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RDC : Elections truquées

Dernière mise à jour, le 11 janvier 2019 à 04:25

Elections truquées, 5 ans encore avec les mêmes médiocres ou l’option d’un gouvernement de transition !

La journée de ce dimanche 30 décembre 2018 a été bien triste pour les congolais qui se sont mobilisés davantage en ce jour de vote pour en découdre avec un régime éhonté qui n’a jamais voulu offrir des élections crédibles au peuple. A la lumière de la campagne électorale émaillée d’incidents, de la violence, de morts et de l’opération du dépouillement des bulletins de vote marquée par des irrégularités, l’élection présidentielle n’inaugure rien de bon pour le pays quand Kabila et son homme de paille Corneille Naanga ont bien mijoté leur coup. Pour tout observateur averti, compte tenu de la forte défiance à l’endroit de Kabila, la situation actuelle était prévisible suite au fort rejet des autorités, les médiocres savaient qu’ils ne pouvaient espérer de vague bleue pour remporter ces élections, d’où leur stratégie de gâcher cette opportunité historique afin de continuer à piller à ciel ouvert la Rdc et de se protéger de toute poursuite judiciaire. On pouvait depuis bien de mois s’apercevoir des signaux laissant présager un chaos organisé. Pour s’en convaincre, la chronique des événements, la coupure d’internet qui crée un climat de suspicion prouvent que toutes ces postures machiavéliques nous obligent à opter pour des stratégies de résistance populaire au hold up électoral.

Nous nous dirigeons inexorablement vers le spectre d’une crise post-électorale dans la mesure où le décor se trouve bien planté. Pendant deux ans, la Ceni n’a jamais été à la mesure de ses responsabilités et monsieur Corneille Naanga s’est bien souvent trompé de combat en s’enfermant dans une arrogance pernicieuse comme ses amis pantins qui ont pris en otage le processus électoral.

En refusant l’aide extérieure et rejetant l’absence des observateurs de l’Union européenne pour bien contrôler le bon déroulement du vote, Kabila et son clan préparaient leur farce électorale et comme subterfuge, ils arguaient le principe de souveraineté. A fortiori cela cachait un agenda caché. Il faut arrêter de prendre les congolais et les amis des congolais pour des truffes. Le Congo est l’exemple des Etats qui ne sont pas arrivés à s’organiser, il s’est effondré parce qu’il y a la faillite, l’insécurité permanente à l’est du pays. On ne peut donc pas aujourd’hui concevoir un pays instable comme son village par rapport à son environnement. C’est le principe de la visibilité de tous pour tous.

En dehors du dysfonctionnement constaté notamment dans des centaines de bureaux de vote installés dans des lieux non autorisés par la loi électorale, plus de 544 cas de dysfonctionnement de la fameuse machine à voter, des expulsions des certains témoins de centres de compilation des résultats sans oublier que des observateurs n’ont pas été acceptés dans deux centres locaux de compilation des résultats notamment dans deux provinces Lomami et Sakuru (Sakuru où il existait des milliers des fichiers fictifs qui n’ont pas été nettoyés, coup bien préparé d’avance), la proclamation des résultats de l’élection présidentielle ne répondra absolument pas à la volonté des congolais manifestée dans les urnes puisqu’ils ont voulu cette fois élire leur président.

Dans cette opération de falsification des résultats réels, la coupure Internet vient aggraver la méfiance entre ces usurpateurs et la population congolaise. Cette coupure intervient face à la vague des procès verbaux des résultats confirmant la vague bleue de Martin Fayulu et les médiocres continuent à prendre les congolais pour des gogos. Le temps est bel bien révolu de considérer la population comme des moutons qu’on amene à l’abattoir. Shadary qui a revendiqué la victoire à l’heure même de voter dimanche matin à l’élection présidentielle en ces termes : « J’ai déjà gagné. Je serai élu, c’est moi le président à partir de ce soir » semble bien nostalgique de la dictature de Mobutu et du despotisme de son mentor.

Nul n’est au dessus des lois électorales et aucun candidat ne doit se mettre hors-la-loi. Cette posture de Shadary qui est une marque de fabrique machiavélique dépourvue de tout sens moral, d’honnêteté intellectuelle, illustre très bien sa médiocrité politique. Comment ce monsieur à l’esprit gris saura présider au destin de millions des congolais ? Même au Cameroun où il y a eu le 7 octobre 2018 un scrutin, l’opposant Maurice Kamto s’était déclaré vainqueur au lendemain de l’élection présidentielle, le lundi 8 octobre et non au moment où se déroulait le vote le dimanche 7 octobre.

Nous pensons que beaucoup d’états-majors ont pleinement raison de penser au plan B pour conduire la Rdc vers d’autres alternatives politiques puisque la Rdc est dans un profond coma. Selon le rapport de la FMI en 2017, 8 habitants sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté. Le développement plénier de la Rdc ne peut se faire par l’entremise de cette pègre au pouvoir qui ne pense qu’à raconter des carabistouilles en distrayant le peuple congolais.

Comme l’a déclaré la députée européenne Cecile Kenge dernièrement : « l’UE est du coté du peuple congolais et ne va pas rester en silence, Kabila doit laisser la place à des gens qui conduiront la Rdc à plus de démocratie ». Dans ce même registre, nous saluons la prise de position ferme du président du Comité des affaires étrangères de la chambre des représentants américains, Ed Royce qui a déclaré au lendemain des élections de ce dimanche que le scrutin n’a été « ni libre, ni démocratique ». Nous encourageons les Etats-unis de prendre de nouvelles sanctions contre les responsables congolais ayant largement contribué au chaos de ce processus électoral.

In fine,toutes ces élections de partage de gâteau n’apporteront aucune lueur d’espoir dans la vie des congolais qui ont voulu tourner la page Kabila. C’est qu’il faut comprendre, les résultats compilés par la Ceni et bientôt publiés ne seront pas conformes aux choix de la population . Shadary=Kabila et il nous appartient de ne pas perdre courage. »A luta continua ,vitoria é certa ».

(Professeur Florent Kaniki)

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