samedi , 16 novembre 2019
Accueil / Afrique / RDC : Une vraie-fausse alternance politique avec Fatshi, un tshidjingidjingi
Retour de Fatshivit a Kinshasa
Retour de Fatshivit a Kinshasa

RDC : Une vraie-fausse alternance politique avec Fatshi, un tshidjingidjingi

Dernière mise à jour, le 18 janvier 2019 à 03:14

Il est bien établi que Kabila ne pouvait pas organiser une élection présidentielle crédible pour laquelle son avenir pouvait s’obscurcir sur bien de points. C’est pourquoi tout le décor fut planté afin d’empêcher ses farouches adversaires politiques en l’occurrence Moïse Katumbi, Jean Pierre Bemba et in fine Martin Fayulu porté sur les fonts baptismaux par la coalition Lamuka de remporter ce scrutin. Aujourd’hui nombreuses sont les voix à travers la Rdc et le monde qui s’élèvent pour parler d’une « alternance politique » et pour la première fois un « opposant » élu à la tête du pays. Qu’on cesse de se moquer des congolais qui ont massivement voulu tourner la page d’un système odieux. Il faut avoir exercé une portion du pouvoir pour bien connaître les arcanes de ce système politique de tout pourri. Malgré cette appréciation aveugle, nous pensons qu’on ne continue pas à créer délibérément l’incohérence et la confusion dans la conception de l’alternance et opposition politique en Rdc.

Il faut souligner préalablement que Kabila savait bel et bien après son échec de tripatouillage de la constitution et du glissement de la fin de son mandat illégitime qu’il ne pouvait remporter ces élections de manière crédible et transparente compte tenu du fort rejet de ce tutsi power, d’où l’option d’organiser à guichets fermés le scrutin en récusant les observateurs de l’Union européenne et l’aide extérieure logistique.

En dehors du calme observé lors de ces élections, le faible taux des participants ( 47% presque), les carences logistiques signalées avant, pendant et après le scrutin notamment dans l’acheminement du matériel électoral à travers tout le territoire sont consécutifs à la mauvaise volonté politique d’organiser des bonnes élections dotées de fonds nécessaires, de la logistique adéquate et jouissant d’une plus grande crédibilité. D’ailleurs c’est l’apanage des dictateurs de tricher dans tous les scrutins qu’ils organisent. Heureusement pour la Rdc, il fallait seulement compter sur la présence de la Cenco comme le seul observateur crédible.

Il faut saluer le travail accompli par la Cenco et soucieuse de rester droit dans la vérité des urnes, la Cenco avait déjà le nom du vainqueur qui ne pouvait qu’être l’un parmi les trois grands candidats : Shadary, Tshisekedi ou Fayulu. Ce n’était plus un secret de polichinelle, toutes les chancelleries occidentales, les grandes organisations internationales savaient déjà que Fayulu avait remporté ce scrutin. Les sondages effectués par des grandes institutions externes ne s’étaient pas trompés.

Felix Tsisekedi n’a jamais été un opposant politique comme la plus part des acteurs politiques congolais qui appartiennent à une opposition caractérisée par de volte face, des scissions, des compromissions . Dans le microcosme politique congolais d’aujourd’hui,il ne faut pas être un politologue ou un illuminé pour constater que ceux qui se déclarent opposants sont des marionnettes du pouvoir en place qui tirent à boulets rouges sur Kabila et de nuit reçoivent de l’argent. Il suffit de le constater que le camp de Tshisekedi qui en avait marre de rester dans l’opposition avait déjà eu des contacts de Binza en 2015 avec Kabila, lors de manifestations du Comité laïc des chrétiens en 2017, Felix Tshisekedi a souvent brillé par son absence à ces marches.Toujours dans son incohérence de postures politiques, Felix Thsisekedi a bu le calice jusqu’à la lie quand il a retiré sa signature tout comme son ami Vital Kamerhe, deux traîtres, de l’Accord de Génève. Ce fut un épisode bien triste de l’histoire politique congolaise avec deux personnes qui ne sont que des coquilles vides politiquement. Dans tout cela les deux marionnettes ont continué à exister comme si rien ne s’était produit. Le comble du ridicule fut atteint.

En politique,on parle d’alternance politique lorsque des partis politiques appartenant à des courants politiques différents se succèdent au pouvoir.Dans beaucoup de pays africains, la possibilité d’alternance politique n’est pas la condition suffisante à la démocratie.Dans la situation actuelle de la Rdc ,il faut que les acteurs de tous bords arrêtent d’entretenir la confusion entre l’alternance politique et le moyen de légitimation formelle d’un pouvoir finissant. Il s’agit de remplacer Tshisekedi à la tête des institutions congolaises à travers le système existant sans un grand changement de facto . Felix Tshisekedi ne tournera pas la page Kabila qui lui a offert sur un plateau en or le pouvoir à la grande surprise des congolais et des partenaires extérieurs. Il sera obligé de cohabiter avec un premier Ministre issu du rang du FCC majoritaire au parlement puisque c’est le scenery en passe de se dessiner.En d’autres termes Felix Tshisekedi va faire du surplace.

In fine Felix Tshisekedi ne peut pas ouvrir une nouvelle ère pour la Rdc à l’image d’un acteur de cinéma qui a le fusil sur la tempe. Sur fond de l’exercice plénier du pouvoir en Afrique en général et en Rdc en particulier, les leviers du pouvoir qui sont les services de sécurité, les finances et l’Assemblée nationale continueront à être à la botte de Kabila, il faut donc paraître un cancre de première catégorie pour ne pas s’en percevoir comment fonctionne le système en place.Par voie de conséquence comment Felix Tshisekedi pourra-t-il s’affranchir ou s’émanciper de Kabila qui l’a désigné comme président? Il faut appartenir à une classe des gogos pour avoir le sentiment d’un Congo rénové et ipso facto inscrit dans la spirale de son développement durable.Aujourd’hui cette élection provisoire de Felix Tshisekedi ne renversera pas le bilan macabre de Kabila. Il y aura une forte crispation face à ces résultats falsifiés par la Ceni afin de protéger Kabila et sa pègre.

A la lumière de tout ce qui précède , Felix Tshisekedi n’a pas été élu mais fabriqué par Kabila comme président et nous ne pouvons parler de scrutin dont les résultats répondent à la vérité des urnes.Il faut bien que tous les procès-verbaux des urnes soient publiés pour que la vérité soit établie. Les congolais seront désenchantés avec ce système qui se met en place Thisekedi=Kabila. Néanmoins, nous devons nous mobiliser par tous les moyens afin que la Rdc ne verse plus en un Etat de biens privés où un roitelet tire les ficelles de plein gré et continue à engranger des milliards. Si chaque jour appartient au voleur Kabila, mais le nombre d’années est compté afin que le peuple congolais se libère du tutsi power.

(Professeur Florent Kaniki)

A lire aussi

Kobané : Déploiement des forces syro-russes

Le régime syrien et l’allié russe ont accéléré vendredi le déploiement de leurs troupes à …

Laisser un commentaire