samedi , 15 décembre 2018
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UNIKIN : Reprise des activités académiques ?

Reprise timide des activités académiques mardi à « la colline inspirée ». Malgré la présence des professeurs, plusieurs auditoires ont été vides de monde. Gardant encore frais en mémoire les évènements malheureux qui ont occasionné la mort de deux de leurs collègues, les étudiants préfèrent rester à la maison toute cette semaine, en vue de s’assurer de la reprise effective des cours.

Les professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) ont suspendu leur mouvement de grève le mardi 27 novembre, à l’issue d’une assemblée générale organisée au siège de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN), près des Cliniques universitaires. Interrogés hier sur le campus de cet établissement universitaire, les étudiants saluent cette décision qui, affirment-ils, est venue sauver l’année académique qui frôlait déjà une année blanche.

Reprise timide des activités académiques mardi à « la colline inspirée ». Malgré la présence des professeurs, plusieurs auditoires ont été vides de monde.

Gardant encore frais en mémoire les évènements malheureux qui ont occasionné la mort de deux de leurs collègues, les étudiants préfèrent rester à la maison toute cette semaine, en vue de s’assurer de la reprise effective des cours.

L’atmosphère ambiante disait long sur cette timide reprise de cours. De la faculté de Droit, au bâtiment abritant la faculté de médecine, des étudiants étaient à compter sur les doigts de la main. On pouvait à peine percevoir quelques groupuscules d’étudiants devant les facultés. 

« Je suis simplement venu au campus pour m’assurer de l’effectivité des cours, comme annoncée dans les médias. Je suis heureux de voir que les activités académiques reprennent progressivement. J’invite ainsi les autres étudiants qui sont encore à la maison à s’activer, à reprendre massivement les cours, afin de rattraper le retard enregistré », nous a soufflé Christian M., étudiant en 1ère année de Licence en Mathématiques informatiques.

FAVORISER UN CLIMAT DE PAIX

La levée de cette grève était très attendue par la communauté estudiantine. Elle intervient après la satisfaction partielle des revendications des professeurs par le Gouvernement. « Malgré la réponse partielle aux revendications des professeurs et au regard du contexte politique marqué par la campagne électorale et les évènements malheureux survenus sur à l’Unikin, l’Assemblée générale des professeurs a décidé de lever le mouvement de grève », a déclaré le porte-parole de l’Apukin, le professeur Michel Makaba Ngoma.

Les professeurs de l’Unikin ont, à l’issue de cette réunion, demandé au comité exécutif de l’APUKIN de continuer les démarches auprès du Gouvernement afin d’obtenir la satisfaction totale de leurs revendications. 

Rappelant que le site universitaire est inviolable, ces sommités intellectuelles appellent les autorités gouvernementales à prendre des mesures conséquentes afin d’éviter que des bavures policières se reproduisent sur le campus de l’Unikin.

LES ETUDIANTS INVITES A REGAGNER LES AUDITOIRES

Au cours d’une interview accordée à la presse, le secrétaire général académique de l’UNIKIN, le Pr Célestin Musao Kalombo, a appelé les étudiants à regagner sans tarder leurs auditoires. Il a salué le geste de l’APUKIN qui a compris qu’il était temps de suspendre la grève pour permettre la reprise des activités académiques sur le site universitaire. Le Pr Musao a également apprécié à sa juste valeur l’engagement du gouvernement à répondre aux désidératas des professeurs. 

L’annonce de la levée de la grève a suscité une euphorie côté étudiants l’après-midi de la journée du mardi 27 novembre. « Nous sommes très joyeux ! Et on attend vraiment d’être délibérés pour commencer la nouvelle année. Depuis que le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire a lancé l’année académique 2018-2019, on n’a pas encore étudié. On ne nous a même pas encore délibérés. Le pire, c’est qu’avec les incidents qu’on a connus, j’ai perdu toutes les notes de cours », a déclaré un étudiant de la faculté des sciences sociales.

Les professeurs de la « Colline inspirée » observaient ce mouvement de grève depuis le 8 octobre dernier. Ils revendiquaient l’augmentation de leurs primes, le remboursement de leur crédit véhicule et l’amélioration de leurs avantages sociaux. Fondée en 1954 par Mgr Luc Gillon, l’UNIKIN organise en son sein 12 facultés avec un effectif total de 1031 professeurs et de près de 30.000 étudiants.

JUSQU’À QUAND LA SUSPENSION DE LA GRÈVE DE L’APUKIN ?

C’est au cours de leur Assemblée générale de mardi dernier que les Professeurs membres de l’APUKIN à l’UNIKIN ont suspendu leur grève sèche déclenchée depuis le début de cette année académique 2018-2019. Mais ce n’est pas une levée de la grève mais bien une suspension. Pas à durée indéterminée.

La question qui vient sur toutes les lèvres à l’attention des Professeurs de l’APUKIN est de savoir pour combien de temps vont-ils suspendre le mot d’ordre de grève. Quand on sait que le motif avancé est plus politique et non à caractère social. Ils veulent par cette décision favoriser que la campagne électorale déjà commencée se déroule dans un contexte d’apaisement. Rien sur la revendication principale qui est le payement par le gouvernement du manque à gagner de la prime des parents fixée au taux de 90 pour 1 USD. 

Or, la campagne a une durée dans le temps et se termine plus précisément au 22 décembre 2018, dans moins d’un mois. Ce qui veut dire, en principe qu’à cette date-là la grève devrait reprendre. Alors que ce que tous les Congolais attendent avec à la tête les étudiants de l’UNIKIN, c’est la levée pure et simple de la grève et non la suspension. 

Et pour cause. Il ne faut pas se voiler la face que les revendications des Professeurs de l’APUKIN ne seront jamais rencontrées dans leur totalité par l’actuel gouvernement qui ne privilégie, pour dépense principale, que les crédits liés aux élections. On ne le voit pas dans ces conditions, payer le manque à gagner de la prime des parents d’autant que les salaires des Professeurs, eux, sont payés et ne connaissent pas un retard. 

Au fait, la prime à la charge des parents qui tirent le diable par la queue devrait être la honte pour les Professeurs de l’APUKIN. Les parents ne sont pas leur employeur, mais bien l’Etat congolais, donc le gouvernement. Dès lors, à chacune de leurs actions ils devraient toujours mettre plus d’eau dans leur vin et voir qui est le perdant, ce sont les étudiants et leurs parents, donc la nation entière vu que l’Université forme l’élite de demain c’est-à-dire l’avenir du pays.

Partant, les Professeurs de l’APUKIN doivent lever totalement leur grève et diriger leurs revendications tout à fait légitimes vers le gouvernement issu des élections du 23 décembre 2018. Ce qui éviterait une année académique en dents de scie marquée par plusieurs grèves des Professeurs de l’APUKIN. Surtout, il ne faudra pas perdre de vue le fait que cette grève des Professeurs de l’APUKIN est entachée du sang de deux étudiants froidement tués dans des interventions disproportionnée des forces de l’ordre. 

Alors que le mouvement de colère des étudiants qui ne cherchent que la reprise des cours est bien justifié. Leur présence sur le site universitaire, ce n’est pas pour chômer mais bien pour étudier. Ce qui doit interpeller aussi bien l’APUKIN que le gouvernement, chacun devant assumer sa responsabilité sur la mort des deux étudiants. Du respect pour ces derniers qui n’ont pas encore été inhumés jusqu’à ce jour. On ne voit en tout cas pas pareil drame rééditer à nouveau sur cet alma mater qu’est la colline inspirée du Mont-Amba, lieu d’activité des scientifiques de haut vol.

(Orly-Darel NGIAMBUKULU, KANDOLO M.)

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