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Martin FAYULU, saluant la foule, lors d'un meeting de l'Opposition a Kin.
Martin FAYULU, saluant la foule, lors d'un meeting de l'Opposition a Kin.

Opposition RDC : Pari gagné contre la machine à voter ?

Dernière mise à jour, le 8 novembre 2018 à 03:05

Le vendredi 26 octobre 2018, toutes les grandes villes de la RDC se sont mises en mouvement pour réclamer de bonnes élections en RDC. Un pari gagné que les principaux leaders ont savouré. Plusieurs dizaines de milliers de partisans ont abandonné leurs occupations quotidiennes pour répondre à cet appel patriotique visant à sauver la jeune démocratie congolaise. Étant entendu que le processus électoral est pris en otage par la Céni et la majorité qui organisent une victoire hors des urnes au lieu de laisser le peuple se choisir lui-même ses dirigeants. Après le succès incontestable du meeting de l’espace Triomphal, l’opposition ne pouvait dormir sur ses lauriers au risque de démobiliser le peuple. À l’absence de l’Udps, dans une stratégie d’encerclement de l’adversaire pour le déstabiliser, les autres composantes notamment Ensemble, UNC, le MLC, Congo na Biso, Ecidé… ont démontré à la face du monde que le peuple continue de se battre. Nouvel élan de Muzito qui a reconfirmé son ancrage à l’opposition, a donné une autre dimension et saveur aux manifestations de l’opposition. 

Vendredi dernier, l’opposition est parvenue à faire transmettre son message. Si aucun mot d’ordre de boycott n’a été lancé – l’opposition ayant d’ores et déjà cette option – elle n’est pas cependant prête à cautionner la parodie d’élections que prépare la Céni en ayant recours à la machine à voter et à un fichier électoral corrompu. Le vendredi 26 octobre 2018, toutes les grandes villes de la RDC se sont mises en mouvement pour réclamer de bonnes élections en RDC. Un pari gagné que les principaux leaders ont savouré. À moins de deux mois des élections de décembre prochain, la Céni est prévenue. Corneille Nangaa, son président, commettrait une grave erreur en minimisant ce énième appel de l’opposition.

Ils étaient en première ligne avec le peuple pour dire non à une parodie d’élections le 23 décembre, en utilisant la machine à voter. Lors de cette marche, Adolphe Muzito, Freddy Matungulu, Martin Fayulu, Vital Kamerhe… ont bravé le soleil de plomb, avec l’encadrement de la Police nationale congolaise. Plusieurs dizaines de milliers de partisans ont abandonné leurs occupations quotidiennes pour répondre à cet appel patriotique visant à sauver la jeune démocratie congolaise. Étant entendu que le processus électoral est pris en otage par la Céni et la majorité qui organisent une victoire hors des urnes au lieu de laisser le peuple se choisir lui même ses dirigeants.

Après le succès incontestable du meeting de l’espace Triomphal, l’opposition ne pouvait dormir sur ses lauriers au risque de démobiliser le peuple. À l’absence de l’Udps, dans une stratégie d’encerclement de l’adversaire pour le déstabiliser, les autres composantes notamment Ensemble de Moïse Katumbi, Union pour la nation de Vital Kamerhe, le Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba valablement représenté, Freddy Matungulu de Congo na Biso qui était en première ligne, Martin Fayulu et son Ecidé… ont démontré à la face du monde que le peuple continue de se battre. Nouvel élan de Muzito qui a reconfirmé son ancrage à l’opposition, a donné une autre dimension et saveur aux manifestations de l’opposition. La discipline était de rigueur.

Maintenir la pression

Le plus évident est que l’opposition n’est pas prête à lâcher prise. Ses discordances internes n’ont pas brisé son élan. Au contraire. L’on rappelle qu’en Afrique du Sud, où l’opposition congolaise s’est retrouvée les 24 et 25 octobre derniers, le front pour l’alternance démocratique s’est encore renforcé, suscitant de nouveaux espoirs dans les rangs du peuple.

La mobilisation spontanée du vendredi 26 octobre est à mettre dans le compte du peuple qui est prêt à prendre en charge son destin pour sauver la démocratique congolaise, en perdition par la volonté d’un pouvoir qui tient à conserver à tout prix le pouvoir, allant jusqu’à instrumentaliser la Céni et toutes les institutions de la République.

Mais, le peuple congolais, plus que jamais débout, ne va sûrement pas baisser les bras. Vendredi dernier, il l’a démontré de la belle manière en bravant la peur. Tout était en ébullition dans les grandes villes de la RDC. De Kinshasa, jusqu’à Lubumbashi, en passant par Goma, Bukavu et Butembo ainsi qu’ailleurs, le peuple a démontré qu’il est derrière ses leaders de l’opposition pour obtenir des élections libres, crédibles, transparentes et apaisées ; gage de l’alternance démocratique.

Principale cible de la marche du 26 octobre, la Céni est donc prévenue. Le peuple congolais, qui n’est plus dupe, la tient à l’œil. Il l’a fait connaitre, en répondant massivement à l’appel de l’opposition, le vendredi 26 octobre 2018 sur l’ensemble du territoire national. C’est un message que la Céni devrait percevoir à sa juste valeur. Le minimiser, c’est autrement faire fausse route et mener le processus électoral droit au mur.

Un scenario qu’il faut redouter, dans la mesure où on peut l’éviter. Ce qui ne peut être possible que si et seulement si toutes les parties au processus conviennent des règles de jeu clairement établies, sans qu’aucune partie ne soit privilégiée – comme c’est malheureusement le cas avec le traitement des faveurs réservé à la majorité au pouvoir, regroupé au sein du Front commun pour le Congo (FCC).

Le message est passé

Le message des partis politiques et plateformes de l’Opposition contre la machine à voter est à prendre très au sérieux. À moins de deux mois de la tenue de la présidentielle et des législatives nationales et provinciales, l’Opposition continue de rejeter la machine à voter alors que la Commission électorale nationale indépendante en a fait le point central des scrutins de cette fin d’année. C’est la preuve qu’il y a toujours un fossé entre la Céni et les parties prenantes aux élections du 23 décembre. Ce qui n’augure pas l’aboutissement heureux du processus électoral en cours.

Autorisée par l’Hôtel de ville de Kinshasa, cette marche pacifique n’a connu aucun incident dans la capitale. Au point que la Police nationale congolaise se soit félicitée du bon encadrement des manifestants durant tout le trajet de la marche.

« Une délégation va déposer le mémo de l’Opposition à la Commission électorale nationale indépendante. Nous vous disons merci pour la mobilisation. Si la Céni ne retire pas la machine à voter, nous allons prévoir une autre manifestation. Nous ne voulons pas de la machine à voter qui est une machine à voler. Soyez calme et disciplinés. Rentrez chez vous dans le calme. Vous aves réussi un grand test. Ceux qui pensent que nous détruisons les biens d’autrui quand nous manifestons se trompent », a déclaré Jean Bertrand Ewanga, au nom de tous les leaders de l’opposition présents à la marche, devant une foule de plus de 10 000 personnes rassemblées au point de chute de la manifestation, le long du boulevard triomphal à l’issue de la marche.

Plusieurs leaders de l’Opposition ont répondu présent à cette manifestation dont Vital Kamerhe, Freddy Matungulu, Adolphe Muzito, Théodore Ngoy, Jean-Bertrand Ewanga, Martin Fayulu, Marie-Josée Ifoku, Claudel-André Lubaya ainsi que des délégués d’Ensemble pour le changement, du MLC, du MLP, de la Lucha et bien d’autres partis politiques et mouvements associatifs. L’UDPS, elle, n’a pas pris part à cette marche.

De son côté, le Commissariat provincial de la police-ville de Kinshasa informe les Kinois et Kinoises que « la marche de protestation organisée vendredi 26 octobre 2018 par un groupe de partis politiques s’est déroulée sans incident », note le communiqué de la Police émanant du général Sylvano Kasongo Kitenge, commissaire provincial et commandant de la ville de Kinshasa.

Après avoir renvoyé la foule des militants au boulevard triomphal, une délégation des leaders de l’opposition est allée déposer le mémo de rejet de la machine à voter au siège de la Céni, au centre-ville de Kinshasa.

Des marches similaires ont eu lieu aussi à Bukavu, Goma, Butembo et même à Lubumbashi où la manifestation a été interdite.

(avec lePotentiel)

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