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President Fatshi et Martin FAYULU
President Fatshi et Martin FAYULU

Présidentielle : Fayulu accepte Fatshi

Dernière mise à jour, le 18 février 2019 à 11:09

Si aucune rencontre n’a encore été envisagée entre le président Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi et Martin Fayulu Madidi dit Mafa depuis la publication des résultats définitifs de la présidentielle du 30 décembre 2018, c’est loin du brouhaha politique que les deux hommes se sont rencontrés. Tout s’est passé, hier dimanche, à l’église Philadelphie dans la commune de la Gombe où les deux hommes ont l’habitude de prier. Selon des témoins, arrivé le premier sur le lieu du culte, Martin Fayulu a été suivi, à l’arrivée du président Félix Tshisekedi, qui lui a tapoté les épaule, avant d’échanger des accolades. Une scène symbolique qui augure de bons espoirs pour une possible réconciliation entre les deux hommes. Est-ce que l’église réussira à jeter un pont entre les deux ? Dans l’opinion publique, les avis sont partagés. Toujours est-il que la scène vécue dimanche à l’église Philadelphie n’est pas passée inaperçue. « Prions à ce que l’église ramène autour d’une table ces deux frères qui sont obligés de travailler ensemble pour faire avancer le pays. Finalement, c’est le Congo qui va gagner », indiquait sous le sceau de l’anonymat un proche de Martin Fayulu.

Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018, et la coalition Lamuka qui l’a soutenu, ont réussi leur coup en drainant un monde fou, samedi dernier, sur la place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili. Si Fayulu reconnait tacitement la victoire de Félix Tshisekedi, il a cependant demandé ses partisans à la « résistance pacifique » pour que triomphe la « vérité des urnes » à laquelle il reste toujours attaché.

Alors que le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, impose sa marque comme président de la République démocratique du Congo, en face, Martin Fayulu, arrivé deuxième à la présidentielle du 30 décembre, continue à réclamer la « vérité des urnes » d’une élection dont il se considère toujours comme le grand vainqueur. Entre-temps, sur le terrain, les choses ont plutôt évolué, après l’arrêt définitif rendu par la Cour constitutionnelle, suivi de la prestation de serment du président élu. Ce n’est pas pour autant que Martin Fayulu a désarmé.

Samedi 2 février dernier, il a réuni sur la place Sainte Thérèse à N’Djili ses partisans. Ils sont venus par milliers pour entendre leur leader. En termes de mobilisation, Fayulu et Lamuka, la coalition qui l’a soutenu à la présidentielle, ont réussi leur pari.

Si ses deux principaux soutiens, à savoir Moïse Katumbi, et Jean-Pierre Bemba, ont brillé par leur absence, chacun, pour sa part, était représenté part l’un de ses plus proches collaborateurs. Pierre Lumbi, directeur de campagne de Fayulu à la présidentielle, pour le compte de Katumbi, et Fidèle Babala, pour celui de Jean-Pierre Bemba.

Si la Cour constitutionnelle a clos définitivement le dossier de la présidentielle en déclarant Félix Tshisekedi vainqueur, Fayulu n’entend pas baisser les bras. Il s’est engagé à poursuivre son combat jusqu’à ce que, a-t-il dit, la vérité puisse triompher sur le mensonge. Il a certes perdu la bataille, mais il ne se considère pas totalement à terre.

Le porte-étendard de la coalition Lamuka inscrit désormais son combat dans le sens de la « résistance pacifique » pour redonner, a-t-il indiqué devant une foule surchauffée, au peuple la victoire qui lui a été volée.

« Je vous appelle à la résistance pacifique. Organisez-vous dans des quartiers, districts, provinces pour résister. De temps en temps nous viendrons participer aux actions politiques. J’irai dans les différentes provinces. On ne peut pas bâtir la nation sur la base de mensonges. Nous devons exiger la vérité des urnes. Nous irons jusqu’au bout dans cette recherche de la vérité », a déclaré Martin Fayulu.

Maints observateurs ont salué ce pas en avant de Martin Fayulu. Ils sont d’avis qu’en recourant à la résistance pacifique, Fayulu prouve avoir tourné la page en acceptant de manière tacite la victoire de Félix Tshisekedi.

« Je pense Martin Fayulu a pris une autre stature. En appelant ses partisans à la résistance pacifique, Martin Fayulu reconnait d’une certaine manière la victoire de Tshisekedi. Il est prêt à tourner la page, même s’il est encore loin d’oublier le sort qui lui a été réservé au terme de la présidentielle du 30 décembre. Il a évolué. Je pense qu’il est bien parti pour porter l’étoffe de chef de file de l’opposition. Le président de la République ne l’a-t-il pas qualifié de soldat du peuple, dans son discours d’ouverture. C’est déjà un pas important dans le sens de l’apaisement », a commenté un partisan de Lamuka, présent samedi sur la place Sainte Thérèse.

Dans tous les cas, Martin Fayulu a reconnu qu’entre lui et le chef de l’Etat, il n’y avait pas d’animosité. « Je n’ai pas de problème avec Félix Tshisekedi. C’est mon frère. Ce n’est pas tant lui, c’est ceux qui l’ont nommé, ceux qui veulent aller contre la volonté du peuple », a déclaré M. Fayulu à la presse à l’issue de son discours en lingala devant la foule.

Interrogé cependant sur un possible rapprochement avec le chef de l’Etat, Fayulu est paru plutôt réservé. « La main tendue, on la prend quand c’est propre. Quand ce n’est pas propre, on la prend pas », a lancé Martin Fayulu devant une foule électrisée.

Retrouvailles à l’église

Si aucune rencontre n’a encore été envisagée entre le président Félix Tshisekedi et Martin Fayulu depuis la publication des résultats définitifs de la présidentielle du 30 décembre 2018, c’est loin du brouhaha politique que les deux hommes se sont rencontrés. Tout s’est passé, hier dimanche, à l’église Philadelphie dans la commune de la Gombe où les deux hommes ont l’habitude de prier. Selon des témoins, arrivé le premier sur le lieu du culte, Martin Fayulu a été suivi, à l’arrivée du président Félix Tshisekedi, qui lui a tapoté les épaule, avant d’échanger des accolades. Une scène symbolique qui augure de bons espoirs pour une possible réconciliation entre les deux hommes.

Est-ce que l’église réussira à jeter un pont entre les deux ? Dans l’opinion publique, les avis sont partagés. Toujours est-il que la scène vécue dimanche à l’église Philadelphie n’est pas passée inaperçue. « Prions à ce que l’église ramène autour d’une table ces deux frères qui sont obligés de travailler ensemble pour faire avancer le pays. Finalement, c’est le Congo qui va gagner », indiquait sous le sceau de l’anonymat un proche de Martin Fayulu.

Quoi qu’il en soit, Fayulu a accepté Félix Tshisekedi. Il a choisi la résistance pacifique comme seul moyen pour faire entendre sa voix et continuer à revendiquer la « vérité des urnes ; concept auquel il reste toujours attaché, même le cours des événements ont définitivement scellé son sort.

(avec lePotentiel)

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