jeudi , 22 août 2019
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Les USA disent NON à l’armée européenne

Donald Trump a dénoncé vendredi, dans un tweet extrêmement virulent, la proposition d’Emmanuel Macron de créer une armée européenne. « Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a tweeté M. Trump. « Très insultant mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN que les Etats-Unis subventionnent largement! », a ajouté le président américain.

Emmanuel Macron accueille samedi à Paris un Donald Trump particulièrement remonté, avant une rencontre à forte portée symbolique avec Angela Merkel à Rethondes, sur les lieux de l’armistice de 1918.

Le président français accueillera son homologue américain en fin de matinée (10H00 GMT) dans la cour de l’Elysée.

« Je suis à Paris, prêt à célébrer la fin de la Première guerre mondiale », a tweeté le locataire de la Maison Blanche samedi au réveil, sous un ciel gris. « Quoi de mieux que de célébrer la fin d’une guerre, en particulier celle-ci, qui fut l’une des plus sanglantes de l’histoire? ».

La veille, pourtant, il avait opté pour un ton nettement moins consensuel, dénonçant, dans un tweet extrêmement virulent, la proposition d’Emmanuel Macron de créer une armée européenne.

« Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a-t-il écrit au moment même où Air Force One atterrissait près de Paris.

« Très insultant mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN que les Etats-Unis subventionnent largement! », a ajouté le président américain qui revendique une forme de complicité avec son homologue français en dépit de désaccords marqués.

Il faisait référence aux déclarations de M. Macron qui a appelé de ses voeux en début de semaine la création d’une « véritable armée européenne » pour mieux protéger le Vieux Continent.

Il faut « nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis », a plaidé le président français, en évoquant la décision américaine de se retirer d’un traité de désarmement nucléaire datant des années 80.

Déjeuner avec Melania

Une grande partie de l’Europe s’abrite sous le bouclier américain depuis l’après-guerre, sans payer un prix satisfaisant selon Donald Trump.

Depuis son élection, Emmanuel Macron plaide constamment pour un renforcement européen de la Défense, la France mettant justement en avant l’incertitude stratégique provoquée par les positions de Donald Trump.

Plus largement, cette saillie illustre les désaccords politiques profonds qui opposent les deux hommes, sur l’environnement, le nucléaire iranien, les relations commerciales, et d’une manière générale, sur la gouvernance des affaires du monde, pour laquelle M. Macron défend le multilatéralisme, honni par M. Trump.

M. Macron a d’ailleurs organisé dimanche un grand forum international sur la gouvernance mondiale qui, schématiquement, servira de tribune en faveur du multilatéralisme, et donc, en creux, à dire du mal de la politique étrangère américaine de M. Trump.

Ce dernier sera d’ailleurs absent de cette enceinte, préférant se rendre au cimetière américain de Suresnes, près de Paris.

Après la rencontre, la Première dame américaine Melania Trump arrivera vers 11H00 GMT et les deux couples présidentiels déjeuneront ensemble à l’Elysée avant de se séparer pour l’après-midi.

Le président américain devrait se rendre dans le nord de la France au cimetière américain du Bois Belleau, tandis que M. Macron prendra le chemin d’une clairière près de Compiègne, au nord de Paris, pour y retrouver la chancelière Angela Merkel pour une cérémonie très symbolique.

C’est ici que le 11 novembre 1918 fut signé dans un wagon restaurant l’armistice scellant la fin de la Première Guerre mondiale, qui fit 18 millions de morts.

Le palais de l’Elysée souligne que « c’est la première fois depuis 1945 » que le président français et le chef du gouvernement allemand se rencontrent dans la clairière de l’Armistice.

« Valeur de la réconciliation »

« La cérémonie sera sobre et sans discours », a-t-on ajouté de même source.

Les deux dirigeants déposeront une gerbe et dévoileront une nouvelle plaque au pied du monument la +Dalle sacrée+, au milieu de la clairière, sur laquelle on peut lire +Ici le 11 novembre 1918 succomba le criminel orgueil de l’empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir+ ».

La nouvelle inscription sera, elle, beaucoup moins martiale: « A l’occasion du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République Francaise, et Madame Angela Merkel, Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne, ont réaffirmé ici la valeur de la réconciliation franco-allemande au service de l’Europe et de la paix ».

Dans la soirée, les Macron, Trump, Merkel, et plusieurs autres dignitaires se retrouveront au Musée d’Orsay à Paris, pour une visite de l’exposition consacrée à Picasso et un dîner protocolaire sur place, avant la grande cérémonie de dimanche matin sous l’Arc de Triomphe, point d’orgue des commémorations.

LES ÉTATS-UNIS DISENT NON À L’ARMÉE EUROPÉENNE

A peine arrivé à Paris pour les commémorations du centenaire de la fin de Première Guerre mondiale, Donald Trump a dénoncé vendredi, dans un tweet extrêmement virulent, la proposition d’Emmanuel Macron de créer une armée européenne.

Le président américain, arrivé dans la soirée en compagnie de sa femme Melania, doit rencontrer samedi matin à l’Elysée son homologue français, avec lequel il revendique une forme de complicité en dépit de désaccords marqués, de l’Iran au commerce.

« Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a tweeté M. Trump au moment même où Air Force One atterrissait à l’aéroport international d’Orly, près de Paris.

« Très insultant mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN que les Etats-Unis subventionnent largement! », a ajouté le président américain.

Il s’agit de la deuxième visite de Donald Trump en France depuis son arrivée à la Maison Blanche, après celle du 14 juillet 2017 qu’il évoque régulièrement avec beaucoup d’enthousiasme.

Dans son tweet, le président américain faisait référence aux déclarations mardi de M. Macron qui a appelé de ses voeux la création d’une « véritable armée européenne » pour mieux protéger le Vieux Continent.

« On ne protègera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne », a plaidé le président français. Il faut « nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis », a-t-il ajouté.

Arc de Triomphe dimanche

Il n’existe pour l’heure aucune armée européenne supranationale. Le sujet, récurrent, reste miné car il touche au coeur la souveraineté des Etats-membres.

Lors d’un discours à la Sorbonne l’an dernier, M. Macron avait proposé de faire travailler ensemble plusieurs Etats-membres capables d’agir hors des structures existantes de l’Otan ou de l’UE, de manière plus flexible, afin de contribuer à faire émerger l' »autonomie stratégique européenne ».

Au moment de quitter la Maison Blanche, M. Trump avait opté pour un ton nettement plus conciliant en évoquant son week-end parisien à venir.

« Cela va être un moment magnifique », avait-il prédit. « Il y aura beaucoup de pays », avait ajouté, assurant que l’annonce de sa présence avait poussé nombre d’autres dirigeants à faire le déplacement.

Des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement convergeront dimanche à Paris pour marquer le centenaire de l’armistice de la guerre de 14-18.

L’Arc de Triomphe accueillera une cérémonie hors norme à laquelle participeront près de 70 dignitaires dont Donald Trump, Vladimir Poutine, Angela Merkel, Justin Trudeau, Recep Tayyip Erdogan, Muhammadu Buhari…

Nombre de chefs d’Etat, mais pas M. Trump, participeront ensuite à un forum international sur la paix, organisé par Emmanuel Macron comme un plaidoyer contre le déclin de l’ordre mondial multilatéral.

Au cours du week-end, M. Trump se rendra par ailleurs au cimetière américain du Bois Belleau, dans le département de l’Aisne, ainsi qu’au cimetière américain de Suresnes, en banlieue parisienne.

Aucun tête-à-tête n’est prévu avec le président russe Vladimir Poutine mais une brève rencontre entre le locataire de la Maison Blanche et l’homme fort du Kremlin n’est pas exclue.

Elle sera scrutée avec attention après l’annonce de nouvelles sanctions de Washington contre Moscou et sur fond d’enquête menaçante pour l’équipe Trump sur une éventuelle collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle de 2016.

Le tempétueux président américain est coutumier des attaques contre les dirigeants de pays alliés.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, la Première ministre britannique Theresa May ou encore la chancelière allemande Angela Merkel ont tour à tour été la cible de ses piques.

Mais c’est la première fois qu’il s’en prend de façon aussi frontale à Emmanuel Macron qu’il avait reçu en avril en grande pompe la Maison Blanche pour une visite d’Etat.

L’Elysée n’avait pas réagi vendredi soir au tweet du locataire de la Maison Blanche.

(avec Afp)

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