samedi , 15 décembre 2018
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Présidence d’Interpol : Bras de fer entre les États-Unis et la Russie

Le Sud-Coréen Kim Jong-yang a été élu mercredi président d’Interpol. M. Kim, dont la candidature était « fermement » soutenue par les États-Unis et plusieurs pays occidentaux, était déjà président par intérim d’Interpol depuis la « démission » subite de son ancien patron, Meng Hongwei, accusé de corruption en Chine et qui a mystérieusement disparu début octobre au cours d’un voyage dans son pays.

Le Sud-Coréen Kim Jong-yang a été élu mercredi président d’Interpol pour un mandat de deux ans face à un général russe, Moscou dénonçant de « fortes pressions » sur le scrutin.

M. Kim, dont la candidature était « fermement » soutenue par les États-Unis et plusieurs pays occidentaux, était déjà président par intérim d’Interpol depuis la « démission » subite de son ancien patron, Meng Hongwei, accusé de corruption en Chine et qui a mystérieusement disparu début octobre au cours d’un voyage dans son pays.

Réunis depuis dimanche à Dubaï, les délégués d’Interpol ont élu le Sud-Coréen lors d’une assemblée générale après que la candidature du général de police russe, Alexandre Prokoptchouk, eut suscité une levée de boucliers dans plusieurs pays et des menaces de l’Ukraine et de la Lituanie de quitter l’organisation mondiale de police.

Bien que le poste de président soit plus honorifique qu’opérationnel, les critiques de Moscou craignaient que l’organisation internationale ne devienne un outil du Kremlin pour lutter contre ses opposants politiques en cas d’élection de M. Prokoptchouk.

« C’est dommage, bien sûr, que notre candidat ne l’ait pas emporté. Mais d’un autre côté, si on regarde de manière impartiale les déclarations d’une série de pays la veille du vote, il est évident qu’il y a eu de fortes pressions », a déclaré à Moscou le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les Etats-Unis, par la voix de leur secrétaire d’Etat Mike Pompeo, avaient indiqué mardi, à la veille du vote, qu’ils « soutenaient fermement » le Sud-Coréen.

« Excellente nouvelle »

« Nous encourageons toutes les nations et organisations faisant partie d’Interpol et respectant l’Etat de droit à choisir un chef intègre. Nous pensons que ce sera le cas de M. Kim », avait déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Après l’élection du Sud-Coréen, la Grande-Bretagne s’est réjouie « d’une excellente nouvelle (…) pour l’Etat de droit » dans le monde, selon les mots du chef de la diplomatie Jeremy Hunt.

Le nouveau président sud-coréen d’Interpol a estimé après son élection que le « monde fait aujourd’hui face à des changements sans précédents qui représentent d’énormes défis à la sécurité et sûreté publiques ».

L’Argentin Néstor R. Roncaglia a été élu vice-président pour les Amériques pour un mandat de trois ans, a par ailleurs fait savoir Interpol.

Quatre sénateurs américains avaient appelé, dans une lettre ouverte rendue publique lundi, les délégués des 192 pays membres d’Interpol à rejeter la candidature de M. Prokoptchouk.

« Tentacules criminelles »

« Les événements récents ont montré que le gouvernement russe abusait des procédures d’Interpol pour harceler ses opposants politiques », avait appuyé mardi sur Twitter le porte-parole du Conseil national de sécurité américain Garrett Marquis.

Selon sa biographie sur le site internet du ministère russe de l’Intérieur, qu’il a rejoint dans les années 1990, Alexandre Prokoptchouk a obtenu en 2003 le grade de général de police et commencé à travailler avec Interpol en 2006, d’abord en tant que responsable adjoint du bureau russe de l’organisation.

Ce polyglotte a également été chargé de la coopération avec Europol, l’agence européenne de police criminelle, puis nommé au comité exécutif d’Interpol en 2014, avant d’en être élu vice-président en novembre 2016.

Il continuera à exercer cette fonction, a indiqué une porte-parole du ministère russe de l’Intérieur, Irina Volk, à des agences de presse russes à Moscou.

« Comme avant, son travail se concentrera sur le renforcement des positions d’Interpol dans la communauté de police internationale et de l’efficacité du travail de l’organisation », a-t-elle dit.

La Russie va « étendre ses tentacules criminelles à chaque coin de la planète » si M. Prokoptchouk est élu président, avait dénoncé sur Twitter le financier britannique William Browder, l’ex-patron du juriste Sergueï Magnitski –mort dans une prison russe en 2009–.

Il avait brièvement été arrêté cette année en Espagne à cause d’un mandat d’arrêt émis par Interpol, et Moscou tente d’obtenir son extradition depuis des années.

L’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a quant à lui affirmé sur Twitter que son équipe avait « souffert d’abus d’Interpol à cause de persécutions politiques par la Russie.

Et l’Ukraine et la Lituanie avaient même menacé de se retirer d’Interpol en cas d’élection du général russe.

Avec son élection à la tête d’Interpol, M. Kim devra désormais terminer le mandat de quatre ans que M. Meng devait achever en 2020, mais le véritable patron de l’organisation est dans les faits son secrétaire général. Celui-ci est jusqu’à l’année prochaine l’Allemand Jürgen Stock, qui rappelait début novembre que le poste de président était « essentiellement honorifique ».

WASHINGTON S’OPPOSE À MOSCOU

La course à la présidence d’Interpol a tourné mardi au bras de fer entre les États-Unis et la Russie, Washington apportant « fermement » son soutien au concurrent du candidat russe, tandis que Moscou dénonçait une « politisation inadmissible ».

La police mondiale est privée de président depuis la « démission » subite de son ancien patron, Meng Hongwei, accusé de corruption en Chine et qui a mystérieusement disparu début octobre au cours d’un voyage dans son pays.

Réunis en assemblée générale depuis dimanche à Dubaï, les délégués d’Interpol doivent élire mercredi son remplaçant et deux candidats sont en lice : l’actuel président par intérim, le Sud-Coréen Kim Jong-yang, et un haut fonctionnaire russe, Alexandre Prokoptchouk.

Les Etats-Unis, par la voix de leur secrétaire d’Etat Mike Pompeo, ont indiqué mardi qu’ils « soutenaient fermement » le Sud-Coréen.

« Nous encourageons toutes les nations et organisations faisant partie d’Interpol et respectant l’Etat de droit à choisir un chef intègre. Nous pensons que ce sera le cas de M. Kim », a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Bien que le poste de président soit plus honorifique qu’opérationnel, la candidature d’Alexandre Prokoptchouk, général russe de 56 ans, a fait bondir les critiques de Moscou, qui craignent que l’organisation internationale ne devienne un outil au service du Kremlin.

Les mises en garde se multiplient ainsi depuis que le quotidien The Times a affirmé dimanche, citant des sources britanniques, que M. Prokoptchouk était le favori du scrutin.

Quatre sénateurs américains ont notamment appelé, dans une lettre ouverte rendue publique lundi, les délégués des 192 pays membres d’Interpol à rejeter sa candidature.

« Les événements récents ont montré que le gouvernement russe abusait des procédures d’Interpol pour harceler ses opposants politiques », a appuyé mardi sur Twitter le porte-parole du Conseil national de sécurité américain Garrett Marquis.

Notices rouges

Cette levée de boucliers a provoqué une vive réaction de Moscou, qui a assuré mardi que M. Prokoptchouk, s’il était élu, travaillerait « exclusivement dans les intérêts de la communauté policière internationale ».

Le ministère russe de l’Intérieur a par ailleurs souligné son « expérience » et qualifié les réactions d’hostilité à sa candidature de « politisation inadmissible ».

Selon sa biographie sur le site internet du ministère russe de l’Intérieur, qu’il a rejoint dans les années 1990, Alexandre Prokoptchouk a obtenu en 2003 le grade de général de police et commencé à travailler avec Interpol en 2006, d’abord en tant que responsable adjoint du bureau russe de l’organisation.

Ce polyglotte a également été chargé de la coopération avec Europol, l’agence européenne de police criminelle, puis nommé au comité exécutif d’Interpol en 2014, avant d’en être élu vice-président en novembre 2016.

Le candidat élu devra terminer le mandat de quatre ans que M. Meng devait achever en 2020, mais le véritable patron d’Interpol est dans les faits son secrétaire général. Celui-ci est jusqu’à l’année prochaine l’Allemand Jürgen Stock, qui rappelait début novembre que le poste de président était « essentiellement honorifique ».

Pour autant, Andreï Soldatov, le rédacteur en chef du site internet Agentura.ru, spécialisé dans les affaires de renseignement, se dit persuadé que « l’usage des notices rouges » (qui relaient les mandats d’arrêt des pays membres) pour des poursuites de nature politique « augmentera » en cas d’élection de M. Prokoptchouk.

« Interpol est un système que la Russie a commencé à bien utiliser pour ses objectifs. Cela crée des problèmes (aux personnes placées sur notice rouge, ndlr), elles sont arrêtées à la frontière, elles perdent quelques jours », a-t-il encore dit à l’AFP.

(avec Afp)

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