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Electeurs congolais le jour du vote.
Electeurs congolais le jour du vote.

Plusieurs morts : Des troubles pendant les élections en RDC

Dernière mise à jour, le 7 janvier 2019 à 02:18

Les candidats d’opposition dénoncent des irrégularités et des troubles pendant les élections en République démocratique du Congo (RDC), quatre personnes ont été tuées dans le Sud-Kivu. Un sondage a donné cette semaine le dauphin [de Joseph Kabila] perdant face au candidat d’opposition Martin Fayulu. Les résultats provisoires ne doivent être connus que samedi prochain, d’après la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le compte à rebours a commencé avec le comptage manuel des voix de Kinshasa à Goma, et de Lubumbashi à Tshikapa.

La longue attente des résultats a commencé à la fermeture des bureaux de vote dimanche soir en République démocratique du Congo où les candidats d’opposition dénoncent des troubles pendant l’élection qui doit désigner le successeur du président Joseph Kabila.

Quatre personnes ont été tuées dans le Sud-Kivu où un agent électoral a voulu bourrer les urnes en faveur du dauphin de M. Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a accusé un proche du candidat de l’opposition Félix Tshisekedi.

Pas n’importe quel proche, mais Vital Kamerhe, ex-président de l’Assemblée nationale, ex-candidat en 2011, et homme fort du Sud-Kivu.

« Le peuple va assumer son choix », a prévenu M. Kamerhe qui deviendrait Premier ministre en cas de victoire de Félix Tshisekedi.

La majorité a pour sa part convié la presse dans la soirée pour très probablement divulguer ses premières tendances du scrutin présidentiel.

« J’ai déjà gagné. Je serai élu, c’est moi le président à partir de ce soir », avait affirmé le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, dès le matin en sortant d’un bureau de vote.

Le dauphin de Kabila perdant

Un sondage a donné cette semaine le dauphin perdant face au candidat d’opposition Martin Fayulu.

Les résultats provisoires ne doivent être connus que samedi prochain, d’après la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le compte à rebours a commencé avec le comptage manuel des voix de Kinshasa à Goma, et de Lubumbashi à Tshikapa.

A Goma, les agents électoraux suivent scrupuleusement le mode opératoire sous l’œil attentif et fatigué des témoins des candidats.

Les trois parties de chaque bulletin de vote sont détachées pour constituer trois piles, une pour chaque scrutin (présidentiel, législatif, et provincial).

Quelque 40 millions d’électeurs, dont beaucoup de jeunes, ont été appelés à désigner le successeur du président Joseph Kabila, contraint de ne pas briguer un troisième mandat interdit par la Constitution.

De bon matin, le président Kabila a voté en famille à Kinshasa, suivi de son dauphin.

Climat général calme

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) estime que « le climat général du déroulement du vote a été relativement calme ».

Les incidents portent sur des « dysfonctionnements de la machine à voter », l' »interdiction d’accès ou expulsion des observateurs des bureaux de vote » ou le même sort réservé aux « témoins » des candidats.

A Kinshasa, des électeurs ont hué le président de la Céni, Corneille Nangaa, venu en personne constater les problèmes au centre de vote Saint-Raphaël à Limete.

Dans ce bastion de l’opposition, les opérations de vote doivent se poursuivre jusqu’à 22h00 après de gros retards à l’ouverture en matinée.

Beni martyrisée, Beni exclue, mais Beni surprenante de vitalité: la cité du Nord-Kivu a organisé un vote symbolique pour protester contre le report des élections présidentielle, législatives et provinciales dans sa région.

Les autorités ont justifié ce report en raison de l’épidémie d’Ebola et des massacres de civils dans la région, ce qui a provoqué la colère des habitants : « La ville de Beni est dans la République démocratique du Congo. On ne ne peut pas nous priver (du droit de vote », a insisté un jeune, Manix.

Objet de toutes les polémiques depuis plus d’un an, la machine à voter a connu de nombreux couacs dimanche.

« Il n’y a pas de machines et les quelques machines qui sont là, elles ont des problèmes, elles ne marchent pas, et nous n’avons pas de matériel électoral », a déclaré Pesible, un électeur à Kinshasa.

Le vote « avec la machine est très compliqué. J’ai appuyé sans trop savoir pour qui. Je n’ai pas vu le numéro ni le visage de mon candidat », regrette Madeleine, une dame d’un âge avancé en sortant de l’isoloir d’un bureau de vote du quartier populaire de Ndjili.

Les électeurs qui ont pu voter ne cachaient par leur enthousiasme et leur soif d’autres horizons.

« Parce que le Congo a trop souffert nous méritons le changement », résume un électeur à Goma,Patrice Nzanzu, technicien.

Le pape François a prié dimanche pour la RDCongo, appelant tous les acteurs à assurer un déroulement « régulier et pacifique » des élections.

« Parce que le Congo a trop souffert nous méritons le changement », résume un électeur à Goma,Patrice Nzanzu, technicien.

Le pape François a prié dimanche pour la RDCongo, appelant tous les acteurs à assurer un déroulement « régulier et pacifique » des élections.

Kinshasa a refusé toute aide logistique des Nations unies, présentes depuis 20 ans au Congo, de même que toute mission d’observation occidentale.

Le pouvoir a annoncé la fermeture de ses frontières terrestres, lacustres et fluviales le jour du vote avec ses neuf voisins, de Brazzaville à l’Angola en passant par le Rwanda.

En revanche, internet n’était pas coupé, contrairement à ce qui se passe lors des journées de fortes tensions.

La campagne avait été rattrapée par la violence, avec une dizaine de morts selon une association de défense des droits humains, ce que nie le pouvoir.

Samedi soir, les deux candidats de l’opposition ont refusé de signer un document destiné à prévenir les violences post-électorales, en claquant la porte d’une médiation conduite par des observateurs africains.

BÉNI DÉFIE KINSHASA

Des milliers d’habitants de Béni, ville de l’est de la République démocratique de Congo assaillie par de fréquentes attaques armées et une épidémie d’Ebola, ont organisé dimanche « leur » vote avec fierté pour protester contre leur exclusion du processus électoral par Kinshasa.

Le vote s’est déroulé dans deux stades et une école de la ville, dans une atmosphère joyeuse, euphorique même, a constaté un journaliste de l’AFP. Vieux en habits du dimanche et jeunes mêlés.

Les élections ont été reportées dans la région de Beni-Butembo officiellement pour des raisons sécuritaires (tueries de civils) et sanitaires (épidémie d’Ebola qui a tué 360 personnes).

L’opposition a ensuite protesté contre la mise à l’écart de plus d’un million d’électeurs.

« Nous sommes venus ici au terrain de Kalinda pour voter. Nous avons le droit de voter comme les gens de la ville de Goma ou de Bukavu », a déclaré Manix.

« C’est la raison pour laquelle vous voyez ici ces gens qui sont pour voter. La ville de Beni est dans la République démocratique du Congo. On ne ne peut pas nous priver (du droit de vote », a-t-il insisté.

D’anciennes urnes en plastique, datant des dernières élections de 2011, ont été dépoussiérées pour servir, de même que les tenues des agents électoraux. Car Béni a voté dimanche sous la supervision d’agents électoraux de la Commission électorale, comme à Goma, Lubumbashi et Kinshasa.

Parfois, ce sont de grands sacs en plastique qui ont servi d’urnes.

Bouts de papier

Ici, évidemment, pas de machines à voter si décriées dans le reste du pays par l’opposition. Seulement de modestes bouts de papier vierge sur lesquels les électeurs inscrivaient leurs choix pour le président du pays, le députés national, et le député régional.

Et pas d’isoloirs. Mais de l’encre violette indélébile pour marquer le pouce gauche, afin d’éviter les fraudes, comme dans les « vraies » élections qui se tiennent ailleurs dans le reste du pays.

Et cette élection avait des allures de vérité, celle des exclus vivant aux marges du pays, si loin de la capitale, qui ne comprennent pas les raisons de ce qu’ils considèrent comme un ostracisme de plus à leur encontre.

« Sur la prévention contre Ebola, nous avons pris toutes les mesures nécessaires de protection. On nous a demandé de nous laver les mains, nous avons été vaccinés, nous avons prévu même le désinfectant, le Bactigel pour les mains », affirme Kitonga Benshirak, habitant du quartier Malepe.

« Nous voudrions dire à la Céni (commission électorale) de considérer ces élections. Et le cas contraire nous allons considérer qu’il y a une balkanisation, c’est-à-dire que le Grand Nord sera considéré comme un pays à part entière. Le régime nous écarte de la République démocratique du Congo. », estime un autre habitant du quartier.

A la nuit tombée, une fois le vote terminé, le dépouillement a commnencé à la lueur de téléphones portables et des lampes de fortune alimentées par des générateurs. Là aussi on se croirait à Kinshasa ou Lubumbashi, où l’on vote pour de vrai.

Lundi les votes seront réunis, comptés, puis annoncés. Un peu plus tôt que dans le reste de l’immense pays. Et il semble bien que l’opposant Martin Fayulu, le numéro 4, sortira grand vainqueur de ce vote populaire, qui ne sera pas pris en compte officiellement.

(avec Afp)

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