samedi , 17 août 2019
Accueil / Afrique / RDC : Le président Fatshi pris dans le piège de la démagogie perfide
Fatshi - President de la RDC
Fatshi - President de la RDC

RDC : Le président Fatshi pris dans le piège de la démagogie perfide

Dernière mise à jour, le 21 mars 2019 à 12:53

Personne n’est dupe et rares sont les observateurs ou les analystes politiques qui considèrent que le discours politique ait pour finalité de bâtir un portrait fidèle de l’homme politique. Même si les promesses politiques ne sont plus soumises aux règles de véridiction, la promesse du président au-delà de sa force de résonance tisse un lien fort entre le chef de l’Etat et la population. Quelle honte pourtant ! Il est plus calamiteux pour Felix Tshisekedi surtout pour son image en ce début du mandat de ne pas tenir promesse puisqu’il s’était lui même fixé un délai de dix jours pour libérer les détenus politiques en ces termes :  »Dans dix jours je vais prendre une mesure de grâce présidentielle au bénéfice des prisonniers politiques ayant été condamnés ». Une promesse prise dans sa dimension institutionnelle et rituelle peut elle compenser les effets d’une force de l’oubli en ce début de mandat si le président ne maîtrise pas les enjeux d’un exercice de communication ?

Mr Felix Tshisekedi ne comprend rien de l’exercice du discours politique qui n’est pas un discours comme les autres. Le mobile est simple : dans le discours politique, l’enjeu essentiel demeure la recherche des conditions nécessaires pour créer le ciment indispensable entre les citoyens et le président afin de donner toute une densité à la vie politique. En démocratie, comme le contexte surdétermine le discours politique, la parole politique sert de base d’allégeance populaire.

Dommage, Felix Tshisekedi a semblé croire en date du 2 mars en dévoilant son  »fameux » programme de ces cent prochains jours de son mandat à la tête de la Rdc qu’il commençait à bien maîtriser la communication politique. Aujourd’hui force est de remarquer que ce monsieur a voulu manipuler le peuple pour s’attirer la sympathie et montrer qu’il était bien aux manettes de l’Etat. La démocratie ne consiste pas à faire plaisir au peuple en montrant que vous  »Etes bien là » comme on le dit un vulgaire langage  »m’as tu vu », mais il,faut bien respecter les citoyens.

En termes simples, le démagogue tient des propos dont lui-même sait qu’ils sont chimériques parce que irréalisables compte tenu de lourdes pesanteurs dues à l’environnement socio-politique. Entre un démagogue et un escroc, la seule différence réside dans la taille de la tentative d’enfumage politique. Le démagogue et l’escroc pensent que le peuple ou le gogo sont idiots. Ils prennent un plaisir à rouler tout le monde dans la farine. Ce fiasco de la parole non tenue ,monsieur le président, vous fait endosser la responsabilité de fourbe. Est ce que vous vous rendez compte du cadre dans lequel cette promesse de faire libérer les prisonniers politiques a été prise ? Il faut de la rationalité de références et de l’analyse des faits dans la prise d’une décision . Si rien n’en découle dans le délai que vous vous êtes fixé librement, votre promesse se transforme rapidement en mensonge, voire même en simulacre.  »La tromperie et le mensonge ont une date de péremption, et à la fin tout refait surface. Et en même temps, la confiance meurt pour toujours » comme le dit ce vieil adage.

Comme le ridicule ne tue pas, sans quoi il serait déjà mort, même votre programme d’urgence axé sur la sécurité, la justice, les infrastructures, les voies de communication, l’éducation demeure un leurre. Aviez vous fait un état des lieux des finances du pays afin d’élaborer la stratégie de financement et lever les fonds d’investissement pour financer ce programme ? Tout cela ressemble à la démagogie et fait pour amuser la galerie. Toutes les personnes cultivées et critiques ont descellé à la seconde les failles de votre programme pour les cent jours du début de votre mandat puisque la faisabilité des axes par excellence comme les infrastructures, la sécurité nécessitent beaucoup de flux de trésorerie qui entrent en ligne de compte et ce n’est pas par un coup de baguette magique que les voies de communication en état de délabrement trop avancé en Rdc seront construites en deux mois, car en date du 2 mars il vous restait presque soixante jours pour totaliser vos premiers cent jours à la tête de la Rdc, sinon à condition que vous soyez vous-même un magicien.

C’est ainsi que la perfidie de la démagogie sur le poids de mots et le choc des arguments prenne forme. La Rdc ne peut plus survivre s’il continue toujours à être dirigé par de benêts et d’esclaves, de fanatiques, de flatteurs qui choisissent de rester vassaux ou idiots. La descente aux enfers continuera avec un autre démagogue en la personne de Felix Tshisekedi. Que le crépuscule des démagogues congolais soit complet et que la société civile continue de jouer son rôle révolu de contre pouvoir afin de promouvoir brillamment la nation et la justice sociale.

(Professeur Florent Kaniki)

A lire aussi

Gouvernement Fatshi : L’heure est à la délibération pour le choix de 65 personnalités en RDC

Dernière mise à jour, le 14 août 2019 à 08:21 La nomination du gouvernement se …

Laisser un commentaire