mercredi , 16 octobre 2019
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Élections RDC : Des « programmes » en termes de principes généraux

De tous les « programmes du gouvernement, sinon de campagne électorale » présentés par tous les candidats présidents de la République à la présidentielle du 23 décembre 2018, aucun candidat n’a ni cité ni effleuré le concept émergence basé sur un programme à longue durée. Ils n’ont présenté que des « programmes » en termes de principes généraux. Du déjà entendu.

De l’avis de beaucoup d’experts, le pôle du développement a changé de continent au 20ème siècle, passant de l’Europe à l’Asie. Ce qui a fait dire à certains que le 21ème siècle sera celui du décollage de l’Afrique.

A en croire les déclarations de quelques responsables africains qui veulent placer leurs pays au rang des « pays émergents ». L’exemple du Brésil et d’Afrique du Sud faisant école. L’ancien Premier ministre Matata Ponyo croyait que la République démocratique du Congo (RDC deviendrait un pays émergeant à l’horizon 2025.

Mais hélas ! De tous les « programmes du gouvernement, sinon de campagne électorale » présentés par tous les candidats présidents de la République à la présidentielle du 23 décembre 2018, aucun candidat n’a ni cité ni effleuré le concept émergence basé sur un programme à longue durée. Ils n’ont présenté que des « programmes » en termes de principes généraux. Du déjà entendu. Ce qui apparaît de ce programme présenté, il y a quelques jours par le candidat de la coalition « Lamuka », Martin Fayulu, pour ne citer que celui-là.

Son programme s’articulait autour de six points : le social libéralisme, la citoyenneté, le pacte pour le développement, mais aussi la bonne gouvernance, la réconciliation nationale, le principe gagnant-gagnant. Il se chiffrait à 190 milliards de dollars américains avant d’être ramené à 105 milliards dans le programme commun de la coalition Lamuka.

Aucune option sur le long terme. Or tous les pays qui se sont développés, l’ont été sur base d’options levées dans les domaines générateurs de richesses.

La République démocratique du Congo, pays aux énormes potentialités, a plutôt besoin de grandes options dans plus ou moins cinq domaines qui procureraient de la richesse et de l’emploi. Et le social en trouverait sa part.

Tous en campagne !

Avec ou sans consensus autour des matières à controverse, potentiellement conflictogènes au-delà du 23 décembre, la Céni s’est religieusement bouché les oreilles et a pris le pari historique de conduire le peuple congolais, comme des moutons, aux élections de décembre 2018.

La campagne électorale s’ouvre ce jeudi matin. C’est à une autre étape, à d’autres paradigmes, que nous convie la Céni. Le gong est donc donné pour que tous les candidats – président de la République (21), députés nationaux (15 355) et provinciaux (19 640) – se lancent dans la bataille afin de vendre leurs chimères à une population qui, depuis 58 ans, ne s’investit plus dans l’homme politique.

Donc, pendant 30 jours, des milliers de candidats sont autorisés à sillonner les villages de brousse ou les quartiers des centres urbains. Ils vont tous à la pêche aux voix pour gagner le précieux mandat électif.

La Céni ne travaillant pas seule dans la mise en œuvre des prescrits de la Loi électorale et de la Constitution, d’autres services de l’État sont légalement mis à contribution pour accompagner le processus électoral. C’est ici le lieu d’exiger le traitement équitable à réserver à tous les candidats au niveau des structures officielles.

Plus concrètement, le ministère de l’Intérieur doit, sans délai, mettre à la disposition des candidats « président de la République » les 25 policiers prévus par loi pour leur sécurité (Art. 110 bis de la Loi électorale). Les meetings publics doivent enfin être autorisés. Partout et pour tous.

De leur côté, les gestionnaires de la radiotélévision nationale congolaise (RTNC) doivent veiller, contrairement à leurs réflexes d’exclusion, à accorder le même temps d’antenne à tous les candidats.

La loi qui impose ces exigences, s’impose à tous. Tout le monde doit donc s’y plier en vue d’un processus électoral apaisé.

Égalité et Équité

Pluralisme et égal accès des candidats aux médias publics. C’est l’un des défis qui attend le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) durant la campagne électorale qui démarre ce jeudi 22 novembre à minuit. En tant qu’organe de régulation, cette institution d’appui à la démocratie a le devoir de veiller strictement au principe d’égalité et d’équité afin d’accorder à tous les candidats en lice les mêmes chances de s’exprimer et d’étaler leurs programmes aux électeurs. Cette recommandation est d’ailleurs bien reprise à l’article 33 de la loi électorale. Agir autrement conforterait les soupçons qui pèsent déjà sur lui d’être inféodé au pouvoir en place.

Pour ce faire, une directive est mise en place par la tripartite CENI – CSAC – Gouvernement à travers son ministère des Médias et Communication. Dans cette directive, il est mentionné que lors de la campagne, il est alloué à chaque candidat président de la République (ils sont 21) un total de 90 minutes de temps d’antenne radio et télé…et 5 minutes pour président son programme. L’heure de présentation effective pour chaque candidat ou parti est déterminée par tirage au sort.

Hélas ! Toutes ces dispositions de la loi seraient très belles si les médias publics congolais ne recevaient pas des injonctions de l’État-propriétaire. Or, souvent, ce sont des candidats du régime en place qui ont libre accès. Une situation tant décriée et qui crée des frustrations chez les candidats de l’opposition qui ont pourtant, eux aussi, besoin de faire véhiculer leur message à travers le territoire national.

On ose croire que cette fois-ci sera différente de 2006 et 2011 où les médias publics – surtout la télévision nationale – ont été pris en otage par une certaine catégorie de candidats au détriment des autres. Or, priver aux autres le même temps d’antenne, c’est déjà dresser le lit à la tricherie. Mais surtout aux contestations post-électorales qui s’en suivront.

À tout prendre, le CSAC devra veiller, durant tout le mois de la campagne électorale, à l’accès équitable des candidats aux médias publics. L’observance stricte du principe d’égalité et d’équité garantira le pluralisme médiatique et balisera le chemin vers les élections du 23 décembre 2018.

(avec lePotentiel)

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