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La Police [de Joseph KABILA] bloque la route au cortège de Martin FAYULU MADIDI dit Mafa, à Maluku.
La Police [de Joseph KABILA] bloque la route au cortège du candidat de Lamuka, Martin FAYULU MADIDI dit Mafa, à Maluku.

Report des élections : Suspension brutale de la campagne électorale en RDC

Dernière mise à jour, le 23 décembre 2018 à 12:55

La coalition Lamuka et Cach accusent le pouvoir en place d’avoir recouru à la « provocation », en suspendant la campagne électorale, ce mercredi 19 décembre à Kinshasa, à quatre jours du scrutin. Alors que le candidat Martin Fayulu, était attendu dans la place Sainte-Thérése à N’djili afin de tenir un meeting. « Les renseignements attestent que dans tous les camps politiques des principaux candidats à la présidence de la république, des extrémistes se sont préparés et se préparent à une confrontation de rue dans la ville de Kinshasa lors des activités de campagne », dit l’hôtel de ville dans un communiqué ce mercredi 19 décembre 2018. Les autorités ont justifié cette décision par les tensions sécuritaires qui ont émaillé de nombreux incidents dans certaines provinces du pays. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a passé, mardi, en revue l’évolution des élections en République démocratique du Congo (RDC), en appelant les parties prenantes à éviter « la provocation et la violence ». Le ministère de l’Intérieur a révélé en début de semaine, les grandes lignes du dispositif sécuritaire prévu pour le jour des élections. Il y aura, entre autres, la fermeture des frontières terrestres. Et, des renforts militaires sont prévus. Entretemps, deux policiers seront théoriquement présents aux abords de chacun des quelque 75 000 bureaux de vote. Un report des élections devrait être annoncé dans les prochaines heures à Kinshasa. Avant de lancer cette annonce, le patron de la CENI a entrepris de contacter des ambassades occidentales pour obtenir, si pas leur soutien, au moins une attitude conciliante à l’égard de cette demande de report du scrutin.

En République démocratique du Congo, la coalition Lamuka et Cach accusent le pouvoir en place d’avoir recouru à la « provocation », en suspendant la campagne électorale, ce mercredi 19 décembre à Kinshasa, à quatre jours du scrutin. Alors que le candidat Martin Fayulu, était attendu dans la place Sainte-Thérése à N’djili afin de tenir un meeting.

« Les renseignements attestent que dans tous les camps politiques des principaux candidats à la présidence de la république, des extrémistes se sont préparés et se préparent à une confrontation de rue dans la ville de Kinshasa lors des activités de campagne », dit l’hôtel de ville dans un communiqué ce mercredi 19 décembre 2018. Les autorités ont justifié cette décision par les tensions sécuritaires qui ont émaillé de nombreux incidents dans certaines provinces du pays.

Les éléments de la police ont utilisé les gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes qui tentaient de brûler les affiches d’Emmanuel Ramazani Shadary à l’entrée de Kinshasa. Venus nombreux pour accueillir le candidat à la présidentielle Martin Fayulu qui est de retour à Kinshasa après plusieurs jours de campagne électorale à l’intérieur du pays, les militants de Lamuka sont positionnées sur la route menant vers la province de l’Ex-Bandundu jusqu’à la place Sainte-Thérése.

Venus de différentes communes, ils ont déchiré des affiches de certains candidats, brûlé des pneus et jeté des gaz lacrymogènes. De ce fait, la situation était tendue sur le Boulevard Lumumba où la population attendait l’arrivée de Martin Fayulu, candidat à la présidentielle pour le compte de Lamuka. Compte tenu de cela, les cadres de Cache et de Lamuka parlent de la provocation préparée par le pouvoir en place.

Contacté par RFI, Martin Fayulu a vivement critiqué la suspension de la campagne. « Cette décision du gouverneur est totalement illégale, le gouverneur n’a aucune qualité pour suspendre les activités de campagne, a lancé le candidat à la présidentielle. Dans ce cas-là, qu’on suspende la campagne dans toute la République démocratique du Congo ! J’ai décidé de m’arrêter aujourd’hui à Kinshasa, de m’adresser au peuple de Kinshasa, mais de quoi ont-ils peur ? Aucun de nos militants n’est violent », assure-t-il.

De part et d’autre de cette barrière de police, des partisans de Martin Fayulu étaient venus pour l’accompagner. Certains y sont encore, d’autres ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène. D’autres, pour protester, ont allumé des feux.

Eu égard à l’interdiction de la campagne électorale à Kinshasa, Lamuka a jugé bon d’annuler son meeting prévu à la Place Sainte-Thérése de Ndjili pour avoir opté pour la « provocation ». Après un moment de tension dans l’après-midi, certains de ses partisans continuent de chanter en expliquant que cette situation ne les dissuadera pas de voter. Ils demandent aux autorités de libérer le candidat.

Enfin, les éléments de la police ont, aux environs de 22 heures, transporté Martin Fayulu à vive allure en profitant de la pluie jusqu’à sa résidence.

Pour rappel, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a passé, mardi, en revue l’évolution des élections en RDC, en appelant les parties prenantes à éviter « la provocation et la violence ».

DES MESURES POUR SÉCURISER LES SCRUTINS

De grandes lignes du dispositif sécuritaire prévu pour le jour des élections présidentielle, législatives et provinciales du 23 décembre prochain, l’on note : la fermeture des frontières terrestres et renforts militaires, deux policiers seront théoriquement présents aux abords de chacun des quelque 75 000 bureaux de vote, selon le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.

Déjà avec une campagne marquée par des épisodes de violences, des doutes persistent sur la capacité du gouvernement à sécuriser pleinement les scrutins combinés du 23 décembre 2018.

En réponse, le ministère de l’Intérieur a révélé en début de semaine, les grandes lignes du dispositif sécuritaire prévu pour le jour des élections.

Il y aura, entre autres, la fermeture des frontières terrestres. Et, des renforts militaires sont prévus. Entretemps, deux policiers seront théoriquement présents aux abords de chacun des quelque 75 000 bureaux de vote. D’autres seront déployés dans plusieurs sites jugés stratégiques ainsi qu’aux postes-frontière. Des frontières terrestres qui seront bouclées de minuit à minuit le jour du scrutin, explique le ministère de l’Intérieur.

« Nous devons nous protéger de toute intrusion extérieure », justifie-t-il. Les vols internationaux seront en revanche maintenus.

L’armée congolaise sera également mobilisée en renforts, mais pas aux abords directs des bureaux de vote, promet le vice-Premier ministre. « Seule la police est autorisée à sécuriser de façon visible le processus électoral », explique-t-il. Le plan de déploiement précis de ces forces armées est tenu secret. « Elles seront déployées et en alerte maximum partout où la répression sera nécessaire face aux groupes armés qui viendraient torpiller le processus. Nous mettrons tout en branle pour décourager tout acte d’incivisme », prévient-il.

S’agissant de cette dernière semaine de la campagne électorale, d’après le porte-parole de la police nationale congolaise, plusieurs dispositions ont été prises aussi pour l’encadrement de toutes les processions dues au retour des différents candidats président dans la capitale.

« Ce n’est pas pour la première fois que les forces de l’ordre sécurisent les élections dans notre pays. Nous disposons d’une expertise assez fournie dans la gestion de ces genres d’événements. Pour votre information, la police nationale vient de recevoir un appui important en homme et en logistique, 12 000 hommes, sortis récemment de différents centres d’instructions et écoles de police. Nous sommes en train de les déployer à travers tous les commissariats provinciaux pour permettre à tous les électeurs d’aller déposer dans l’urne, dans la sérénité, les bulletins des candidats qu’ils se seront choisis », a expliqué le colonel Mwanamputu.

REPORT DES SCRUTINS DU 23 DÉCEMBRE

Le président de la Ceni, Corneille Nangaa a pris contact ce mercredi 19 décembre avec des ambassades occidentales pour solliciter une attitude positive de leur part en cas de demande de report du scrutin.

Avis de tempête à Kinshasa. Malgré les affirmations de Corneille Nangaa, que plus personne ne croyait réellement, un report des élections devrait être annoncé dans les prochaines heures à Kinshasa. Avant de lancer cette annonce, le patron de la CENI a entrepris de contacter des ambassades occidentales pour obtenir, si pas leur soutien, au moins une attitude conciliante à l’égard de cette demande.

Parallèlement à cette démarche vers les ambassades occidentales, les autorités de Kinshasa ont annoncé la fin de la campagne dans la capitale et bloquent le cortège de Martin Fayulu, devenu le vrai favori de ce scrutin, à l’entrée de la province de Kinshasa.

Le retrour du principal opposant concomitamment à l’annonce d’un report fait craindre le pire au pouvoir en place qui, alors qu’il a snobé la main tendue de la communauté internationale pour l’organisation des élections, au nom d’un nationalisme de mauvais aloi, vient aujourd’hui quémander le soutien de ces mêmes parias d’hier pour un report du scrutin.

L’opposition comme la société civile ou les évêques congolais ont toujours martelé qu’aucun report n’était envisageable plus de deux ans après les délais constitutionnellement prévus pour le départ de Joseph Kabila.

« Ils ont eu amplement le temps de préparer de bonnes élections s’ils l’avaient vraiment voulu. Tant Joseph Kabila que Corneille Nanaga ont encore récemment menti publiquement en affirmant qu’il y aurait des élections « parfaites » le 23 décembre. Ils n’ont aucune excuse à faire valoir », nous expliquait le week-end dernier Moïse Katumbi, qui poursuivait : « en cas de demande de report, aussi court soit-il, Kabila et Nangaa devront assumer les conséquences de cette mascarade. Leur seul objectif est de rester au pouvoir, de continuer à voler et à tuer la population Congolaise qui aspire au changement ».

(avec Hervé Ntumba, lePotentiel)

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