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Fatshi, President de la RDC.
Fatshi, President de la RDC.

RDC : Vers une dissolution du Parlement ?

Dernière mise à jour, le 23 mars 2019 à 01:54

A peine prises, les décisions de la réunion interministérielle d’hier lundi 18 mars suscitent une avalanche de réactions. Convoquée par le Président Félix Tshisekedi, cette rencontre a accouché d’une série de mesures qui sont loin de faire l’unanimité dans la classe politique. Directement concerné, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) s’est réuni illico pour répondre aux initiateurs de la réunion interministérielle. Les cadres de ce parti, qui a raflé 91 sièges sur les 100 aux sénatoriales, ont aussitôt rejeté les différentes mesures qui semblent préparer la voix à un blocage du processus électoral. Selon un analyste politique, tout est organisé, orchestré de manière à amener l’opinion à conclure que le cycle électoral initié par Joseph KABILA, organisé par le dernier gouvernement et mis en œuvre par la CENI se trouve dans l’impasse. Pour accompagner leur combat, selon cet analyste politique, une stratégie de pourrissement de la situation sociale est mise en œuvre : des grèves et revendications fusent de toute parts, des accusations parfois fantaisistes contre des dirigeants d’entreprises publiques apparaissent dans le but de compliquer les 100 premiers jours de la gestion du Président élu. L’indiscipline électorale, due bien souvent à la mauvaise organisation des partis et bien évidement à la corruption qui gangrène la société congolaise depuis fort longtemps sont malicieusement utilisées dans le but de tuer dans l’œuf la coalition de gouvernement FCC/CACH. Malheureusement, poursuit l’analyste politique, avec une incroyable naïveté, certains partisans du Président élu qu’accompagne une presse certainement intéressée annoncent d’ores et déjà une prochaine dissolution du Parlement qui se met en place actuellement. Ces compatriotes pensent ainsi donner plus de pouvoirs au Président Félix Antoine TSHISEKEDI ; en fait, ils se trompent lourdement.

Les membres du Bureau politique du PPRD s’insurgent particulièrement contre la suspension de l’installation des sénateurs élus le vendredi 15 mars dernier et le report de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs, prévu initialement pour le 27 mars par la Centrale électorale. Dans une déclaration faite hier lundi 18 mars, ils notent avec amertume que  »les mesures iniques et découlant du fait du prince sont anticonstitutionnelles ».

Ces cadres du PPRD se disent ainsi préoccupés de voir que  »ces mesures de si haute portée politique, relevant les unes comme les autres des attributions claires d’autres institutions, en l’occurrence la CENI et la Cour constitutionnelle, soient prises dans un contexte aussi informel, inspiré par des considérations politiciennes ».

La compétence des cours et tribunaux

Pour le Bureau politique du PPRD,  »au regard des institutions de la RDC, le contentieux électoral est exclusivement dévolu à la compétence des cours et tribunaux. Et donc, en cas de contestation, il appartient au candidat qui se sent lésé de pourvoir en justice, à travers son parti ou son regroupement politique, pour faire valoir ses droits, comme il en a été des contentieux nés des élections du 30 décembre 2018, la présidentielle en tête ».

Tirant les conséquences de ces mesures, le parti de Joseph Kabila fustige  »la tendance antipatriotique’ consistant à discréditer, sur base de rumeurs, les élus directs du peuple ou à jeter l’opprobre sur les sénateurs élus, sans égards au sacrosaint principe de la présomption d’innocence qui est constitutionnel ».

Le PPRD est d’avis qu’à ce jour,  »le plus important, c’est l’installation des bureaux définitifs des deux chambres du Parlement, l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs, et la formation du Gouvernement qui devra, sans délai, se pencher sur les problèmes cruciaux du peuple dans un contexte d’équilibre entre les différents pôles du pouvoir d’État ».

Un cadre sans pouvoir de décisions

Le Bureau politique du PPRD invite, dès lors, les différents acteurs politiques  »au respect des valeurs républicaines, ainsi qu’au respect de la Constitution de la République et des dispositions pertinentes de l’Accord global et inclusif de la Saint Sylvestre du 31 décembre 2016 ».

Faisant ainsi fi des mesures de la réunion institutionnelle, cette formation politique  »invite tous les sénateurs élus le 15 mars dernier à rejoindre au plus tôt le siège du Sénat, en vue de la validation de leur mandat, conformément à la Constitution et au calendrier de la CENI ».

Le PPRD rappelle, enfin, que  »la réunion institutionnelle n’est qu’un cadre de concertation et d’échanges, sans pouvoir de décisions, au regard de la Loi fondamentale de la République, dont le Président est le garant, en vertu de son serment prononcé devant la Cour constitutionnelle ». 

BLOCAGE DU SENAT EN RDC : GARE AU PIÈGE DE LA CRISE POLITIQUE !

L’angle d’attaque de ce complot consiste à discréditer le processus électoral en cours actuellement. Tout est organisé, orchestré de manière à amener l’opinion à conclure que le cycle électoral initié par Joseph KABILA, organisé par le dernier gouvernement et mis en œuvre par la CENI se trouve dans l’impasse.

De quoi s’agit-il ?

La fronde vient de loin, alors que le gouvernement de Kinshasa se battait pour organiser et financer des élections, une certaine presse locale et internationale s’évertuait à prêcher l’impossibilité tant technique, logistique que financière à réussir l’exercice. La machine à voter sera la prochaine cible, alors que l’incendie du matériel de vote de Kinshasa apparaîtra comme le coup de grâce pour bloquer le processus. En fait, tout avait été concocté afin d’imposer le projet anticonstitutionnel « Transition sans Joseph KABILA « .

Malgré l’immensité des moyens et des pressions de toute nature, mis en œuvre pour bloquer la machine, les élections auront tout de même lieu le 30 décembre 2018.

L’épreuve mettra face à face d’une part les progressistes et d’autre part le groupe des protecteurs des prédateurs miniers soutenu par les exilés, Moïse KATUMBI et Jean Pierre BEMBA, tous opposés à la démarche souverainiste de Joseph KABILA et partisans de la remise en cause du nouveau Code minier favorable aux intérêts des populations congolaises. Cette option politique sera finalement portée par Martin FAYULU depuis le coup fourré de Genève qui divisa l’opposition congolaise, d’alors, en deux structures distinctes, la seconde sera menée par Félix TSHISEKEDI.

Pour le lobby international hostile à la politique souverainiste de Kinshasa, le candidat de l’UDPS avait déjà commis le pêché mortel en refusant de se soumettre au schéma des prédateurs miniers présenté à Genève par l’entremise de la fondation  » KOFFI ANAN « . Félix Antoine TSHISEKEDI aggravera son cas dès la fin des élections en autorisant sa coalition électorale le Cach, réunissant l’Udps et l’Unc de Vital KAMERHE, à préparer une nouvelle coalition de gouvernement avec les souverainistes du FCC.

Dès lors, l’échiquier politique congolais présente de nouveau une configuration binaire simple, mettant face à face des groupes idéologiques clairement indentifiables : le bloc des partisans d’une démarche souverainiste attachée à l’amélioration des conditions de vie des Congolais et un ensemble de politiciens soumis aux intérêts des prédateurs miniers internationaux. Il devenait donc inévitable pour les ennemis de la RDC de combattre le Président élu Félix TSHISEKEDI. FAYULU l’homme de Genève et de la fondation KOFFI ANAN, donc des miniers, devenait, ipso facto, les favoris de ceux qui veulent maintenir la Rdc sous leur joug.

Le premier angle d’attaque sera de décrédibiliser le processus électoral pourtant favorablement apprécié par l’ensemble des observateurs alors qu’il était en cours. Ne pouvant remettre en cause le déroulement qu’ils avaient déjà encensé nos contradicteurs aidés par la frange la plus conservatrice et tribaliste de l’église catholique s’efforcent depuis la publication des résultats de contester, sans réussite, la victoire du Président élu Félix Antoine TSHISEKEDI.

Pour accompagner leur combat, une stratégie de pourrissement de la situation sociale est mise en œuvre : des grèves et revendications fusent de toute parts, des accusations parfois fantaisistes contre des dirigeants d’entreprises publiques apparaissent dans le but de compliquer les 100 premiers jours de la gestion du Président élu. L’indiscipline électorale, due bien souvent à la mauvaise organisation des partis et bien évidement à la corruption qui gangrène la société congolaise depuis fort longtemps sont malicieusement utilisées dans le but de tuer dans l’œuf la coalition de gouvernement FCC/ CACH. Des jeunes gens se présentant eux mêmes comme membre de l’UDPS, mais manifestement manipulés par des extrémistes s’attaquent à la liberté de vote des élus.

Malheureusement, avec une incroyable naïveté, certains partisans du Président élu qu’accompagne une presse certainement intéressée annoncent d’ores et déjà une prochaine dissolution du Parlement qui se met en place actuellement. Ces compatriotes pensent ainsi donner plus de pouvoirs au Président Félix Antoine TSHISEKEDI ; en fait, ils se trompent lourdement.

Ces compatriotes ne comprennent-ils pas qu’ils se jettent ainsi dans le piège tendu par les ennemis de la consolidation de notre pays.

La décision annoncée ce lundi 18 mars de suspendre l’installation des sénateurs, bien ou mal élus, vise apparemment à lutter contre la corruption mais participe également de cette erreur d’appréciation.

Il est certes bon et même nécessaire de lutter contre la corruption, mais il fallait-il pour autant violer la Constitution. Nous devons constater qu’en droit congolais la réunion  » inter constitutionnelle  » ne dispose pas de la prérogative de suspendre le processus électoral. La sagesse aurait recommandé d’éviter d’ouvrir une crise politique en ce moment délicat.

Ce que le peuple congolais attend de la classe politique d’aujourd’hui c’est la mise en place d’institutions efficaces.

Concentrons-nous donc à la reconstruction concrète du pays. 

(avec Yves KALIKAT Mathy MUSAU et ROBOTTI NDUMBI/Analyste politique)

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