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RDC : Diomi NDONGALA en liberté conditionnelle

Dernière mise à jour, le 30 mars 2019 à 01:02

Depuis jeudi 21 mars, il a quitté sa cellule de l’ex-prison centrale de Makala pour son domicile familial. C’est donc un Diomi en liberté conditionnelle. Face à la presse qui a cherché à lui tirer le ver du nez aussitôt qu’il sortait de la prison, Diomi Ndongala a qualifié de nul et de nul effet, les restrictions énumérées par le ministre de la Justice et garde des Sceaux. « Ces conditions sont nulles, dans la mesure où elles violent les droits les plus fondamentaux d’un être humain. Nous avons un jugement international qui a tranché sur ce dossier. La RDC a bel et bien été condamnée et ce jugement est exécutoire, conformément à l’article 215 de notre Constitution. Comme garant de la constitution, le Chef de l’Etat actuel, qui veut bâtir un Etat de droit, doit faire respecter les accords internationaux », a-t-il déclaré. Perché sur le toit d’un véhicule, Diomi Ndongala a eu les doigts en signe de « V » symbolisant la victoire. Devant les militants et sympathisants de son parti venus l’accueillir, il a affirmé avoir pardonné à toutes les personnes qui, de manière directe ou indirecte, ont concouru à son arrestation qu’il qualifie lui-même d’injuste et d’arbitraire.

Enfin, l’opposant Eugène Diomi Ndongala peut, désormais, humer de l’air frais. Depuis hier jeudi 21 mars, il a quitté sa cellule de l’ex-prison centrale de Makala pour son domicile familial. C’est donc un Diomi en liberté conditionnelle. De sa sortie des murailles blanc d’œuf, de la très redoutable et grande concession de la commune de Selembao, le président national du parti Démocratie chrétienne (DC), a été escorté par une foule importante de ses militants et sympathisants.

Face à la presse qui a cherché à lui tirer le ver du nez aussitôt qu’il sortait de la prison, Diomi Ndongala a qualifié de nul et de nul effet, les restrictions énumérées par le ministre de la Justice et garde des Sceaux. Il l’a déclaré dans une très brève déclaration à l’espace « Village ya Masolo », dans la commune de Selembao. «Ces conditions sont nulles, dans la mesure où elles violent les droits les plus fondamentaux d’un être humain. Nous avons un jugement international qui a tranché sur ce dossier. La RDC a bel et bien été condamnée et ce jugement est exécutoire, conformément à l’article 215 de notre Constitution. Comme garant de la constitution, le Chef de l’Etat actuel, qui veut bâtir un Etat de droit, doit faire respecter les accords internationaux», a-t-il déclaré.

UNE MISE EN LIBERTE SOUS LE SIGNE DE PARDON

Perché sur le toit d’un véhicule, Diomi Ndongala a eu les doigts en signe de « V » symbolisant la victoire. Devant les militants et sympathisants de son parti venus l’accueillir, il a affirmé avoir pardonné à toutes les personnes qui, de manière directe ou indirecte, ont concouru à son arrestation qu’il qualifie lui-même d’injuste et d’arbitraire. « Pour ceux qui ont comploté contre moi et qui continuent à débiter leur haine, leurs insultes contre ma personne, je leur pardonne et je demande à Dieu de leur pardonner. Faire un montage contre un adversaire politique est criminel », a-t-il déclaré devant des centaines de ses partisans.

Le leader de la Démocratie chrétienne (DC) indique, par ailleurs, que les années passées en prison sont loin de l’affaiblir. Aussi, promet-il de reprendre sans tarder, ses activités politiques et de faire de la lutte contre les prisonniers d’opinion son cheval de bataille. «Que la justice ne soit plus instrumentalisée pour nuire aux adversaires politiques. Mon souhait est qu’aucun Congolais ne puisse plus souffrir de ce dont, moi j’ai souffert. Qu’aucun Congolais ne puisse plus être arrêté à cause de ses opinions politiques et qu’on ne laisse pas la Justice faire des montages tels qu’on a fait contre ma personne», a ponctué Diomi Ndongala.

Conscient que sa libération n’est pas le fait de ses propres efforts, Diomi Ndongala a remercié le Président de la République, Félix Tshisekedi, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), les militants et militantes de son parti, les mouvements associatifs de la Société civile et tout le peuple congolais de manière générale pour leur apport et soutien moral à sa libération. Cet acteur politique de l’opposition a obtenu sa libération conditionnelle par l’arrêté du ministre Thambwe Mwamba du mercredi 20 mars.

Il importe de relever que la libération de Diomi Ndongala intervient sept jours seulement, après celle de Franck Diongo et Firmin Yangambi, comptés parmi les figures emblématiques qui se retrouvaient encore en prison. Ces deux prisonniers politiques ont été libérés le 14 mars courant. Tout compte fait, Eugène Diomi Ndongala est le tout dernier acteur, mieux la dernière figure symbolique qui restait encore à libérer. Ainsi, à la suite de sa mise en liberté hier, aucune autre figure, parmi les cas emblématiques ciblées par l’Accord de la saint Sylvestre 2016, n’est encore en prison.

Vu des analystes, le Président Félix Tshisekedi a tenu parole. Car, au cours de la présentation le samedi 2 mars, du programme des 100 premiers jours de son pouvoir, le successeur de Joseph Kabila avait annoncé que tous les prisonniers politiques devaient recouvrer leur liberté. Une échéance de dix jours avait même été donnée. Quand bien même le délai n’aurait pas été respecté, l’opinion aura remarqué que les résultats sont là. Tous les prisonniers politiques, au premier rang desquels les figures emblématiques, sont désormais libres.

Pour rappel, la libération d’Eugène Diomi Ndongala avait été annoncée depuis le mardi 19 mars par Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais de la Justice et Garde des sceaux, au cours d’une interview sur la radio privée Top Congo FM, émettant de Kinshasa. Selon Thambwe Mwamba, il s’agit d’une libération assortie de strictes restrictions. Autrement dit, Diomi est en liberté conditionnelle.

Au nombre de ces limitations, il est interdit au président national du PDC de se retrouver à 500 mètres d’un lycée de jeunes filles. Ce, explique Thambwe Mwamba, en raison des faits pour lesquels il a été arrêté. Il ne peut pas non plus franchir les installations ni de l’aéroport international de N’Djili ni celles de n’importe quel Beach de la capitale. En d’autres termes, Eugène Diomi Ndongala ne devra pas sortir de Kinshasa. Ce, en plus de l’obligation de se rendre chaque lundi et vendredi au Parquet Général de la République pour certifier qu’il est encore bel et bien présent dans la capitale.

Arrêté le 8 avril 2013, Eugene Diomi Ndongala avait été condamné le 26 mars 2014 par la Cour suprême de justice à 10 ans de servitude pénale principale pour viol, exposition d’enfants à la pornographie, détention d’enfants et tentative de viol d’enfants.

(avec Grevisse KABREL et Orly-Darel NGIAMBUKULU)

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