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Photo de famille des oppositions politiques congolaise.
Photo de famille des oppositions politiques congolaise.

RDC : Unité des oppositions politiques ?

Dernière mise à jour, le 10 novembre 2018 à 12:14

Candidat de l’Udps à la présidentielle, Félix Tshisekedi est assuré, au terme d’un sondage entrepris par BERCI et GEC, d’une victoire le 23 décembre 2018. Les informations contenues dans ce sondage constituent une interpellation de l’opposition dont la victoire en décembre prochain passe inévitablement par son unité autour d’un candidat commun. Une donne à ne pas minimiser dans la mesure où les intentions de vote reprises dans le sondage devraient plutôt pousser les leaders de l’opposition à converger vers l’unité face au FCC.

Le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo (GEC), de l’Université de New York, ont publié mardi 30 octobre un nouveau sondage sur les élections prévues en RDC, le 23 décembre prochain, a rapporté RFI.

Le sondage a été réalisé du 29 septembre au 15 octobre sur un échantillon de 1.179 personnes âgées de 18 ans et plus et réparties dans les 26 provinces du pays. Soit après la publication de la liste des 21 candidats admis à concourir pour la présidentielle. Pour les auteurs du rapport, cette publication « a bouleversé la scène politique congolaise » au profit de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe.

Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba restent en tête dans la liste des personnalités politiques les plus populaires, selon ce sondage, et une large majorité de personnes interrogées désapprouvent l’invalidation de leurs candidatures. Mais ces deux poids lourds écartés, c’est désormais Félix Tshisekedi qui arriverait en tête des intentions de vote : 36% avec une progression dans l’ouest et le sud-est de la RDC, selon cette enquête d’opinion.

Il est suivi de Vital Kamerhe avec 17%, consolidant sa position dans les Kivus et la Province orientale. Le candidat choisi par Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary arriverait 3e avec 16% des intentions de vote devant Martin Fayulu et Freddy Matungulu.

Dans ce sondage, 76 % des personnes interrogées disent avoir « une bonne opinion » de l’opposition et presque autant – 70 % – se disent favorables à une candidature unique pour cette opposition, soit 13 % de plus qu’en juillet. A en croire ce sondage en revanche, et malgré sa décision de ne pas se représenter, le président Kabila voit sa cote de popularité baisser : 18 % d’opinions favorables contre 21 % en juillet dernier : 57 % des sondés n’approuveraient pas le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat, selon cette enquête.

Pour ce qui concerne les législatives, le sondage note là aussi une progression de l’UDPS au détriment notamment du MLC de Jean-Pierre Bemba. Cela pourrait s’expliquer « par le désenchantement de la population qui après avoir été enthousiasmée » par l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, « a été déçue par l’invalidation » de sa candidature, analysent les auteurs du sondage.

Méfiance vis-à-vis du processus électoral

Au-delà des intentions de vote, il ressort une grande méfiance vis-à-vis du processus électoral, notamment vis-à-vis de la commission électorale. 64 % des personnes interrogées ne croient pas en la capacité de cette commission d’« organiser des élections libres et transparentes ». Quant à son président Corneille Nangaa, sa cote de popularité a considérablement chuté, selon ce sondage : 74 % d’opinions défavorables contre 38 % il y a deux ans.

Objet de doutes également : la machine à voter. Sept personnes interrogées sur dix ne souhaitent pas qu’elle soit utilisée. Presque autant de personnes interrogées souhaiteraient une révision du fichier électoral pour corriger ses irrégularités, notamment la question des personnes enrôlées sans empreintes.

Pour autant, les deux tiers des sondés ne sont pas favorables à un report du scrutin. 56 % se disent prêts à participer à une manifestation si les élections sont « retardées » ou « truquées ». C’est 17 % de plus qu’en juillet.

Les sondés dans leur majorité ne font pas confiance aux cours et tribunaux pour trancher d’éventuels litiges issus des élections. Une méfiance vis-à-vis du processus électoral qui hypothèque leur vision du futur de la RDC : six sondés sur dix se déclarent pessimistes pour l’avenir du pays pour les cinq prochaines années.

L’unité de l’opposition à tout prix

Les résultats du sondage BERCI et GEC ont quelque chose de particulier. Ils donnent en effet une idée sur la grande possibilité de l’alternance démocratique qui s’offre à l’opposition si elle parvient à s’organiser pour aborder en rangs serrés les élections du 23 décembre 2018.

Dans l’ordre utile des présidentiables, le sondage place Félix Tshisekedi en tête, suivi de Vital Kamerhe et d’Emmanuel Ramazani Shadary. Martin Fayulu et Freddy Matungu complètent ce podium, juste derrière le dauphin désigné du président Joseph Kabila.

Si l’on devait se fier à ce sondage, l’opposition a donc la possibilité de d’aligner quatre candidats dans le peloton de tête de la présidentielle de décembre prochain. Un atout que l’opposition peut bien capitaliser en parvenant notamment à se coaliser autour d’un candidat commun. Dans cette hypothèse, il est presqu’établi que les voix d’autres candidats de l’opposition repris dans le sondage devraient incontestablement être reportées au candidat commun.

Quoi que plébiscité par ce sondage, Félix Tshisekedi ne devrait pas dormir sur ses lauriers, rassuré de gagner haut la main en décembre prochain. Il doit plutôt savoir lire avec un regard politique le message contenu dans ce sondage. En réalité, il n’est pas assuré de gagner seul. En décembre prochain, il aura besoin d’un report des voix pour contenir la vague du FCC.

C’est tout autant vrai pour l’opposition qui a intérêt à privilégier la piste d’un candidat commun à la présidentielle. Le 23 décembre 2018, la victoire de l’opposition passe par la désignation d’un candidat commun et rien d’autre.

(avec lePotentiel)

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