samedi , 15 décembre 2018
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RDC : La BCC se réjouit de la stabilité macroéconomique

Les principaux indicateurs macroéconomies sont au vert durant cet exercice 2018. Le franc congolais ne s’est déprécié que de 2,4% depuis le début de l’année contre 23% en 2017. Les réserves de change sont maintenues à plus d’un milliard de dollar. Le taux de croissance est maintenu à 4,1%. Le taux d’inflation en glissement annuel atteindrait à peine 7,301%. L’économie congolaise sera même plus solide et plus forte en 2019, foi de l’Institut d’émission.

Dans son communiqué diffusé le mardi 27 novembre à l’issue de la 10ème réunion du Comité de politique monétaire, la Banque centrale du Congo annonce un déficit provisoire de 220,9 milliards de francs congolais dans les finances publiques. « Au plan des finances publiques, la balance mensuelle des opérations financières de l’Etat affiche un déficit provisoire de 220,9 milliards de FC en novembre 2018 contre celui de 119,6 milliards enregistré le mois précédent ». 

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a pris la résolution de financer seul les élections présidentielle et législatives nationales et provinciales prévues le 23 décembre 2018. Le budget électoral pour les trois scrutins combinés de cette année est chiffré à 526 millions USD par la Commission électorale nationale indépendante. Ci-dessous l’intégralité de cette communication de la Banque Centrale du Congo (BCC).

BANQUE CENTRALE DU CONGO, COMITE DE POLITIQUE MONETAIRE, KINSHASA, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, COMMUNIQUE ANNUEL SUR LA POLITIQUE MONETAIRE

Le Comité de Politique Monétaire a tenu, ce mardi 27 novembre 2018, sa 10ème réunion ordinaire de l’année 2018, sous la Présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

A cette occasion, le Comité a passé en revue les principaux faits marquants ayant caractérisé l’évolution économique et financière récente aux plans extérieurs et intérieurs, avant de donner des orientations en matière de la politique monétaire pour les prochains mois.

De l’examen de la conjoncture économique, il se dégage ce qui suit :

Au plan extérieur

Le raffermissement de l’économie nationale devrait se poursuivre en dépit des risques des dégradations croissantes. Déjà inégale, la croissance mondiale devrait rester faible par rapport aux tendances passées, tandis que le chômage demeurait élevé.

Par région, il y a lieu de relever que, portée par les mesures de relance budgétaire, la croissance aux États-Unis atteindrait 2,9 % en 2018 avant de perdre 2 points de pourcentage à l’horizon 2019 suite notamment à l’essoufflement de la relance budgétaire au regard de la réduction progressive de l’écart de production et aux conséquences des mesures protectionnistes. Ce trend devrait caractériser également la zone Euro, où l’activité économique reculerait de 0,1 point, passant de 2,0 % en 2018 à 1,9 % en 2019.

Les économies émergentes et en développement connaîtraient un regain d’activité. En effet, boostée par la bonne tenue des cours mondiaux des matières premières, le taux de croissance économique passerait de 1,4 % en 2018 et 2 % en 2019. Cependant, cette évolution occulte des disparités entre pays. En Afrique subsaharienne, les perspectives économiques restent globalement porteuses avec une croissance attendue à 3,1 % en 2018 et 4,0 % en 2019 sous l’effet notamment de la vigueur de la demande mondiale.

S’agissant des cours des principales matières premières exportées par le pays au 23 novembre 2018, il est noté un léger recul du cours moyen du cuivre de 0,72 %, le ramenant à 6.174,18 USD la tonne métrique. Cette tendance tient principalement aux perspectives de ralentissement de la croissance chinoise sur fond de tensions commerciales avec les USA. En effet, projetée à 6,6 % en 2018 la croissance chinoise se situerait à 6,2 en 2019. Quant au cobalt, son cours s’est stabilisé autour de la moyenne observée le mois précédent, soit 73.951,4 USD la tonne. Par ailleurs, la forte contraction du cours du baril de pétrole mérite une attention particulière. En effet, en raison d’une offre abondante impulsée par la production des Etats-Unis, le cours du baril a baissé de 15,89 % pour se situer à 67,78 USD en moyenne mensuelle.

Au plan intérieur

Les estimations de la croissance économique, sur base des réalisations de la production à fin juin 2018 révèlent une amélioration de l’activité économique de 0,4 point, attestée par un taux de croissance attendu à 4,1 % en 2018, impulsée par une branche extractive bénéficiant des cours mondiaux rémunérateurs.

En dépit de cette amélioration, les chefs d’entreprises demeurent hésitants quant à l’évolution de la conjoncture économique à court terme. En effet, leur solde global d’opinions s’est établi à -3,1 % au mois d’octobre contre -1,0 % et 1,8 %, respectivement en septembre et août 2018.

Sur le marché des biens et services, le ralentissement du rythme de formation des prix se poursuit en dépit des légères pressions inflationnistes enregistrées depuis le mois de septembre. En effet, le taux d’inflation mensuel s’est situé à 0,417 au mois d’octobre contre 2,207 % au mois de septembre et 4,135 % à la période correspondante de 2017. A la quatrième semaine du mois de novembre, l’inflation hebdomadaire s’est établie à 0,146 % contre 0,097 % une semaine précédente, portant le cumul annuel à 6,577 %. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est fixé à 10,557% et en annualisé, il attendrait 7,301 % contre un objectif à moyen terme de 7,0 %.

Au plan des finances publiques, la balance mensuelle des opérations financières de l’Etat affiche un déficit provisoire de 220,9 milliards de CDF en novembre 2018 contre celui de 119,6 milliards enregistré le mois précédent. Cette accélération du déficit résulte principalement de la hausse des dépenses liées au processus électoral dans un contexte de faible mobilisation des recettes publiques. Toutefois, en cumul annuel au 26 novembre 2018, le solde des opérations de l’Etat affiche un léger déficit de 5,8 milliards de CDF.

Sur le marché des changes, la stabilité de la monnaie nationale se maintient. En effet, les cours indicatif et parallèle se sont établis à 1.632,46 CDF et 1.648,00 CDF le dollar, soit une dépréciation mensuelle de 0,11 % à l’indicatif et une appréciation mensuelle de 0,02 % au parallèle.

Quant aux réserves internationales au mois de novembre, elles ont enregistré une légère hausse mensuelle de 6,36 millions de USD, s’établissant à 1,04 milliard de USD, soit 4 semaines et 2 jours d’importation des biens et services sur ressources propres.

La situation monétaire a renseigné, au 23 novembre 2018, une hausse mensuelle de la base monétaire de 80,3 milliards de CDF, la situant à 2.506,6 milliards. Cette progression de la monnaie centrale est expliquée par la hausse tant des avoirs extérieurs nets que des avoirs extérieurs nets que des avoirs extérieurs nets respectivement de 10,4 milliards de CDF et 69,9 milliards. Au niveau des composantes, cet accroissement se situe à travers les dépôts des banques.

Au 21 novembre 2018, l’encours global des Bons BCC est passé à 32,5 milliards, venant de 30,0 milliards de CDF, dégageant ainsi une ponction mensuelle et une injection annuelle respectivement de 14,5 milliards et 2,5 milliards de CDF. Cet encours est reparti de la manière suivante : 10,5 milliards pour la maturité à 7 jours, 12,0 milliards pour les 28 jours et 10,0 milliards pour celle à 84 jours.

S’agissant des perspectives économiques à court terme, le CPM reste globalement confiant quant au maintien de la stabilité du cadre macroéconomique. Toutefois, l’orientation monétaire devrait demeurer prudente et dépendrait de l’évolution des prix intérieurs, qui pourrait être influencés par les effets du réajustement à la hausse des prix des carburants, ainsi que du comportement du Trésor dans un contexte marqué par la poursuite des dépenses relatives au processus électoral.

Eu égard à ce qui précède, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangé son dispositif de la politique monétaire. Ainsi, le taux directeur reste à 14,0 %. Les coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme sont maintenus respectivement à 13,0 % et 12,0 % et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 2,0 % et 0 %. Le Bon BCC sera éventuellement utilisé en vue de la régulation courante de la liquidité bancaire.

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