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Corneille NANGAA, president de la CENI-RDC, entoure des journalistes, réceptionnant les MAV.
Corneille NANGAA, president de la CENI-RDC, entoure des journalistes, réceptionnant les MAV.

Élections : Un nombre de matériel électoral fait encore défaut en RDC

Dernière mise à jour, le 2 décembre 2018 à 01:04

Des sources bien informées rapportent qu’un nombre de matériel électoral fait encore défaut au niveau de la Céni, notamment les machines à voter qui ne sont pas en nombre suffisant et le matériel de transmission des résultats. En dernière minute, on apprend que la Céni, limitée par son budget, a failli recourir à le Renatelsat (Réseau National de Télécommunication par Satellite). Mais, là encore, rien de rassurant. Avec un équipement obsolète, le Renatelsat ne pourrait pas être en mesure de satisfaire aux exigences de la Céni dans la transmission en temps réel des résultats pour toutes les circonscriptions de la République, relèvent des experts en la matière. C’est dire qu’il y a encore bien des problèmes à résoudre pour garantir la fiabilité des scrutins du 23 décembre 2018.

La campagne électorale a démarré le jeudi 22 novembre 2018. 21 candidats à la présidentielle, 15.358 à la députation nationale et 19.640 à la députation provinciale vont solliciter les suffrages de 40.024.897 électeurs enregistrés par la Céni. Au premier jour de la campagne électorale, c’est encore le scepticisme de part et d’autre où les candidats brillent par des réticences. Pour sa part, la Céni continue à se dire confiante quand même elle peinerait à surmonter tous les défis logistiques. Bref, on est parti pour une campagne électorale sur fond d’hésitations.

Malgré la vague de contestations de ses méthodes, notamment le choix de la machine à voter, Corneille Nangaa, président de la Céni, reste confiant sur la tenue d’élections à la date du 23 décembre 2018, comme prévu dans le calendrier électoral du novembre 2017. Mercredi dernier, le président de la Céni l’a redit devant les délégués des partis et regroupements politiques ayant souscrit aux élections de décembre prochain.

« Cette date marque une nouvelle étape calendaire du processus électoral en République démocratique du Congo. Une fois de plus, la Centrale électorale démontre par ce respect du calendrier électoral, publié le 5 novembre 2017, sa ferme détermination à conduire le pays vers des élections libres, crédibles et transparentes », a souligné Corneille Nangaa, devant des candidats, mandataires et autres participants réunis dans la salle de spectacle du Palais du peuple.

À la Céni, le cap est donc mis vers les élections. Ce n’est pas pour autant que tout est clair comme l’eau de la roche.

En interne, la Céni doit encore surmonter des difficultés de taille, notamment celles liées à la logistique.

Pour les élections de décembre prochain, la Céni prévoit de déployer : 75.563 bureaux de vote ; 21.699 centres de vote ; 79 centres locaux de compilations des résultats ; 511.901 agents opérationnels ; 1.662.386 fiches, procès-verbaux de vote et de dépouillement ; 85.700 urnes ; 87.500 isoloirs ; 85.700 kits bureautiques de bureaux de vote et de dépouillement. Ce qui est énorme en termes de défi.

À la Céni, tout n’est pas encore bouclé

Des sources bien informées rapportent qu’un nombre de matériel électoral fait encore défaut au niveau de la Céni, notamment les machines à voter qui ne sont pas en nombre suffisant et le matériel de transmission des résultats. En dernière minute, on apprend que la Céni, limitée par son budget, a failli recourir à le Renatelsat (Réseau National de Télécommunication par Satellite). Mais, là encore, rien de rassurant. Avec un équipement obsolète, le Renatelsat ne pourrait pas être en mesure de satisfaire aux exigences de la Céni dans la transmission en temps réel des résultats pour toutes les circonscriptions de la République, relèvent des experts en la matière.

C’est dire qu’il y a encore bien des problèmes à résoudre pour garantir la fiabilité des scrutins du 23 décembre 2018.

Quoi qu’il en soit, la campagne électorale a finalement été lancée depuis le 22 novembre 2018. Dans la ville de Kinshasa, les affiches de campagne se font plutôt rares. De part et d’autre, l’engouement n’est pas encore à l’ordre du jour.

En effet, les candidats à différents niveaux de scrutins, paraissent encore sceptiques. Au regard de toutes les contestations qui entourent le système électoral choisi par la Céni, avec le recours de la machine à voter et un fichier électoral gangrené par plus de 10 millions d’électeurs sans empreintes, personne ne veut prendre le risque de se lancer précipitamment dans la bataille électorale.

Le FCC n’est pas non plus épargné. Raison pour laquelle, jeudi, le chef de l’Etat Joseph Kabila, ci-devant autorité morale du FCC, a réuni dans sa ferme de Kingakati les principaux ténors de sa plateforme électorale pour remonter le moral des troupes. À l’instar du président de la Céni, il a confirmé la tenue d’élections à la date arrêtée dans le calendrier électoral. Ce qui devrait logiquement dissiper des inquiétudes dans les rangs du FCC.

L’appel du Conseil de sécurité

Mercredi dernier, le Conseil de sécurité des Nations Unies a une fois de plus abordé le sujet, rappelant la nécessité pour tous les acteurs engagés dans le processus de trouver un consensus sur les questions qui divisent.

L’organe de décision des Nations unies a réaffirmé que « la mise en œuvre effective, rapide et sincère » de l’accord du 31 décembre 2016 , y compris de toutes les mesures de renforcement de la confiance prévues dans l’accord, telles que la libéralisation de l’espace politique en RDC, la libération des membres de l’opposition politique et de la société civile détenus, le respect des droits de l’homme et les libertés fondamentales telles que la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de la presse et le droit de réunion pacifique, étaient « essentielles pour des élections pacifiques et crédibles le 23 décembre, une transition démocratique du pouvoir ainsi que la paix et la stabilité de la République démocratique du Congo ».

En RDC, comme aux Nations unis, l’on ne cache pas ses inquiétudes sur la tenue dans les bonnes conditions des élections du 23 décembre 2018. N’en déplaise au président de la Céni qui croit dur comme fer à la tenue d’élections à la fin de cette année.

Pour le moment, Corneille Nangaa tient droit sur ses deux jambes. Il a promis d’organiser les élections en décembre prochain. Sans doute le fera-t-il malgré la montagne de défis tant financiers que logistiques qui se dressent devant lui.

Dans tous les cas, les candidats validés par la Céni ont jusqu’au 23 décembre 2018 pour s’attirer la sympathie des électeurs, dans un contexte particulièrement incertain.

40 millions d’électeurs pour choisir un président, 500 députés et 715 parlementaires provinciaux

Les 40 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour choisir leur président de la République lors d’une transition historique pour désigner le successeur de Joseph Kabila, deux ans après l’expiration constitutionnelle de son mandat. Le scrutin sera aussi l’occasion de choisir les 500 députés de l’Assemblée nationale et les 715 sièges des parlements provinciaux.

Dauphin désigné de Joseph Kabila, la campagne d’Emmanuel Ramazani Shadary, du Front commun pour le Congo (FCC, mouvance présidentielle) a démarré dans le drame : trois de ses partisans ont été tués après avoir été kidnappés dans la région du Kasaï-Central. Pour la présidentielle, le dauphin compte non seulement sur des alliés de dernière minute qui l’ont rejoint la veille du lancement de sa campagne, mais aussi sur la division de l’opposition.

C’est justement à contre-courant de la division que rame Martin Fayulu. Après un retour retardé, mais triomphal à Kinshasa, le candidat de «Lamuka », plateforme mise en place par l’imparfait Accord de Genève, a pu se lancer devant une mobilisation concertée de ses alliés Bemba, Katumbi, Matungulu. Mais le candidat commun d’une frange de l’opposition ne sera pas le seul challenger. Vital Kamerhe pour l’UNC, partisan de la relance de la production locale, ou Félix Tshisekedi de l’UDPS, pour un changement politique, ont fait cavaliers seuls, après leur retrait polémique de l’Accord des opposants. Ils ont lancé leur campagne chacun de son côté.

Opposition mal préparée ?

L’enjeu est peut-être ailleurs. La crédibilité et la transparence des trois scrutins ont toujours posé un problème sur lequel pouvoir et opposition n’ont pu se mettre d’accord. Au-delà, l’attitude de l’opposition dans les prochains jours est à observer de très près. Les 106.000 machines à voter, fortement contestées par l’opposition, sont la véritable pomme de discorde.

D’un côté, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) assure que leur distribution, bien que chaotique, sera fin prête le jour du vote. De l’autre, l’opposition envisage de boycotter le scrutin en cas de non-nettoyage d’un fichier électoral où l’on signale 6 millions d’électeurs sans empreinte digitale. Mais la doléance la plus répétée de l’opposition est que la machine à voter soit écartée des mécanismes de vote lors des trois scrutins.

Ce tiraillement entre une commission électorale accusée de jouer le jeu du pouvoir et de l’opposition peut-il conduire au report du scrutin ? Corneille Naanga, président de la CENI, assure que les scrutins se tiendront bien le 23 décembre 2018. Mais quelle crédibilité aurait son instance si d’aventure les opposants se retiraient de la course au Palais du Peuple ? Les prochains jours nous éclaireront.

Pour d’autres observateurs, l’on s’éloigne de l’essentiel. Les opposants qui ont tout misé sur la présidentielle ont raté le coche avec les scrutins législatif et provincial pour lesquels les opposants ont présenté des listes qui ne couvrent pas tout le territoire national. Même si un opposant venait à être porté au palais présidentiel, le pays serait ingouvernable, sans majorité à l’Assemblée nationale. Le piège semble s’être refermé sur l’opposition qui a perdu son énergie plus à contrer les manœuvres du pouvoir qu’à se préparer convenablement pour les élections. De là viendront les premières contestations.

(avec lePotentiel)

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