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Déjà plusieurs morts : Incertitude sur la tenue des élections en RDC

Dernière mise à jour, le 20 décembre 2018 à 10:03

A quelques jours des élections, les populations congolaises vont aller élire leurs dirigeants. Mais, on déplore des échauffourées qui sont enregistrées en pleine campagne électorale. Au moins cinq personnes sont mortes et plusieurs blessés depuis le début de la campagne électorale, a rapporté les chiffres de la Société civile et de l’opposition. D’une part, l’opposition dans son ensemble accuse le pouvoir en place de l’empêcher de battre pacifiquement campagne. D’autre part, l’entrepôt de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni) situé sur l’avenue forces des armées (Ex Haut Commandement) a pris feu cette nuit. Ce sont des signes mettant en cause la crédibilité et la transparence des élections.

A huit jours de sa fin, la campagne électorale pour les scrutins de 2018 est marquée par des évènements tristes, malheureux et surtout criminels. Déjà au total six morts à Lubumbashi, Kolwezi et Mbuji-Mayi. S’y ajoute l’incendie d’un important entrepôt de la Céni à Kinshasa ayant occasionné la perte des machines à voter et autres matériels de vote, mais aussi des véhicules, dont le montant pourrait se chiffrer à des millions de dollars américains.

On est là en face des faits punissables pour lesquels le pouvoir en place et l’opposition se rejettent la responsabilité. L’opposition accuse le camp de la Majorité avec son candidat Emmanuel Ramazani Shadary d’entraves et de discours incendiaires, mais surtout la peur que les forces de sécurité aux ordres d’un seul camp, distille en ayant la gâchette facile contre ses militants, endeuillant volontairement le pays pour des intérêts égoïstes des uns.

Ce que dément la Majorité qui accuse la coalition de « Lamuka » d’être à la base de l’incendie qui a ravagé l’entrepôt de la Céni, dans l’objectif, selon elle, d’empêcher la tenue des élections. Ces morts et incendie sans cause plausible.

C’est tellement crapuleux, scandaleux que l’extérieur a levé la voix, la situation devenant de plus en plus inquiétante. La Monusco et la Belgique ont condamné ces violences et appelé à la retenue. Human Rights Watch appelle l’ONU à protéger les candidats et les civils pendant la campagne.

La France condamne l’utilisation des balles réelles, tandis que Washington a condamné ces violences. Du côté de l’Union africaine, l’on insiste sur la nécessité d’enquêtes et l’organisation se dit toujours prête à assister la Céni en cas de besoin. Enquêtes, le mot est lâché. Mais des enquêtes crédibles, pas bâclées comme l’a montré récemment celle de « Congo files » dans l’affaire Kamuina Nsapu. Il y va de l’honneur et de la crédibilité du régime enclin à se perpétuer.

La coalition Lamuka appelle à des élections apaisées

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces violences inacceptables. Nous exhortons les Congolais à ne pas répondre aux provocations. Ne répondons pas à la violence par la violence, mais plutôt par une mobilisation toujours plus forte, pacifique, mais déterminée. C’est comme cela que nous ferons triompher la seule vraie alternance, celle portée par Martin Fayulu’’, déclare Lumbi, dans un communiqué publié jeudi, dans la soirée.

Pour le Directeur de campagne de Fayulu, aucun prétexte, y compris l’incendie enregistré ce jeudi, dès les premières heures du matin, au dépôt de machines et kits électoraux, ne peut justifier le moindre report des élections du 23 décembre 2018.

Lamuka lance ainsi un vibrant appel au peuple congolais en vue d’une forte mobilisation autour de son candidat et insiste, par ailleurs, sur l’implication de l’ensemble de partenaires de la RD. Congo notamment, le Conseil de Sécurité de l’Onu, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine et de la SADC, pour conjurer la terreur et restaurer la confiance dans le processus électoral en cours.

Au passage, Lamuka interpelle les autorités congolaises en charge de la sécurité afin de garantir à tous les candidats, les mêmes droits de participation à la campagne électorale avant la tenue effective des élections, le 23 décembre 2018.

La CENI prise dans le piège de l’opposition

L’incertitude s’installe à 8 jours des élections en République démocratique du Congo (RDC). Ce doute vient d’être approuvé pour avoir constaté des violences et l’incendie de l’entrepôt des matériels électoraux en pleine campagne électorale. Donc, elle est prise dans le piège de l’opposition qui l’accusait de préparer des élections les plus « chaotiques ».

A quelques jours des élections, les populations congolaises vont aller élire leurs dirigeants. Mais, on déplore des échauffourées qui sont enregistrées en pleine campagne électorale. Au moins cinq personnes sont mortes et plusieurs blessés depuis le début de la campagne électorale, a rapporté les chiffres de la Société civile et de l’opposition.

D’une part, l’opposition dans son ensemble accuse le pouvoir en place de l’empêcher de battre pacifiquement campagne. D’autre part, l’entrepôt de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni) situé sur l’avenue forces des armées (Ex Haut Commandement) a pris feu cette nuit. Ce sont des signes mettant en cause la crédibilité et la transparence des élections. Selon certains observateurs, 20 % du matériel électoral destiné à la tenue de la prochaine présidentielle du 23 décembre, pourraient toujours s’y trouvaient.

En fait, bon nombre d’irrégularités sont enregistrées déjà après la tenue des élections prévues le 23 décembre. Alors que l’Union européenne, qui a prolongé ses sanctions contre 14 personnalités congolaises, annonce que cette mesure peut (ou ne peut) se corser après la tenue des élections.

Entre-temps l’ONU et certains pays européens appellent à la retenue. A cette violence s’ajoute d’autres événements à 10 jours de la tenue des élections. Beaucoup d’interrogations

Les réactions, dans la sphère politique congolaise, ne se sont pas fait attendre. Le conseiller diplomatique de la présidence, Barnabé Kikaya Bin Karubi, accuse les « ennemis de la démocratie » d’être passés « à la vitesse supérieur » tandis qu’Olivier Kamitatu Etsu, porte-parole d’opposant Moïse Katumbi, pose la question : « Coup du sort ou une main noire s’acharne-t-elle contre les élections ? ».

Pour rappel, les États-Unis sont restés intransigeants sur la tenue des élections en 2018. Les États-Unis restent inflexibles en ce qui concerne la tenue des élections le 23 décembre 2018 en RDC. C’est ce qu’exprime le département d’État américain dans son communiqué annonçant de nouvelles sanctions contre des personnalités congolaises, non-identifiées, accusées de corrompre le processus électoral.

Par ailleurs, ils préconisaient des élections crédibles, apaisées et transparentes conduisant au premier transfert de pouvoir pacifique et démocratique en RDC. Tout cela pour les USA, se passera dans les délais requis en décembre 2018 dans lesquelles les Congolais seront libres d’exprimer leurs points de vue sans avoir à craindre ni la violence, ni les actes d’intimidation sont déterminantes pour garantir un avenir plus paisible et prospère en RDC et dans la région.

A rappeler que la coalition « Lamuka vient d’accepter l’usage de la machine à voter », en appelant le peuple à se prendre en charge au cas où il aurait le report des élections.

(avec lePotentiel)

Communiqué de la coalition Lamuka

Les 10, 11 et 12 décembre 2018, à Kindu, à Lubumbashi et à Kalemie, la police et l’armée ont tiré à bout portant et lancé des gaz lacrymogènes et de l’eau chaude sur une population pacifique venue accueillir le candidat commun à l’élection présidentielle congolaise, Martin Fayulu.

A l’heure actuelle, on a identifié au moins 5 morts. De nombreux blessés et arrestations arbitraires sont à déplorer. Cette folle répression injustifiable contre une population pacifique est intolérable.

Nous présentons nos condoléances aux familles et aux proches éprouvés et nous nous inclinons devant la mémoire de ces nouveaux martyrs de la démocratie.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces violences inacceptables. Nous exhortons les Congolais à ne pas répondre aux provocations. Ne répondons pas à la violence par la violence, mais plutôt par une mobilisation toujours plus forte, pacifique, mais déterminée. C’est comme cela que nous ferons triompher la seule vraie alternance, celle portée par Martin Fayulu.

En plus de ces violences criminelles, nous déplorons que le régime Kabila, dépassé et conscient de son impopularité, fasse tout pour empêcher Martin Fayulu de battre campagne dans le pays.

Manifestement, le régime Kabila a déclaré la guerre aux électeurs, souverain primaire, mais nous ne tomberons pas dans son piège qui consiste à créer le chaos afin d’empêcher la tenue d’élections qui doivent sonner le glas de sa Présidence.

C’est dans cet élan qu’un incendie d’origine criminelle, dont le régime ne peut être que le complice, voire l’instigateur, a ravagé ce matin un dépôt de la CENI, situé juste à côté de l’Etat-major de l’armée.

Face à une telle dégradation de la situation et aux menaces qui pèsent sur le processus électoral, nous en appelons au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à l’Union Africaine, à la SADC, à l’Union Européenne et à l’ensemble de nos partenaires bilatéraux d’intervenir au plus vite afin de :

1) mettre un terme à la terreur qui s’installe contre les électeurs et le candidat Martin Fayulu
2) permettre le rétablissement de la confiance dans le processus électoral.

Pendant que la RD Congo s’apprête à vivre un moment historique de son Histoire, il est de notre devoir à tous, Congolais et amis du Congo, de faire en sorte que ces élections puissent se dérouler le 23 décembre 2018 de façon apaisée, transparente et démocratique.

Fait à Kinshasa, le 13 décembre 2018

Pour la coalition Lamuka

Pierre LUMBI OKONGO
Directeur de Campagne

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