au Soudan

Gouvernement civil : Pression sur les militaires au Soudan

Les manifestants soudanais maintiennent dimanche la pression pour une passation rapide du pouvoir à un gouvernement civil. Samedi soir, les chefs de la contestation ont présenté leurs demandes au nouveau pouvoir militaire et réclamé la formation d’un gouvernement entièrement civil pour gérer le pays au quotidien. « Nous continuerons à organiser nos sit-in jusqu’à la satisfaction de nos demandes », a proclamé dans un communiqué, l’un des chefs de l’ALC, qui rassemble l’Association des professionnels soudanais (SPA) et des partis d’opposition.

Les manifestants soudanais maintiennent dimanche la pression pour une passation rapide du pouvoir à un gouvernement civil, au lendemain de l’engagement pris par le nouvel homme fort du pays, le général Burhane, « d’éliminer les racines » du régime d’Omar el-Béchir.

Samedi soir, les chefs de la contestation ont présenté leurs demandes au nouveau pouvoir militaire et réclamé la formation d’un gouvernement entièrement civil pour gérer le pays au quotidien, a indiqué l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement.

Des milliers de manifestants campent depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum et maintiennent la pression sur le conseil militaire de transition, instauré après la destitution jeudi par l’armée du président Omar el-Béchir, qui tenait les rênes du pays depuis 30 ans.

« Nous voulons absolument que nos demandes soient satisfaites, mais les deux parties doivent être flexibles pour atteindre cet objectif, » a réaffirme un manifestant qui a passé la nuit sur place.

« Nous continuerons à organiser nos sit-in jusqu’à la satisfaction de nos demandes », a proclamé dans un communiqué Omar el-Digeir, l’un des chefs de l’ALC, qui rassemble l’Association des professionnels soudanais (SPA) et des partis d’opposition.

Restructuration des renseignements

Parmi les demandes présentées aux militaires par une délégation de dix représentants des protestataires figure la restructuration du puissant service de renseignement (NISS), acteur ces quatre derniers mois de la répression de la contestation, qui a fait des dizaines de morts.

De son côté, le nouvel homme fort du Soudan, le général Abdel Fattah al-Burhane, a annoncé samedi une série de mesures en guise de concessions comme la libération de tous les manifestants arrêtés ces dernières semaines et la levée du couvre-feu nocturne imposé quelques jours plus tôt par son prédécesseur, le général Awad Ibn Ouf, qui a démissionné après une journée seulement à la tête du conseil militaire.

Il s’est également engagé à faire juger les personnes ayant tué des protestataires. Plus tôt dans la journée, le conseil militaire avait annoncé la démission de Salah Gosh, chef du NISS.

« Il est crucial que les nouvelles autorités soudanaises mènent une enquête sur le rôle de Salah Gosh dans le meurtre de nombreux manifestants » et répondent aux « allégations de torture, de détentions arbitraires et de violations des droits humains sous sa supervision », a réagi à son sujet l’ONG Amnesty International.

« Pas vraiment le choix »

L’ALC a appelé à l’intégration de civils au conseil militaire qui compte parmi ses dix membres plusieurs piliers du régime de Béchir, dont le chef de la police.

Dans un communiqué samedi soir, le général Burhane a nommé au sein du conseil l’adjoint du chef du NISS ainsi que Mohamad Hamdan Daglo, chef des opérations des paramilitaires de la Force de soutien rapide, surnommé « Himeidti » et accusé de violations des droits humains au Darfour (ouest).

« Nous n’avons pas vraiment le choix. (Les Forces de soutien rapide) ont des armes et de l’argent. Himeidti a commis des crimes par le passé mais, au moins pour l’instant, il est du côté du peuple », a expliqué Mohamed, un manifestant qui n’a pas souhaité donner son nom pour des raisons de sécurité.

Dimanche, « Himeidti » a reçu au palais présidentiel le chargé d’affaires américain Steven Koutsis. Il a informé ce haut diplomate des « mesures prises par le nouveau pouvoir pour préserver la sécurité et la stabilité dans le pays », selon l’agence officielle Suna.

Parmi les mesures décrétées dans la foulée de la destitution de M. Béchir figuraient un cessez-le-feu à travers le pays, notamment au Darfour (ouest), où un conflit a fait plus de 300.000 morts depuis 2003 selon l’ONU. Ces dernières années, le niveau de violence a cependant baissé dans la région.

Dans un communiqué, la directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, Sarah Jackson, a appelé samedi les autorités à dévoiler rapidement le lieu où se trouve le président déchu Omar el-Béchir, 75 ans, arrivé au pouvoir après un coup d’Etat en 1989, et à le remettre à la Cour pénale internationale (CPI).

En 2009, cette cour basée à La Haye avait lancé un mandat d’arrêt contre lui pour « crimes de guerre » et « contre l’humanité » au Darfour, ajoutant l’année suivante l’accusation de « génocide ».

Le conseil militaire a toutefois affirmé qu’il refuserait d’extrader M. Béchir ou tout autre citoyen soudanais.

Samedi soir, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont affirmé leur soutien « au peuple frère du Soudan » et au conseil militaire de transition.

Le royaume saoudien a annoncé l’envoi d’aide humanitaire tandis que les Emirats sont entrés en contact avec le Conseil pour accélérer l’envoi d’aide.

Le Soudan fait partie, aux côtés des Emirats, d’une coalition menée par l’Arabie saoudite qui intervient depuis 2015 dans le conflit au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

LES CHEFS DE LA CONTESTATION PRÉSENTENT LEURS DEMANDES AU POUVOIR MILITAIRE

Les chefs de la contestation au Soudan ont présenté leurs demandes au nouveau pouvoir militaire, réclamant notamment la formation d’un gouvernement civil, lors d’une rencontre tard samedi, a annoncé l’Alliance pour la liberté et le changement, fer de lance du mouvement.

Des milliers de manifestants étaient toujours rassemblés dimanche devant le QG de l’armée à Khartoum pour maintenir la pression sur le conseil militaire de transition, au lendemain de l’engagement pris par le nouvel homme fort du pays, le général Burhane, « d’éliminer les racines » du régime d’Omar el-Béchir, renversé jeudi par l’armée.

Une délégation de dix représentants des protestataires a rencontré samedi le conseil militaire au pouvoir depuis jeudi, et présenté ses demandes, a indiqué dans un communiqué Omar el-Digeir, chef de l’Alliance pour la liberté et le changement, qui rassemble l’Association des professionnels soudanais (SPA) et des partis d’opposition.

Parmi les demandes figurent, selon M. Digeir, la restructuration du puissant service de renseignement soudanais (NISS), dont le chef Salah Gosh, a démissionné après le départ de M. Béchir.

« Nous continuerons à organiser nos sit-in jusqu’à la satisfaction de nos demandes » dont la formation d’un gouvernement entièrement civil, a déclaré M. Digeir.

L’Alliance pour la liberté et le changement réclame également l’intégration de civils au Conseil militaire de transition.

« Nous voulons absolument que nos demandes soient satisfaites, mais les deux parties doivent être flexibles pour atteindre cet objectif, » affirme un manifestant qui a passé la nuit devant le QG de l’armée.

Le nouvel homme fort du Soudan, Abdel Fattah al-Burhane, nommé vendredi pour remplacer le général Awad Ibn Ouf qui a démissionné après une journée au pouvoir, a annoncé samedi une série de mesures en guise de concessions aux manifestants.

Il a annoncé la levée du couvre-feu –imposé jeudi de 20H00 GMT à 02H00 GMT–, la libération de tous les manifestants arrêtés ces dernières semaines et s’est également engagé à faire juger les personnes ayant tué des protestataires.

Autre annonce faite plus tôt par le Conseil militaire en vue d’afficher sa bonne volonté face aux manifestants : la démission de Salah Gosh, chef du puissant service de renseignement soudanais (NISS).

M. Gosh, qui avait repris la main sur le NISS en 2018 après une première décennie à la tête du Renseignement jusqu’en 2009, avait supervisé ces quatre derniers mois la répression du mouvement de contestation populaire qui a fait des dizaines de morts depuis décembre.

LA RUPTURE AVEC LE RÉGIME BÉCHIR ?

Le nouvel homme fort du Soudan a promis d' »éliminer les racines » du régime d’Omar el-Béchir et annoncé une série de mesures en guise de concessions aux manifestants, alors qu’il est pressé de passer la main au plus vite à un pouvoir civil.

Abdel Fattah al-Burhane, nommé vendredi à la tête du Conseil militaire chargé de la transition au lendemain du renversement du président Béchir, s’est engagé samedi à « lutter contre la corruption et d’éliminer les racines » du régime dans un discours à la nation retransmis sur la télévision d’Etat.

Il a annoncé la levée du couvre-feu –imposé jeudi de 20H00 GMT à 02H00 GMT–, la libération de tous les manifestants arrêtés ces dernières semaines et s’est également engagé à faire juger les personnes ayant tué des protestataires.

Plusieurs dizaines de personnes sont mortes depuis le début du mouvement de contestation en décembre, né du triplement du prix du pain et qui a ensuite réclamé le départ de Béchir, au pouvoir depuis trois décennies.

Autre annonce faite plus tôt par le Conseil militaire en vue d’afficher sa bonne volonté face aux manifestants: la démission de Salah Gosh, chef du puissant service de renseignement soudanais NISS.

« Gouvernement de transition civil »

M. Gosh, qui avait repris la main sur le NISS en 2018 après une première décennie à la tête du Renseignement jusqu’en 2009, avait supervisé ces quatre derniers mois la répression du mouvement de contestation populaire.

Cette répression a donné lieu à l’arrestation de milliers de manifestants, responsables de l’opposition et journalistes. Jeudi, peu après l’annonce de la destitution d’Omar el-Béchir, le NISS avait annoncé la libération de « tous les prisonniers politiques » du pays.

Vendredi soir, la foule de Soudanais qui campent depuis une semaine devant le quartier général de l’armée à Khartoum avait accueilli avec joie la démission d’Awad Ibn Ouf, un proche de M. Béchir, après à peine 24 heures à la tête du Conseil militaire.

Lié à des « atrocités » dans la région du Darfour (ouest) selon Washington, M. Ibn Ouf a été remplacé par Abdel Fattah al-Burhane, inspecteur général des forces armées respecté en interne mais inconnu du grand public.

Par ses annonces samedi, le général Burhane entend visiblement montrer qu’il ne fait pas partie de la vieille garde et qu’il veut mener des réformes.

En dépit de ce développement, la foule est restée mobilisée samedi devant le QG de l’armée.

Fer de lance de la contestation, l’Association des professionnels soudanais (SPA) a salué le départ d’Awad Ibn Ouf mais a demandé que le général Burhane transfère rapidement « les pouvoirs du conseil militaire à un gouvernement de transition civil ».

Vendredi, les généraux au pouvoir se sont efforcés de rassurer la communauté internationale et les manifestants sur leurs intentions, promettant notamment de remettre les clés à un gouvernement civil.

« Ce n’est pas un coup d’Etat militaire, mais une prise de position en faveur du peuple », a argué le général Omar Zinelabidine, membre du Conseil militaire, devant des diplomates arabes et africains.

« Nous ouvrirons un dialogue avec les partis politiques pour examiner comment gérer le Soudan. Il y aura un gouvernement civil et nous n’interviendrons pas dans sa composition », a-t-il encore promis.

Le Conseil militaire a par ailleurs affirmé qu’Omar el-Béchir se trouvait en détention mais qu’il ne serait pas « livré à l’étranger », alors qu’il est sous le coup de deux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).

Samedi, le NCP, parti du président déchu, a lui réclamé la libération de ses chefs, sans mentionner explicitement le nom de M. Béchir.

« Retour à l’ordre constitutionnel »

Après des semaines de manifestations réclamant son départ, M. Béchir, 75 ans et au pouvoir depuis un coup d’Etat en 1989, a été renversé jeudi par l’armée, qui a mis en place un « Conseil de transition militaire » pour une durée de deux ans.

Parmi les mesures décrétées dans la foulée par les militaires figuraient un cessez-le-feu à travers le pays, notamment au Darfour (ouest), où un conflit a fait plus de 300.000 morts depuis 2003 selon l’ONU. Ces dernières années, le niveau de violence a cependant baissé dans la région.

Amnesty International a appelé à remettre M. Béchir à la CPI. En 2009, cette cour basée à La Haye avait lancé un mandat d’arrêt contre lui pour « crimes de guerre » et « contre l’humanité » au Darfour, ajoutant l’année suivante l’accusation de « génocide ».

Samedi, l’Arabie saoudite a affirmé son soutien au « peuple soudanais frère et aux « mesures annoncées par le Conseil militaire de transition ». Le royaume annonce également l’envoi d’une aide humanitaire dont « des produits pétroliers, du blé et des médicaments ».

Le gouvernement des Emirats arabes unis a lui aussi salué la nomination d’Abdel Fattah al-Burhane qui reflète « les ambitions du peuple frère du Soudan vers la sécurité, la stabilité et le développement », a indiqué dans la nuit l’agence officielle WAM, ajoutant que le président a souhaité qu’Abou Dhabi communique avec le Conseil militaire de transition pour « explorer les perspectives d’accélérer une aide ».

Pour leur part, réunis en sommet à N’Djamena, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) ont appelé « à une transition pacifique » et à un « retour à l’ordre constitutionnel » au Soudan.

(avec Afp)

A lire aussi

Emprisonnement de Lula : The Intercept expose plusieurs procureurs brésiliens

Les responsables de l’enquête anticorruption Lava Jato (Lavage express) au Brésil ont manoeuvré pour empêcher …

Laisser un commentaire