samedi , 17 août 2019
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CIA : Mohammed BEN SALMANE a commandité l’assassinat de Jamal KHASHOGGI

La CIA a conclu que le prince héritier saoudien a commandité l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi à Istanbul le mois dernier, a rapporté vendredi le Washington Post, citant des sources anonymes au courant des investigations. Le vice-président américain Mike Pence a promis samedi que les Etats-Unis demanderont des comptes aux meurtriers de Jamal Khashoggi.

Cette information divulguée par le Washington Post, où collaborait régulièrement le journaliste critique de Ryad, contredit les récentes affirmations du royaume saoudien, qui a totalement dédouané Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS ».

Contactée par l’AFP, l’agence américaine de renseignements a refusé de commenter.

Pour parvenir à ces affirmations, précise le Washington Post, la CIA a examiné plusieurs sources de renseignement, notamment un appel entre le frère du puissant prince héritier, également ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jamal Khashoggi.

Selon le quotidien de Washington, Khalid ben Salmane a conseillé à M. Khashoggi de se rendre au consulat saoudien à Istanbul, lui assurant qu’il ne lui arriverait rien.

Le quotidien ajoute qu’il avait passé ce coup de fil à la demande de son frère, ajoutant qu’il n’était pas clair que Khalid ben Salmane soit au courant que M. Khashoggi serait ensuite assassiné.

Khalid ben Salmane a très rapidement réagi, sur Twitter, à ces accusations, en réfutant fermement les allégations du Washington Post.

« C’est une accusation grave qui ne devrait pas être laissée à des sources anonymes », a-t-il dénoncé, accompagnant son tweet d’un communiqué qu’il dit avoir transmis au journal.

« A aucun moment le prince Khalid n’a discuté de quoi que ce soit avec Jamal à propos d’un voyage en Turquie », est-il notamment écrit.

De son côté, le New York Times indique que des responsables américains ont averti que les agences de renseignement américaine et turque n’avaient pas de preuve évidente liant le puissant prince héritier à l’assassinat de M. Khashoggi.

Mais selon le journal new-yorkais, citant des responsables, la CIA estime que l’influence du prince est telle que l’assassinat n’aurait pu se produire sans son aval.

Entré le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul, le journaliste critique du pouvoir y a été assassiné.

L’Arabie saoudite a, à plusieurs reprises, changé sa version officielle sur ce qui était arrivé à Jamal Khashoggi une fois franchie la porte du consulat.

Le procureur général saoudien a admis jeudi que le journaliste avait été drogué et démembré sur place.

Sur un total de 21 suspects, il a inculpé à ce jour 11 personnes qui seront déférées devant la justice. Il a requis la peine capitale pour cinq d’entre elles.

Mais Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS », n’avait aucune connaissance du dossier, avait affirmé lors d’une conférence de presse à Ryad le porte-parole du procureur général, Shaalan al-Shaalan.

Allié historique de Ryad, Washington s’est empressé jeudi d’annoncer des sanctions contre 17 responsables saoudiens pour leur « responsabilité ou leur complicité » dans le meurtre de Khashoggi.

LES ETATS-UNIS DEMANDERONT DES COMPTES AUX RESPONSABLES DU MEURTRE DE KHASHOGGI

Le vice-président américain Mike Pence a promis samedi que les Etats-Unis demanderont des comptes aux meurtriers de Jamal Khashoggi, au lendemain de révélations du Washington Post selon lesquelles la CIA considère le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane comme le commanditaire.

« Les Etats-Unis sont déterminés à demander des comptes à tous ceux qui sont responsables » du meurtre du journaliste qui s’était réfugié aux Etats-Unis, a affirmé M. Pence en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à Port Moresby.

Selon le Washington Post, auquel collaborait régulièrement le journaliste critique de Ryad, la CIA a conclu que le meurtre a été commandité par le prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

« Nous allons suivre les faits », a indiqué Mike Pence, qui a refusé de commenter des informations classifiées mais a qualifié le meurtre du journaliste saoudien d' »atrocité » et d' »affront à une presse libre et indépendante ».

Selon le quotidien américain, la CIA a examiné plusieurs sources de renseignement, notamment un appel entre le Khalid ben Salmane, frère du puissant prince héritier et ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jamal Khashoggi.

Khalid ben Salmane a conseillé à M. Khashoggi de se rendre au consulat saoudien à Istanbul, lui assurant qu’il ne lui arriverait rien.

Le Washington Post a ajouté qu’il n’était pas clair si Khalid ben Salmane, qui a passé ce coup de fil à la demande de MBS, était au courant que M. Khashoggi serait ensuite assassiné.

Jeudi, le bureau du procureur général saoudien a, lui, disculpé Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS », réclamant la peine capitale contre cinq suspects en détention.

Allié historique de Ryad, Washington s’est alors empressé d’annoncer des sanctions contre 17 Saoudiens impliqués dans l’affaire, anticipant des mesures plus sévères du Congrès américain contre le royaume, selon des experts.

Garder « un partenariat fort »

Le vice-président américain a toutefois ajouté samedi que Washington voulait trouver un moyen de garder un « partenariat fort et historique » avec l’Arabie saoudite, notamment face aux ambitions iraniennes au Moyen Orient.

Le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, a brusquement fait du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, puissant allié de Washington, un partenaire gênant.

Le prince héritier doit aussi composer avec la Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois déclaré que l’ordre d’assassinat de Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul émanait « des plus hauts niveaux du gouvernement saoudien », s’abstenant toutefois de citer le prince héritier.

S’il a écarté la responsabilité du roi Salmane, la presse et des responsables turcs anonymes ont incriminé son fils, MBS.

Vendredi, une source à la présidence turque a fait état d’un entretien téléphonique Trump-Erdogan, assurant que les deux hommes sont « d’accord » pour que « rien ne soit dissimulé ».

Les révélations du Washington Post risquent de tendre encore un peu plus les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, qui a déjà rejeté les appels en faveur d’une enquête internationale et cherche à tirer un trait sur cette crise.

Depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite a changé plusieurs fois son récit, niant d’abord avoir connaissance de la localisation du meurtre du journaliste avant de faire état de sa mort lors d’une « rixe ».

Selon la dernière version du procureur général, une équipe de 15 agents est allée en Turquie pour ramener « de gré ou de force » Khashoggi au pays, mais l’opération a mal tourné et il a été brutalisé et « drogué » avant que son corps ne soit « démembré ».

LES USA DÉTERMINERONT DANS LES PROCHAINS JOURS QUI A TUÉ KHASHOGGI

Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les Etats-Unis détermineraient dans les prochains jours qui a tué le Saoudien Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Parlant à des journalistes à Malibu (Californie), où il a visité samedi des zones ravagées par les incendies, M. Trump a annoncé qu’un « rapport complet » sur le point de savoir « qui l’a fait » serait achevé « dans les deux prochains jours », soit dimanche ou lundi, puis il a mentionné un délai différent, « lundi ou mardi ».

Quelques heures plus tôt, Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat américain, a déclaré que les Etats-Unis n’avaient, à ce stade, abouti à aucune « conclusion définitive » sur les responsabilités dans l’assassinat de Jamal Khashoggi.

Elle réagissait à des informations du Washington Post et du New York Times, qui citent des sources anonymes selon lesquelles la CIA a conclu que c’était le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qui avait commandité l’assassinat du journaliste.

Heather Nauert a déclaré qu’au moment où elle parlait il était prématuré de désigner tel ou tel responsable.

« Les récentes informations selon lesquelles le gouvernement américain a abouti à une conclusion définitive sont inexactes », a-t-elle indiqué dans un communiqué. « Nombre de questions sans réponses demeurent ».

(avec Afp)

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