mercredi , 16 octobre 2019
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Ébola : Construction d’un centre de transit au Nord-Kivu

L’épidémie d’Ebola qui a fait son apparition le 1er août 2018 – la 10ème en RDC – est devenue la plus grave jamais connue par le pays. L’épicentre s’est déplacé de Mangina, où les premiers cas ont été notés, vers la ville de Beni. Cette ville a vu le nombre des nouveaux cas suspects et confirmés augmenter régulièrement dans plusieurs quartiers jusqu’à saturer le centre de traitement Ebola (CTE). Selon la Coordinatrice du projet Marie Burton, l’emplacement de ce nouveau centre de transit à proximité du centre de traitement Ebola (CTE), dont la capacité est actuellement saturée, permettra de rapprocher les différents acteurs de la riposte dans la ville.

Trois mois après l’apparition de l’épidémie d’Ebola en RDC, 341 cas ont été déjà signalés, dont 303 confirmés, 215 décès enregistrés et plus de 100 patients guéris de la maladie. Pour renforcer la capacité de prise en charge à Beni, MSF a décidé de construire un centre de transit d’une capacité initiale de 16 lits, rapporte un communiqué de cette organisation internationale humanitaire.

L’épidémie d’Ebola qui a fait son apparition le 1er août 2018 – la 10ème en RDC – est devenue la plus grave jamais connue par le pays. L’épicentre s’est déplacé de Mangina, où les premiers cas ont été notés, vers la ville de Beni. Cette ville a vu le nombre des nouveaux cas suspects et confirmés augmenter régulièrement dans plusieurs quartiers jusqu’à saturer le centre de traitement Ebola(CTE). 

Selon la Coordinatrice du projet Marie Burton, l’emplacement de ce nouveau centre de transit à proximité du centre de traitement Ebola (CTE), dont la capacité est actuellement saturée, permettra de rapprocher les différents acteurs de la riposte dans la ville. 

L’objectif du centre est de recevoir tous les cas suspects, en attente de confirmation du laboratoire. Selon l’état clinique de ces patients, l’équipe médicale débutera les premiers soins médicaux avant de référer les patients confirmés Ebola vers le CTE de la ville. Ceux qui ne seront pas confirmés comme des cas d’Ebola seront transférés vers les structures médicales existantes pour la suite des traitements.

Le centre de transit est implanté sur un terrain de football d’une surface de 8 000 m2. Elle a une capacité initiale de 16 lits. A la longue, cette unité pourrait être amenée à augmenter sa capacité à 48 en fonction de l’évolution de l’épidémie. Préféré aux tentes, ce centre dispose des plusieurs rangées de chambres individuelles afin de protéger au mieux les patients. 

Par ailleurs, de larges fenêtres en plexiglas ont été insérées dans chaque mur afin de permettre au personnel de santé de constamment garder un contact visuel avec les patients en cas de besoin, mais aussi aux malades de voir leurs familles et proches depuis leurs chambres. 

Le document indique que les équipes en charge de l’indentification des cas suspects sont de plus en plus actives et l’épidémie est rentrée dans une nouvelle phase, où une trentaine de cas suspects est signalée chaque jour et admis dans le CTE de Béni.

L’épidémie a mobilisé de nombreux acteurs afin de tenter d’endiguer sa propagation. « Depuis que le foyer de l’épidémie s’est déplacé de Mangina à Beni, nous constatons que l’épidémie est plus difficile à contenir ; en observant maintenant une tendance à l’augmentation des nouveaux cas vers le sud dans la ville de Butembo. Nous craignons que la situation devienne encore plus difficile à maîtriser, sans une intensification de la riposte sur cet axe », déplore le Responsable des Urgences pour MSF à Paris Gwenola Séroux.

Pour MSF, la peur de la communauté pour cette maladie rend difficile la relation avec les acteurs de la riposte. Celle-ci est réticente à lancer l’alerte sur les cas suspects, à se rendre aux centres de traitement et d’accepter l’accompagnement des équipes qui assurent les enterrements dignes et sécurisés.

« On constate le besoin d’une communication meilleure et plus efficace de la part de tous les acteurs de la riposte afin de gagner la confiance de la population. Certes, la mortalité de la maladie est très élevée. Les gens peuvent penser que les centres de traitement sont des endroits où l’on se rend pour mourir, mais nous voyons aussi des dizaines des patients sortir guéris, et le fait d’arriver au centre de traitement à un stade précoce de la maladie augmente leurs chances de guérison », rappelle le Coordinatrice d’urgence MSF sur l’urgence Ebola Dr Axelle Ronsse.

Depuis le début de l’épidémie le 1er août 2018, les équipes de MSF participent à la riposte Ebola au Nord Kivu et en Ituri. MSF a ouvert des centres de traitement dans les villes de Mangina, Butembo et Tchomia, un centre d’isolement dans la ville de Bunia et désormais un centre de transit dans la ville de Béni.

LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ RESTE OPTIMISTE

Le ministère de la Santé et ses partenaires renouvellent leur engagement continu à mettre fin à l’épidémie d’Ebola dans la province du Nord-Kivu. C’est ce qui ressort de la conférence de presse animée le lundi sur place à Beni par le coordonateur de la riposte. Ce, malgré l’évacuation de 20 agents de l’OMS durant le week-end. 

Aux dires du Dr Ndjoloko Tambwe, les ressources humaines déployées à Beni restent très importantes. Il a fait savoir que le ministère de la Santé compte plus de 900 experts à Beni, dont près de 85% sont des locaux qui ont été formés pour participer efficacement à tous les piliers de la riposte. L’OMS dispose, quant à elle, de 191 consultants nationaux et internationaux qui continuent de travailler à Beni, a indiqué le coordonateur de la riposte. 

Dr Ndjoloko a évoqué la situation épidémiologique dans la zone de santé de Kalunguta, qui est une zone rouge. Selon lui, la propagation de l’épidémie dans le village Kanihunga a été causée par l’arrivée d’un patient confirmé venant de Beni qui s’était enfui, il y a plusieurs semaines pour échapper aux équipes de suivi. Ainsi, le patron de la Santé Oly Ilunga a instruit la coordination de la riposte à fournir un appui technique et médical substantiel à tous les centres de santé dans cette zone afin qu’ils puissent offrir des soins de qualité à la population. 

Grâce à la bonne volonté des chefs du village qui ont accordé l’accès aux équipes de la riposte, 895 personnes ont été vaccinées dans ce village. 

En outre, afin de contenir l’épidémie dans la zone de santé de Butembo et ses environs, la coordination a décidé d’envoyer des équipes d’intervention supplémentaires dans les zones de Katwa, Kalunguta et Lubero pour appuyer les prestataires de soins locaux. 

Toutefois, il a rappelé que selon la nouvelle approche de surveillance à base communautaire, ce sont les acteurs locaux qui mènent davantage les actions de terrain avec l’appui technique des experts nationaux et internationaux.

Par ailleurs, les activités de vaccination ont repris depuis le dimanche 18 novembre. Tandis que la situation épidémiologique à la 46ème semaine fait état de 423 cas suspects investigués et testés au laboratoire. 33 nouveaux cas confirmés, dont 15 à Beni, 10 à Katwa, 6 à Kalunguta et 2 à Butembo ainsi que 13 nouveaux décès de cas confirmés ont été enregistrés.

(avec Dina BUHAKE, Mathy MUSAU)

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