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Élections : Les candidats les moins lotis seront moins visibles dans le radar en RDC

Les candidats les moins lotis sur le plan des ressources financières seront moins visibles dans le radar. Pour la présidentielle par exemple, il faut disposer d’une logistique conséquente pour la mobilité aux quatre coins d’un pays immense aux dimensions d’un sous-continent. Il faudra être présent partout physiquement, la circonscription électorale étant le territoire national à la différence des législatives consignées dans une seule contrée. Autrement, il faudrait s’abstenir pour ne pas jouer à l’aventure. Selon les spécialistes, le coût minimal des frais de campagne électorale en RDC est d’une vingtaine de millions USD. Les frais de leasing d’un hélicoptère est de 5.000 Euros/heure.

C’est le 22 novembre 2018 que, conformément au calendrier électoral que débute la campagne électorale pour la présidentielle, les législatives nationales et les provinciales sur toute l’étendue du pays. Pour la troisième fois depuis 2006, les Congolais vont assister à des caravanes motorisées battant pavillon de différents candidats aux trois scrutins et à des affiches sur la voie et les places publiques à qui mieux mieux.

Comme d’habitude, les candidats les moins lotis sur le plan des ressources financières seront moins visibles dans le radar. Pour la présidentielle par exemple, il faut disposer d’une logistique conséquente pour la mobilité aux quatre coins d’un pays immense aux dimensions d’un sous-continent.

Il faudra être présent partout physiquement, la circonscription électorale étant le territoire national à la différence des législatives consignées dans une seule contrée.

Autrement, il faudrait s’abstenir pour ne pas jouer à l’aventure. Selon les spécialistes, le coût minimal des frais de campagne électorale en RDC est d’une vingtaine de millions USD. Les frais de leasing d’un hélicoptère est de 5.000 Euros/heure.

La campagne commence dans un contexte trouble fait d’incertitudes qui planent sur la tenue effective des scrutins le 23 décembre 2018. Au centre de la controverse, la machine à voter, cet outil électronique de vote que l’Opposition regroupée dans la coalition « LAMUKA » avec comme candidat unique Martin Fayulu Madidi rejette.

Elle ne boycotte pas mais elle enjoint ses électeurs qu’il n’y aura pas d’élections avec la machine à voter. Or, la CENI reste intraitable sur ce sujet : élections avec machine à voter. Ce qui laisse penser qu’au 23 décembre 2018, il y aura des électeurs qui vont voter avec la machine à voter tandis que d’autres vont s’abstenir de toucher à cet outil informatique en respectant le mot d’ordre de « LAMUKA ». Quelle sera alors la suite au lundi 24 décembre 2018 ?

C’est dans le plan de la coalition de Martin Fayulu Madila, le vote par machine à voter sera contesté en demandant au peuple de se prendre en charge en appliquant l’article 64 de la Constitution. Ce qui augure des moments particulièrement chauds au pays. Tout est lié à l’usage de la machine à voter. L’équation ne pourrait changer que si la CENI consentait à imprimer des bulletins-papiers d’ici le 23 décembre.

Que ce soit en 2006 ou 2011, la campagne électorale avait commencé sur les chapeaux des roues avec à la clé des troubles avec mort d’hommes. En 2006, l’après-élection a été caractérisée par les affrontements entre l’Armée régulière et la garde de Jean-Pierre Bemba Gombo, Vice-Président de la République et candidat-Président de la République.

En 2011, des tensions ont couvé sur fond de violences, nées de la contestations des résultats d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, candidat Président de la République.

Il faut toutefois relever le fait que ces trois acteurs majeurs de la vie politique congolais ne sont pas dans la course pour la présidentielle de 2018. Joseph Kabila a épuisé ses deux mandats constitutionnels depuis décembre 2016. Il a désigné comme dauphin Emmanuel Shadary Ramazany. Jean-Pierre Bemba Gombo, lui, a été invalidé comme Président de la République, tandis qu’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, qui s’était autoproclamé Président de la République en 2011, n’est plus de ce monde.

LE CNSA EXHORTE LES CONGOLAIS À NE PAS CÉDER AUX TENTATIVES DE REPORT DES SCRUTINS

Après la série de consultations des acteurs, le Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) s’est prononcé sur le processus électoral en cours. Dans une déclaration hier mercredi 21 novembre, signée par Joseph Olenghankoy, le CNSA, « appelle tout le peuple congolais à se mobiliser pour les élections le 23 décembre 2018 et à ne pas céder aux tentatives de report des scrutins ».

Selon cette institution d’appui à la démocratie, l’actuelle crise politique en RDC étant née principalement de la non tenue des élections en 2016 conformément à la Constitution, « sa résolution est liée à l’organisation des scrutins le 23 décembre 2018 telle que prévue dans le calendrier électoral publié par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ».

Dans ce document de quatre pages, l’organe en charge du suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre et du processus électoral n’a pas éludé les sujets polémiques que sont la machine à voter, le fichier électoral ou le traitement des candidats président de la République. Cette « courageuse position du CNSA » est intervenue la veille du lancement de la campagne électorale. Lire ci-dessous, l’intégralité de la communication du président du CNSA, Joseph Olenghankoy.

Allocution du Président du Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA)

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Messieurs les membres du Gouvernement,
Messieurs les membres du corps diplomatique accrédités en République Démocratique du Congo,
Messieurs les membres des Organisations du système des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs les membres du bureau et de l’Assemblée plénière du Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA),
Mesdames et Messieurs, à vos titres et qualités respectifs,

Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral (CNSA) a initié, conformément à l’Accord politique, global et inclusif du Centre Inter diocésain signé le 31 décembre 2016 en son chapitre VI.2.3 relatif aux attributions, du 15 octobre au 15 novembre 2018, série des réunions de consultations des confessions religieuses, des acteurs politiques tant de l’Opposition que de la Majorité présidentielle, de la Société Civile, des Candidats Président de la République ainsi que de quelques Représentants de la Communauté internationale.

Lesdits échanges ont porté généralement sur le processus électoral. Il s’agit essentiellement :

  • de la tenue des élections le 23 décembre 2018 ;
  • de l’usage de la machine à voter ;
  • du fichier électoral ;
  • du traitement des Candidats Président de la République pendant la période préélectorale et électorale.

A l’issue de ces réunions et après débats et délibérations, le CNSA relève ce qui suit :

0.1. De la tenue des élections le 23 décembre 2018

L’actuelle crise politique en RDC étant principalement née de la non tenue des élections en 2016 conformément à la Constitution, sa résolution est liée à la tenue des scrutins le 23 décembre 2018 telle que prévue dans le calendrier électoral publié par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

A cet effet, le CNSA appelle tout le peuple Congolais à se mobiliser pour les élections le 23 décembre 2018 et à ne pas céder aux tentatives de report des scrutins,

Aux acteurs politiques impliqués dans le processus électoral, aux Partis politiques et aux Militants, de se préparer et de mobiliser leurs bases pour les élections à la date du 23 décembre 2018.

0.2. De l’usage de la machine à voter

Des échanges avec les différents acteurs apparaissent deux tendances dont l’une pour la tenue des élections le 23 décembre 2018 avec l’usage de la machine à voter et l’autre sans utilisation de la machine à voter.

Mu par le souci d’aplanir toutes les divergences afin de ramener toutes les filles et tous les fils de notre pays à converger vers les valeurs 1 républicaines en lieu et place des intérêts personnels ou partisans, le CNSA encourage la CENI à poursuivre le dialogue avec les acteurs socio-politiques à travers un cadre de concertation technique.

Le CNSA recommande aux acteurs politiques engagés dans le processus électoral de s’organiser pour la surveillance du processus électoral en vue de la tenue des élections transparentes.

Le CNSA a également pris toutes ses dispositions pour être sur terrain pendant la période de la campagne électorale et de la période des élections.

0.3. Du Fichier électoral

Le CNSA recommande à la CENI d’appliquer les recommandations de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

0.4. Du traitement des Candidats Président de la République

Se référant à l’article 110 de la loi électorale relatif aux privilèges accordés aux Candidats Président de la République pendant la période préélectorale et électorale, le CNSA demande au Gouvernement d’assurer un traitement égal et équitable à tous les Candidats Président de la République en ce qui concerne notamment :

  • leur sécurité sur le territoire national ;
  • la liberté d’organiser des manifestations publiques (meetings. conférence…) sur toute l’étendue du pays ;
  • la prise en charge et le déplacement des policiers commis pour leur sécurité.

Le CNSA recommande également :

  • au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) de veiller à l’égalité d’accès aux médias publics à tous les Candidats Président de la République tel que prévu au chapitre IV.7 alinéa 6 de l’Accord du 31 décembre 2016.
  • au Gouvernement d’aller jusqu’au bout de la libération des prisonniers politiques, d’opinions et amnistiés ainsi que les Jeunes des Mouvements Citoyens arrêtés en vue de décrisper le climat politique conformément au chapitre V de l’Accord.
  • aux candidats, le CNSA leur demande de se comporter en digne fille et fils du pays en battant campagne avec les projets de société et non sur les attaques personnelles pour privilégier la promotion des valeurs républicaines.
  • au peuple, le CNSA notre peuple à s’approprier ces élections, gage de la stabilité de la paix et de la concorde nationales.

Mesdames et messieurs,

Sur un autre sujet, le CNSA a reçu avec satisfaction la promulgation de la loi organique portant institution, organisation et fonctionnement du Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral  » en accomplissement ainsi de l’esprit et la lettre de l’Accord du 31 décembre 2016.

Je vous remercie !

Fait à Kinshasa, le 21 novembre 2018

(avec KANDOLO M., Didier KEBONGO)

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