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Jean-Pierre BEMBA et Moise KATUMBI CHAPWE, en train d'enregistre un message soutenant Martin FAYULU, pour la présidentielle 2018 en RDC.
Jean-Pierre BEMBA et Moise KATUMBI CHAPWE, en train d'enregistre un message soutenant Martin FAYULU, pour la présidentielle 2018 en RDC.

Que va faire « Lamuka » ? : MAV, la CENI-RDC n’entend pas faire marche arrière

Dernière mise à jour, le 10 décembre 2018 à 06:27

Si le bloc de l’opposition formé dans la capitale kényane se dit prêt à aller aux urnes avec ou sans la machine à voter, le camp « Lamuka », plateforme électorale de soutien à Martin Fayulu, conditionne sa participation auxdites élections, par le retrait, sans aucune autre forme de procès, de la machine à voter introduite par la Centrale électorale. En lieu et place de cette imprimante, les majors de « Lamuka » s’en tiennent mordicus au recours, mieux au retour au bulletin de vote papier. En dépit de la pression toujours persistante du camp Fayulu, la Ceni n’entend pas faire marche arrière. Au contraire. Elle continue, sans désemparer, à exécuter son chronogramme. Dire qu’au stade actuel du processus, Corneille Nangaa, président de la Ceni et tout son staff, en sont à l’étape du déploiement des kits électoraux dans certaines circonscriptions. Notamment dans des provinces.

Vingt-quatre jours seulement, séparent les Congolais de la tenue effective des élections prévue dans la dernière semaine de l’année en cours. Soit le 23 décembre. Pour une première fois, les électeurs congolais habitués au mode de vote avec des bulletins papiers, devront cette fois-ci exprimer leurs choix à l’aide d’une machine à voter, une innovation signée CENI (Commission électorale nationale indépendante). Il s’avère, cependant, que l’usage de cette imprimante au prochain scrutin, est loin et même très loin de faire l’unanimité au sein d’une classe politique fortement bipolarisée. D’une part, le FCC(Front commun pour le Congo), entendez la méga plateforme électorale initiée par le Chef de l’État sortant. Et, de l’autre, l’opposition elle même éclatée en deux blocs visiblement antagonistes : le. Camp de l’accord de Genève soutenant la candidature de Martin Fayulu et le tandem Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi – Vital Kamerhe, uni à Nairobi pour une candidature commune du Président de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) au prochain scrutin présidentiel.

Si le bloc de l’opposition formé dans la capitale kényane se dit prêt à aller aux urnes avec ou sans la machine à voter, le camp « Lamuka », plateforme électorale de soutien à Martin Fayulu, conditionne sa participation auxdites élections, par le retrait, sans aucune autre forme de procès, de la machine à voter introduite par la Centrale électorale. En lieu et place de cette imprimante, les majors de « Lamuka » s’en tiennent mordicus au recours, mieux au retour au bulletin de vote papier.

En dépit de la pression toujours persistante du camp Fayulu, la Ceni n’entend pas faire marche arrière. Au contraire. Elle continue, sans désemparer, à exécuter son chronogramme. Dire qu’au stade actuel du processus, Corneille Nangaa, président de la Ceni et tout son staff, en sont à l’étape du déploiement des kits électoraux dans certaines circonscriptions. Notamment dans des provinces. 

Rien qu’à juger par ces actions en continue, on peut dès lors, conclure qu’à la CENI, la polémique ou la controverse autour de la machine à voter fait partie des dossiers rangés sans suite. Comle qui dirait : « le chien « Lamuka » aboie, la caravane Nangaa passe ». Et en vitesse constante. Reste donc à ceux qui rejettent l’usage de cette machine, à décider finalement s’ils devront ou ne pas se présenter devant les urnes en décembre prochain.

Secret de polichinelle. Martin Fayulu a demandé à ses électeurs de se présenter effectivement le 23 décembre dans leurs bureaux de vote respectifs. En même temps, il leur enjoint de ne pas voter avec la machine !

Au sein de l’opinion à Kinshasa, cette position du candidat de « Lamuka » à la prochaine élection présidentielle, fait polémique. Le débat est encore beaucoup plus virulent sur les réseaux sociaux où chaque internaute y va de son commentaire. Pour certains, Martin Fayulu ou plus exactement le groupe de Genève n’est pas prêt pour les élections. D’autres considèrent la posture actuelle du président du parti ECIDé, comme une manœuvre désespérée dont l’objectif serait celui d’arracher une prolongation des échéances électorales. Bref, une transition.

La vérité est que la position de Martin Fayulu laisse ses partisans quelque peu perplexes. Leur demander de se présenter dans les bureaux de vote et en meme temps, ne pas voter avec la machine, certains observateurs estiment que cela ne veut rien dire. De deux choses, l’une. Ou bien qu’il exhorte ses électeurs à ne pas carrément se déplacer pour les bureaux de vote, soit qu’il leur demande de voter, tout en restant « vigilants ».

A la lumière de tout ce qui se passe présentement sur le terrain, on peut donc conclure que l’usage de la machine lors du prochain scrutin reste irréversible. Cela pour deux raisons des moyens et de temps. Faire l’impasse sur la machine a voter suppose que le Gouvernement doit trouver les moyens financiers nécessaires pour imprimer les bulletins papier. C’est déjà la le premier obstacle. La seconde contrainte est celle liée a l’impératif du temps. A supposer que l’on réunisse les moyens financiers, la CENI serait-elle capable d’imprimer les bulletins papiers et les déployer à travers l’immense territoire national, pendant les trois semaines et trois jours qui séparent les Congolais de l’échéance buttoir du 23 décembre ? A quoi auront servi, un fine, les milliers de machines a voter qui ont coûté plusieurs millions de dollars américains, en termes d’achat et de transport ? 

DROLE DE DEMARCHE

Demander au jour d’aujourd’hui à sa base, d’aller au vote sans voter avec la machine, apparait comme une décision contreproductive, d’abord pour le leader de Lamuka lui- même. A quoi lui aura-t- servi d’aller battre la campagne pour l’élection présidentielle qui devra lui coûter des sommes faramineuses, si déjà des le départ, il est convaincu que les Congolais supposés lui exprimer leurs suffrages, ne répondront pas a l’appel du 23 décembre ? Et dire que l’election n’est pas que la présidentielle. Il y a également les législatives nationales et provinciales auxquelles ont postulé, on le suppose, plusieurs centaines de candidats des partis politiques membres de LAMUKA. Ces postulants sont-ils psychologiquement outillés pour accepter que l’argent payé pour la caution, l’ait été a titre d’ »aumône » à l’État congolais ? Les candidats députés pro Fayulu à quelque niveau des législatives, doivent-ils ou pas battre campagne ? Si oui, ce serait alors pour qu’elle finalité, dès lors qu’ils savent qu’ils n’auront pas de répondants ou d’électeurs dans les bureaux de vote ?

Libre à un parti ou regroupement politique de participer ou de boycotter un scrutin. L’historique opposant au régime du défunt Maréchal Mobutu, feu Étienne Tshisekedi, l’a fait en 2006, quand il avait demandé aux militants de si’ on parti UDPS, de ne pas participer au processus électoral. Et le mot d’ordre fut respecté. Le pays a organisé ses premières élections démocratiques depuis des lustres , sans la participation du principal parti de l’opposition. Du point de vue du fonctionnement des institutions, le refus de l’Udps de prendre une part active au vote de 2006, n’avait donc rien changé. Bien au contraire. Toutes les structures de l’État avaient normalement fonctionné, jusqu’à ce que le pays avait organisé le second cycle électoral en 2011. Cette fois-là, avec la participation active de l’Udps. Pour le processus en cours, l’opinion a même appris que le MLP de Franck Diongo aurait décidé de n’aligner aucun candidat à n’importe quel niveau du vote. C’est aussi sin droit le plus légitime. Personne ne devrait donc s’en plaindre.

Pour toutes les raisons avancées ci-dessus, d’aucuns estiment qu’à quelque vingt-quatre jours de la tenue effective du scrutin, Martin Fayulu devrait clarifier sa position. 

(avec Grevisse KABREL)

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