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Non au boycott des élections en RDC

Dernière mise à jour, le 2 novembre 2018 à 10:33

Le Comité laïc de coordination (CLC) de la République démocratique du Congo (RDC) s’inscrit dans la logique de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), celle de ne plus boycotter le processus électoral en cours en République démocratique du Congo. Seulement, contrairement à l’UDPS qui tient à tout prix d’aller aux élections, avec ou sans la machine à voter, le CLC exige à ce que cette nouvelle technologie soit écartée du processus électoral.

A l’instar du Conseil de sécurité des Nations Unies et de la Communauté internationale, le Comité laïc de coordination invite la classe politique congolaise à dégager un consensus, non seulement, sur l’utilisation ou non de la machine à voter. Mais aussi, à la controverse qui existe sur le fichier électoral. Ces deux principales questions divisent la Majorité au pouvoir et l’opposition en RDC.

« Non, il n’y a pas question de boycotter le processus électoral. Nous sommes dans un espace de la démocratie où les points de vue sont divergents. Mais, ce qui fait les hommes d’Etat c’est la capacité de dépassement de soi », a déclaré mardi 23 octobre sur Top Congo FM, le porte-parole du CLC, Jonas Tshiombela. Avant d’appeler à un consensus sur les questions qui divisent pour « aller aux élections dans les bonnes conditions ».

Cependant, le CLC dit maintenir la pression sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni), pour obtenir le retrait de la machine à voter du processus électoral qui, selon Jonas Tshiombela, « est une source des conflits ».

L’UDPS PARLE D’UNE SEULE VOIX 

Augustin Kabuya d’abord le weekend, ensuite Jean-Marc Kabund lundi à l’émission « Le débat » sur Top Congo, soutiennent sans ambigüité, la logique électorale, tout en minimisant la controverse sur la machine à voter. Tous sont unanimes à reconnaître que le problème fondamental, ce n’est pas la machine à voter. « C’est arriver à organiser les élections pour que Joseph Kabila quitte le pouvoir ». Les leaders du parti tshisekediste mettent clairement le cap sur les élections. Exit le débat sur le mode de vote.

Invité lundi 22 octobre de l’émission « Le débat », sur la radio Top Congo, le Secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, persiste et signe : son parti est prêt à aller aux élections avec ou sans la machine à voter. « L’UDPS ne donnera à personne le prétexte pour reporter les élections. Pour Kabund, ajourner ces scrutins signifierait un énième dialogue qui déboucherait sur un gouvernement de transition. Et au-delà de tout Joseph Kabila sera toujours là. Voilà pourquoi l’UDPS ira aux élections le 23 décembre avec ou sans machine à voter. C’est stratégique », déclare le Sg du parti tshisekediste. 

« Si nous sommes unis derrière un candidat commun, et que nous avons des témoins partout, nous vaincrons même cette machine à voter », affirme Kabund. Il estime, par rapport au candidat commun, que c’est possible s’il y a la volonté politique. Et une fois ce candidat désigné, il suffit de se répartir les tâches pour gagner. A Jean-Bemba on confierait la mission d’aller à l’Equateur et ramèner 80% des procès verbaux des élections, Vital Kamerhe fait de même pour les deux Kivu, Félix Tshisekedi prendrait le centre, Kinshasala et bien d’autres endroits où l’UDPS est bien implanté, Fayulu et Matungulu le Bandundu…. « Et en ayant des témoins partout, nous pouvons vaincre cette machine à voter. Et dans ce cas, Corneille Nangaa ne pourrait que proclamer les vrais résultats », analyse-t-il. 

Justifiant la position de son parti, le SG de l’UDPS fait remarquer que « la politique est dynamique, c’est un domaine d’intelligence et de sagesse. En politique on ne peut rester figé. Il ne suffit pas de dire non à la machine à voter pour que Joseph Kabila s’y plie. »

PAS DE BOYCOTT : OUI AUX ÉLECTIONS AVEC LA MACHINE À VOTER

Pour Jean-Marc Kabund, la situation aujourd’hui est telle que si finalement on accepte de retirer la machine à voter, le président Joseph Kabila va « glisser » en demandant plus de temps pour organiser les élections. Et donc suivra, affirme Kabund, un nouveau dialogue politique avec la redistribution des cartes. Un gouvernement est nommé, et Joseph Kabila reste au pouvoir », affirme le SG de l’UDPS tout en demandant : « est-ce la meilleure stratégie de laisser le président Kabila continuer au-delà du 23 décembre ? » 

Beaucoup de ceux qui critiquent la stratégie de l’UDPS, n’ont pas d’alternative. « Si Joseph Kabila retire la machine à voter aujourd’hui et vous dit en même temps qu’il lui est impossible d’organiser les élections le 23 décembre, quelle sera votre position. « Rien », répond Kabund. Pour le SG de l’UDPS « le problème de notre pays, ce n’est pas la machine à voter, mais Joseph Kabila. » 

Il ne sera pas question de boycotter les élections. Et sur ce sujet l’UDPS n’a de leçons à recevoir de personne. D’après Jean-Marc Kabund, le pouvoir en place se sert de la machine à voter comme prétexte pour pousser l’opposition à boycotter les élections. « Il veut nous pousser à boycotter les élections en imposant la machine à voter. L’UDPS estime que boycotter les élections aujourd’hui, ça sera catastrophique non seulement pour l’UDPS mais pour le peuple congolais tout entier. Mais l’UDPS dit clairement qu’au cas où la machine à voter sera là le 23 décembre, l’UDPS ne boycottera pas les élections « . 

On rappelle que les critiques se focalisent en particulier sur la machine à voter, soupçonnée par l’opposition d’être l’instrument d’une fraude massive en faveur du pouvoir.

(avec Stanislas NTAMBW, Didier KEBONGO)

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