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Malgré la confirmation d’un tshidjingidjingi : Fayulu continue de revendiquer la victoire

Dernière mise à jour, le 5 février 2019 à 02:05

Malgré la confirmation d’un tshidjingidjingi comme nouveau président à la tête du pays, Martin Fayulu Madidi dit Mafa candidat de la Coalition Lamuka continue de revendiquer la victoire, en accusant la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d’avoir torpillé les résultats au profit de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi. Entre-temps, la Commission de l’Union africaine prend note de la confirmation par la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC).

La Commission de l’Union africaine dit avoir « pris note » de la proclamation de l’opposant Félix Tshisekedi comme président de la République par la Cour constitutionnelle. Elle parle aujourd’hui de son intention de faire une évaluation qui aboutirait à un rapport qui sera transmis aux chefs d’Etat, au cours du prochain sommet. Il s’agit d’un revirement que l’on ne peut expliquer.

La République démocratique du Congo (RDC) est dans l’attente de la prestation de serment du nouveau président Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Son élection à la tête du pays a été confirmée ce week-end par la Cour constitutionnelle. Une prestation de serment prévue initialement demain a été reportée pour ce jeudi 24 janvier 2019.

Malgré la confirmation d’un nouveau président à la tête du pays, Martin Fayulu candidat de la Coalition Lamuka continue de revendiquer la victoire, en accusant la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d’avoir torpillé les résultats au profit de Félix Tshisekedi. Entre-temps, la Commission de l’Union africaine prend note de la confirmation par la Cour constitutionnelle de la RDC.

Pour rappel, jeudi 17 janvier, les chefs d’Etats de l’Union africaine avaient émis des doutes sur la conformité des résultats des élections du 30 décembre 2018 et annoncé l’envoi d’une délégation à Kinshasa pour rendre langue avec les parties prenantes au processus de l’État. Mais finalement, ils ont changé de ton et ont reporté sine die cette visite.

La victoire de Fatshi divise l’UA

Par ailleurs, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a, jeudi dernier, recadré le président de l’Union africaine, le rwandais Paul Kagame, lui rappelant les principes de la souveraineté d’une Nation. La SADC demandait à ce que la Communauté internationale respecte la souveraineté de la RDC.

Dans cette optique, des Etats comme la Tanzanie et le Zimbabwe se sont opposés à la Zambie et à l’Angola qui avaient notamment, exprimé non seulement des doutes sur les résultats, mais aussi des craintes autour d’une dégradation de la situation sécuritaire.

Enfin, la SADC, comme l’Afrique du Sud, ont félicité, dès dimanche, le président Tshisekedi et ont appelé les acteurs politiques à respecter le verdict rendu par Cour Constitutionnelle.

LA PRESTATION DU SERMENT REPORTÉE À JEUDI

Alors qu’elle était initialement prévue pour le mardi 22 janvier 2019, l’investiture du nouveau président élu Félix Tshisekedi vient d’être reportée pour le jeudi 24 janvier 2019.

Initialement prévue pour ce mardi 22 janvier, selon le calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la cérémonie d’investiture du 5ème président de la République démocratique du Congo (RDC) est reportée pour le jeudi 24 janvier 2019.

D’après la Présidence de la République, le problème logistique serait à la base de ce report. Les sources concordantes renseignent que, ce report se justifie par le fait qu’on doit attendre les Chefs d’Etat qui doivent s’annoncer pour être présents à la cérémonie d’investiture du nouveau président congolais.

Il faut rappeler que, ce report intervient un jour après l’Arrêt de la Cour constitutionnelle, proclamant définitivement Félix Tshisekedi président élu à l’issue de l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Les congolais sont donc appelés à la patience avant de voir le président sortant céder sa place au nouveau président élu. Ce qui est une première dans l’histoire de la RDC.

MAFA UNE DÉCLARATION INOPPORTUNE

Candidat malheureux de la coalition Lamuka à la présidentielle, arrivée 2ème à la présidentielle avec 34,8% des voix, Martin Fayulu n’a pas su se maîtriser, après l’annonce le week-end de la décision irrévocable de la Cour constitutionnelle, conformant la victoire de Félix Tshisekedi. Dans une déclaration lue devant la presse, Martin Fayulu a dit se considérer comme le président élu de la RDC, appelant en même temps le peuple à la résistance, sans trop de commentaires. En même temps, partout ailleurs, les félicitations à l’endroit de Félix Tshisekedi, affluent.

Martin Fayulu n’a pas trouvé gain de cause devant la Cour constitutionnelle. Pour les cinq prochaines années, c’est Félix Tshisekedi qui sera aux commandes de la RDC. Ainsi en a décidé la haute Cour. Une décision, quoiqu’irrévocable, que le candidat de Lamuka à la présidentielle du 30 décembre, n’a pas pu digérer.

Devant la presse qu’il a réunie, juste après la décision de la haute Cour, Martin Fayulu a revêtu – de la plus belle des manières d’ailleurs – son étoffe d’opposant. Tout en rejetant en bloc l’arrêt de la Cour constitutionnelle, Martin Fayulu dit se considérer toujours comme le président élu, donc « légitime » de la RDC. Le candidat de Lamuka a expliqué qu’il se considérait comme le seul président élu et appelle à des marches pacifiques sur toute l’étendue du territoire national.

« Je me considère désormais comme le seul président légitime de la République démocratique du Congo », a déclaré Martin Fayulu juste après le rejet de son recours et la proclamation de la victoire de son adversaire par la Cour constitutionnelle.

« Dès lors, je demande au peuple congolais de ne pas reconnaître tout individu qui se prévaudrait illégitimement de cette qualité, ni obéir aux ordres qui émaneraient de lui», a-t-il lancé, revendiquant la victoire avec 60% des voix. «Je demande par ailleurs à l’ensemble de la communauté internationale de ne pas reconnaître un pouvoir qui n’a ni légitimité, ni qualité légale pour représenter le peuple congolais », a-t-il ajouté.

Martin Fayulu a appelé les Congolais à organiser « des manifestations pacifiques sur toute l’étendue du territoire national » pour protester contre la décision de la Cour constitutionnelle. « Ce n’est ni plus, ni moins qu’un coup d’Etat constitutionnel, car il porte à la magistrature suprême un non- élu », a-t-il insisté.

« Par cet arrêt, la Cour constitutionnelle vient une fois de plus de confirmer qu’à l’instar de la Commission électorale, elle est au service d’un individu et d’un régime dictatorial qui ne respecte ni les lois de la République, ni les règles les plus élémentaires de la démocratie et de la morale », a-t-il dit visant le président sortant Joseph Kabila.

Fayulu accuse M. Tshisekedi d’être « totalement complice » d’un « putsch électoral » organisé par le président sortant, Joseph Kabila.

Une déclaration qui ne change rien

Alors que des messages de félicitations à Félix Tshisekedi fusent de partout, la position extrême, adoptée par Fayulu, pourrait bien s’avérer comme un simple coup d’épée dans l’eau. C’est une déclaration inopportune dont les conséquences pourraient à l’avenir le desservir.

L’on se rappelle qu’en 2011, à l’annonce des résultats de la présidentielle, Etienne Tshisekedi avait adopté la même attitude, avant de s’essouffler sur le terrain politique. Martin Fayulu ferait mieux de ne pas retomber dans les mêmes travers.

Delly Sesanga, secrétaire général d’Ensemble pour le changement, coalition formée autour de Moïse Katumbi, l’un des soutiens à Martin Fayulu dans le cadre de la coalition Lamuka, a également salué la victoire de Félix Tshisekedi. « L’avènement de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême marque un progrès indéniable de notre système politique », a dit Sesanga, cité par Politico.cd.

Valse de félicitations

John Pombe Joseph Magufuli, président tanzanien, a félicité Félix Tshisekedi pour son élection à la tête de la RDC. Son message intervient après celui de son homologue burundais. Ils ont été les premiers voisins à lui adresser leurs félicitations après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, dans la nuit du samedi 19 et du dimanche 20 janvier.

« Suite à l’arrêt de la haute Cour constitutionnelle, je félicite Félix Tshisekedi pour son élection à la présidence de la RDC. Tout en félicitant tous les Congolais, je vous prie de maintenir la paix et d’affirmer mon engagement à renforcer nos liens historiques et fraternels », a-t-il déclaré.

Bien avant lui, Dr Hage G. Geingob, président namibien et président exercice de la Communauté de développement de l’Afrique australe, avait également félicité, au nom de l’organisation sous-régionale, Félix Tshisekedi. Le président kenyan, Uhuru Kenyatta, lui a emboité le pas, en présentant aussi ses félicitations à Félix Tshisekedi.

Marie-Josée Ifoku, Théodore Ngoy, Noël Tshiani, tous candidats à la présidentielle du 30 décembre 2018, se sont pliés à la décision de la Cour constitutionnelle, tout en prenant acte de la victoire de Félix Tshisekedi. Autant de déclarations qui pourraient bien réfléchir Martin Fayulu et lui faire comprendre que le vin est déjà tiré, il ne restait plus qu’à le boire.

Pour l’instant, Félix Tshisekedi est officiellement le 5ème président de la RDC. Une nouvelle ère s’ouvre en RDC dès ce mardi 22 janvier, jour de sa prestation de serment.

(avec Hervé Ntumba et lePotentiel)

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