lundi , 9 décembre 2019
Accueil / Afrique / RDC : La machine à voter ne devrait pas être perçu comme un obstacle à la tenue des élections

RDC : La machine à voter ne devrait pas être perçu comme un obstacle à la tenue des élections

Selon Mgr Fridolin Ambongo, fraichement nommé Archevêque Métropolitain de Kinshasa, la machine à voter ne devrait pas être perçu comme un obstacle à la tenue des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, le 23 décembre 2018. « Ce n’est qu’un instrument, un outil pour accéder aux élections. La finalité, l’objectif, ce n’est pas la machine à voter. L’objectif, c’est les élections…Il ne faut pas que le moyen qu’on utilise occulte l’objectif principal qui est l’alternance démocratique ».

Dans sa récente sortie médiatique, lundi dernier, Mgr Fridolin Ambongo, Vice-président de la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo), fraichement nommé Archevêque Métropolitain de Kinshasa, s’est exprimé au sujet de la machine à voter. Selon lui, ce kit électoral ne devrait pas être perçu comme un obstacle à la tenue des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, le 23 décembre 2018.

« Ce n’est qu’un instrument, un outil pour accéder aux élections. La finalité, l’objectif, ce n’est pas la machine à voter. L’objectif, c’est les élections…Il ne faut pas que le moyen qu’on utilise occulte l’objectif principal qui est l’alternance démocratique ».

Les observateurs notent que cette lecture de la problématique de la machine à voter rejoint, comme par hasard, la position de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social). Selon le staff de ce parti politique en effet, le problème de fond à résoudre n’est celui du rejet de la machine à voter mais plutôt celui de l’étroite surveillance des scrutins, dans les bureaux de vote comme dans les centres de recrutement. A Limete, on pense que le blocage des velléités de fraude devrait s’opérer en amont (bureaux de vote) et en aval (centres de dépouillement et de compilation).

Dans la logique de l’UDPS, refuser d’aller aux élections avec la machine à voter devrait impliquer automatiquement leur boycott, ce qui ne déplairait pas à la majorité au pouvoir, dont l’objectif est soit de gagner les élections sans combat, faute de combattants, soit obtenir un énième glissement du calendrier électoral. Dans ce cas, à qui profiterait l’une ou l’autre alternative ?

A la lumière de la prise de position de Mgr Ambongo, que personne n’a osé jusque-là accuser de faire le jeu du pouvoir, nombre d’analystes politiques se demandent si tous ceux et toutes celles qui se sont investis dans des injures et des imputations dommageables à l’endroit de l’UDPS et ses responsables, morts comme vivants, vont changer d’avis ou radicaliser leur position. Dans l’hypothèse du maintien du front du refus contre la machine à voter, ils devraient proclamer clairement et tout haut, devant des millions de Congolaises et Congolais, leur boycott des élections et, partant leur jet d’éponge dans le combat pour l’alternance démocratique au sommet de l’Etat.

(avec Kimp/lePhare)

VOICI L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW DU NOUVEL ARCHEVÊQUE MÉTROPOLITAIN DE KINSHASA, MGR FRIDOLIN AMBONGO, ACCORDÉE À LA RADIO FRANCE INTERNATIONALE (RFI), CE MERCREDI 7 NOVEMBRE DE VATICAN OÙ IL SE TROUVE

RFI : Monseigneur Fridolin Ambongo bonjour !

Mgr Ambongo : bonjour !

Votre élévation au rang d’archevêque de Kinshasa tombe juste avant les élections du 23 décembre, quelle est votre priorité dans les semaines à venir ?

 Mgr Ambongo : il ne faudrait pas que le processus électoral et les décisions politiques viennent diviser le peuple de Dieu qui est dans l’archidiocèse de Kinshasa.

 Le 8 août dernier, le président Kabila a renoncé à briguer à un troisième mandat, est-ce que vous y êtes pour quelque chose ?

 Mgr Ambongo : dans la mesure où cette décision du président Joseph Kabila obéit aux dispositions de la constitution et à l’accord de la Saint Sylvestre, nous pouvons dire que c’est le travail que nous avons abattu de la médiation, je crois qu’on peut dire oui.

Vous avez joué un rôle ?

Mgr Ambongo : oui !

Les marches catholiques du 31 décembre et 21 janvier derniers ont été brutalement réprimées et il y a eu des morts. Est-ce qu’ils sont morts pour rien ?

Mgr Ambongo : je crois qu’ils ne sont pas morts pour rien et à cause de leur sacrifice, la situation a évolué dans la bonne direction.

Dans l’accord de la Saint Sylvestre de décembre 2016 dont vous êtes l’un de maîtres d’œuvre, il était prévu de nombreuses mesures de décrispations de l’espace politique, où est-ce qu’on en est aujourd’hui ?

Mgr Ambongo : effectivement il y a eu beaucoup de ratés dans la mise en application de l’accord de la Saint Sylvestre notamment sur le retour des exilés. Mais nous constatons sur ce plan-là qu’il y a eu plutôt une sorte de crispation au lieu de la décrispation qui était attendue.

Là, vous pensez à Moise Katumbi ?

Mgr Ambongo : nous pensons à Monsieur Katumbi, la manière dont le dossier Bemba a été traité et tous ceux qui ont été exclus de la course, Muzito et tant d’autres.

Jean-Pierre Bemba a tout de même été condamné pour subornation de témoins et du coup sa candidature n’a pas été validée par les autorités congolaises ?

Mgr Ambongo : à ma connaissance, jusqu’à maintenant Jean-Pierre n’a été condamné qu’en première instance pour subornation, il a fait appel et jusque-là ce dossier n’est pas encore clôturé ! Les juges en appel ne se sont pas encore prononcés et ce qui me surprend dans ce dossier c’est au niveau du pays que ceci soit considéré comme une condamnation définitive, je n’arrive pas à comprendre la motivation réelle de la Cour suprême.

Donc vous pensez que c’est une condamnation injuste ?

Mgr Ambongo : Je pense que c’est une décision politique, oui.

Le 10 septembre dernier la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a écrit une lettre à la SADEC pour manifester ses inquiétudes. De quoi s’agit-il ?

Mgr Ambongo : parce que la question de la machine à voter est une question qui risque de bloquer la tenue des élections, ou bien les élections et le résultat ne sera pas accepté par les autres, et notre intervention auprès de la SADEC c’est d’interpeller la classe politique pour que cette question de la machine à voter soit traitée par la tripartite : la Majorité, l’Opposition et la CENI pour qu’on puisse trouver un consensus, mais que ça ne devienne pas un obstacle pour la tenue des élections.

La CENI a prévu le temps de passage d’une minute par électeur devant la machine à voter. Est-ce que c’est crédible ?

Mgr Ambongo : pour nous c’est très difficile de croire. Tous ceux qui ont eu à faire avec cette machine estiment qu’une minute c’est trop peu, d’autant plus qu’il s’agit de trois élections couplées ! Mais nous constatons que les uns et les autres s’obstinent dans leur position, ça ne tient pas malheureusement.

Et quand vous dites que les uns et les autres s’obstinent dans leur position, cela veut dire que le pouvoir veut maintenir la machine à voter alors que l’opposition menace de boycotter. C’est ça ?

Mgr Ambongo : c’est tout à fait ça, oui.

Et votre position à vous Monseigneur, faut-il adopter un système hybride, moitié papier et moitié bulletin ?

Mgr Ambongo : s’il y avait vraiment de la bonne volonté de la part de la classe politique, on aurait déjà trouvé une solution intermédiaire. Par exemple pour l’élection présidentielle comme il n’y a pas trop de candidats, on pourrait utiliser le papier et pour les autres élections on pourrait utiliser la machine ! Là il y a trop de candidats ! Ça, ça pourrait être une solution intermédiaire, mais faudrait-il encore qu’il y ait la volonté politique.

Dans le fichier électoral, six millions d’électeurs sont enregistrés sans empreinte digitale. Est-ce que cela vous inquiète ?

Mgr Ambongo : Ça nous inquiète. Six millions, si vous ne prenez que ça, ça peut changer le résultat des élections, tout ça, ça doit être clarifié avant la tenue des élections pour créer un climat de confiance.

Dans les prisons congolaises, il y a -t-il encore de cas emblématiques ?

Mgr Ambongo : par rapport au dialogue et à l’accord de la Saint Sylvestre il y a toujours le cas de Diomi Ndongala qui est là,

Le patron de la Démocratie Chrétienne ?

Mgr Ambongo : oui, il y a Me Muyambo qui sont là en prison jusqu’à maintenant, ces sont de cas qui ont été pris en compte, on en avait parlé pendant le dialogue de 2016, il n’y a rien qui est fait de ce côté-là, de même pour ceux qui sont en exil.

Il y a quelques mois votre prédécesseur Monseigneur Laurent Monsengwo avait eu cette phrase : il faut que les médiocres dégagent, vous êtes d’accord ?

Mgr Ambongo : Je comprends ce que le cardinal Laurent avait voulu dire, sans peut être revenir sur cette expression, mais la réalité est que le peuple congolais a besoin d’une nouvelle classe politique qui réponde à ses aspirations.

Et vous-même, est-ce que vous allez garder votre fameux franc-parler ?

Mgr Ambongo : je ne sais même pas si j’ai un franc-parler, mais je ne crois pas que mon arrivé à Kinshasa va changer ma nature !

Monseigneur Fridolin Ambongo, merci !

(Interview réalisée par Christophe Boibouvier/RFI)

ARCHIDIOCÈSE DE KINSHASA : PRÉPARATIFS DE « L’INVESTITURE » DE MGR AMBONGO

Messieurs les abbés, révérends pères, révérendes sœurs, révérends frères,

Nous portons à la connaissance de toute la communauté diocésaine les événements et dispositions suivantes :

0.1. L’ouverture de l’année pastorale 2018-2019 aura lieu le vendredi 09 novembre 2018 à 16 heures à la paroisse Saint Joseph de Matonge. Tous les agents pastoraux (clercs, consacrés et laïcs) ainsi que les fidèles de nos paroisses y sont cordialement invités.

0.2. Le dimanche 18 novembre 2018, Son Excellence Mgr Fridolin Ambongo Besungu, Archevêque Métropolitain de Kinshasa accueillera et présentera officiellement son excellence Mgr Ettoré Ballestrero, Chargé d’Affaires à la Nonciature Apostolique (Nonce Apostolique), au cours d’une messe que ce dernier présidera à la Cathédrale Notre Dame du Congo, à 9h30. Vu l’importance de la célébration, il nous invite nombreux.

0.3. Le dimanche 25 novembre 2018, à la solennité du Christ-Roi de l’Univers, Son Excellence Mgr Fridolin Ambongo Besungu, inaugurera son Ministère à Kinshasa. La messe solennelle sera célébrée au Stade des Martyrs à 9h30. Pour ce faire :

  • il n’y aura pas de célébrations eucharistiques dans nos paroisses, le dimanche 25 novembre 2018, pour que nous nous retrouvions au lieu qui sera indiqué ;
  • il n’y aura des célébrations que le soir du samedi 24 novembre 2018 pour les personnes du troisième âge et des malades ;
  • les curés doyens, les curés des paroisses, les présidents des groupes et mouvements de notre Diocèse sont chargés de sensibiliser leurs membres et d’organiser leur déplacement.

Nous vous saurons gré de faire large écho de ce communiqué.

Fait à Kinshasa, le 04 novembre 2018

Monsieur l’Abbé Georges Njila J.Le Secrétaire Chancelier

A lire aussi

Vérité des urnes : Nous devons évoluer

Martin Fayulu, qui continue à revendiquer la victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018, …

Laisser un commentaire