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Poignée de main entre Fatshi et Reynders a Washington
Poignée de main entre Fatshi et Reynders a Washington

RDC – Belgique : Coopération émaillée de crises

Dernière mise à jour, le 12 avril 2019 à 11:03

La coopération entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Royaume de Belgique a été émaillée de crises. Ce, depuis l’accession de la RDC à sa souveraineté nationale et internationale en juin 1960. Plusieurs faits illustrent cette relation qui a évolué en dents de scie. Les plus récents sont, entre autres, la fermeture en février 2018, de la Maison Schengen à Kinshasa, en réaction à la décision de la Belgique de réorienter son aide à la RDC. S’ajoute à cela, la demande de Kinshasa en février 2018, de fermer deux consulats belges en RDC. A savoir le Consulat général de Belgique à Lubumbashi et le consulats honoraire de Belgique à Goma. Il se trouve, cependant, qu’à la suite de l’avènement de Félix Tshisekedi à la tête de la RDC, les lignes bougent dans les relations entre les deux pays. Plusieurs signaux sont émis dans le sens du dégel. La réouverture en mars dernier, de la Maison Schengen à Kinshasa, appelée désormais « Centre européen des visas », compte parmi les signes précurseurs de cette reprise de coopération entre la RDC et son ancienne puissance coloniale. Et donc, Kinshasa qui, à plusieurs occasions, n’a de cesse d’accuser Bruxelles d’ingérence dans ses affaires internes, entend tourner la page d’une sempiternelle crise qui n’aura été profitable ni aux Congolais ni aux Belges.

« Il y a un temps pour tout. Un temps pour aimer, un temps pour détester, un temps pour la guerre, un temps pour la paix, un temps pour embrasser, un temps pour s’éloigner des embrassades », déclare la Bible, le livre des Chrétiens, dans Ecclésiaste 3. 1-15. Cette sagesse s’applique aux relations diplomatiques actuelles entre Kinshasa et Bruxelles.

Secret de polichinelle, la coopération entre la RD Congo et le Royaume de Belgique a été émaillée de crises. Ce, depuis l’accession de la RD Congo à sa souveraineté nationale et internationale en juin 1960. Plusieurs faits illustrent cette relation qui a évolué en dents de scie. Les plus récents sont, entre autres, la fermeture en février 2018, de la Maison Schengen à Kinshasa, en réaction à la décision de la Belgique de réorienter son aide à la RD Congo. S’ajoute à cela, la demande de Kinshasa en février 2018, de fermer deux consulats belges en RD Congo. A savoir le Consulat général de Belgique à Lubumbashi et le consulats honoraire de Belgique à Goma.

Il se trouve, cependant, qu’à la suite de l’avènement de Félix Tshisekedi à la tête de la RD Congo, les lignes bougent dans les relations entre les deux pays. Plusieurs signaux sont émis dans le sens du dégel. La réouverture en mars dernier, de la Maison Schengen à Kinshasa, appelée désormais « Centre européen des visas », compte parmi les signes précurseurs de cette reprise de coopération entre la RD Congo et son ancienne puissance coloniale. Et donc, Kinshasa qui, à plusieurs occasions, n’a de cesse d’accuser Bruxelles d’ingérence dans ses affaires internes, entend tourner la page d’une sempiternelle crise qui n’aura été profitable ni aux Congolais ni aux Belges.

Côté belge, les mêmes éclaircies sont perçues au firmament. La déclaration du vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, en est une parfaite illustration. « Nous devons tourner la page des élections au Congo et regarder comment nous pouvons soutenir le changement », a déclaré mercredi 3 avril à Washington, Didier Reynders, à l’issue d’un entretien avec le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.

Selon l’Agence de presse belge (Belga) qui a livré cette information, Il s’agissait d’une première rencontre entre un ministre belge et le successeur de Joseph Kabila, élu en début d’année. Même si les deux hommes n’ont pas eu d’agenda commun, ils ont néanmoins, profité de leur présence à Washington, pour repenser les relations de coopération entre leurs pays respectifs.

Selon la source, Didier Reynders s’est retrouvé dans la capitale américaine pour la célébration du 70ème anniversaire de l’Otan. Pour sa part, Félix Tshisekedi s’est rendu à Washington afin de rencontrer plusieurs politiques, dont le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. Ainsi, les deux hommes ont profité de l’occasion pour s’entretenir.

TOURNER LA PAGE DE LA « VERITE DES URNES »

A l’issue de leur discussion, le ministre belge a déclaré qu’il était temps de « tourner la page » de la victoire controversée de M. Tshisekedi à l’élection présidentielle congolaise. « Ce que nous essayons de faire maintenant, c’est examiner comment nous pouvons contribuer à de réels changements et à des évolutions positives pour la population congolaise », a lancé le très médiatique Didier Reynders, considéré par le passé comme très hostile au pouvoir de Joseph Kabila.

Toutefois,le chef de la diplomatie belge précise que ces changements en RD Congo auxquels son pays entend apporter sa contribution, feront l’objet de suivi. « (…) Mais nous devons vérifier si le changement a bien eu lieu. Il y a déjà des signaux positifs », a-t-il estimé. Reynders a noté que depuis l’entrée en fonction du président congolais, plusieurs signes d’une normalisation des relations entre Bruxelles et Kinshasa sont apparus. Il a notamment cité la réouverture de la maison Schengen – sorte de « Centre européen de visas » – et la reprise de sept vols hebdomadaires entre les deux capitales opéréés par Brussels Airlines.

Par ailleurs, Didier Reynders voit également des possibilités de réouverture du consulat belge à Lubumbashi et du consulat congolais à Anvers. « Au terme du processus, il se pourrait que nous échangions à nouveau des ambassadeurs », a-t-il encore avancé. Du point de vue militaire également, les formes de coopération ne sont pas exclues.

En outre, le ministre belge espère que le rapatriement du corps d’Etienne Tshisekedi, père biologique de l’actuel Chef de l’Etat congolais, pourra intervenir rapidement. Car, deux ans plus tard, le corps de l’historique opposant congolais décédé le 1er février 2017 à Bruxelles, continue à séjourner dans la capitale belge. A l’UDPS, son parti, on apprend que le rapatriement de la dépouille pourrait avoir lieu avant le mois de juin prochain.

(avec Grevisse KABREL)

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