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RDC : La femme continue à être marginalisée

Mme Pélagie Makiedika, coordonnatrice de l’ONGD « Cause rurale », a fait un brillant exposé le samedi 30 mars 2019 à l’occasion de la clôture du mois de la femme en République démocratique du Congo (RDC). Elle a soutenu, en substance, que le combat d’aujourd’hui, c’est de voir la femme siéger là où les décisions sur la gestion publique se prennent. Pour ce faire, la femme a les compétences requises. Maïs comment y arriver ? C’est là le hic ». « La femme, poursuit Makiedika, continue à être marginalisée en dépit de l’existence des Instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC, et d »innombrables législations nationales sur la parité. Tous ces textes ont une difficulté au niveau de leur application par le gouvernement qui est faite au petit bonheur. C’est comme si en réalité il y avait un vide dans la législation. Ce qui n’est pas le cas ».

La salle des conférences « BAZANA-EDADI » au siège de la VSV, avenue Bongandanga à Kinshasa-Kasa-Vubu, était pleine comme un œuf le samedi 30 mars dernier à l’occasion de la clôture du mois de la femme. La VSV a organisé une journée spéciale, destinée à mener une réflexion profonde sur la femme et par la femme elle-même, avec comme thème « Femme et stratégies de responsabilisation dans les postes de décision ».

Jamais encore on n’avait vu un tel déferlement des femmes intellectuelles venues de quatre coins de la capitale pour répondre au rendez-vous en prenant d’assaut la salle des conférences « BAZANA-EDADI ». Le maitre d’œuvre, Mme Pélagie Makiedika, coordonnatrice de l’ONGD « Cause rurale « , basée dans le Kwango assistée d’Irène Monama, membre du staff dirigeant de la VSV.

Makiedika a fait un brillant exposé. Elle a soutenu, en substance, que le combat d’aujourd’hui, c’est de voir la femme siéger là où les décisions sur la gestion publique se prennent. Pour ce faire, la femme a les compétences requises. Maïs comment y arriver ? C’est là le hic ».

« La femme, poursuit Makiedika, continue à être marginalisée en dépit de l’existence des Instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC, et d »innombrables législations nationales sur la parité. Tous ces textes ont une difficulté au niveau de leur application par le gouvernement qui est faite au petit bonheur. C’est comme si en réalité il y avait un vide dans la législation. Ce qui n’est pas le cas ».

LES PIONNIERES DANS LES INSTITUTIONS PUBLIQUES

Pour bien cerner cette problématique sur la femme, Pélagie Makiedika a d’abord livré à l’assistance le parcours de la femme congolaise qui ressemble bien, à n’en point douter à un chemin de la croix. « Pendant la colonisation, il n’y avait pas de femme dans les Institutions de l’Etat. C’est sous la IIème République du Maréchal Mobutu Sese Seko qu’on a connu l’mancipation de la femme », a soutenu l’intervenante.

Il y a eu, dit-elle, comme première femme ministre, Mme Sophie Lihau Kanza. Ensuite,d’autres femmes ministres comme Ekila Lyonda ou Mayuma Kala. Aussi, des femmes gouverneurs de provinces comme Mama Nzuzi Wa Mbombo Catherine ou Nkoy Mafuta ».

« La femme, poursuit Mme Makedika, représente 52% de la population, donc la majorité. Pourtant, elle n’est reléguée qu’à des postes de subalterne et non de direction. En 2006, seuls les 42% des femmes ont pu être élues à l’Assemblée nationale ».

« En 2018, la femme est marginalisée par le seuil de 1% des suffrages nationaux que chaque regroupement doit atteindre pour être élue, révèle l’exposante qui exige, par conséquent, la modification de cette disposition de la loi électorale actuelle ».

Ce qu’il faut aussi supprimer dans la loi électorale, c’est cet autre article que les femmes condamnent car elle ne rend pas irrecevable toute liste des candidats des partis politiques qui n’auraient pas aligné les femmes.

Pélagie Makiedika s’explique mal cette exclusion de la femme dans les postes de responsabilité. Alors que tous les textes prônent la parité en grand caractère. A commencer par la Constitution du 18 Février 2006, le CDF « Convection d’élimination de toutes les formes de discriminations envers la femme » ratifiée par la RDC. Et la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU de 1948 ratifiée par la RDC. Ce n’est pas tout.

L’exposante ajoute la loi sur mis en oeuvre de la parité qui a été vidée de sa substance au niveau de l’Assemblée nationale. Tous ces textes sur la femme existent bel et bien, sans action. Pélagie Makiedika sensibilise les femmes intellectuelles afin d’avoir des ambitions pour se présenter aux élections locales à avenir en se faisant élire nombreuses conseillères de communes ou de ville ou de secteur.

Elle estime que l’actuelle Constitution donne des pouvoirs étendus aux élus à la base. C’est l’unique possibilité qui reste à ce jour à la femme pour mouiller le maillot étant donné que les autres élections notamment la présidentielle, la députation nationale et provinciale, les sénatoriales et les gouverneurs de provinces ne reviendront que dans cinq ans.

Les femmes doivent aussi saisir la balle au bond et se lancer dans les élections locales qu’il ne faut pas du tout négliger. Pélagie Makiedika leur propose de créer des synergies des femmes, en vue d’appuyer ce combat politique en commençant par les locales. Car, très souvent, les femmes sont bloquées pour des questions purement économiques de manque des ressources financières pour soutenir l’activité politique.

REVISITER LA LOI ELECTORALE

En tout état de cause, l’exposante propose de revisiter la Loi électorale en en imposant aux partis politiques l’obligation d’introduire les candidat-femmes au risque de voir leurs listes invalider par la CENI. Il faut à tout prix, mettre la RDC sur la piste du Rwanda qui est un modèle dans cette matière de parité avec ses 61% de femmes députées. Allusion faite aussi à et la Namibie avec 47% par une parité légalisée.

Après ce long exposé plein d’enseignements de Pélagie Makiedika, coordonnatrice de l’ONGD « Cause rurale », il s’en est suivi un débat fort enrichissant avec les participantes à cette journée de réflexion sur la femme organisée par la VSV. Pourquoi alors la VSV ? Tout simplement, du fait que l’ONGD de l' »avenue Bongandanga  » est à l’avant-garde du combat pour les droits de la femme dont elle fait le difficile plaidoyer auprès des pouvoirs publics, afin de promouvoir la stricte application de tous les Instruments juridiques nationaux, tout comme internationaux sur la parité.

(avec Kandolo M. et ForumDesAs)

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