dimanche , 20 octobre 2019
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Syrie : La fin du califat de l’Etat Islamique

Les forces arabo-kurdes soutenues par les Etats-Unis ont annoncé samedi la fin du « califat » autoproclamé il y a près de cinq ans par le groupe Etat islamique (EI), après avoir conquis le dernier territoire tenu par cette organisation jihadiste en Syrie. La perte dans son intégralité de Baghouz un village de l’est de la Syrie, proche de la frontière irakienne, signe ainsi la fin territoriale de l’EI en Syrie, après sa défaite en Irak voisin en 2017. « Les Forces démocratiques syriennes (FDS) déclarent la totale élimination du soi-disant califat et une défaite territoriale à 100% de l’EI », a déclaré un porte-parole des FDS, Mustefa Bali dans un communiqué.

A l’issue de mois de combats, les FDS ont réussi à s’emparer des dernières positions jihadistes à Baghouz dans la province de Deir Ezzor, aux confins orientaux de la Syrie.

Les combats ont été très violents face aux derniers irréductibles de l’EI, a précisé le porte-parole mais les FDS ont désormais levé leur drapeau sur Baghouz pour célébrer leur victoire.

Au sol, à quelques mètres du fleuve, un drapeau noir de l’EI git a même le sol, pris dans des branches desséchées, a pu voir une équipe de l’AFP sur place.

A son apogée en 2014, l’EI contrôlait un territoire aussi vaste que la Grande-Bretagne en Irak et en Syrie. L’organisation responsable d’atrocités et d’attentats meurtriers y compris en Europe y avait imposé un règne de terreur.

Le dernier assaut des FDS contre l’ultime poche de l’EI à Baghouz, lancé début février, est la dernière phase d’une opération déclenchée en septembre 2018 pour chasser le groupe des derniers secteurs sous son contrôle en Syrie.

Il restait une colline

La campagne militaire soutenue dans les airs par la coalition internationale soutenue par les Etats-Unis a été ralentie par la sortie de l’enclave de dizaines de milliers de personnes, dont des milliers de jihadistes qui se sont rendus et leurs familles.

Les bombardements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit avant la proclamation de la victoire par les FDS. Les jihadistes étaient au final acculés dans une petite bande de territoire au bord du fleuve Euphrate, dans la province de Deir Ezzor. Il ne restait qu’une « colline contrôlée par l’EI », selon un responsable des forces arabo-kurdes.

Ces dernières heures, des combattants des FDS étaient visibles sur les toits de bâtisses de Baghouz, au milieu de l’océan de ruines qu’est devenu le village.

Vendredi soir, la Maison Blanche avait d’emblée annoncé que le « califat territorial de l’EI a été éliminé en Syrie », mais les FDS avaient ensuite souligné que les combats se poursuivaient.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les derniers jihadistes se cachaient dans des tunnels souterrains et des caves dans Baghouz.

Depuis septembre, plus de 750 combattants des FDS ont péri dans les combats et presque le double de jihadistes, selon l’OSDH.

Attaquer les « ennemis »

Et depuis janvier, plus de 67.000 personnes ont quitté la poche de l’EI, dont 5.000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les FDS. Les civils parmi elles, la plupart des familles de jihadistes, ont été transférés dans des camps, principalement dans celui d’Al-Hol (nord-est).

Quelques heures avant sa défaite, l’EI a dans une vidéo diffusée sur ses comptes sur les réseaux sociaux,rejeté les déclarations sur la fin imminente du « califat » et appelé ses partisans à mener des attaques contre « les ennemis » en Occident.

L’EI avait proclamé en juin 2014 un « califat » sur de vastes régions conquises à cheval entre la Syrie et l’Irak, avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin ces deux dernières années avec la multiplication des assauts contre l’organisation jihadiste.

Malgré les défaites l’EI a semble-t-il déjà entamé sa mue en organisation clandestine, et parvient toujours à mener des attaques sanglantes.

La bataille contre l’EI était le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 370.000 morts depuis mars 2011, le régime syrien de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran, ayant reconquis près des deux-tiers du pays.

La guerre en Syrie, déclenchée par la répression de manifestations prodémocratie, s’est complexifiée au fils des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes.

(avec Afp)

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