mercredi , 21 août 2019
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RDC : Augmentation du taux de mortalité des enfants malnutris

Le taux de mortalité des enfants souffrant de malnutrition à Masisi, dans le Nord-Kivu, est passé, ces deux derniers mois, de 6,4% à 8%. Cette augmentation du taux s’explique notamment par l’insécurité qui sévit dans cette partie de la RDC. Les violences entravent les activités rurales et restreignent l’accès aux soins de santé, indique un communiqué des Médecins Sans Frontières.

Le taux de mortalité dû à la malnutrition dans les différentes structures sanitaires soutenues par le Projet de MSF à Masisi a connu une augmentation. Ce taux est passé, au cours des deux derniers mois, de 6,4% à 8%. 

« Cette situation d’insécurité, entrave les activités rurales et fait déplacer les familles qui souvent, perdent tous leurs biens et la capacité de nourrir leurs enfants, explique l’infirmier superviseur des cliniques mobiles, Ahmosi Twengererwe Bembeleza. 

« Trop souvent, poursuit-il les gens évitent de faire le trajet vers les structures de santé à cause de la peur d’être pillés ou attaqués. En conséquence, un plus grand nombre d’enfants malnutris arrivent dans nos centres d’alimentation thérapeutique à un stade avancé, et quand l’enfant est dans un état trop critique, parfois nos meilleurs soins ne sont pas assez ».

Des inciviques qui, aujourd’hui, pillent dans un village, et demain dans un autre village rendent les malades réticents. Tel est le cas de Abarishimana, mère de jumeaux de moins d’une année qui a raconté à MSF son attitude. Selon celle-ci, quand ses jumeaux sont tombés malades, elle avait honte d’aller au centre des MSF, au regard de la santé médiocre de ses bébés. Elle s’est tout de même présentée, malgré leur état et a, ensuite, bénéficié des soins appropriés. 

Le climat d’insécurité ne permet pas aux paysans de s’adonner aux activités champêtres, révèle en plus Ahmosi Twengererwe Bembeleza. « La terre est très fertile à Masisi et, dans des circonstances normales, il ne devrait pas y avoir des problèmes de malnutrition sévère. Mais, les gens craignent souvent de cultiver leurs champs de peur que le peu qu’ils cultivent soit volé ou brûlé ».

MSF indique que l’insécurité n’est pas le seul facteur préoccupant. « En juillet, les équipes de MSF ont enregistré une hausse du nombre total d’enfants souffrant de malnutrition qui ont été soignés dans les structures qu’elle appuie, via les Unités Nutritionnelles Thérapeutiques Hospitalières et Ambulatoires, en raison d’une interruption de l’approvisionnement en Plumpy’Nut (aliment thérapeutique utilisé dans le traitement de la malnutrition) dans les centres de santé voisins non soutenus par MSF ».

DES SERVICES GRATUITS

Par ailleurs, fait savoir le communiqué, lorsque les autres structures étaient en rupture de stock, les familles n’avaient pas d’autres choix que de se rendre chez MSF. Le Responsable des cliniques mobiles Ahmed Tijany Deh reconnait que « les problèmes d’approvisionnement ne sont pas nouveaux, mais récurrents ».

MSF travaille à Masisi depuis 2007 en soutenant l’Hôpital Général de Référence du même nom, le centre de santé de Masisi, et le centre de santé de Nyabiondo. Dans ces structures, les équipes MSF assurent gratuitement des services de soins de santé primaire et secondaire notamment la chirurgie, la médecine interne, maternité, pédiatrie, le programme nutritionnel, les violences sexuelles, le traitement du choléra. MSF organise également des cliniques mobiles pour accéder aux populations exclues, afin de leur apporter une assistance ra­pide et flexible. Les équipes mobiles de MSF travaillent en outre dans les volets paludisme, violences sexuelles, et planning familial. 

(avec Dina BUHAKE)

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