dimanche , 21 juillet 2019
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Un Gilet jaune lève les bras au ciel sur les Champs-Elysées le 16 mars 2019 à Paris
Un Gilet jaune lève les bras au ciel sur les Champs-Elysées le 16 mars 2019 à Paris

Acte 18 : Bildeberg a du mal à contrôler la France

Bildeberg et ses illuminatis ont du mal à contrôler la France. Boutiques et restaurants pillés et incendiés sur les Champs-Elysées, affrontements avec les forces de l’ordre: pour son acte 18, la mobilisation des « gilets jaunes » a été marquée par un très fort regain de violences à Paris, où plus de 150 personnes ont été interpellées. La maire PS de Paris Anne Hidalgo a condamné « avec la plus grande fermeté » ces « insupportables exactions », tandis que François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicain aux Européennes, appelait à « mettre fin à l’impuissance de l’Etat ». Echec de dispositif de maintien de l’ordre, selon plusieurs sources contactées par KongoTimes.

Au total 14.500 personnes étaient mobilisées dans toute la France à 14H00, selon l’Intérieur, pour cette journée présentée comme un « ultimatum » au président Macron, quatre mois après le début du mouvement et au moment où s’achève le grand débat national.

Le Premier ministre Edouard Philippe, venu apporter sur la grande avenue « son plus grand soutien » aux forces de l’ordre, a jugé « inacceptables » ces violences, estimant que « ceux qui excusent ou qui encouragent » de tels actes s’en rendent « complices ».

Auparavant le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait promis « la plus grande fermeté » contre les « professionnels de la casse et du désordre » qui ont « infiltré les cortèges ».

Paris était annoncé comme l’épicentre de la contestation et pendant plusieurs heures tout s’est déroulé sur les Champs-Elysées. Autour de la place de l’Etoile, vers laquelle 10.000 manifestants avaient convergé, la tension est rapidement montée à partir 11H00.

Des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche ou casque sur la tête, lançaient pavés et pierres sur les forces de l’ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Sur les Champs-Elysées, des casseurs ont systématiquement détruit des vitrines et pillé de nombreux magasins.

Dans l’après-midi, ils ont mis le feu à plusieurs enseignes, notamment celle du restaurant Fouquet’s, avant une intervention des forces de l’ordre qui a ramené un calme relatif. Mais d’autres commerces — du modestes kiosques à journaux au maroquinier Longchamp — ont subi le même sort.

Des scènes d’émeutes urbaines que l’on n’avait plus vues depuis les mobilisations de début décembre, dont les images avaient fait le tour du monde. « Alors Macron, elle s’essouffle la mobilisation? », lançait une manifestante au plus fort des pillages.

151 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué peu après 17H45 par le préfecture de police de Paris. Le parquet de Paris a fait état de 46 personnes en garde à vue à 14H30.

En début d’après-midi, un incendie s’était déclaré dans un immeuble près des Champs-Elysées, faisant onze blessés légers. Une femme et son bébé « coincés au deuxième étage », ont été sauvés de cet incendie, parti d’une banque au rez-de-chaussée, ont indiqué les pompiers à l’AFP.

D’après la préfecture de police, 17 membres des forces de l’ordre ont été blessées et un pompier et 42 manifestants.

Vers midi, un homme a été blessé sur l’avenue, a constaté une journaliste de l’AFP. Selon les « street medics », il a été victime d’un tir de flashball dans l’œil.

« Faire le siège de l’Elysée »

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a condamné « avec la plus grande fermeté » ces « insupportables exactions », tandis que François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux Européennes, appelait à « mettre fin à l’impuissance de l’Etat ».

Espérant un « regain de mobilisation », cette journée d’action avait été annoncée comme un cruciale après plusieurs semaines en demi-teinte.

Selon les chiffres de l’Intérieur, contestés par les « gilets jaunes », ils étaient 28.600 manifestants en France samedi dernier, pour l’acte 17, soit dix fois moins que le 17 novembre lors de l’acte inaugural du mouvement.

Eric Drouet, l’une des figures du mouvement, avait invité dans une vidéo les sympathisants à converger vers la capitale.

Maxime Nicolle, une autre tête connue des « gilets jaunes », promettait une journée « mémorable », « un week-end parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation ».

Sur les réseaux sociaux, un même objectif était affiché: « Faire le siège de l’Elysée ». Mais le président Emmanuel Macron n’était pas à Paris samedi mais parti se « ressourcer » à la montagne, dans les Hautes-Pyrénées, après un périple en Afrique.

Si les Champs-Elysées étaient l’épicentre de la manifestation, un groupe de manifestants remontait rapidement les grands boulevards vers la place de la République en fin d’après-midi, incendiant poubelles et véhicules notamment des scooters.

Quelque 5.000 membres des forces de l’ordre et six blindés de la gendarmerie avaient été déployés dans la capitale par crainte d’affrontements.

« On a été trop gentils, c’est pour ça que c’est violent aujourd’hui », dénonce Jean-François Bernard, qui travaille dans l’entretien d’espaces verts.

« Nous on a rien à voir avec la violence, des casseurs s’infiltrent et en profitent », assure Muriel, vêtue d’un gilet jaune et d’un bonnet phrygien.

Parallèlement plusieurs dizaines de milliers de manifestants pour le climat défilaient dans le calme à travers la France à l’appel de la « Marche du siècle ». A Paris le député insoumis de la Somme François Ruffin a plaidé pour une « jonction » entre « gilets jaunes » et défenseurs de l’environnement.

Dans les régions, 2.000 « gilets jaunes » ont manifesté à Montpellier, 800 à Marseille, et ils restaient mobilisés à Bordeaux, l’un des bastions du mouvement.

ET UNE FOULE NOIRE ET JAUNE ENFLAMMA LES CHAMPS-ÉLYSÉES…

« Y a du monde et y a de l’action. Ça me rappelle décembre! » Alors qu’une petite foule masquée harcèle les forces de l’ordre au pied de l’Arc de triomphe, un jeune homme, gilet jaune sur sa tenue noire, exulte.

La foule compacte mêle le noir des militants radicaux anticapitalistes, regroupés dans le « black bloc », et le jaune des gilets emblématiques du mouvement social qui organise son 18e samedi de mobilisation.

Dès la fin de matinée, le ton est donné.

Cachés derrières des banderoles, des « black bloc » dépavent la chaussée, récoltant des « munitions » pour attaquer les forces de l’ordre et casser les vitrines.

Nespresso, Hugo Boss, Lacoste, le Fouquet’s… Les palissades de protection en bois sont arrachées les unes après les autres, les vitrines cassées, les magasins pillés.

Certains ressortent les bras chargés de vêtements, d’autres les jettent dans la foule ou s’en servent pour alimenter les barricades enflammées.

Plusieurs panaches d’une épaisse fumée noire s’élèvent des barricades montées avec les protections de bois des magasins, des sièges, des tables et des barrières de chantiers glanées sur l’avenue.

« C’est malheureux, mais c’est que comme ça qu’on va se faire entendre », soupire, spectateur, un +gilet jaune+ venu de Bourgogne: « Pour en arriver là, c’est qu’il y a un vrai problème de démocratie ».

Pour marquer la fin du grand débat et le quatrième mois de mobilisation, des appels à converger sur Paris avaient circulé en France et à l’étranger afin de lancer un « ultimatum » à Macron.

Au-dessus de la foule dense flottent des drapeaux français, belge, flamand, occitan, breton, corse…

Dénonçant l’action de « professionnels de la casse et du désordre », Christophe Castaner promet « la plus grande fermeté ».

« Au sein de ces manifestants, il y a plus de 1.500 ultraviolents qui sont venus pour casser, pour en découdre, pour attaquer. Dès ce matin très tôt, ils l’ont fait en voulant prendre d’assaut l’Arc de triomphe, sûrement fiers qu’ils font des saccages qu’ils avaient déjà commis le 1er décembre », déclare le ministre de l’Intérieur.

« C’est l’apocalypse ! »

La fumée des barricades se mêle à celle des lacrymogènes qui tentent de repousser la foule, les slogans anticapitalistes se mélangent aux « Macron démission ».

Sur les murs, les slogans insurrectionnels ont recouvert les vitrines, les murs, les abribus: « Qu’est-ce-qui est jaune et qui n’attend plus », « on est des pacificasseurs », « fin du grand débat, début du grand débarras », « Comprenez-vous au moins les raisons de la colère »…

« C’est l’apocalypse ! » lance, enthousiaste, un manifestant.

En milieu d’après-midi, le rassemblement se transforme en saccage en règle sur les Champs-Elysées.

Après les premiers pillages de la matinée, le Fouquet’s et Longchamp sont incendiés, de nombreuses boutiques vandalisées (Celio, cinéma Gaumont, la boutique du PSG, Mauboussin, Zara, H&M…). Les pavés volent, le gaz lacrymogène sature l’atmosphère.

« Révolution! Révolution! »: le puissant écho de la foule résonne le long de la célèbre artère, vitrine mondiale du luxe à la française désormais jalonnée de barricades enflammées. Plusieurs portions de chaussée ou de trottoirs manquent, dépavées par les manifestants.

Rares sont les murs et vitrines qui n’ont pas été attaqués ou recouverts de slogans anti-Macron et anticapitalistes. « Pillage = justice sociale », dit l’un d’entre eux.

Une manifestante regarde autour d’elle. Elle lance: « Alors Macron, elle s’essouffle la mobilisation ? »

LA « MARCHE DU SIÈCLE » FAIT LE PLEIN POUR LE CLIMAT ET LA « JUSTICE SOCIALE »

« Fin du monde, fin de mois, même combat »: la « Marche du siècle » a été un succès samedi réunissant des dizaines de milliers de manifestants à travers la France, qui ont dénoncé « l’inaction » contre le changement climatique mais ont aussi appuyé les revendications sociales de mouvements comme les « gilets jaunes ».

A Paris, cette « Marche du siècle » a rassemblé 45.000 personnes, selon un comptage indépendant pour un collectif de médias réalisé par le cabinet Occurrence. La préfecture de police a de son côté chiffré cette affluence à 36.000 manifestants à Paris et les organisateurs à 107.000.

A Lyon, le cortège a réuni 18.000 personnes selon les autorités, 30.000 selon les organisateurs.

« Plus de 350.000 personnes dans 220 villes de France se sont rassemblées pour dénoncer l’inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale », ont affirmé les organisateurs dans un communiqué.

Sous le ciel ensoleillé de la capitale, une foule très dense a marché de la place de l’Opéra, bondée à la mi-journée, à la place de la République. Beaucoup de jeunes étaient là, dans une ambiance bon enfant. « On est plus chaud que le climat », pouvait-on lire sur des pancartes.

Plusieurs cortèges s’étaient tout d’abord formés dans différents endroits de Paris, avec des mots d’ordre distincts: pour la biodiversité, « l’urgence sociale et climatique » ou le transport « vert ».

Parallèlement, une « marche des solidarités » contre les « violences policières » et un supposé « racisme d’Etat » a réuni 4.900 personnes, selon le cabinet Occurence.

Dans le même temps se déroulait l’acte 18 de la mobilisation des « gilets jaunes », marqué par des violences et un important incendie parti d’une banque au rez-de-chaussée d’un immeuble près des Champs-Elysées.

Militant écolo et réalisateur du documentaire à succès « Demain », Cyril Dion a appelé à une « convergence avec les +gilets jaunes+ » lors d’une conférence de presse au départ d’un des cortèges de la marche pour le climat. Selon lui, « la cause de la destruction des écosystèmes se trouve dans ce modèle économique ».

Des politiques de gauche, dont le député insoumis de la Somme François Ruffin, ont plaidé pour une « jonction » entre les manifestations pour l’environnement et celles des « gilets jaunes ».

« Conjuguer social et écologie permet une alliance entre classes intermédiaires et populaires, rien ne se fait historiquement en France sans cette alliance: 1789, mai 68, 1981… », a-t-il déclaré à l’AFP, avant de quitter Paris pour rejoindre une manifestation des « gilets jaunes » dans le Gard.

« On ne parle pas assez du climat chez les gilets jaunes, alors que ce sont des mouvements qui partent de la base et ont des visées communes. On aurait mieux fait de bloquer les aéroports plutôt que les rond-points », a assuré Annie, une retraitée qui a manifesté pour le climat à Bordeaux, gilet jaune sur le dos.

« Basculement »

Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, avaient appelé à descendre dans la rue pour le climat, estimant qu’il est « temps de changer de système industriel, politique et économique ».

Cet appel a été très suivi à travers le pays. Selon les préfectures concernées, 8.000 manifestants ont défilé à Montpellier, 6.000 à Rennes, 3.000 à Tours, 2.700 à Besançon ou 2.500 à Marseille.

« Ça fait 30 ans que j’attends un tel mouvement », s’est enthousiasmée Valérie, 50 ans, qui a manifesté à Lille.

Les jeunes avaient ouvert le bal vendredi, répondant en masse à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg. Ils étaient entre 29.000 et 40.000 à Paris, 168.000 à travers la France, selon l’organisation Youth for climate.

« Il faut vraiment qu’il y ait un moment de basculement, un avant et un après », a espéré Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Lors des précédentes marches pour le climat, nées après la démission de l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, plus de 15.000 personnes étaient descendues dans les rues de Paris.

Depuis plusieurs mois, se multiplient des pétitions, actions et campagnes en ligne.

Et l’Etat est poursuivi par quatre ONG (Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) pour « manquements » à son obligation d’action contre le réchauffement. Elles sont à l’origine d’une pétition qui a récolté plus de deux millions de signatures en moins d’un mois.

Les manifestants s’appuient sur les avertissements lancés par les scientifiques pour demander aux responsables politiques et économiques des actions plus radicales en faveur du climat et de la faune et flore sauvages.

L’Accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C, mais les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C.

(avec Afp)

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