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RDC : Situation tendue à l’université de Kinshasa

Dernière mise à jour, le 21 novembre 2018 à 04:20

Le secrétaire général académique de l’Université de Kinshasa (Unikin), Célestin Musao, a convoqué, ce mardi 20 novembre, une réunion afin d’aboutir à un compromis visant à permettre aux étudiants de « reprendre paisiblement » leurs cours après 7 jours des manifestations qui ont causé la mort de deux étudiants et de nombreux blessés.

Pour cela, Célestin Musao a appelé les étudiants au calme, en faisant preuve de retenue lors des obsèques de leurs camarades, Hiacinth Kimbafu et Rodrigue Eliwo tués lors des manifestations. Cela en vue de trouver une bonne solution qui va déboucher sur la reprise normale des cours.

Eu égard à cette situation, les étudiants ont demandé aux autorités académiques de l’Unikin de lever la grève dans 48 heures. Dans cet ordre d’idées, ils ont durci le ton pour indexer les éléments de la police de ne pas s’immiscer dans les funérailles de leurs collègues assassinés.

Pour rappel, les familles de victimes et une représentation de la coordination des étudiants de l’Unikin ont rencontré, lundi 19 novembre, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire. Ensemble, ils ont convenu que le gouvernement va se charger des funérailles des deux victimes.

UNE GRÈVE DES PROFESSEURS QUI PÉNALISE LES ÉTUDIANTS

Selon les étudiants, cette grève les pénalise sérieusement car plusieurs facultés n’ont pas encore organisé les examens de première et deuxième sessions de l’année académique 2017-2018, alors que l’année académique 2018-2019 est déjà ouverte depuis le 15 octobre dernier. Tout en avouant que les professeurs ont raison de revendiquer l’application de la loi-cadre en son point relatif à l’élection du Recteur, ainsi que le remboursement du trop perçu pour les crédits- véhicules, le réajustement de l’enveloppe salariale au taux budgétaire, ils pensent que les précités ne devraient pas sacrifier l’année académique passée ainsi que celle en cours. D’où leur vœu de voir le gouvernement respecter ses engagements afin que les professeurs mettent fin à leur grève.

Alors que le mouvement était pacifique le lundi dernier, les étudiants qui voulaient marcher jusqu’au ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, sans toucher ni détruire tout ce qui se trouvait sur le chemin, ont été bloqués par des éléments de la police au niveau du rond point de l’Intendance générale de l’Unikin. C’est le recours aux gaz lacrymogènes puis aux balles réelles, pense-t-on, qui a mis le feu aux poudres. Pour les étudiants, la police n’avait qu’à les encadrer et non les empêcher de revendiquer leur droit légitime de réclamer la reprise des cours.

C’est pendant les échauffourées entre policiers et étudiants que l’un deux était touché mortellement par balle le lundi. Décédé le jeudi 15 novembre aux Cliniques Universitaire de Kinshasa, sa mort a révolté ses collègues qui ont investi le site universitaire et causé des dégâts matériels importants. Une fois de plus, la police venue rétablir le calme a recouru aux balles réelles, faisant un second mort et plusieurs blessés dans les rangs des étudiants.

Ce nouvel épisode sombre s’est traduit par de nouvelles casses des biens publics et privés, ainsi que la mise à sac du poste de police de l’Unikin situé au niveau de l’entrée principale. Fâchés, les étudiants ont pratiquement interdit l’accès du site universitaire à toute présence étrangère. Même les professeurs qui ont tenté de se réunir d’urgence en assemblée générale n’ont pu le faire. Cette assemblée pourrait se tenir ce mardi si la tension arrivait à baisser sur ce campus universitaire.

CANDIDATS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CONDAMNENT LA MORT DE DEUX ÉTUDIANTS

Au fur et à mesure qu’on approche des échéances électorales en République démocratique du Congo, rien n’est laissé au hasard. Le malheureux événement survenu sur le campus de l’Université de Kinshasa ayant entrainé le décès de deux étudiants, a permis aux deux blocs issus de Genève, d’émettre sur la même longueur d’ondes.

Depuis le Belgique où séjouent l’un et l’autre, Fatshi et Fayulu ont, chacun, manifesté leur solidarité avec les étudiants en désapprouvant « l’usage excessif de la force ».

Dans un communiqué relayé par les médias en ligne la plateforme électorale « Lamuka » qui réunit les cinq leaders de la déclaration de Genève qui ont apporté leur soutien au candidat président de la République Martin Fayulu, appelle à une enquête indépendante et crédible afin d’identifier tous les éléments de la police responsables de la mort de deux étudiants de l’Unikin. Ce, avant de promettre que le meurtre de deux étudiants ne reste pas impuni.

« LAMUKA qui porte le candidat commun de l’opposition, Martin Fayulu Madidi, soldat du peuple, condamne avec force les répressions sanglantes et répétitives dont la communauté estudiantine est victime chaque fois qu’elle exerce son droit constitutionnel de manifester pacifiquement », dit notamment la coalition dans son communiqué.

Par ailleurs, le présidentiable Martin Fayulu attendu – en principe – le mercredi 21 novembre prochain à Kinshasa, exige une enquête indépendante avant de déplorer sur Twitter « un usage excessif et disproportionné de la force » en dénonçant « les carences de l’appareil sécuritaire en RDC ». Et d’enchainer : « Mes pensées vont aux familles des victimes du drame survenu à l’Unikin »

« Je tiens à rappeler aux forces de l’ordre leur mission régalienne », a conclu M. Fayulu

FATSHI Y VA DE SA CONDAMNATION

Pour sa part, le candidat président de la République issu du congrès de l’Union pour la démocratie et progrès social (UDPS), s’est interrogé sur son compte Twitter : « Pourquoi une telle barbarie ? Au nom de quel principe peut-on se permettre de causer la mort sur un campus d’université ?  »

Non Congo, il est temps de dire ça suffit », a poursuivi M. Tshisekedi. « On en a assez de servir de chair à canon « .

LA POLICE JOUE A L’APAISEMENT

En attendant, la police appelle dans un communiqué du Commissariat provincial de la police, les étudiants au calme et rassure l’opinion que toutes les dispositions sont prises pour établir les responsabilités de ces actes afin que les coupables répondent de leurs actes conformément à la loi. « Déjà, le policier qui a tiré lundi sur un de deux étudiants décédés a été mis aux arrêts et sera déféré à l’auditorat militaire », indique ledit communiqué.

Le commissariat provincial en a profité pour présenter ses sincères condoléances aux familles éplorées et à toute la communauté estudiantine avant de mettre en garde tout policer qui utiliserait les armes à feu pour les interventions sur les sites universitaires.

Le bilan de ces événements fait état, hormis la mort de ces deux étudiants, de 8 policiers grièvement blessés, 12 véhicules endommagés dont 3 appartenant à la police et 9 aux privés.

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