mercredi , 21 août 2019
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Elections : Des prétextes fallacieux se multiplient en RDC

L’organisation des élections en République démocratique du Congo devient de plus en plus hypothétique. Des prétextes fallacieux se multiplient pour justifier la non organisation des élections et, ainsi, Joseph Kabila pourra glisser allégrement. De tous ces scénarios bien ficelés par la Céni, la population ne comprend plus rien. Pour d’aucuns, ça sent de la provocation. Une décision qui écarte 1.256.177 électeurs – représentant 3% de l’électorat du pays ou presque de l’élection présidentielle – à quelques heures du scrutin prévu le 30 décembre 2018, la RDC vient une fois de plus, d’être victime de l’arbitraire.

Visiblement acquise à la cause du régime Kabila, la Céni présidée par Corneille Nangaa ne cesse de faire un travail bâclé qui aboutira sans nul doute à l’élection d’un président que la RDC ne méritera pas. Et le pays risquera d’entrer dans une crise postélectorale aux conséquences incalculables.

L’insécurité dans les circonscriptions de Yumbi et Butembo-ville ainsi que la persistance de la fièvre à virus Ebola dans la circonscription de Beni-ville justifieraient l’exclusion d’électeurs de ces circonscriptions de la présidentielle. Faux et archifaux. Ce ne sont que des dilatoires pour justifier l’organisation d’un scrutin bâclé dans le but d’imposer le candidat président du Front commun pour le Congo (FCC) parrainé par le régime.

La stratégie consiste à provoquer la population, la pousser à se soulever pour justifier le chaos. Entre temps, Joseph Kabila dont le deuxième et dernier mandat a expiré depuis le 31 décembre 2016, continue de gouverner, conformément à la Constitution.

L’opposition politique a donc intérêt à se comporter de manière à ne pas tomber dans le piège tendu par Corneille Nangaa et la majorité au pouvoir.

Qu’à cela ne tienne, le peuple congolais ne jure que par l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes. Point n’est donc besoin de multiplier des stratagèmes pour conserver le pouvoir par tous les moyens. Une chose est certaine : quelles que soient la provocation et les stratégies mises en place par les ennemis de la République, le peuple gagne toujours.

UNE INTENTION PERSISTANTE DE DIFFÉRER LES ÉLECTIONS

Dans un communiqué rendu public, mercredi 26 décembre 2018, le Conseil pour l’apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC) dit avoir appris, « avec consternation », la décision de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de reporter, à mars 2019, les élections dans les circonscriptions électorales de Beni, Beni Ville et Butembo Ville (au Nord-Kivu) ainsi que Yumbi dans la province de Mai Ndombe. Le CALCC voit dans ce « report-surprise » des élections dans les circonscriptions précitées, une intention persistante de différer les élections, après les reports de 2016, puis de 2017, puis du 23/12 dernier.

Communiqué du CALCC face à la décision du report du scrutin pour les circonscriptions électorales de Beni, Butembo et Yumbi

Le Conseil pour l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) vient d’apprendre avec consternation la décision de la CENI de reporter à mars 2019 les élections dans les circonscriptions électorales de Beni, Beni Ville et Butembo Ville ainsi que Yumbi dans la province de Mai Ndombe.

Le CALCC note que, la décision du report, cette fois-ci, à quatre jours du scrutin dénote une intention persistante de différer les élections, après les reports de 2016, puis de 2017, puis du 23/12 dernier. Il y a encore vingt-quatre heures, la CENI affirmait être prête pour les élections ce 30 décembre. Le CALCC dénie au Président de la CENI le droit de prendre des libertés avec le calendrier électoral selon son bon plaisir.

Par ailleurs, l’initiative d’exclure les Congolais de ces villes martyres du scrutin présidentiel, législatif et provincial sous les prétextes d’Ebola ou des incendies est un appel de pied à la balkanisation de notre pays, ou à tout le moins une stigmatisation inacceptable de nos frères déjà meurtris par les tueries au quotidien.

Le CALCC rejette catégoriquement la décision unilatérale du Président de la CENI, qui n’engage que lui, et appelle le peuple congolais de partout, y compris des circonscriptions menacées d’exclusion, à se rendre massivement aux bureaux de vote le dimanche 30/12, et de constater sur place de lui-même la faillite de la CENI à organiser les élections.

En tout état de cause, la publication d’un Président de la République sans le vote d’une partie aussi importante de notre peuple ne peut pas être acceptée. Le peuple congolais prendra en toute souveraineté les dispositions appropriées après évaluation de la situation.

Comment peut-on comprendre l’élection présidentielle en mars 2019 pendant que le président élu partiellement au scrutin du 30 décembre serait déjà en fonction ?

Que le Bon Dieu nous guide, dans cette « marche dans les ténèbres, à voir se lever une grande lumière » (Is 9,1).

Le CALCC appelle le peuple congolais, les partis politiques et la société civile à un sursaut patriotique pour ne pas tomber dans le piège d’une violence aussi gratuite qu’improductive.

Fait à Kinshasa, le 26 Décembre 2018

Pour le Bureau National du CALCC

Jean-Bosco LALO Kpasha

Président National

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