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RDC : Emmanuel ILUNGA est en train de bafouer l’autorité du Premier ministre

Dernière mise à jour, le 23 avril 2019 à 10:21

Le Premier ministre Bruno Tshibala a, à travers une correspondance datée du 22 mars courant, adressée aux ministres désignés pour assumer l’intérim dans d’autres ministères, « à ne pas procéder à des réajustements des cabinets trouvés ». Plus concrètement, le Premier ministre demande aux ministres intérimaires de ne pas recruter, nommer, permuter ou promouvoir au sein du personnel qui se trouve dans leurs administrations respectives. « Je vous demande de ne pas procéder au changement et continuer à collaborer avec les cabinets en place », écrit Bruno Tshibala. Et « en cas de nécessité dûment motivée, vous êtes tenus de solliciter une autorisation préalable de ma part », a insisté le patron de l’Exécutif. Et qu’est-ce qu’on constate aux Affaires foncières ? Le ministre intérimaire et en affaires courantes, Emmanuel Ilunga Ngoie Kasongo, a passé outre les instructions du chef du Gouvernement. Il a pris en date du 21 mars, un  » arrêté ministériel n°626 CAB/MIN/AFF.FONC/2019 du 21/03/2019 modifiant et complétant l’arrêté n°311/CA/MIN.AFF.FONC/2017 du 11/07/2018 portant nomination des membres de cabinet du ministre des Affaires foncières ». Ainsi le ministre ad intérim des Affaires foncières a délibérément procédé à un réajustement du cabinet laissé par Lumeya, sans s’en référer au Premier ministre, pour une « autorisation préalable ».

Le ministre délégué chargé des Congolais de l’étranger, Emmanuel Ilunga Ngoie Kasongo, qui assure également l’intérim du ministère des Affaires foncières après la suspension de Lumeya Dhu Maleghi, serait-il en train de bafouer l’autorité du Premier ministre Bruno Tshibala? Le chef du Gouvernement a, à travers une correspondance datée du 22 mars courant, adressée aux ministres désignés pour assumer l’intérim dans d’autres ministères, « à ne pas procéder à des réajustements des cabinets trouvés ».

Plus concrètement, le Premier ministre demande aux ministres intérimaires de ne pas recruter, nommer, permuter ou promouvoir au sein du personnel qui se trouve dans leurs administrations respectives.

« Je vous demande de ne pas procéder au changement et continuer à collaborer avec les cabinets en place », écrit Bruno Tshibala. Et « en cas de nécessité dûment motivée, vous êtes tenus de solliciter une autorisation préalable de ma part », a insisté le patron de l’Exécutif.

Et qu’est-ce qu’on constate aux Affaires foncières ? Le ministre intérimaire et en affaires courantes, Emmanuel Ilunga Ngoie Kasongo, a passé outre les instructions du chef du Gouvernement. Il a pris en date du 21 mars, un  » arrêté ministériel n°626 CAB/MIN/AFF.FONC/2019 du 21/03/2019 modifiant et complétant l’arrêté n°311/CA/MIN.AFF.FONC/2017 du 11/07/2018 portant nomination des membres de cabinet du ministre des Affaires foncières ». Ainsi le ministre ad intérim des Affaires foncières a délibérément procédé à un réajustement du cabinet laissé par Lumeya, sans s’en référer au Premier ministre, pour une « autorisation préalable ».

Selon des sources au ministère des Affaires foncières, le Directeur de cabinet adjoint du Premier ministre en charge des questions administratives, techniques et infrastructures, Oscar Lugendo Lula, se serait présenté personnel aux Affaires foncières pour demander au ministre Emmanuel Ilunga de rapporter son arrêté. L’homme ferait encore de la résistance, confient les mêmes sources.

Le ministre délégué des Congolais de l’étranger ne serait pas le seul à agir de la sorte. Des informations relayées dans les médias il y a quelque temps font état de certains ministres désignés pour assumer l’intérim, qui procéderaient déjà à des réajustements des cabinets qu’ils ont trouvés.Mis au parfum de ce qui se passait chez ces ministres pourtant en affaires courantes, le chef de l’Exécutif national a écrit pour ne pas laisser le désordre s’installer.

On rappelle que c’est suite à la décision du Conseil d’État invitant les ministres élus députés à quitter immédiatement le Gouvernement, que le Premier ministre Bruno Tshibala a dû alors procéder à la désignation des intérimaires.

FATSHI DOIT FAIRE RESPECTER LA SIGNATURE DU PREMIER MINISTRE TSHIBALA

Le notable et doyen de la société civile, Jean-Marie Ntantu-Mey, a, au cours d’un entretien à bâtons rompus avec des hommes des médias, lundi 22 avril, remis en selle les instructions du Premier ministre Bruno Tshibala, relatives au régime d’intérim non respectées par certains membres du Gouvernement. Les cas d’Emmanuel Ilunga des Affaires foncières et Astrid Madiya, intérimaire au ministère de la Jeunesse et des Sports, et qui a fini par jeté l’éponge, à la suite de l’observation du Premier ministre. A contrario, JM Ntantu-Mey ne comprend pas pourquoi faire souffrir autant Lumeya Dhu Maleghi. Celui-ci ne mérite pas le sort qu’il connaît actuellement, vu ses actions sociales à Kinshasa, Kikwit ainsi que son soutien au chef du FCC.

Ministre honoraire de Laurent-Désiré Kabila, mais surtout acteur et témoin de tous les dialogues, tous les combats politiques et souterrains, Jean-Marie Ntantu-Mey dénonce « la nomination intempestive et irrégulière des membres des cabinets là où certains assurent l’intérim ».

« Lorsque vous êtes un ministre intérimaire, le principe est que vous ne prenez pas un arrêté pour nommer des membres de cabinet. Vous travaillez avec celui qui est dans ce ministère. Parce qu’il arrive qu’un ministre voyage, son collègue assure l’intérim. Quelle que soit la durée, l’intérimaire n’a pas le pouvoir de nommer un nouveau cabinet », rappelle-t-il.

Autre principe sur lequel Jean-Marie Ntantu-Mey insiste, à savoir qu’ « un ministre politique a un cabinet avec une nomenclature officielle, un nombre déterminé, mais il a la liberté d’avoir les collaborateurs de son choix au-delà de la nomenclature, le tout dans le respect des droits de ceux qui sont sur l’arrêté. Parce que les autres peuvent ne pas figurer sur l’arrêté. Le ministre le paye à sa manière. Et quand un autre vient, il n’a pas à chercher à savoir pourquoi, au lieu de 20 membres de gouvernement, il en a 50. Ce n’est pas son problème, il se contente de son arrêté et de ceux qui ne sont pas sur l’arrêté, à la fin du mandat du ministre, n’ont pas droit aux indemnités de sortie… ».

CONSEILLERS PRIVÉS

Ce notable de la société civile prend exemple sur lui-même, du temps où il était ministre. Ntantu-Mey dit qu’il avait des conseillers privés. Notamment Kwim Nsel, Lessenjina, et Me Lumeya. Ce dernier, confie-t-il, était son vrai conseiller juridique. « L’officiel était pour la formalité. Parce que sous Mzee LD Kabila, raconte-t-il, il y avait un principe dans le cabinet, celui de l’équilibre national. Or parfois tu n’as pas de compétence dans l’équilibre national, tu prends quelqu’un qui t’aide à travailler mais c’est un conseiller privé. Ce sont là des principes sacro-saints », fait-il savoir.

Pour JM Ntantu-Mey, ce qui est à la base de cette situation, c’est le fait qu’avant les élections, il n’y a pas eu démission des membres du Gouvernement dont les candidature sont été confirmées par la CENI.

« Ils devraient, dit-il, se retirer de fonctions d’Etat. Malheureusement le chef de l’Etat a passé outre la Constitution, jusqu’à permettre aux membres du Gouvernement en fonction d’être candidats tout en restant membres du Gouvernement. Et quand il a constaté que beaucoup sont élus députés, et qu’il y a beaucoup de vides à la tête des ministères, on a alors confié certains ministères à la direction d’autres ministres qui ne sont pas parlementaires.Et pendant ce temps, il y a des actes qu’ils ne peuvent pas prendre. »

Malheureusement, malgré le principe d’affaires courantes et d’intérimaires, regrette Jean-Marie Ntantu-Mey, certains ministres intérimaires se permettent de modifier le cabinet où ils ne sont qu’intérimaires. « C’est ce qui se passe aux Affaires foncières ».

La correspondance que le Premier ministre Tshibala a adressée à Emmanuel Ilunga fait foi. « Il me revient de constater que les instructions relatives au régime d’intérim vous communiquées par mes lettres n’ont pas été respectées, à savoir l’interdiction de fusionner les administrations de Cabinet dont vous êtes titulaire avec celui vous confié à titre intérimaire d’une part et d’autre part, celle de nommer de nouveaux membres des Cabinets… De ce qui précède, je vous enjoins, toutes affaires cessantes, de rapporter tous les actes réglementaires posés par vous, qui sont nuls de nul effet, dès lors qu’ils ne sont pas conformes à l’esprit et à la teneur de mes précitées. Il y a ordre. »

Du haut de ses 30 ans d’expérience d’actions sociopolitiques à l’ombre et en public, Ntantu-Mey regrette qu’en RDC le cursus honorum ne compte pas pour devenir ministre. Le doyen de la Société civile demande au chef de l’Etat de prendre ses responsabilités, mais aussi d’avoir une collaboration franche, harmonieuse avec le Premier ministre Tshibala.

« Il est le Premier ministre, le chef de l’Etat respecte son pouvoir jusqu’à ce qu’il y aura un autre chef du Gouvernement. Nous ne devons pas assister à une espèce de deux primatures : l’une sur l’avenue Roi Baudouin, et l’autre au Palais de la nation. Non, il n’y a qu’une seule Primature avec un seul Premier ministre, Tshibala. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il est encore Premier ministre. Il ne faudrait pas qu’on assiste à une cacophonie d’instructions partant de la présidence et de la Primature de Tshibala. »

Pour Jean-Marie Ntantu-Mey, « la RDC n’est pas née aujourd’hui, elle n’est pas la propriété de ceux qui gèrent le pays depuis 18 ans ou depuis 6 mois. Elle est la propriété de nous tous. Ceux qui gèrent le pouvoir d’Etat doivent revenir sur le principe standard d’une république organisée, avec une constitution, avec des lois ».

(avec Didier KEBONGO)

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