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Martin FAYULU MADIDI dit Mafa, lors de son arrivée à Beni
Martin FAYULU MADIDI dit Mafa, lors de son arrivée à Beni

Jour du vote : Dilemme pour les électeurs en RDC

Dernière mise à jour, le 13 décembre 2018 à 07:08

L’usage de la machine à voter imposé par la Céni continue de diviser la classe politique. Du côté de la coalition « Lamuka », les partisans de Martin Fayulu, sont complètement perdus de l’attitude à adopter le jour du vote, car leur leader continue à récuser l’usage de la machine à voter. Reçu récemment à CongoWeb télévision, Martin Fayulu a répété qu’il est candidat à la magistrature suprême. Mais si la Ceni use de cette machine, il ne sera plus candidat. Face à ce dilemme, le leader de « Lamuka » est invité à éclairer ses partisans en vue de se prononcer sur sa participation ou non, aux élections du 23 décembre.

Les jours filent pour que les Congolais aillent aux élections. Mais, l’usage de la machine à voter imposé par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) continue de diviser la classe politique. Du côté de la coalition « Lamuka », les partisans de Martin Fayulu, sont complètement perdus de l’attitude à adopter le jour du vote, car leur leader continue à récuser l’usage de la machine à voter.

Le candidat président de la République, Martin Fayulu a invité, le 25 novembre 2018, tous ses sympathisants de la province de la Tshopo à voter pour lui, le 23 décembre prochain. Mais seulement, avec le bulletin papier. Par contre, d’autres poids lourds de l’opposition à l’instar de Felix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont accepté d’aller aux élections avec la machine à voter.

D’où, la question de savoir comment, Fayulu et les siens comptent obtenir l’usage des bulletins à papier sans le consentement de la Céni?

Fort de son alliance avec l’UDPS, le parti cher à Vital Kamerhe a mis un terme à son combat contre la machine à voter ainsi que l’extirpation des fictifs du fichier électoral, alors que la position de Martin Fayulu, celle de boycotter l’utilisation de la machine à voter, met l’opinion dans un embarras et prête la confusion.

Trois candidats en lice

Il s’agit de Ramazani Shadary, candidat désigné du Front commun pour le Congo (FCC), de Félix Tshisekedi porté par la coalition « Cap sur le changement » (Cach) et de Martin Fayulu aligné par la plate-forme « Lamuka ». Ces trois leaders font déjà montre de certaines dispositions qui traduisent leur détermination d’être portés à la tête de la République, au terme de la compétition électorale. En effet, ils sont très actifs sur le terrain et drainent du monde à leur apparition.

En outre, le leader de la coalition « Lamuka » continue même à mobiliser dans un tweet, sa base, à se rendre aux bureaux de vote le 23 décembre pour glisser le bulletin dans l’urne en sa faveur, mais sans utiliser la machine à voter. Pourtant, il dit ne pas boycotter les mêmes élections, à condition qu’il n’y ait pas de machine à voter.

Reçu récemment dans l’émission Infos7, diffusée sur la chaîne CongoWeb télévision, Martin Fayulu a répété qu’il est candidat à la magistrature suprême. Mais si la Ceni use de cette machine, il ne sera plus candidat.

Face à ce dilemme, le leader de « Lamuka » est invité à éclairer ses partisans en vue de se prononcer sur sa participation ou non, aux élections du 23 décembre.

QUE PEUT RETENIR MARTIN FAYULU DE LA POSTURE DE MACKY SALL EN 2012 ?

La position radicale du candidat de la coalition « Lamuka » sur la machine à voter rappelle à peu près, celle de l’opposition sénégalaise en 2012 contre la candidature du président Abdoulaye Wade. Les opposants étaient tombés d’accord de ne pas battre campagne. Mais en homme réaliste, Macky Sall a refusé le « jusqu’au boutitste » et s’est lancé en campagne pour finalement triompher à la proclamation des résultats.

En 2012 au Sénégal, le pays avait connu une tension pré-électorale hors norme. Ce déchainement de manifestations et de violences étaient causé par la volonté du président sortant Abdoulaye Wade, de se présenter pour un 3ème mandat. Vent debout, l’opposition et la société civile s’étaient liguées contre ce qui était qualifié par certains d’« une forfaiture validée par le Conseil constitutionnel ».

Pour protester contre la présence de Wade à cette élection, les autres candidats à la présidentielle avaient convenu de ne pas battre campagne. Mais après quelques jours, sans battre campagne, le candidat Macky Sall s’est désengagé de cet accord et est allé mener sa campagne en « solo ». L’ancien Premier ministre Idrissa Seck respectera jusqu’au bout son engagement en ne battant pas campagne.

Moustapha Niass, l’actuel président de l’Assemblé nationale qui avait une forte coalition autour de lui et faisait office de principal challenger de Wade, n’a pas non plus beaucoup battu campagne. Tout comme Ousmane Tanor Dieng du Parti socialiste.

Quelle leçon pour Martin Fayulu ?

Au soir de la proclamation des résultats, c’est Macky Sall qui, à la surprise de certains, s’est qualifié pour le second tour.

Que peut retenir Martin Fayulu et la coalition « Lumaku » de cet exemple sénégalais, qui a priori, n’a rien à voir avec la situation qui prévaut au Congo ? C’est que le « jusqu’auboutiste » est louable, mais il faut parfois faire preuve du réalisme et prendre une décision sage et salutaire pour soi-même et pour ceux qui croient en vous.

Parce que pour le cas du Sénégal, si Macky Sall ne s’était pas, après analyse de la situation, désolidarisé des autres leaders pour aller battre campagne, peut être que Wade allait gagner l’élection dès le premier tour.

Donc, Martin Fayulu doit revoir sa copie. Son intransigeance sur le retrait de la machine à voter relève de la cécité politique. Parce qu’en l’état actuel, il est peu probable que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) fasse rétropédalage à quelques deux semaines du scrutin. « Il est impossible d’organiser les élections sans la machine à voter », tonne et signe la centrale électorale. De l’avis de certains observateurs, vouloir saboter le vote le jour du scrutin consisterait à jouer la carte du pouvoir. Cela, sans compter d’éventuels débordements et violences dont on ne sait jamais comment ça va finir.

Que « MAFA » tienne un discours clair à ses militants et sympathisants qui doivent se cogner la tête en ce moment parce que, ne sachant pas quoi faire. L’heure n’est plus à la tergiversation. Il faut qu’il indique sa pensée sur le boycott ou non de la présidentielle. Dans l’un et l’autre cas, il risque de se discréditer.

(avec lePotentiel, Hervé NTUMBA, François MENDY)

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