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Fatshi - President de la RDC
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Fatshi : Un simple masque derrière lequel « Kabila » se cache ?

Dernière mise à jour, le 25 mars 2019 à 10:44

L’homme de Kingakati a quitté la fonction tout en cherchant à détenir la réalité du pouvoir. Laissant ainsi son successeur paraitre comme un simple masque derrière lequel il se cache. Mais l’aventure n’aura pas duré longtemps. Tshisekedi cherche à imprimer sa marque et montrer ses couleurs, pendant que, de son côté, Kabila s’affirme être encore le maestro. L’événementiel est choquant : le FCC rejette en bloc les décisions de la réunion interinstitutionnelle présidée par le chef de l’État. Du coup, nous voici face à une collision frontale entre les deux frères-adversaires, dont les effets collatéraux pourront laisser des séquelles sur la marche de la République. Et, Félix Tshisekedi sait comment s’y prendre. Comme dans un jeu de dame, dès que vous sentez venir l’échec ; c’est simple: vous renversez la petite table, c’est la confusion et le tour est joué !

« Je t’aime, moi non plus ». Tel est le mariage scellé entre le président de la République et son prédécesseur. En passant le pouvoir à Tshisekedi, le 24 janvier 2019, Joseph Kabila donnait des assurances – du moins aux yeux du public – de laisser les mains libres à son successeur.

Hélas ! L’homme de Kingakati a quitté la fonction tout en cherchant à détenir la réalité du pouvoir. Laissant ainsi son successeur paraitre comme un simple masque derrière lequel il se cache.

Mais l’aventure n’aura pas duré longtemps. Tshisekedi cherche à imprimer sa marque et montrer ses couleurs, pendant que, de son côté, Kabila s’affirme être encore le maestro. L’événementiel est choquant : le FCC rejette en bloc les décisions de la réunion interinstitutionnelle présidée par le chef de l’État. Du coup, nous voici face à une collision frontale entre les deux frères-adversaires, dont les effets collatéraux pourront laisser des séquelles sur la marche de la République.

Et, Félix Tshisekedi sait comment s’y prendre. Comme dans un jeu de dame, dès que vous sentez venir l’échec ; c’est simple: vous renversez la petite table, c’est la confusion et le tour est joué !

C’est aussi comme dans un match de foot de la prime enfance, si vous osez marquer un but contre le propriétaire du ballon rouge, alors, soyez conséquent: il suspend le match, prend son ballon et menace de s’en aller. Vous n’avez qu’annuler le but, et le tour est joué !

C’est pareil. Dans « l’État de droit » tant chanté, si votre camp subit une déculottée aux sénatoriales, n’allez pas régler le contentieux devant le juge! Faites exactement comme le petit propriétaire du ballon rouge! Suspendez le jeu!… Renvoyez la suite sine die…

En cédant son fauteuil, le 24 janvier, on le croyait parti. Mais Kabila est toujours là, caché derrière Tshisekedi. Depuis, les deux personnalités jouent au cache-cache, en soufflant le chaud et le froid, entretenant un rapport de forces couché dans un accord dont les contours demeurent flous.

Que dire ? Le pouvoir de compromission se termine souvent mal. La coalition FCC – CACH a-t-elle commencé à tanguer ? Jusqu’où iront Tshisekedi et Kabila ?

LE FCC CONTESTE FATSHI

Partenaires autour d’un accord de « cogestion », le bateau FCC- CACH traverse une mer très agitée. La remise en cause des résultats des sénatoriales du 15 mars et le du report sine die de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces, auront été cette goutte qui a fait déborder le vase. Le FCC est sorti de ses gonds pour dénoncer ouverte plante ment une violation intentionnelle de la Constitution. Cette contestation ouverte de Félix Tshisekdi par le FCC plante le décor d’une crise au sein de la coalition au pouvoir.

Après la présidentielle du 30 décembre 2018, sanctionnée le 9 janvier 2019 par la victoire de Félix Tshisekedi, le FCC (Front commun pour le Congo) et le CACH (Cap pour le changement), coalition qui a porté la candidature de Félix Tshisekedi, ont convenu de convoler en justes noces autour d’un accord de « cogestion » pendant les cinq prochaines années.

Alors qu’on s’attendait à la nomination d’un informateur, dans la perspective de la nomination d’un Premier ministre, le FCC et le CACH avaient pris tout le monde en élaguant cette question par la voie d’un compromis. Selon le communiqué diffusé à l’issue de ces échanges, qui se sont déroulés du 4 au 6 mars 2019, les deux parties ont indiqué qu’« il se dégage que le Front commun pour le Congo détient, de manière documentée, la majorité absolue à l’Assemblée nationale au sens de l’article 78 alinéa 1er de la Constitution ». Par conséquent, les deux parties enjoignaient d’un côté, « à l’autorité morale du FCC, le président honoraire Joseph Kabila, d’accomplir les devoirs de sa charge permettant au chef de l’Etat de procéder à la désignation du formateur du gouvernement », et de l’autre, « au président de la République de nommer diligemment ledit formateur du gouvernement ».

Comme pour sceller le pacte censé les lier pour les cinq prochaines années, les deux plateformes politiques ont affirmé « leur volonté commune de gouverner ensemble dans le cadre d’une coalition gouvernementale ». C’était donc parti pour une belle collaboration mais, le premier couac d’une coalition présentée comme étant extrêmement solide est apparu avec les élections des bureaux définitifs de 24 assemblés nationales. Sans se soucier de son partenaire, le FCC s’est emparé de la direction de 20 assemblées provinciales, ne laissant qu’une seule au CACH. Les premières frictions du pacte du 6 mars 2019 étaient déjà visibles.

La débâcle du CACH, plus particulièrement de l’UDPS, parti politique de Félix Tshisekedi, aux sénatoriales du 15 mars 2019, est venue plutôt précipiter la désintégration d’une coalition mise à l’épreuve des faits. C’est dans la rue que l’UDPS a manifesté, comme elle en avait souvent l’habitude. Sa colère était tel qu’elle a créé la désolation partout où ses militants sont passés.

De mal en pis, lundi dernier, la réunion interinstitutionnelle est venue secouer davantage le socle de la coalition CACH-FCC. Raison, ladite réunion que dirigeait le président de la République, s’est penchée sur les graves soupçons nés des résultats des sénatoriales. En conséquence, trois mesures ont été prises, dont le gel de l’installation du nouveau Sénat et le report à une date ultérieure de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces.

Le FCC sort ses griffes

Au FCC, les décisions de la réunion interinstitutionnelle ont suscité une levée de boucliers. Le FCC, partenaire de cogestion de CACH, a vite crié à une violation intentionnelle de la Constitution. Il a directement dénoncé les intentions malveillantes de son partenaire, le CACH, à faire dérailler le processus électoral jusqu’à « entraver » la mise en place de nouvelles institutions.

Est-ce à dire que le FCC est sur la voie de retirer sa signature du nouveau pacte conclu le 6 mars 2019 avec le CACH ? En tout cas, au regard de l’évolution de la situation politique sur le terrain, on n’est plus loin d’un tel cas de figure.

A tout prendre, le FCC est dans tous ses états. Si son autorité morale garde encore son calme, certains de ses cadres n’excluent plus l’hypothèse de reconsidérer leur partenariat avec le CACH. En contestant ouvertement le président Félix Tshisekedi, le FCC a prouvé qu’il n’hésiterait plus à rompre définitivement avec le camp du président de la République. Il y a véritablement des étincelles en l’air.

Le nouveau pacte FCC- CACH du 6 mars 2019 n’aura donc tenu un mois. Il faut craindre qu’une crise institutionnelle de forte amplitude ne naisse à la suite des décisions du 15 mars 2019. Au point de remettre en cause toute la crédibilité du cycle électoral, depuis la présidentielle du 30 décembre 2018 jusqu’aux sénatoriales contestées du 15 mars 2019.

(avec lePotentiel)

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