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Aide humanitaire : Maduros dénonce une tentative déguisée d’intervention des Etats-Unis

Au moins deux personnes, dont un garçon de 14 ans, ont été tuées par balle, et 31 autres blessées dans des heurts à la frontière entre le Brésil et le Venezuela. Côté colombien, 42 manifestants ont été blessés alors qu’ils tentaient de forcer le passage d’un pont bloqué par les forces vénézuéliennes, selon les secours sur place. Selon les services colombiens des l’immigration deux camions d’aide et leur cargaison ont été incendiés à la frontière avec la Colombie. Une députée pro-Guaido, Gaby Arellano, a accusé les forces de l’ordre vénézuéliennes de les avoir incendiés sur ordre du président Maduro. « Les Etats-Unis vont passer aux actes contre ceux qui s’opposent à la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela. Maintenant, le temps est venu d’agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré », a tweeté le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. Il a qualifié de « brutes » les forces de sécurité vénézuéliennes qui ont durement réprimé des manifestations samedi.

L’armée a répliqué avec violence samedi aux frontières du Venezuela où les partisans de l’opposant Juan Guaido s’étaient mobilisés, en vain, pour faire passer une aide humanitaire que refuse le président Nicolas Maduro, dénonçant une tentative déguisée d’intervention américaine.

Au moins deux personnes, dont un garçon de 14 ans, ont été tuées par balle, et 31 autres blessées dans des heurts à la frontière entre le Brésil et le Venezuela. Une ONG locale, Foro Pena, a accusé les militaires vénézuéliens d’avoir ouvert le feu sur la foule mobilisée pour exiger le passage des convois humanitaires.

Une femme avait déjà été tuée au même endroit vendredi.

Côté colombien, 42 manifestants ont été blessés alors qu’ils tentaient de forcer le passage d’un pont bloqué par les forces vénézuéliennes, selon les secours sur place.

Camions brulés

En outre, selon les services colombiens des l’immigration deux camions d’aide et leur cargaison ont été incendiés à la frontière avec la Colombie. Une députée pro-Guaido, Gaby Arellano, a accusé les forces de l’ordre vénézuéliennes de les avoir incendiés sur ordre du président Maduro.

Juan Guaido, 35 ans, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, avait fixé la journée de samedi comme date-butoir pour la livraison de cette aide stockée principalement en Colombie et au Brésil.

Il a lancé l’épreuve de force à la mi-journée en annonçant sur Twitter l’entrée au Venezuela d’un premier convoi via la frontière brésilienne.

« Attention Venezuela: nous annonçons officiellement QU’EST ENTRE le premier chargement d’aide humanitaire depuis notre frontière avec le Brésil. C’est un grand succès, Venezuela! » a-t-il indiqué depuis la ville frontalière de Cucuta, en Colombie.

Mais ces efforts sont restés vains et les cargaisons restent pour le moment stationnées aux portes du pays.

Des journalistes de l’AFP dans la ville frontalière de Pacaraima (nord du Brésil) ont constaté que les deux camions chargés d’aide envoyés par le Brésil avaient fait marche arrière en début de soirée et regagné la ville: « Guaido nous a donné l’ordre de préserver les produits. Nous voulons passer de manière pacifique » a expliqué par mégaphone un responsable des opérations. « Notre bien le plus précieux, c’est notre vie, nous ne voulons pas nous faire massacrer ».

Alors que la tension montait sur le terrain, deux marches concurrentes se tenaient à Caracas, l’une en blanc, en soutien à M. Guaido et l’autre, en rouge, pour M. Maduro.

Plusieurs milliers de partisans de M. Guaido se sont retrouvés devant l’aéroport militaire de la Carlota pour appeler l’armée à laisser passer l’aide.

M. Maduro s’exprimant devant des milliers de ses partisans a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec « le gouvernement fasciste de Colombie » et a donné 24 heures « à l’ambassadeur et aux consuls » pour quitter le Venezuela en lançant: « Dehors, les oligarques! ».

Cependant, pour le président colombien Ivan Duque, traité de « diable » par M. Maduro, Juan Guaido est le seul chef de l’Etat vénézuélien en exercice: sur Twitter, sa vice-présidente, Marta Lucia Ramirez, a rappelé que « notre gouvernement n’a pas désigné d’ambassadeur (à Caracas) et ne reconnait pas celui de Maduro dont le mandat s’est achevé le 9 janvier » – à la veille de son deuxième mandat controversé.

Cette escalade survient après de nombreuses violences qui ont éclaté à la frontière entre les deux pays, en particulier quand quatre camions ont tenté de forcer le passage, soutenus par la foule qui exigeait la libre circulation des convois humanitaires.

Pour bloquer l’entrée des convois, Caracas a ordonné la fermeture vendredi des trois principaux ponts frontaliers. Un quatrième, celui de Tienditas, est bloqué avec des conteneurs par l’armée depuis début février.

« Bienvenue du bon côté de l’histoire »

Défiant le leader chaviste, M. Guaido a bravé vendredi un ordre judiciaire lui interdisant de quitter le territoire national et affirmé que l’armée, pilier du régime chaviste, avait « participé » à cette opération.

« L’appel aux forces armées est très clair: bienvenue du bon côté de l’histoire, bienvenus les militaires qui aujourd’hui se mettent du côté de la Constitution », a-t-il ajouté devant la presse.

Selon les services migratoires colombiens, 23 membres des services de sécurité, dont une vintagines de militaires vénézuéliens ont déserté samedi et ont rejoint Cucuta. L’un des militaires s’est présenté comme « le major Hugo Parra », en uniforme de la Force armée nationale bolivarienne.

« Je reconnais notre président Juan Guaido et je lutterai avec le peuple vénézuélien à chaque étape », a déclaré l’officier devant la presse.

Pour lancer l’opération humanitaire, M Guaido était entouré de M. Duque ainsi que des présidents du Chili, Sebastián Piñera, du Paraguay, Mario Abdo, et du secrétaire général de l’organisation des Etats américains, (OEA) Luis Almagro.

Parmi les civils massés près des ponts avec des pancartes « Entrez du bon côté de l’Histoire » pour exiger l’aide, Neyerson Cisneros, un psychologue de 29 ans a expliqué à l’AFP: « Je suis venu apporter mon grain de sable à la lutte. C’est un moment historique, les militaires vont céder, j’ai confiance ».

Outre la fermeture des grands ponts avec la Colombie et celle de la frontière terrestre avec le Brésil, M. Maduro a suspendu les liaisons avec l’île néerlandaise de Curaçao, autre point de stockage de l’aide.

LA PRESSION INTERNATIONALE MONTE CONTRE MADURO

La pression internationale monte sur le régime vénézuélien de Nicolas Maduro, les Etats-Unis annonçant leur intention de « passer aux actes » pour soutenir l’opposant Juan Guaido après une journée de violences samedi aux frontières du pays.

« Les Etats-Unis vont passer aux actes contre ceux qui s’opposent à la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela. Maintenant, le temps est venu d’agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré », a tweeté le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo.

Il a qualifié de « brutes » les forces de sécurité vénézuéliennes qui ont durement réprimé des manifestations samedi, faisant deux morts selon l’ONG Foro Penal, opposée au gouvernement de Maduro, et plus de 300 blessés, dont des Colombiens, selon le gouvernement de Bogota et différentes sources.

Les troubles ont éclaté aux frontières avec la Colombie et le Brésil, où les manifestants exigeaient l’entrée dans le pays de convois d’aide humanitaire. Plusieurs postes-frontière sont bloqués par l’armée fidèle à M. Maduro, lequel refuse l’aide en dénonçant une tentative déguisée d’intervention américaine.

« Ils ont tiré des gaz lacrymogènes, beaucoup, on ne pouvait pas résister, on perdait des forces. Et alors qu’on essayait de retrouver notre souffle, ils nous ont tiré dessus », a raconté à l’AFP Edinson Cisneros, blessé au cours d’affrontements sur le pont Francisco de Paula Santander qui relie la ville vénézuélienne d’Ureña à la ville colombienne de Cucuta, et qui est bloqué par les militaires de la Garde nationale bolivarienne (GNB).

Les camions font demi-tour

Deux camions et leur cargaison de médicaments ont été incendiés peu après être entrés au Venezuela depuis la Colombie, selon les autorités colombiennes qui ont alors ordonné le retour des autres véhicules.

Quelques membres de la Garde nationale vénézulienne ont abandonné leur poste à la faveur de la confusion et ont gagné la Colombie. Juan Guaido a promis l’amnistie à tout le personnel des services de sécurité qui le ralliait.

Des journalistes de l’AFP dans la ville frontalière de Pacaraima, au nord du Brésil, ont également vu deux camions chargés d’aide envoyés par le Brésil rebrousser chemin.

« Guaido nous a donné l’ordre de préserver les produits. Nous voulons passer de manière pacifique », a expliqué par mégaphone un responsable des opérations. « Notre bien le plus précieux, c’est notre vie, nous ne voulons pas nous faire massacrer ».

Au moins deux personnes, dont un garçon de 14 ans, ont été tués par balle dans des heurts à la frontière entre le Brésil et le Venezuela, selon l’ONG Foro Penal, qui a accusé les militaires vénézueliens d’avoir ouvert le feu sur la foule.

Un bateau parti de Porto Rico avec de l’aide a par ailleurs rebroussé chemin après avoir « reçu des menaces directes de tir » de marine vénézuélienne, a affirmé le gouverneur de l’île américaine, Ricardo Rosello.

L’opposant Juan Guaido, 35 ans, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, avait fixé la journée de samedi comme date-butoir pour la livraison de l’aide humanitaire stockée aux portes du pays.

M. Guaido était passé vendredi en Colombie malgré une interdiction de sortie du Venezuela. Il a assuré que l’armée, pilier du régime chaviste, avait « participé » à sa sortie du pays.

Depuis la ville colombienne de Cucuta, proche de la frontière, il a appelé samedi la communauté internationale à « envisager toutes les éventualités » face à Maduro.

Il a annoncé qu’il participerait lundi à Bogota à une réunion du Groupe de Lima sur la crise au Venezuela, qui comprend quatorze pays d’Amérique, majoritairement hostiles à Nicolas Maduro. Le vice-président américain, Mike Pence, sera présent.

Le gouvernement colombien, soutien affiché de M. Guaido, a dénoncé des « violations des droits humains ».

« Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de Maduro avec une répression violente et disproportionnée », a dénoncé le ministre colombien des Affaires étrangères, Carlos Holmes Trujillo.

Alors que les affrontements éclataient aux frontières, deux marches concurrentes se tenaient à Caracas, l’une en blanc, en soutien à M. Guaido et l’autre, en rouge, pour M. Maduro.

« Dehors, les oligarques! »

Plusieurs milliers de partisans de M. Guaido se sont ainsi retrouvés devant l’aéroport militaire de la Carlota pour appeler l’armée à laisser passer l’aide.

S’exprimant devant des milliers de ses partisans, M. Maduro a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec « le gouvernement fasciste de Colombie » et donné 24 heures « à l’ambassadeur et aux consuls » pour quitter le Venezuela en lançant: « Dehors, les oligarques! ».

« Je ne m’inclinerai jamais, je n’abandonnerai jamais. Je défendrai toujours notre pays, au prix de ma vie si nécessaire », a lancé Nicolas Maduro.

Cependant, pour le président colombien Ivan Duque, traité de « diable » par M. Maduro, Juan Guaido est le seul chef de l’Etat vénézuélien en exercice.

Selon les autorités colombiennes, au moins 60 militaires vénézuéliens désarmés, dont plusieurs officiers, ont déserté samedi et sont passés en territoire colombien où ils ont demandé l’asile.

L’un des militaires s’est présenté comme « le major Hugo Parra », en uniforme de la Force armée nationale bolivarienne. « Je reconnais notre président Juan Guaido et je lutterai avec le peuple vénézuélien à chaque étape », a-t-il déclaré devant la presse.

Au moins 300.000 Vénézueliens souffrent de carences alimentaires et sont privés de médicaments après des années de privations, selon Juan Guaido.

Selon les Nations Unies, 2,7 millions de Vénézueliens ont fui leur pays depuis 2015 et quelque 5.000 personnes quittent le Venezuela chaque jour.

(avec Afp)

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