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Corruption : Nangaa et Basengezi, des voleurs exposés par le Trésor américain

Dernière mise à jour, le 30 mars 2019 à 01:02

Nonobstant la décision de la réunion institutionnelle de renvoyer sine die l’élection des gouverneurs, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fixé, ce vendredi, la date de l’élection de ceux qui vont gérer les provinces. Il s’agit alors du 10 avril que les députés provinciaux vont élire les gouverneurs. La compilation des résultats est prévue du 11 au 25 avril et l’annonce des résultats définitifs aura lieu du 26 avril au 2 mai 2018. Le renvoi sine die de ladite élection et la suspension de l’installation des sénateurs élus ont été critiqués par certaines formations politiques, notamment le Front Commun pour le Congo (FCC) et la coalition Lamuka. D’autres caciques de l’ancien régime avaient rappelé que la réunion interinstitutionnelle n’était qu’un cadre de concertation. Donc, elle ne dispose d’aucun pouvoir de décision. Ce scrutin avait été renvoyé à une date ultérieure sur décision du président de la République Félix Tshisekedi. Le Trésor américain a sanctionné plusieurs autorités congolaises [Corneille Nangaa, Norbert Basengezi, Marcellin Basengezi, et d’autres autorités du régime Kabila] pour avoir sapé les processus ou les institutions démocratiques en RDC et pour des actes de corruption. Selon le Trésor américain, « sous la direction de Nangaa, les responsables de la CENI ont gonflé de 100 millions de dollars les coûts du contrat de la machine à voter électronique afin d’utiliser les fonds excédentaires pour l’enrichissement personnel, les pots-de-vin et les coûts de campagne pour financer la campagne électorale du candidat de Kabila.

Nouvelles Sanctions Américaines

La décision de l’administration américaine gelant les avoirs des animateurs de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est tombée à point nommé, dans la mesure où l’actuel président de République, Félix Tshisekedi, vient de suspendre l’installation du Sénat à cause de la corruption enregistrée lors des élections sénatoriales. Il s’agit alors d’un ‘’coup dur’’ non seulement pour Corneille Nangaa, Norbert Basengezi et Marcellin Basengezi, mais aussi pour d’autres autorités de l’ancien régime de la République démocratique du Congo.

Publié depuis jeudi dans la soirée, le communiqué du Trésor américain a sanctionné ces trois hauts responsables du pays pour avoir sapé les processus ou les institutions démocratiques en RDC et pour des actes de corruption.

« Cette action fait suite à la corruption persistante de hauts responsables au sein CENI et de l’ancien gouvernement de Kabila en RDC pour entraver et retarder les préparatifs en vue d’élections crédibles et inclusives. Nous sommes aux côtés du peuple congolais qui s’est rendu aux urnes le 30 décembre, mais restons préoccupés par un processus électoral défaillant dans lequel, après l’élection présidentielle, la CENI a continué à entraver le processus démocratique et n’a pas réussi à faire en sorte que le vote reflète la volonté du peuple congolais », a déclaré Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor, chargé du terrorisme et du renseignement financier.

Les actifs de Corneille Yobeluo Nangaa, président de la CENI, Norbert Basengezi Katintima, vice-président de la CENI et le fils de Katintima, Marcellin Basengezi Mukolo, conseiller de haut niveau de la CENI se trouvant sur le territoire américain sont bloqués et il est généralement interdit aux personnes des États-Unis d’effectuer des transactions avec ces personnalités, indique le communiqué.

Le même communiqué détaille que les animateurs de la CENI ont détourné des fonds opérationnels de cet organe d’appui à la démocratie. Et, ils ont pris des mesures qui ont ralenti l’inscription des électeurs, facilitant ainsi le retard des élections. « Nangaa a supervisé les responsables de la CENI en utilisant plusieurs sociétés écrans pour détourner des fonds opérationnels de la CENI à des fins personnelles et politiques. Nangaa et d’autres responsables de la CENI se sont enrichis en achetant et en vendant de l’essence aux dépens de la CENI », ajoute le communiqué.

Enrichissement de la direction Nangaa

Selon le Trésor américain, « sous la direction de Nangaa, les responsables de la CENI ont gonflé de 100 millions de dollars les coûts du contrat de la machine à voter électronique afin d’utiliser les fonds excédentaires pour l’enrichissement personnel, les pots-de-vin et les coûts de campagne pour financer la campagne électorale du candidat de Kabila.

Face à cela, les États-Unis se sont engagés mordicus à accompagner l’actuel président de la République pour lutter contre la corruption en RDC.

Corneille Nangaa rend grâce à Dieu pour l’alternance réussie

Dans la tempête, il est de ces sérénités qui parlent et désarçonnent. C’est le cas de l’attitude de Corneille Nangaa. Objet ou victime – de sanctions américaines, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) rend plutôt grâce à Dieu pour l’alternance réussie, fruit des élections que la Centrale électorale a organisées.

Ni panique, ni mur de lamentations, ni défense pro domo ni même ressentiment. Au lendemain du prononcé des sanctions contre sa personne ainsi que deux autres responsables de la CENI, Corneille Nangaa reste serein. Il brandit son trophée. Celui estampillé « passation pacifique de pouvoir ». Une alternance réussie, fruit d’un scrutin organisé par la CENI.

Au passage, le patron de la Centrale électorale reconnait qu’il y a eu des failles. Normal pour une opération de ce genre ! Mais, quant à la gestion, Corneille Nangaa s’en remet à l’abc des textes qui régissent la CENI.

Fier d’avoir contribue a l’alternance pacifique en RDC

« Contrairement aux sanctions américaines, je n’ai jamais été associé à une quelconque œuvre de corruption. Avec mes collègues, nous avons agi suivant les orientations de la plénière de la CENI et sous le contrôle de l’Assemblée nationale », a-t-il réagi samedi 23 mars sur son compte Twitter.

Par ailleurs, le patron de la Centrale électorale ne boude pas son plaisir d’avoir aidé la RDC à vivre sa première alternance démocratique. « Nous sommes fiers d’avoir conduit ce processus qui a donné à la RDC sa toute première alternance démocratique depuis son indépendance », a-t-il ajouté.

« Sommes-nous en train de dire que tout était parfait ? Non, loin de là. Le processus électoral s’est déroulé dans un environnement difficile, caractérisé par la méfiance entre acteurs. Il y a eu des faiblesses, pour lesquelles nous sollicitons l’indulgence des uns et des autres, mais également des forces qui nécessitent consolidation. L’alternance démocratique et pacifique tant attendue est une réalité. Nous rendons grâce à Dieu », souligne le président de la CENI.

Certains observateurs lient les sanctions américaines à la saga de la machine à voter. On se rappelle que, lors de son passage à Kinshasa en octobre 2017, Nikki Haley, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, avait émis des doutes en parlant d’un vote électronique. Or au finish, il n’en est rien.

Il y avait bien eu un bulletin. Tout le monde s’est rendu compte que cette réalité a gêné plus d’un. En fait, l’histoire n’a pas donné raison à tous ceux qui ont prophétisé contre la machine à voter. On retiendra que, malgré quelques imperfections, c’est aux termes de ces élections du 30 décembre 2018 que l’alternance tant souhaitée a eu lieu en RDC.

(avec lePotentiel et Fda)

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