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Joseph KABILA KABANGE dit Jokaka, au Palais de la Nation, Kinshasa, le 09 décembre 2018.
Joseph KABILA KABANGE dit Jokaka, au Palais de la Nation, Kinshasa, le 09 décembre 2018.

RDC : Une transition sans « Kabila » s’impose pour changer de système

Dernière mise à jour, le 22 décembre 2018 à 02:22

Les violences pré-électorales qui se sont passées ce mardi 11décembre à Lubumbashi et avant dans d’autres contrées en l’occurrence à Kindu ,dans le Kassai ou au Bas Kongo pour empêcher l’opposition de faire campagne ou tenir des meetings étaient prévisibles dans ce système politique où Kabila et tous les médiocres qui l’entourent ont déjà organisé leur hold up électoral à travers une parodie d’élections.Les images de ces violences endeuillant des familles sont illustratives d’une campagne qui n’annonce pas de lendemains meilleurs sur les plans sécuritaire,politico-social.C’est dans cette optique que nous estimons qu’il est impérieux de promouvoir une transition sans Kabila afin de s’affranchir de cette privatisation du pouvoir par un clan des criminels et mafieux.

Kabila doit être tenu responsable des violences qui émaillent les campagnes électorales puisque ce monsieur ,conscient d’une déculotté en cas d’une élection présidentielle crédible et apaisée doit être aux manettes. C’est un processus électoral qui n’existe que de nom puisqu’il s’agit à fortiori d’une légitimation d’un dauphin redevable à un mentor se comportant comme si la Rdc lui devait comme le chantait Mobutu. Où est donc le maréchal congolais ? Il y aura bientôt un après Kabila.

Au delà de ce sombre tableau, comment aller aux élections quand les inquiétudes sur l’organisation de ces élections paraissent réelles ? Si c’est seulement accompagner un tyran avec son dauphin pour cautionner la tricherie et l’escroquerie du siècle dans ce deal proposé aux candidats qui ont accepté d’y participer, une telle posture contribuerait à l’abrutissement collectif des congolais.Pourquoi s’obstiner à utiliser la violence pour réprimer les opposants quand vous êtes convaincu Monsieur Kabila avec la complicité de Corneille Nanga et avec le concours de tous les moyens et ressources financières de l’Etat de remporter cette mascarade d’élections ?

Ce système kabiliste a franchi des zones rouges : la Ceni n’ a pas tout le budget d’acheminer toutes les machines à voter et le reste du matériel électoral à tous les centres de vote même dans les coins les plus reculés du pays aux routes impraticables. Sur le montant de près de 122 millions de dollars américains qu’il faut pour la tenue des élections , la Ceni garde un silence de marbre et c’est le flou.

Et pour soutenir la détermination et la colère des congolais exigeant que Kabila dégage compte tenu de ses réelles intentions exprimées dernièrement de revenir au pouvoir à l’instar de ce qui s’est passé en Russie entre Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine entérinant la permutation de postes, nous estimons qu’en dehors de transition négociée comme solution à un processus politique pris en otage, d’autres actions de force comme une insurrection populaire sont possibles quand un pouvoir ne jouit plus d’une légitimité populaire et s’arc-boute au pouvoir. Il faut donc mettre un terme à un régime politique néocolonial comptable de la pauvreté et de tous les maux qui minent la Rdc: recrudescence de la maladie Ebola, guerre civile récurrente à l’est du pays avec tous ses corollaires, pillage systématique du pays ,absence de développement durable et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Heureusement que l’Union européenne vient de renouveler des sanctions ce lundi 10 décembre 2018 contre 14 officiels congolais à qui l’UE reproche de graves entraves au processus électoral et des violations des droits de l’homme. Il n’ y a pas d’autres formes de lutte pour les congolais que se conformer à la constitution et aux lois régissant l’organisation des élections. Sinon le passage à des formes radicales sont possibles pour détruire un système qui continue à faire croire aux naïfs que monsieur Kabila et ses gâteux amis ont la capacité de gagner les élections après 17 ans de sous-développement.

Il nous appartient clairement de resserrer les rangs afin de nous affranchir du système politique qui a détruit toutes les valeurs démocratiques avec la complicité des systèmes de multinationales. Trop c’est trop, il nous revient de nous préparer à la nouvelle bataille de libération en se tenant toujours prêt pour répondre en patriote à l’appel de la nation afin de construire les conditions réelles d’une transition démocratique qui puisse ramener la Rdc à des nouvelles élections crédibles, apaisées.

(Professeur Florent Kaniki)

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