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Joseph KABILA et le nouveau Ambassadeur des USA en RDC.
Joseph KABILA et le nouveau Ambassadeur des USA en RDC.

RDC : « Joseph KABILA » reporte l’élection dans plusieurs territoires

Dernière mise à jour, le 29 décembre 2018 à 12:01

Le rendez-vous du 23 décembre tant promis, depuis la publication du calendrier électoral le 5 novembre 2017, n’a pas eu lieu. Le président de la Céni a avancé des motifs farfelus pour reporter des élections à trois jours de leur tenue. Comme si cela ne suffisait pas, le mercredi 26 décembre, la Centrale électorale annonce le report des élections à Beni, Beni-ville, Butembo-ville, dans la province du Nord-Kivu, et à Yumbi, dans le Mai-Ndombe, pour mars 2019. Ce processus électoral, depuis le début, est loin de rassurer quiconque. La vérité est que le régime en place ne veut pas organiser des élections crédibles, inclusives et transparentes en vue d’une alternance démocratique du pouvoir. Chacun pourra jauger cette vérité le jour que la Céni va organiser ces scrutins. La RDC se dirige droit vers un chaos électoral. Tout indique que le pays ne connaitra pas, à l’issue de ce processus piloté par une Centrale électorale à la solde de la majorité présidentielle, ni des résultats qui soient conformes à la vérité des urnes encore moins une vraie alternance au sommet de l’État.

Personne ne sait dans quelles conditions et si les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales vont effectivement se tenir le 30 décembre comme la Commission électorale nationale indépendante le prétend.

Les surprises, et surtout les plus mauvaises ne cessent de se produire contre la bonne tenue de ces scrutins de tous les enjeux. Le rendez-vous du 23 décembre tant promis, depuis la publication du calendrier électoral le 5 novembre 2017, n’a pas eu lieu. Le président de la Céni a avancé des motifs farfelus pour reporter des élections à trois jours de leur tenue.

Comme si cela ne suffisait pas, le mercredi 26 décembre, la Centrale électorale annonce le report des élections à Beni, Beni-ville, Butembo-ville, dans la province du Nord-Kivu, et à Yumbi, dans le Mai-Ndombe, pour mars 2019. Ce processus électoral, depuis le début, est loin de rassurer quiconque.

La vérité est que le régime en place ne veut pas organiser des élections crédibles, inclusives et transparentes en vue d’une alternance démocratique du pouvoir. Chacun pourra jauger cette vérité le jour que la Céni va organiser ces scrutins. La RDC se dirige droit vers un chaos électoral. Tout indique que le pays ne connaitra pas, à l’issue de ce processus piloté par une Centrale électorale à la solde de la majorité présidentielle, ni des résultats qui soient conformes à la vérité des urnes encore moins une vraie alternance au sommet de l’État.

Autant la Céni et le régime en place ont inventé des motivations farfelues pour brouiller ce processus électoral depuis le début, autant il faut s’attendre à de nouvelles mauvaises surprises d’ici au 30 décembre. Il n’est pas exclu qu’un de ces quatre matins la présidentielle et les législatives soient renvoyées aux calendes grecques.

C’est avec un incendie controversé d’un entrepôt à Kinshasa que la Céni a fondé le report du 23 décembre. C’est aussi sur le phénomène Kamuina Nsapu provoqué par le pouvoir que les opérations d’enrôlement ont été repoussées de plus de six mois dans l’espace Kasaï. Dans sa déclaration du 26 décembre, la Majorité présidentielle charge l’Union européenne « d’infiltrer les élections congolaises » pour justifier le déploiement des forces de sécurité. Ce n’est pas un hasard. Le processus électoral n’est pas à l’abri de mauvaises surprises d’ici à dimanche.

LES VOIX S’ÉLÈVENT POUR FUSTIGER L’EXCLUSION DE BENI, BENI-VILLE, BUTEMBO ET YUMBI DES ELECTIONS DU 30 DÉCEMBRE

La tension monte d’un cran à cause de cette série de reports qui ne dit pas son nom. Plusieurs voix se sont levées et s’élèvent encore après l’annonce, ce mercredi 26 décembre de l’exclusion de certaines circonscriptions électorales de la République démocratique du Congo (RDC). Le movement citoyen “Lutte pour le changement (Lucha)” vient de joinder sa voix à celles d’autres structures qui condamnent l’attitude spontanée de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Dans un communiqué publié ce mercredi, la Lucha juge “extrêmement grave” et “inadmissible”, l’exclusion des villes de Beni, Beni-ville, Butembo (dans le Nord-Kivu) et celle de Yumbi, dans la province de Mayi-Ndombe. Ci-après, l’intégralité du communiqué publié ce mercredi par la cellule de communication de la Lucha.

(avec lePotentiel)

Elections RDC : l’exclusion de BENI, BENI-VILLE, BUTEMBO et YUMBI est inadmissible

Communiqué n° LUCHA/2018024

La décision de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de « reporter » les élections prévues ce 30 décembre 2018 pour les circonscriptions de Beni, Beni-ville, Butembo et Yumbi est extrêmement grave, aussi bien sur le plan constitutionnel que sur le plan politique. Elle revient à priver plus d’un million deux cent mille Congolaises et Congolais de leur droit de participer à une élection présidentielle aussi cruciale et à un seul tour ; ce qui est totalement inadmissible.

La LUCHA enjoint la CENI de retirer immédiatement cette décision et de tout mettre en œuvre, y compris requérir l’assistance internationale qui lui a été proposée à maintes reprises, pour s’assurer que les élections ont bel et bien lieu le 30 décembre 2018, dans les meilleures conditions possibles et dans toutes les circonscriptions électorales de la République Démocratique du Congo. A défaut, le peuple Congolais doit se lever pour pousser Joseph Kabila, son gouvernement, la CENI, le parlement et toutes les autres institutions électives à la démission, pour mettre en place une transition citoyenne capable d’organiser des élections réellement démocratiques et transparentes.

La décision d’exclure une partie des Congolais de ce rendez-vous civique doit heurter la conscience de toute personne réellement attachée à l’unité de notre Nation et aux règles démocratiques les plus élémentaires. C’est une décision qui procède de la volonté de Kabila de s’éterniser au pouvoir, sachant bien que même avec les élections les plus chaotiques qui soient, il lui est absolument impossible de fabriquer et faire accepter la victoire de son « dauphin ». Alors, au nom de l’unité de notre Nation ; au nom de la Constitution que le peuple Congolais a tant défendue ; et au nom du sens patriotique, la LUCHA appelle tous les Congolais, en particulier les candidats à la présidentielle à s’insurger avec force contre cette décision.

Les raisons avancées par la CENI pour justifier sa décision sont totalement infondées et donc inadmissibles. En effet :

0.1. L’épidémie d’Ebola ne peut pas empêcher la tenue des élections dans la région de Beni-Butembo. Depuis l’apparition de l’épidémie dans la région il y a quatre mois, la vie ne s’est pas arrêtée : les écoles, les marchés, les banques, les églises, les transports, les frontières…fonctionnent normalement. Le dispositif de prélèvement de température et de désinfestation par le lavage systématique des mains, pour d’une part identifier et isoler les personnes potentiellement porteuses du virus, et d’autre part limiter la contamination, se sont avérés efficaces jusqu’à présent. Pourquoi ne pas prévoir ce même dispositif devant les centres et les bureaux de vote comme cela était envisagé depuis des mois ? N’est-ce pas d’ailleurs l’une des raisons avancées pour justifier le dernier report de la date des élections d’une semaine !

Faut-il rappeler que la campagne électorale a lieu dans cette région pendant 30 jours, avec de grands attroupements et souvent sans le moindre dispositif de prévention, sans que cela ne provoque une accélération particulière de la propagation du virus ! Bien au contraire, l’épidémie a été complètement vaincu à Mangina et recule de plus en plus en ville de Beni. Ce n’est pas une opération électorale d’un jour qui va provoquer un cataclysme. En plus, rien ne garantit qu’en mars 2019 l’épidémie aura été maîtrisée (les experts de l’OMS n’ont-ils pas évoqué la perspective de mai 2019 !).

Ecarter les habitants déjà martyrisés de la région de Beni-Butembo des élections revient à les stigmatiser, et cela risque de rendre plus difficile encore la riposte contre Ebola, étant donné la méfiance de la population dont une partie considérait déjà Ebola comme une maladie « importée » par le pouvoir en place pour achever une certaine « œuvre d’extermination et de balkanisation. » Enfin, si Ebola est un motif valable pour annuler ou reporter une élection, pourquoi ne pas le faire aussi pour le territoire de Mambasa en Ituri et celui de Lubero au Nord-Kivu, où les chiffres actuels du ministère de la santé montrent une progression d’Ebola dans les zones de Komanda et Katwa respectivement !

0.2. En ce qui concerne les violences dans le territoire de Yumbi, dans la province du Mai-Ndombe où nous avons déploré les centaines de victimes (morts, brûlés) et les milliers de réfugiés, victimes non pas d’un conflit communautaire, ou d’une nouvelle machination politicienne et cynique du régime Kabila, il existe des solutions autres que l’annulation ou le report partiel des élections. Depuis, la psychose persiste, mais les violences ont cessé depuis le lundi 17 décembre 2018 (elles avaient duré deux jours). Là encore, pourquoi ne pas demander des mesures exceptionnelles et urgentes pour assurer la sécurité, rassurer les deux communautés et faciliter le retour des réfugiés afin que les élections aient lieu à la date prévue ? La CENI a- t-elle fait le moindre effort dans ce sens ? Il est trop facile d’utiliser (voire de fabriquer) constamment des incidents sécuritaires pour aller de report en report ou priver tout un pan de la population de son droit de vote.

Il y a 675.600 électeurs enrôlés dans le territoire de Béni, 182. 800 dans la ville de Beni, 330. 744 dans la ville de Butembo et 67. 033 dans le territoire de Yumbi. C’est au total 1.256.177 électeurs. Ils s’ajouteraient aux millions d’autres Congolais exclus de facto de ce processus par la même CENI, notamment les Congolais vivant à l’extérieur du pays et certains déplacés internes. L’impact sur le résultat de l’élection présidentielle serait considérable. Mais même si le nombre était moins élevé, la CENI ni personne d’autre n’a pas le droit de priver arbitrairement un seul congolais de son droit de vote.

Il n’est pas exclu que si nous (les citoyens et les acteurs politiques) laissons la CENI faire, ces « élections » soient annulées par la Cour constitutionnelle pour cause d’inconstitutionnalité, et qu’on revienne à la case de départ, tandis que Kabila serait toujours vissé dans son fauteuil au nom de la « continuité de l’Etat. »

Pour mille et une raisons, ces « élections » étaient déjà une parodie de démocratie. Les Congolais ont accepté même l’inacceptable pour ne pas tomber dans les multiples pièges de Kabila. Mais avec une telle exclusion, c’est un nouveau seuil qui serait atteint : ces élections seraient vidées de tout sens, et créeraient un problème de légitimité et d’unité nationale plus grave que celui qu’on a déjà. Chaque Congolais et chaque responsable politique est mis devant ses responsabilités. La région et la communauté internationale aussi.

Fait à Beni, le 26 Décembre 2018

Pour la LUCHA BENI

La cellule de communication

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